Tous les articles sur le mot clé : Biélorussie

Alexandre Kozouline est libre

Par Aurialie le 16.08.2008 à 23h34

Télex : Aujourd’hui, 16 août, jour de la solidarité biélorusse, l’un des prisonniers politiques biélorusses les plus connus, l’opposant Alexandre Kozouline a été libéré, à la surprise générale. Les conditions de sa libération ne sont pas encore connues, mais sa fille a déclaré à l’AFP, qu’il allait rentrer chez lui avec certitude. A. Kozouline pourra ainsi assister, lundi, aux obsèques de son beau-père, le père de sa femme, elle-même décédée en février 2008. Il donnera également une conférence de presse lundi.

La dure vie d'un prisonnier politique

Par Aurialie le 19.07.2008 à 01h51

Quand un leader de l’opposition biélorusse, Anatoli Lebedko, inculpé pour diffamation envers le président Loukachenko, s’approche trop près d’une frontière (lituanienne en l’occurrence), il est forcément arrêté pour violation du régime frontalier (article 23.30 du code administratif biélorusse). Venu à Ochmiani pour rencontrer d’autres candidats de l’opposition aux élections législatives (qui auront lieu le 28 septembre 2008) et organiser des campagnes d’agitation, Lebedko a été obligé de quitter la ville dans les 24h suivant sa libération.

Et dans la série prisonnier politique, celui qui est considéré comme le 1er du Front Civil unifié depuis son arrestation le 26 novembre 2007, Andreï Grekov, aura 37 ans demain. Courrier et colis peuvent être envoyés à l’adresse suivante : 344064, ?. ??????- ??- ????, ??. ?????????? 4. ??-398/2, ?????. ?????? 4 ??????? ?????? ????????????.

Photo : Anatoli Lebedko (Lenta) et Andreï Grekov (Kasparov.ru)

Une nouvelle loi contre les médias en Biélorussie

Quand on contrôle tout et qu’on veut être sûr de ne laisser aucune liberté aux médias, on imagine une nouvelle loi pour restreindre encore plus leurs conditions de travail.

Aujourd’hui, le parlement biélorusse a examiné en première lecture un projet de loi, introduisant des conditions plus sévères pour les médias biélorusses et étrangers : enregistrement impossible d’un support dont le capital étranger excède 30%, diffusion d’une édition étrangère soumise à autorisation spéciale, accréditation d’État pour un journaliste biélorusse souhaitant travailler dans un média étranger.

En outre, les activités des éditions sur Internet seront régies par le gouvernement (en d’autres mots l’Etat va contrôler Internet) ; toute information endommageant les intérêts de l’État engagera la responsabilité des personnes "coupables" ; et l’ensemble des médias biélorusses devront se ré-enregistrer après l’adoption de la loi.

Nezavissimaïa gazeta rappelle qu’en Biélorussie il ne reste qu’un seul quotidien non gouvernemental, et encore publié à l’extérieur du pays, et deux quotidiens politique et sociaux non gouvernementaux. Les médias biélorusses sont littéralement étouffés par l’État et le Kirghizstan fait de même.

Source photo : Lenta.ru (un kiosque à Minsk)

Kozouline veut dire adieu à sa femme

Par Aurialie le 25.02.2008 à 22h52

Alexandre Kozouline, un des leaders de l’opposition biélorusse, dont le cas avait été brièvement raconté ici, se voit refuser par les autorités judiciaires et pénitentiaires de son pays le droit d’assister à l’enterrement de sa femme.

Deux mille personnes se sont réunies aujourd’hui à Minsk, sur la place Oktiabrskaïa, pour célébrer sa mémoire. C’est à cette occasion que sa fille Olga a déclaré que l’enterrement de sa mère n’aurait pas lieu sans la présence de son père. Tous les jours à 18h les Biélorusses sont donc invités à se réunir sur cette même place jusqu’à ce qu’Alexandre Kozouline soit libéré. Ce dernier envisage d’entamer une grève de la faim sèche. A décision inhumaine, solution extrême.

