Tous les articles sur le mot clé : cinéma

Une question pas si simple

Par Aurialie le 09.04.2012 à 19h41

Les cérémonies de remises de prix, que ce soit pour la musique, le cinéma, la télé, ... c’est souvent politiquement correct. En France, nous avons parfois eu des interruptions des intermittents de spectacle, apostrophant le ministre de la Culture sur les régimes d’indemnisation, mais jamais rien de très scandaleux. Hier, à la cérémonie Nika, récompensant l’industrie cinématographique russe, une question de la présentatrice Ksenia Sobtchak à l’une de lauréate a fait l’effet du bombe et provoqué un mini-scandale et de nombreuses réactions d’internautes.

Les actrices Tchoulpan Khamatova et Dina Korzoun ont reçu un prix spécial pour leur implication dans le fonds de bienfaisance  ?????? ????? (Fais don de la vie), créé pour venir en aide aux enfants gravement malades. Après un discours élogieux de l’acteur Evgueni Mironov, la présentatrice Ksenia Sobtchak, fille de l’ancien maire de St Pétersbourg Anatoli Sobtchak et nouvellement soutien de l’opposition, s’est adressée à Tchoulpan Khamatova pour lui dire combien elle trouvait que c’était une personne formidable et talentueuse, puis pour lui demander, si elle n’avait pas eu de fondation, si elle aurait apporté son soutien à la candidature de Vladimir Poutine ou bien si elle serait restée à l’écart de la politique ? Comme l’explique l’Express, Tchoulpan Khamatova a été au centre d’une controverse après avoir tourné comme d’autres artistes dans un clip électoral de soutien à Vladimir Poutine. La rumeur s’est répandue sur les blogs qu’elle avait été forcée de le faire sous peine de voir d’être privée de financement pour sa fondation. Evgueni Mironov fait d’ailleurs allusion à cette rumeur dans son discours, en faisait référence aux "avortons" et "vauriens qui restent sur leur canapé". Tchoulpan Khamatova ne répond pas à la question de Ksenia Sobtchak, qui explique sur scène, puis sur son blog, avoir seulement posé une question, en disant que c’est la fête du cinéma et en racontant comme le fonds avait été créé.

Alors, est-ce bien le bon endroit pour poser une telle question, et surtout à ce moment ? Peut être, pas. En tout cas, il a fallu certainement un sacré courage pour le faire. Après, la question du soutien des artistes et sportifs à des hommes et femmes politiques est également ouverte, surtout quand c’est pour de mauvaises raisons (comme par exemple, Depardieu, Sarkozy et la résolution du problème à l’étranger du premier par le second...).

La Russie en 15 secondes

Par Aurialie le 17.11.2010 à 23h36

Les auteurs de cette vidéo virale ont essayé de rassembler le plus de clichés sur la Russie en 15 secondes. Mais comme 15 secondes, c’est très court, il y a une version plus longue d’1min55.

La vidéo fait un peu parler d’elle, mais je ne suis pas sûre qu’elle incite à aller voir le film dont elle fait la promo, La chasse au piranha.

12 de Mikhalkov sur les écrans français

Par Aurialie le 11.02.2010 à 00h14

Après Tsar de Pavel Lounguine, c’est au tour du film 12 de Nikita Mikhalkov (réalisé en 2007) de sortir enfin sur les écrans français. Le célèbre réalisateur du Barbier de Sibérie et de Soleil trompeur a fait une version russe de Douze hommes en colère de Sidney Lumet. Le présumé coupable est un jeune Tchétchène accusé du meurtre de son père adoptif, un officier russe. Comme dans la version originale, tout semble accuser le jeune coupable, mais un juré sur les 12 refuse de reconnaître sa culpabilité. Les faits sont alors repris un à un, décortiqués, analysés et l’un après l’autre, les jurés changent d’avis.

Cette version russe m’a beaucoup plu, car elle est ancrée dans une réalité très russe. Celui qui en parlera le mieux, c’est certainement le réalisateur, une interview est lisible en français ici.

Le Tsar de Pavel Lounguine est terrible

Par Aurialie le 16.01.2010 à 23h58

L’année de la Russie en France (et réciproquement) commence bien cinématographiquement parlant avec la sortie du dernier film de Pavel Lounguine, Tsar.

