Tous les articles sur le mot clé : économie

Le chiffre du jour : 47

Par Aurialie le 08.03.2009 à 23h34

Selon l’organisation Grant Thornton, la Russie occupe la 2e place mondiale en terme du nombre de femmes dirigeantes d’entreprises privées. A la première place, on trouve les Philippines avec 47% de femmes au commandement (42% en Russie). La moyenne mondiale est de 24%, la France est en-dessous avec 18%, tout comme les Etats-Unis (20%) ou encore le Japon (7%).

La Russie est également un des pays leaders dans l’augmentation du nombre de femmes dirigeantes : +9% entre 2007 et 2009 (à égalité avec le Canada). Devant la Russie, il y a la Turquie (+11%) et le Mexique (+10%). La France et les Etats-Unis sont à -3%, Hong-Kong à -6% et le Brésil -13%.

Le dessin du jour de Sergueï Elkin

Par Aurialie le 26.02.2009 à 22h07

Une fois de plus Sergueï Elkin a vu très juste avec son dessin du jour, représentant le ministre des finances, Alexeï Koudrine, très abattu devant les chiffres de l’économie russe pour 2009.

1e image : Avec notre économie, tout va tellement mal, tellement mal...
2e image : un peu comme ça...
3e image : mais en fait, c’est encore pire

Le fléau du spam

Par Aurialie le 24.02.2009 à 23h21

En 2008, les pertes de l’économie russe du fait de la diffusion massive de spams sont estimées à 47,2 milliards de roubles (soit environ 1,9 milliard de dollars, au cours du 24/02/09), selon les analystes de la compagnie FBK. Pour atteindre ce chiffre, ils ont notamment pris en considération le nombre de travailleurs utilisant une adresse électronique, multiplié par leur salaire moyen. Aux États-Unis, selon l’évaluation des spécialistes américains, le spam aurait déjà causé une perte de 71 milliards de dollars.

Toutefois, les experts n’ont pas calculé combien le pourriel rapportait à ces 2 plus gros émetteurs (en 2008, les Etats-Unis représentaient 17,5% de l’envoi du spam mondial, la Russie – 7,8% selon les chiffres de la société Sophos). Une étude des universités de San Diego et de Berkeley publiée en novembre 2008 estiment qu’une personne sur 12,5 millions achète un produit à la suite de la réception de spams.

Sources : Ria Novosti (dessin de Elkin) et le Monde
Légende du dessin : Tchapaev s’exclame : "Va Petka ! Délivre ce paquet à tous les users, lamers et gamers !"
Quelques informations complémentaires : Tchapaev est un héros de l’Armée rouge et de la Révolution bolchévique. Il est très présent dans la culture russe : livre de Dmitri Fourmanov, film des Frères Vassiliev, blagues avec son fidèle aide de camp Petka, jeu, jeux vidéo "Petka et Vassili Ivanovitch sauvent la galaxie" et "Petka2". Je suppose également un jeu de mot entre " ???????" (télécharger) et " ???????", dont l’impératif est " ?????" (bondir, galoper).

Petit film de crise

Par Aurialie le 08.02.2009 à 23h04

Poursuite de la thématique "crise", avec ce court dessin animé, intitulé "La gestion fiduciaire dans les conditions de la Russie".

Deux autres vidéos ont été faites par le studio Fx.ru : "La crise de l’île de la stabilité" et "La paie". Ce n’est pas d’une grande subtilité, mais ça change des mauvaises nouvelles et des chiffres déprimants.

"Il n'y aura pas de dévaluation du rouble !" Vraiment ?