Source : Charter 97

Zmiter Dachkevitch est libre

Par Aurialie le 26.01.2008 à 23h41

La justice biélorusse a fait preuve d’une étonnante bonté cette semaine, en libérant, un mois et demi avant la fin de sa peine, Zmiter Dachkevitchn leader du Jeune front, mouvement d’opposition non autorisée. Cette sortie anticipée est due à une réduction de peine de 6 mois, alors que les gardiens de sa prison lui promettaient une année ou deux d’emprisonnement en plus. Quand on lui a annoncé sa libération, il a donc crû à une blague, une façon de jouer avec ses nerfs.

Le jeune opposant avait été condamné le 1er novembre 2006 à un an et demi de prison pour ses activités politiques. Un comité de défense pour sa libération avait été créé en Biélorussie pour organiser une campagne de solidarité internationale. Amnesty international l’avait même déclaré prisonnier d’opinion.

Cette libération anticipée est d’autant plus étonnante qu’il avait été condamné en novembre 2007 à une amende de 900 dollars pour avoir refusé de faire des déclarations sur un autre activiste du Jeune front, Ivan Chilo.

Il y a quelques jours, grâce aux militants de l’association tchèque le Belarus libre, l’organisation de Dachkevitch a été autorisée à s’enregistrer officiellement en République Tchèque. Elle va donc pouvoir maintenant ouvrir des filiales et agir dans tous les pays européens, y compris en Biélorussie et l’Ukraine.

La première action de Zmiter va être de préciser comment vont être comptabiliser les quatre mois de prison qu’il a fait en trop (sa peine de prison réduite à un an, il aurait du être libre en octobre). Il est certain que sa la libération est devenue possible grâce à la pression exercée sur le régime de Loukachenko, à l’intérieur du pays comme à l’international. "Loukachenko tente de faire des avances à l’Ouest, c’est pourquoi périodiquement il y a des choses étonnantes, mais pour autant on ne peut pas dire qu’en Biélorussie il y a des améliorations démocratiques. Ce qui me fait dire cela : l’affaire de droit commun contre mon compagnon Arthur Finkevitch, les nombreuses amendes et les jours d’emprisonnement des militants."

Source : Belpa.org, photo Svobodanews

La saison sera biélorussienne

Par Aurialie le 09.11.2007 à 23h10

Mercredi à la Maison d’Europe et d’Orient a été inauguré le centre culturel libre de Biélorussie, premier événement d’Une saison biélorussienne. Cette manifestation est organisée du 7 au 26 novembre en partenariat avec l’Ambassade de France en Biélorussie, Belprojet, la Fondation Européenne de la Culture, Perspectives Biélorussiennes et Office for a Democratic Belarus. Et elle promet d’être riche : expositions de photographies, projection de films, débat, rencontre, lecture sont prévus pendant ces 20 jours.

A noter notamment, lundi 12 novembre à 19h, le débat sur la société civile et les droits de l’Homme en Biélorussie, animée par Perspectives Biélorussiennes, avec la participation de membres d’Amnesty International, de la Fédération internationale des droits de l’Homme, de Reporters sans frontières et du groupe d’amitiés franco-biélorussiens de l’Assemblée nationale. Ainsi que la soirée cinéma du 19 novembre à partir de 17h.

Source : photo d’Artour Klinau, peintre, architecte et fondateur-rédacteur en chef de la revue pARTisan

Kapital

Par Aurialie le 27.10.2007 à 17h04

Non, ce n’est pas le nouveau générique de l’émission de Guy Lagache, mais le premier tube du seizième album du groupe biélorusse Liapis Troubetskoï. Ce concentré de pop-art surréaliste, réalisé par Alexey Terekhov, vu par des milliers d’internautes et nominé dans la catégorie "Clip de l’année" au RAMP, présente un regard cynique sur la politique internationale actuelle.