Tsar relate 4 ans de la vie d’Ivan le terrible (entre 1565 et 1569), les conséquences de sa paranoïa (garde rapprochée sans foi ni loi, comploteurs imaginaires torturés et tués, recherche de tout signe annonçant le jugement dernier, ...) mais surtout, comme le montrent les affiches française et russe du film, son face-à-face avec le père Philippe (qu’il nomme métropolite de Moscou, après le départ du précédent), un combat entre le bien et le mal. Une phrase du film résume parfaitement la complexité du 1e tsar de Russie, dans lequel cohabitent la cruauté des opritchniki et la piété du métropolite Philippe : "Peut-être qu’en tant qu’homme je suis pécheur. Mais en tant que tsar, je suis juste !"

La performance des 2 acteurs principaux (Piotr Mamonov et Youri Kuznetzov) est absolument magistrale, les costumes magnifiques, Pavel Louguine (en interview ici) signe un très bon film.

La beauté sauvra le monde (Dostoevski)

Par Aurialie le 10.09.2009 à 00h46

A l’occasion de la journée internationale de la beauté (le 9 septembre, depuis 1995), l’agence de presse Ria Novosti a publié une sélection de photos d’hommes qui ont fait et font rêver les femmes d’Union Soviétique, de Russie et d’ailleurs.

Le panorama commence avec Nikolaï Rybnikov, acteur et chanteur du début des années 50, et se termine par Dima Bilan, chanteur qui a notamment gagné l’Eurovision en 2008. Au milieu on trouve le cosmonaute Iouri Gagarine (à qui Gina Lollobrigida a(urait) dit : "Vous, Iouri, avez éclipsé toutes les étoiles du monde !"), le chanteur Muslin Magomaev, et de nombreux acteurs, que je ne connais pas (Viacheslav Tikhonov, Vasili Lanovoï, Vladimir Kononev, Sergueï Bezroukov…) ou que je connais, tel Konstantin Khabenski (photo), vu dans Notchnoï Dozor.

L’ensemble de ces beautés sont à voir ici.

Source photo : Novaya Gazeta

L'Union des cinéastes russes scénarise sa succession

Par Aurialie le 01.06.2009 à 23h57

Les détracteurs du réalisateur Nikita Mikhalkov, actuel dirigeant de l’Union des cinéastes russes, n’ont pas dit leur dernier mot. Après avoir élu Marlen Khoutsiev représentant des cinéastes en décembre dernier, critiqué les abus financiers et l’autoritarisme de Mikhalkov à la tête de l’institution depuis 1997, porté plainte contre sa réélection, une vingtaine de réalisateurs et membres de l’Union ont publié une lettre ouverte pour que les professionnels de la profession "prennent conscience de tout l’aspect dramatique de la situation". Ils estiment que Milkhalkov s’est accaparé le pouvoir et a transformé une union de personnes libres en entreprise privé personnelle.

Si Mikhalkov ne souhaitait pas se présenter à un nouveau mandat de l’Union des cinéastes russes, il avait une idée du nom de son successeur : Mikhaïl Poretchenkov. Mais l’imbroglio dans la succession a eu lieu quand 158 réalisateurs (sur 450) se sont réunis pour dresser un bilan (négatif) de l’action de Mikhalkov, que 49 ont élu Khoustiev (donc très loin de la majorité requise), que Mikhalkov a décidé de se défendre, pour finalement être réélu en mars 2009. La justice a rejeté l’élection de Khoustiev, la majorité n’étant pas atteinte, mais un 2e procès va débuter le 10 juin. Si cette histoire n’est pas sûre de faire un bon scénario de film, le suspense sur le nom final du dirigeant de l’Union des cinéastes de Russie reste entier pour le moment.

Simple vérité, propagande ou œuvre d'art ?

Par Aurialie le 24.03.2009 à 23h02

Depuis le 16 mars, la chaîne russe Perviy Kanal passe la bande-annonce du film Olympus Inferno, qui sera diffusé dimanche prochain.

En une semaine, cette bande-annonce a déjà fait couler beaucoup d’encre, l’histoire étant sujet à polémiques. Michael, jeune ethnologue américain d’origine russe, se rend en Ossétie du sud pour réaliser un film sur de rares spécimens de papillons de nuit. Il rencontre alors Jena, journaliste et ancienne camarade de classe. Ils posent des caméras dans une réserve naturelle et c’est alors que la guerre éclate en Ossétie du sud entre la Géorgie et la Russie, dans la nuit du 7 au 8 août 2008. Pensant détenir des preuves de l’agression géorgienne contre l’Ossétie et la Russie, ils tentent alors de rejoindre la zone autorisée de Tskhinvali alors que les combats font rage.