Par Aurialie le 07.02.2009 à 23h04

Depuis le début de la crise financière, les autorités russes, notamment l’assistant du président Arkadi Dvorkovitch, le ministre du développement économique, Igor Chouvalov, ou encore le Premier ministre, Vladimir Poutine, répètent qu’il n’y aura pas de dévaluation du rouble. Et pourtant depuis plusieurs mois, le cours du rouble ne cesse de baisser par rapport à ses monnaies de référence : le dollar et l’euro. Ainsi, le 2 février, un euro valait 46,1 roubles, le dollar 36,18 roubles. Mutin 2007 a donc imaginé les phrases que pourront entendre les Russes, au fur et à mesure de la baisse du cours du rouble (par rapport au dollar, je pense) :

A 24,5 – le rouble sera stable
A 26,7 – la dévaluation est impossible
A 28,1 – il n’y aura pas de dévaluation brutale du rouble
A 30,8 – une dévaluation brutale du rouble cèdera à une correction douce et raisonnée
A 36,4 – une correction des prix et des cours contribuera à une relance de l’industrie
A 39,9 – soutenir le rouble n’est pas une fin en soi
A 42,2 – la population y gagnera
A 45,9 – vive un cours du rouble juste
A 49,8 – il ne se passera rien de grave. L’essentiel c’est la stabilité !

Combien de temps va durer la méthode coué du gouvernement ?

L'inquiétude des "villes-entreprises" russes face à la crise

Par Aurialie le 03.02.2009 à 23h23

Il y a un mois, j’avais évoqué un article du journal Vedomosti relatant un scénario de crise dont le premier acte était le licenciement massif des salariés d’une entreprise qui faisait vivre la ville (en russe " ?????????"). Aujourd’hui, SmartMoney (hebdomadaire d’analyse économique de Vedomosti) publie un article sur la situation économique de ces villes-entreprises, qui subissent un chômage de masse avec la crise économique mondiale et des manifestations de personnes inquiètent pour leur avenir.

Sur cette carte, illustrant l’article, nous pouvons notamment voir qu’à Sourgout, la compagnie pétrolifère et gazière Sourgoutneftegaz emploie près d’un tiers des habitants de la ville, ou encore qu’à Norilsk plus d’un quart des habitants travaillent à Norilskii nickel. Mais la situation est encore plus délicate dans les petites villes vivant grâce à une seule entreprise. C’est le cas du village de 5.000 habitants de Moundybach (région de Kemerovo), très dépendant d’Evraz Group, qui a décidé de fermer son usine. Cette holding fait vivre 8 villes russes et une population de 696.000 âmes. Selon l’Institut de politique régionale, en Russie il y a 460 localités qui sont ainsi dépendantes de compagnies, soit 25 millions de personnes. Le "champion" est Rousal avec entre ses mains le destin de 13 villes et 815.000 personnes.

Dmitri Medvedv a déjà demandé à ses représentants plénipotentiaires et aux gouverneurs de préparer un plan en prévision des licenciements massifs. Le pouvoir compte résoudre le problème avec 43,7 milliards de roubles, notamment en mettant en place du travail temporaire ou en déplaçant les personnes sans-emploi dans les lieux où il y a des offres d’emploi. Selon le directeur de l’Institut de politique régionale, Boulat Stoliarov, un programme anti-crise réaliste devrait s’élever à 400 milliards de roubles : 300 milliards en substitution des recettes municipales en baisse et 100 milliards pour le maintien du secteur social.

En attendant la mise en place d’un plan de relance, des manifestations de salariés licenciés inquiets pullulent dans l’ensemble de la Russie. Pour le moment, le Kremlin utilise des méthodes simples pour répondre à leurs inquiétudes : organiser des meetings anti-crise pour leur expliquer les actions du gouvernement, telle la manifestation sur la place du Manège à Moscou ce week-end.

Source : SmartMoney

Les 3 chiffres du jour

Par Aurialie le 29.01.2009 à 23h26

Le site d’informations Lenta.ru a multiplié les chiffres peu réjouissants sur la Russie aujourd’hui :

  • entre le 16 et le 23 janvier les réserves internationales d’or et de devises russes ont perdu 9,7 milliards de dollars pour atteindre la somme de 386,5 milliards de dollars. La cause principale : la dévaluation du rouble par la Banque centrale de Russie. En août 2008, les réserves s’élevaient à près de 600 milliards de dollars
  • à la fin de l’année 2009, il devrait y avoir 7 millions de sans-emplois selon le vice-président de la santé publique et de l’économie sociale. Actuellement le nombre de chomeurs s’élèvent à 2,2 millions, mais dans les faits, ils seraient en réalité 6 millions, selon le chef du service fédéral du travail.