Pour en savoir plus sur ce clip, que je vous conseille de voir en haute définition sur le site du groupe cosmofilm.tv, vous pouvez lire les paroles en russe ici, une traduction en anglais et une longue analyse (en anglais) sur le blog obtusity.

Trois questions à … BelProjet

BelProjet est une association créée depuis un an et demi qui a mis sur pied un projet de coopération culturelle avec la Biélorussie. L’objectif est d’encourager le développement de la culture biélorusse en promouvant le travail d’artistes locaux et en organisant un festival en France tous les deux ans. Delphine Pallier, sa présidente, répond à trois questions sur la situation culturelle en Biélorussie.

- Dans de nombreux sites de voyage, il est écrit que la vie culturelle est très diversifiée (ballets biélorusses, musées, théâtres), l’Etat biélorusse doit financer principalement l’art national traditionnel. Qu’en est-il de l’art contemporain ? Est-il apprécié par Loukachenko ?

Effectivement, l’Etat biélorusse finance principalement l’art national traditionnel. Je ne suis pas particulièrement familière de la situation des artistes contemporains mais je dirais qu’ils sont peu nombreux à bénéficier de soutiens de l’Etat. De façon générale, la plupart des artistes indépendants doivent trouver le moyen de s’auto-produire en cherchant des modes de financement externes. Sans cantonner la vie culturelle au folklore, le pouvoir a travaillé à la construction d’une forme de culture populaire qui se revendique comme "apolitique". Par exemple, certains artistes comme les artistes de variété dans le monde de la musique sont très populaires en Biélorussie et particulièrement présents sur les ondes ou à la télévision. Dans le même temps, des artistes indépendants qui voulaient promouvoir leurs propres créations ont été de plus en plus dépeints comme "politisés". En ramenant l’art à la politique, le jeu a été faussé et la culture ne se pense plus en termes de création artistique. C’est bien dommage. C’est pourquoi notre association promeut la culture biélorusse et ses artistes indépendants. Nous souhaitons leur donner la possibilité de montrer leur travail, en-dehors de toute considération politique ; nous voulons mettre en valeur la richesse artistique de ce pays méconnu.

- Le théâtre libre de Minsk a connu quelques problèmes dernièrement, connaissez-vous d’autres cas de censure artistique en Biélorussie ?

Malheureusement, ce qui arrive au Théâtre Libre de Minsk n’est pas un phénomène isolé.

Des écrivains comme le romancier et historien Vladimir Orlov ou le poète et essayiste Adam Globus n’arrivent pas à être publiés dans leur pays et doivent se tourner vers des maisons d’édition à l’étranger (en Lituanie, en Pologne ou en Russie). Dans le milieu de la presse, il est tout aussi difficile de publier des magazines ou des journaux ; les imprimeries sont nationalisées. L’Etat peut ainsi fixer des tarifs différenciés selon les journaux à travers des "remises" qui sont accordées aux journaux gouvernementaux. Ces remises, qui s’élèvent parfois jusqu’à -95 % du tarif demandé pour les tirages, permettent, de facto d’établir une situation à deux vitesses, les journaux indépendants devant payer le plein tarif, souvent très élevé. Comme le réseau de diffusion (les kiosques à journaux) est aussi nationalisé, certains journaux sont vendus sous le manteau, ce qui diminue leur taux de pénétration.

Dans le milieu du cinéma, certains réalisateurs subissent des pressions ou rencontrent des difficultés à produire ou diffuser leurs films. Les films de Youri Khashchevatski, sans être interdits d’antenne ne sont jamais diffusés à la télévision biélorusse. Les Studios Tania qui produisaient des films documentaires, notamment J’ai été invité au bal d’Irina Pismanaia n’ont pas pu renouveler leur licence et ont dû fermer. Le film de fiction d’Andreï Kudinenko, Mysterium occupation parce qu’il abordait un sujet délicat (la Deuxième Guerre mondiale et la Résistance biélorusse) en essayant de le dépeindre de la manière la plus réaliste possible, en évitant donc une "héroïsation" des résistants, n’a pas obtenu de certificat d’exploitation en salle.