On comprend immédiatement quelles polémiques vont naître : film relatant un événement historique pour les uns, terrible œuvre de propagande pour les autres. Mais les critiques ne portent pas seulement sur le fond, mais aussi sur la forme : calque des films (de propagande) américains, absurdités dans le scénario, ... A cela s’ajoute le mécontentement d’une partie de la population ossète de voir leur tragédie transformée en spectacle. Pour son réalisateur, Igor Volochin, qui a fait de nombreuses recherches avant le tournage, son film est une œuvre d’art, tout simplement.

Emir Kusturica devrait également tourner un film sur le conflit en Ossétie, peut être celui-ci sera plus abouti.

Source : Newsru.com

Quelques nouvelles de Biélorussie


Alors qu’Alexandre Loukachenko estime qu’il n’y a pas de crise en Biélorussie et que le gouvernement n’aidera donc pas les entreprises locales, un jeune activiste qui participait à une manifestation pour le petit entrepreneuriat en janvier, a été arrêté cette semaine. Jusqu’à présent Alexandre Borozenko se trouvait en Pologne pour ses études, son retour sur sa terre natale s’est de suite suivi d’une arrestation. Quelques mois plus tôt, 11 autres personnes avaient été condamnées à de la prison, dont 9 avec sursis, mais tous avaient finalement été relâchés le mois dernier, Loukachenko souhaitant améliorer ses relations avec l’Occident. Les opposants au président biélorusse commencent à mener des actions pour demander la libération de ce nouveau prisonnier politique.

Le dernier film documentaire de Vladimir Kolos, Ada Gallery, peut être une illustration des difficultés décriées par Alexandre Borozenko. Narrant l’ouverture et les tracas d’une galerie d’art en Biélorussie, il a reçu jeudi le Prix Europe, prix spécial de l’Europarlement dans la catégorie film documentaire au festival international des programmes télé et radio de Berlin. Ada Gallery sera en compétition au 8e festival international du documentaire de création de la Rochelle, débutant vendredi prochain.

Photo : Charter 97

Les chiens ne font pas des chats

Par Aurialie le 07.09.2008 à 02h52

La Mostra de Venise a récompensé ce week-end le cinéma d’auteur russe en la personne d’Alexeï Guerman Jr et son film Soldat en papier. Et il n’a reçu un simple prix de consolation, mais a été doublement primé : Lion d’argent de la meilleure réalisation et prix Osella de la meilleure photographie pour ses deux chefs opérateurs, Alisher Khamidhojaev et Maxim Drozdov.

Le film relate la préparation des premiers cosmonautes envoyés dans l’espace par l’URSS et le cas de conscience d’un médecin anticonformiste, chargé de superviser l’entraînement de jeunes gens dont la vie risque d’être sacrifiée. Fils du grand réalisateur Alexeï Guerman, qui a fêté ses 70 ans cet année et termine le montage de son dernier film Il est difficile d’être un Dieu (adaptation d’un roman de science-fiction des frères Strougatski), Alexeï Guerman Jr semble avoir hérité de son père la volonté de faire des films profonds et soignés.

Mais l’héritage paternel n’est pas toujours aussi facile à porter. Tsotne Gamsakhourdia, fils du premier président post-soviétique de la Géorgie, Zviad Gamsakhourdia (chassé du pouvoir en 1992 par l’opposition de l’époque et retrouvé 7 mois plus tard mort dans des circonstances jamais élucidées), a été arrêté jeudi à l’aéroport de Tbilissi pour trahison. Il était recherché depuis novembre 2007 pour avoir rencontré un diplomate russe lors des manifestations antigouvernementales de novembre 2007. On ne peut que lui souhaiter de ne pas finir comme son père.

PS : En russe, l’expression du titre se dit " ?????? ?? ?????? ???????? ??????".

Encore des récompenses

Par Aurialie le 02.06.2008 à 00h03

La ville de Kazan a eu l’honneur d’apprendre hier qu’elle avait été choisie pour l’organisation des Universiades d’été en 2013. Peu connu en France, cette compétition internationale universitaire multi-sports est organisée par la Fédération internationale du sport universitaire (FISU). La France a accueilli une seule fois ces jeux, en 1960 à Chamonix.

Celle-ci a d’ailleurs également reçu ce week-end une récompense lors de IIe festival international André Tarkovski "Zerkalo", qui se tenait à Ivanovo. Plus précisément c’est le film Les toits de Paris d’Hiner Saleem qui a obtenu le Grand Prix pour le meilleur film dramatique.