Malheureusement en ces temps de crise, on retrouve à peu près les mêmes chiffres sinistres pour les autres pays...

La transition du communisme à l'économie de marché aurait fait un million de morts (Courrier International)

Par Aurialie le 26.01.2009 à 20h24

Via Courrier international

Les privatisations massives qui ont caractérisé la transition des pays de l’ancien bloc soviétique du socialisme à l’économie de marché au cours des années 1989-2002 ont-elles eu une influence sur la forte augmentation de la mortalité constatée dans ces pays après la chute du mur de Berlin ? Oui, à en croire une étude publiée par la revue scientifique britannique The Lancet : la mortalité des hommes adultes (15-59 ans) aurait augmenté de 12,8 %, ce qui représente, calcule le Corriere della Sera, environ 1 million de personnes décédées prématurément.

Se basant sur des modèles mathématiques complexes et au terme de quatre années de travaux, les auteurs de la recherche ont par ailleurs remarqué que le taux de mortalité croît avec la vitesse à laquelle les privatisations ont été menées : là où une "thérapie de choc" a été appliquée, comme en Russie entre 1991 et 1994, l’espérance de vie s’est raccourcie de cinq ans. Dans les pays qui ont vécu une transition plus douce – comme la Slovénie, la Croatie ou la Pologne –, elle a augmenté de près d’un an. Un lien de cause à effet entre le chômage qui a suivi les privatisations, notamment en Russie, et l’augmentation du taux de mortalité est également établi, notamment à cause du fait qu’à l’époque soviétique les entreprises d’Etat assuraient le suivi médical des salariés. Avec leur fermeture ou leur privatisation, c’est une partie du système de santé qui a disparu.

Dans une lettre au Financial Times, l’économiste Jeffrey Sachs, qui avait conseillé de nombreux gouvernements ex-communistes à l’époque, estime que le taux de mortalité en Pologne n’a pas augmenté, et que le taux de mortalité en Russie est davantage dû au régime alimentaire russe ou bien aux aides refusées par l’Occident.

Les bons côtés de la crise

Par Aurialie le 06.01.2009 à 00h20

Depuis 4 mois, on entend parler de crise économique et de ses aspects négatifs : difficulté à trouver un emploi, à gagner sa vie, chômage technique, licenciements massifs, ... Grani a demandé à des hommes politiques, écrivains, experts de décrire les conséquences que pourraient avoir la crise en Russie, étonnamment les aspects positifs sont majoritaires :

  • engagement des citoyens, notamment des jeunes, dans des mouvements tels que Solidarnost (Boris Nemtsov, homme politique)
  • modification de la structure de l’économie, qui repose actuellement sur le gaz et le pétrole (B. Nemtsov)
  • période d’augmentation de la concurrence et de l’efficacité personnelle, notamment dans les régions (Nikita Belikh, gouverneur de la région de Kirov)
  • influence de la crise sur les phénomènes stagnants, qui se sont formés dans l’économie et la société russes (Evgueni Iassine, responsable scientifique de la Haute école en économie)
    -* prise de conscience de la société qu’il ne faut rien attendre de l’État, mais tenter de s’en sortir par soi-même (Dmitri Orechkine, directeur du groupe d’analyses Merkator)
  • preuve des problèmes du pouvoir existant, de ses erreurs, de son incompétence à trouver des réponses adéquates (Garry Kasparov, leader du Front citoyen unifié, et Vladimir Sorokine, écrivain)
  • coup de fouet dégrisant qui permet de revoir la stratégie de son business, de sa vie (Gueorgi Satarov, président du fond Indem)
  • possibilité de démonter l’optimisme béat du pouvoir, qui avait atteint des sommets insurmontables ces derniers temps (Igor Irteniev, poète)
  • baisse des prix de l’essence (B. Nemtsov)
  • baisse des prix de l’immobilier (B. Nemtsov, G. Satarov et Maria Gaïdar, femme politique)

Voilà enfin des bonnes nouvelles !