Dans le monde de la musique, des groupes comme N.R.M. se trouvent dans l’impossibilité technique de donner des concerts. Il suffit d’un coup de fil d’une instance officielle pour que le propriétaire du lieu ou l’organisateur annule le concert. La menace d’une inspection de sécurité inopinée est très efficace.

Il est très difficile pour des photographes d’exposer leurs travaux. Les galeries sélectionnent souvent les artistes et une galerie comme la Galerie Nova, fondée par des photographes, est parfois réquisitionnée pour exposer d’autres artistes, plus en phase avec l’air du temps.

Sans parler directement de censure objective, l’Etat s’arrange pour que de facto il soit très difficile pour certains artistes de montrer, diffuser et exposer leur production.

- Avez-vous des difficultés à faire venir des artistes en France ?

Aujourd’hui, il nous est très difficile de faire venir des artistes biélorusses en France malheureusement. Nous sommes une association récente, créée il y a un an et demi et en activité depuis un an (notre premier événement, un festival culturel biélorusse date de novembre 2007) et nous rencontrons de plus en plus de difficultés... Nous sommes une association culturelle mais, en Biélorussie, il semblerait que nous soyons considérés comme une association politique ce qui entraîne des difficultés supplémentaires et rend l’obtention de visas pour les artistes que nous invitons assez difficile. Nous sommes donc en situation assez précaire et le soutien de l’Ambassade de France à Minsk, nous est vital, sans lui, nous ne pourrions pas exercer nos activités...

Légendes des photos trouvées sur le site de BelProjet :
- Palais de la République de Jef Bonifacino
- Photographie d’Alexeï Andreev

Concert : Serebrianaia Svadba

Par Aurialie le 05.10.2007 à 00h35

Soutenue par les associations BelProjet et la Pèch, cette charmante bande d’artistes biélorusses se produira à Paris ce week-end pour deux dates exceptionnelles. Rendez-vous est donc donné aux Dessous de Ginette samedi 6 à 21h (entrée libre et gratuite) et au Café de Paris dimanche 7 à 21h pour entendre du cabaret slave, une musique entraînante théâtro-comique. La chanteuse Benia interprète certaines chansons en français, ses propres textes mais aussi des vers de Jacques Prévert, de Paul Verlaine et même de François Mitterrand, que ce dernier aurait écrit dans son enfance.

Et pour en savoir plus sur le groupe Serebrianaia Svadba (Noces d’argent), voilà une de leurs interviews, accordées à la Gazette musicale.

Le prisonnier personnel de Loukachenko

Par Aurialie le 18.07.2007 à 19h35

Article de Gazeta Wyborcza paru dans le Courrier International du 19 juillet 2007

Alexandre Kazouline croupit en prison depuis mars 2006 pour s’être opposé au régime. Affaibli par une longue grève de la faim, il ne tiendra pas jusqu’à sa libération, s’inquiète sa famille.