Source : Lenta.ru

Bon mois pour la Russie

Par Aurialie le 25.05.2008 à 20h33

C’est décidément le mois de la Russie, tout du moins au niveau sportif et culturel : victoire du Zénith Saint-Pétersbourg à la coupe de l’UEFA, championne du monde de hockey (1e fois depuis 15 ans), 1e victoire à l’Eurovision (avec Dima Bilan). Nouvelle récompense aujourd’hui : mention spéciale de la Caméra d’or pour la jeune réalisatrice Valeria Gaï Guermanika pour son film Ils mourront tous sauf moi, qui met en scène la vie de trois lycéennes de quatorze ans vivant dans la banlieue de Moscou. Pour en savoir plus, lisez cette longue critique de Critikat.

Loin de Sunset Boulevard sur nos écrans

Par Aurialie le 12.05.2008 à 22h18

Le film Loin de Sunset Boulevard d’Igor Minaiev est officiellement sorti la semaine dernière sur les écrans français (trois pour être exact, à Paris et à Orléans). Revue des critiques de cette œuvre franco-russe, récompensée au Festival de Honfleur en 2006 (Grand prix et Meilleur scénario) : "Loin de Sunset Boulevard" : mélo soviétique sur les plateaux de cinéma staliniens (Le Monde), "Loin de Sunset boulevard" : Hollywood or et rouge (CinéManiac), Quand les films chantaient sous Staline (l’Humanité), Très bon film, coco (Libération) et aussi l’avis de Télérama, qui ne met pas de titre à sa chronique, et d’autres journaux sur AlloCiné.

D'Est en musique

Par Aurialie le 17.04.2008 à 23h10

Vendredi soir, le Gmem (groupe de musique expérimentale de Marseille) propose dans le cadre du festival Les Musiques un concert en image ou un film en musique, tout dépend dans quel sens on le prend.

Le film présenté est D’Est de Chantal Akerman, réalisé en 1993, montrant un voyage à travers l’Europe de l’est, entre l’Allemagne et la Russie. La musique est celle de Sergueï Rachmaninov, Leoš Janá ?ek, Franck Krawczyk, Alfred Shnittke et Sergueï Prokofiev, jouée par le pianiste Laurent Cabasso et la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton.

Cette dernière considère sa musique comme une invitation au vagabondage, une manière de faire dialoguer les arts et les sensibilités : "comme ces travellings D’Est, le mouvement libérait une écoute". En d’autres termes, D’est en musique est une proposition à l’exil musical, à l’écoute flottante, à une odyssée sensationnelle.

A 21h au théâtre du Gymnase, 4 rue du Théâtre français, 13001 Marseille.

Printemps du cinéma russe

Par Aurialie le 08.04.2008 à 20h44

Demain s’ouvre la deuxième édition du Festival du Printemps russe, qui a pour ambition de faire connaître le cinéma russe au grand public français. Hommage à Nikita Mikhaïlkov et Alexeï Guerman, films récents et vieux films soviétiques, courts-métrages, films pour enfants, il y en a pour tous les goûts. Un Grand prix sera également attribué par un jury composé de professionnels (acteurs, réalisateurs, …) et présidé par … Elena Lenina (à se demander si c’est la seule Russe connue en France). Pour assister à ce festival, rendez vous du 9 au 15 avril 2008 au Cinéma Elysées Lincoln (14 rue Lincoln, Paris 8e).

Hommage à Tarkovski

Par Aurialie le 05.04.2008 à 23h50

Le 4 avril 1932 naissait Andreï Tarkovski. Ce célèbre réalisateur, souvent considéré par la critique comme un des maîtres du Septième Art, à l’égal d’Ingmar Bergman, Luis Bunuel, Robert Bresson, Michelangelo Antonioni ou Federico Fellini, est à l’origine de quelques uns des meilleurs films soviétiques (et internationaux) : Solaris, Andreï Roublev, le Sacrifice et Stalker (que vous pouvez voir ci-dessous en entier).

Les thèmes chers à Tarkovski étaient la spiritualité, la présence de la terre et son union prophétique avec les trois autres éléments de la vie (eau, feu et air), la solitude des êtres, leurs rêves, leurs fantasmes, leur imagination et leurs tourments existentiels, sujets éloignés des impératifs artistiques du régime soviétique, qui lui ont valu quelques difficultés.

A lire : sa dernière interview, donnée 8 mois avant sa mort (en 1986) au magazine Nouvelles clés.

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