Source image : Attac Bruxelles

Des scénarios pour 2009

Par Aurialie le 05.01.2009 à 00h02

Le journaliste et homme politique Andreï Piontkovski a établi pour Grani trois scénarios de l’évolution possible de la Russie en 2009. Selon lui, tous les experts s’accordent sur un point : l’évidente inconsistance et inviabilité de la kleptocratie poutinienne, désastreuse pour le système économique et politique de la Russie. Au début de l’année, Piontkovski pense qu’elle devrait se diviser en deux groupes distincts : la nationale-kleptocratie et la globo-kleptocratie.

Le premier scénario voit le succès des nationaux-kleptocrates (à savoir, le clan des tchékistes à la tête duquel on trouve Vladimir Poutine entouré des hommes d’affaires Setchin, Ivanov et Tchemezov) signifiant le maintien du "capitalisme pour les amis" et la répression impitoyable des manifestations de l’opposition. Poutine redevient président (par le biais d’élections anticipées, ou par l’établissement de l’état d’urgence), les adversaires potentiels tombent sous le coup de nouveaux articles du Code pénal sur l’espionnage et la haute trahison. Conséquences attendues à court terme : fascisation du champ idéologique, atmosphère de forteresse assiégée, tentatives "d’annexion des terres des Russes" dans l’espace post-soviétique. Mais au bout d’un an ou deux, un krach se produira menant à la désagrégation de la Fédération de Russie.
-> Probabilité de réalisation : 70%

Le deuxième scénario commence avec la victoire des hommes d’affaires de la globo-kleptocratie, composée notamment d’Abramovitch, Volochine, ou encore Tchoubaïs, c’est-à-dire, ceux mêmes qui ont "créé" Poutine et l’ont mené à la tête du pouvoir. Leur premier tâche : faire signer à Medvedev un décret révocant le Premier ministre Poutine. Ensuite ajouter un peu plus d’esprit de compétition en économie et en politique. Mais la crise mondiale amène bien plus qu’un peu plus de liberté, c’est une véritable explosion de l’activité sociale et politique, que les globo-kleptocrates sont incapables de contrôler. Ils disparaissent alors de l’arène politique, Medvedev provoque des élections anticipées de l’Assemblée constituante et promet de se retirer ensuite. Il y a deux suites possibles :
- un groupe armé d’extrême gauche réussit à obtenir une minorité de 20% des voix, disperse l’Assemblée Constituante et proclame la Grande révolution décembriste socialiste de 2009. Ce nouveau cycle historique dure un certain temps, mais s’achève par la désagrégation de la Fédération de Russie.
-> Probabilité de réalisation : 15%.

- l’Assemblée Constituante forme un gouvernement de coalition gauche/libéraux, qui obtient la confiance d’une forte majorité de la population du pays. Commence une voie lente et difficile de la renaissance démocratique de la Russie.
->Probabilité de la réalisation : 15%.

Et sur ces charmantes perspectives, M. Piontkovski souhaite aux lecteurs une bonne année 2009...

Source image : Compromat.ru

L'arche des loosers

Par Aurialie le 20.12.2008 à 00h29

Les espèces issues du capitalisme (consultants, courtiers, analystes, brokers, banquiers, managers, clercs, agents immobiliers) sont menacées par la crise mondiale. Le dessinateur Sergueï Elkin les a mis sur un bateau, deux par deux tel l’arche de Noël, mais ne serions-nous pas plus proches de Titanic actuellement ?

Scénario de crise (2)

Par Aurialie le 03.12.2008 à 00h42

Autre organisme, autre scénario : l’Institut de stratégie nationale, par le biais de son agence (en ligne) de nouvelles politiques Nord-Ouest a établi cinq scénarios de crise. Mais avant le journaliste, Victor Nesoglasni (dont ça ne doit pas être le vrai nom, "nesoglasni" voulant dire "en désaccord"), dresse un tableau (noir) de la situation en Russie :