Il y a tout juste un an, Alexandre Kazouline a été condamné à cinq ans et demi de travaux forcés. Officiellement pour "hooliganisme" et pour "avoir organisé des actions collectives, ou y avoir participé, troublant l’ordre public", mais en réalité pour avoir osé tenir tête au dictateur.
Ce professeur de mathématiques âgé de 53 ans, ex-ministre de l’Education et ancien recteur de l’université d’Etat, devenu leader du parti social-démocrate biélorusse Narodnaïa Gramada et rival d’Alexandre Loukachenko lors de l’élection présidentielle de l’an dernier, a montré que le régime n’allait pas facilement avoir sa peau.
Incarcéré depuis fin mars 2006, il a commencé une grève de la faim à l’automne pour protester contre les violations des droits de l’homme en Biélorussie. Il a tenu cinquante-trois jours, a perdu plus de 30 kilos et est tombé gravement malade. Ses codétenus, effrayés par son aspect, l’ont surnommé "bukhenvaldski krepykh" (le costaud de Buchenwald). Pendant ce temps, sa femme sillonne l’Europe en suppliant que l’on vienne au secours de son mari. D’une voix fluette, à peine audible, elle explique qu’il se trouve en danger de mort si on ne le transfère pas dans un hôpital en dehors de la prison. "Faites ce qui est en votre pouvoir pour qu’il soit au moins examiné par les médecins de la Croix-Rouge internationale", a-t-elle demandé à Varsovie, lors d’une séance du Parlement polonais. A ce jour, aucun médecin étranger n’a été autorisé à voir Kazouline. Il a repris une dizaine de kilos depuis décembre. "On lui donne un prétendu supplément de kacha [bouillie] servie par la cuisine de la prison, un demi-litre de lait et un morceau de viande par jour, mais mon père ne peut pas manger de viande", témoigne Olga, la fille de Kazouline.

"Dans le camp où il se trouve, Kazouline a le statut de ‘prisonnier personnel de Loukachenko’", explique Igor Rynkevitch, ancien avocat de la famille. Ancien, car les autorités l’ont rayé du barreau de Minsk pour avoir défendu l’ennemi de Loukachenko. Vitba-3, le centre de détention proche de Vitebsk où est incarcéré Kazouline, est, selon la nomenclature biélorusse, une prison en zone rouge, à savoir un pénitencier dans lequel l’administration a un pouvoir illimité sur les détenus. Ces derniers savent qu’ils seraient sévèrement punis s’ils approchaient le "prisonnier personnel". "Kazouline est enfermé dans une cellule avec une vingtaine d’hommes, mais aucun d’entre eux n’est autorisé à lui parler. En fait, il est seul. Il n’a personne à qui parler. Pour un homme aussi sociable que lui, c’est une calamité", soupire Rynkevitch.
Selon lui, l’administration pénitentiaire à Vitba-3 surveille Kazouline en permanence, guettant la moindre infraction au règlement pour le punir. Il a ainsi été sanctionné pour s’être allongé, affaibli par la grève de la faim, alors qu’il était censé travailler. Une autre fois, il a mis des savates à ses pieds enflés, au lieu des bottes réglementaires. Deux punitions suffisent pour qu’il ne puisse pas profiter d’une libération conditionnelle.
A la mi-juillet, la famille de Kazouline a été autorisée à lui rendre visite, pour la première fois depuis janvier 2007. " Il est seul, malade et étroitement surveillé. Je ne l’imagine pas pouvoir passer encore quatre ans et demi dans cette prison. Nous continuons à espérer que l’Europe et les Etats-Unis useront de leur influence sur nos autorités pour obtenir sa libération ", supplie Olga Kazoulina.

Waclaw Radziwonowicz

Source photo : kozylin.com

Regards croisés sur Minsk

Par Aurialie le 21.06.2007 à 23h53

Rue89.com fait part de cette exposition intitulée Minsk, de l’autre côté du miroir. Je n’aurais pas pu mieux dire ce qui est dit, je livre donc tel quel l’article de Maria Mancilla.

La galerie L’Aiguillage prête ses locaux pendant une semaine à l’association Belprojet pour une exposition de photos sur Minsk. Deux artistes au programme, Alexei Andreev, écrivain et photographe biélorusse, et Jef Bonifacino, un artiste français qui est parti cinq fois en Biélorussie faire des portraits de ceux qui cherchent à se faire entendre dans ce pays. Il a ainsi rencontré 25 artistes et journalistes. L’exposition leur rend hommage, à travers 25 images, chacune accompagnée d’un texte.

C’est à l’occasion d’un de ses voyages à Minsk que les deux artistes se sont rencontrés. Le projet d’exposition commune les a enchantés. Comme l’association Belprojet, ils pensent que leurs visions de Minsk sont complémentaires. Jef fait des photos du réel, des coupes franches en couleur. Alexei nous propose une vision plus intimiste de la ville, des reflets de flaques d’eau, des images qui évoquent sans montrer.

Minsk, de l’autre côté du miroir, à la galerie l’Aiguillage - 19, rue des Frigos (entrée par la rue Neuve-Tolbiac), Paris 13e - jusqu’au dimanche 24 juin - ouvert de 14h à 18h et à 12h30 pour le déjeuner - entrée libre -
Dimanche à 16h : rencontre avec des membres de l’association Belprojet

Photo : Alexei Andreev

Le 16 - une pensée pour la Biélorussie

Le 16 de chaque mois, en Biélorussie et dans de nombreuses villes étrangères, les défenseurs de droits de l’homme et des libertés célèbrent la journée de la solidarité biélorusse pour soutenir les familles des victimes (journalistes, opposants, prisonniers politiques) des répressions du pouvoir, tenu d’une main de fer par le président Loukachenko.

A Moscou six personnes, dont des membres du mouvement Oborona, ont manifesté leur solidarité en montrant notamment des portraits de Dmitri Zavadski, cameraman disparu mystérieusement le 7 juin 2000 alors qu’il se rendait à l’aéroport Minsk-2, et de Iouri Zakharenko, un ancien ministre de l’Intérieur disparu le 7 mai 1999.

Mais les victimes du régime biélorusse sont bien plus nombreuses :
- Zmiter Dachkevitch, leader du mouvement le Front de la Jeunesse a été condamné à un an et demi d’emprisonnement le 1er novembre 2006 pour avoir dirigé une organisation de jeunesse d’opposition "non enregistrée" ; Amnesty International mène une campagne spéciale pour le faire libérer de la prison de Chklov (régime renforcé), en demandant à toutes les personnes d’envoyer une cocotte en papier au ministère de l’Intérieur Vladimir Naumov.
- Aleksandr Kozoulin, ancien candidat à l’élection présidentielle est emprisonné pour avoir organisé une action de protestation contre la falsification des résultats de l’élection.
- Andreï Klimov, député de l’opposition a été arrêté le 3 avril 2007 pour avoir publié sur Internet des articles d’opinion. Il a déjà passé quatre ans en prison pour crimes économiques. Pour Amnesty International, c’est un prisonnier de conscience.
- Arthur Finkevitch a été condamné à deux ans de prison pour avoir écrit les graffitis "Nous voulons du nouveau" et "Assez" à la veille de l’élection présidentielle.
- Nikolaï Avtoukhovitch, leader du mouvement des entrepreneurs a été condamné à trois ans et demi pour le non règlement de ses impôts. Il estime que cette condamnation est politique et en signe de protestation a mené plusieurs grèves de la faim, dont la plus longue a duré de plus de 70 jours, il a perdu 40 kg. Iouri Leonov, son partenaire, a été condamné à trois ans et cinq mois d’emprisonnement.

La situation des opposants politiques biélorusses ne s’améliorent pas, il faut donc continuer à soutenir leur combat.

Source photo : Kasparov.ru

Soutien rock pour Amnesty International

Lors du concert sur la place Rouge organisé pour le jour de la Russie étaient présents tous les grands groupes de la scène rock russe. Il en manquait toutefois quelques uns notamment Akvarioum, DDT, Spleen ou encore, et sans grand étonnement, Leningrad. Etrangement, tous ces groupes ont adhéré au projet d’Amnesty International l’Art en faveur des droits de l’homme. De très nombreux artistes américains et britanniques y participent également (REM, U2, Sting, Coldplay, Yoko Ono, Peter Gabriel, Audioslave, Radiohead et bien d’autres), aucun français dans le lot par contre…

Le leader du groupe Akvarium, Boris Grebenchtchikov, est très impliqué dans ce projet depuis 2003. Il a tout d’abord soutenu le combat d’Amnesty International sur le contrôle des armes et a signé une pétition pour la défense des prisonniers de conscience biélorusses (notamment, Valeri Levonevski et Alexandre Vasiliev). En 2004, il a pris part à une conférence de presse de l’association à Moscou, ce qui a étonné de nombreuses personnes, le milieu du rock russe étant peu politisé, et a déclaré : "Je peux personnellement avec mon nom faire du bruit, même un bruit fou, je peux mettre ce nom pour peser où cela sera utile, et probablement, qu’il y aura un miracle. De sorte que si avec Amnesty nous pouvons aider à sauver ne serait-ce qu’une personne, ce sera déjà ça."

Dernièrement, il a envoyé une lettre aux présidents biélorusse (Loukachenko) et ouzbek (Karimov) pour exiger l’abolition de la peine de mort, il a signé une pétition pour la construction à Barnaoul d’un centre pour les femmes souffrant de violences conjugales, pour la libération de dissidents vietnamiens, et enfin pour la suppression de la loi américaine sur les commissions militaires.

Comme le dit Amnesty, il faut faire du bruit pour que les choses changent !

Source photo : Amnesty International

Biélorussie : à quand la liberté ?

Par Aurialie le 25.03.2007 à 23h09

Le 25 mars en Biélorussie est habituellement un jour où les opposants au régime essaient de faire entendre leur désapprobation. C’est à cette date, en 1918, qu’a été créée la République du Peuple Biélorusse, rapidement démantelée par les bolcheviques. Le pouvoir ne célèbre pas cette date, appelée jour de la Liberté par les dissidents, car la création de la RPB a été le fait des Allemands qui occupaient la Biélorussie à cette époque.

Mais comme chaque année le pouvoir biélorusse a voulu faire taire toute opposition en arrêtant préventivement des dizaines d’activistes d’organisations démocratiques pour des petits faits d’hooliganisme, souvent fantaisistes (principalement injures à agent de police ou altercation). Le jeune opposant Viatcheslav Sivtchik a notamment été arrêté pour avoir "fait ses besoins naturels sur la voie publique."

La manifestation non-autorisée a tout de même eu lieu aujourd’hui avec le rassemblement de trois à quatre mille personnes, dont les leaders de l’opposition biélorusse Aleksandr Milinkevitch et Anatoli Lebedko, le leader russe de l’Union des forces des droites Nikita Belykh, le député russe Vladimir Ryjkov et des représentants de partis polonais. Pendant et après ce rassemblement, personne n’a été interpellée.

Source photo : Ria Novosti

Et encore une récompense

Par Aurialie le 12.12.2006 à 19h08

Le Parlement européen a aujourd’hui attribué à l’homme politique biélorusse Alexandre Milinkevitch le prix Sakharov (encore lui) pour la liberté de pensée. A. Milinkevitch, leader de l’opposition démocratique, doit notamment faire face au président Alexandre Loukachenko (Aliaksandr Loukachenka en biélorusse) considéré comme le dernier dictateur d’Europe. Dernières entraves en date dans l’activité de Milinkevitch : son arrestation le 4 décembre à Belozersk, alors qu’il collectait des signatures pour les élections municipales et le 29 novembre à l’aéroport de Minsk lors de son retour d’un sommet de l’OTAN à Riga.

Les défenseurs de la liberté en Biélorussie avaient déjà été récompensés il y a deux ans à l’occasion de la remise du prix Sakharov à l’Association Biélorusse des Journalistes.

Russie07
Russie42
Russie34
Russie06
Russie24
Russie36
Russie19
Russie05
Russie38
Russie44
Russie43
Russie26