Les experts estiment que la population active en Russie représente 45 à 50% de la population, soit 73 millions de personnes. En enlevant les prisonniers, les alcooliques, les drogués et les sans-abris, l’auteur estime que l’on ne peut compter que sur 60 millions de personnes pour assurer la stabilité économique de la Russie et nourrir tout le pays. Il enlève encore 1,5 million de soldats et officiers, dont l’activité productrice, à l’exception de la construction des datchas des supérieurs, est nulle.
Mais il ne s’arrête pas là et rajoute que selon les données de l’Institut de sociologie RAN, la catégorie de citoyens la plus importante est celle qui "est dans le besoin", "n’a pas beaucoup de moyens" (43% de la population). Et 70% de ces personnes sont celles qui vivent dans de petites villes ou à la campagne et qui ont, selon les sociologues, le niveau le plus élevé d’apathie et de passivité sociales. Mikhaïl Gorchkov, directeur de l’Institut de sociologie RAN, a ainsi déclaré : "On remarque chez les couches démunies de la population une absence de conscience des intérêts de groupe. Surtout chez les jeunes. Ils n’ont pas de compréhension de la solidarité sociale, d’auto-identification politique. Ils vivent selon le principe "ma maison – ma forteresse". Une telle approche freine le développement de la société civile en Russie."

C’est pourquoi, Victor Nesoglasni pense, qu’en prenant en considération cette particularité, on ne peut considérer comme réaliste le scénario décrit par Evgueni Gontmakher.

La Russie compterait actuellement 4,6 millions de chômeurs. En 2009, il devrait y en avoir entre 200.000 et 350.000 de plus, selon les chiffres les plus optimistes ; entre 1,5 et 2 millions dans les scénarios les plus pessimistes. La question centrale est donc de savoir quelles conséquences politiques et sociales engendrait une hausse si importante de sans-emplois. Guennadi Goudkov, député, a déclaré en octobre : "Le plus dangereux serait un accroissement de la tension sociale dans la société, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi à cause de l’incapacité des fonctionnaires qui, possédant les pleins pouvoirs, ne feraient absolument rien. En plus, nous sommes obligés d’arrêter la hausse incontrôlable des prix, autrement cela provoquera également des tensions et des conflits. Et la question du logement pour les couches nécessiteuses de la population n’est toujours pas résolue ; le fonctionnement du système de protection des droits et de la justice ne s’améliore pas ; la corruption, qui est devenue le mode de vie de millions de gens, triomphe dans tout le pays ; on va droit dans le mur. Dans ces conditions, les idées radicales et extrémistes, qui sont le plus grand danger pour la Russie, continueront de prospérer. Si nous n’éliminons pas ces phénomènes dans l’immédiat, plus tard, par exemple en 2009, nous pourrons déjà nous heurter au début d’une crise systémique, qui touchera les fondements économique, politique et sociaux de notre société."

Après toutes ces très bonnes nouvelles, Victor Nesoglasni élabore 5 scénarios de crise.
1- Les retards dans le règlement des salaires et les licenciements massifs provoquent d’importantes manifestations, grèves, … mais aussi de nombreuses arrestations, poursuites, fermetures de médias, morts… Le peuple éprouve de la haine pour le régime en place, celui-ci émet la possibilité de provoquer des élections présidentielle et législatives. Le retour de Vladimir Poutine est accueilli avec l’allégresse par le peuple.

2- La crise étant profonde, Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine commencent un "nettoyage" du sommet. Ils "nettoient" le parti Russie Uni, arrêtent certains oligarques, les autres s’enfuient à l’étranger. Une vague de procès semi-politiques déferle dans le pays, provoquant l’allégresse des démunis, des travailleurs et des chômeurs. Les oligarques alimentent secrètement des groupes extrémistes et autres mouvements de citoyens en colère, mais ces tentatives échouent. Résultat : retour triomphal du favori du public, Vladimir Poutine.

3- Dans les petites villes apparaissent des "révolutions locales", puis le "syndrome de Novotcherkassk" se répand dans de grandes mégalopoles. À Saint-Pétersbourg les citoyens furieux prennent Smolny, les OMON affamés n’interviennent pas. Les insurgés sont soutenus par certaines troupes, qui sont commandées par des officiers mécontents de la réforme de l’armée. Moscou bouillonne. Le président, le gouvernement et le parlement donnent de concert leur démission. De nouveaux leaders apparaissent, ceux qui sont connus font également parler d’eux. Une ère nouvelle arrive.

4- Ce scénario a été décrit par le politologue Mikhaïl Leontev : "... la seule sortie de crise est une guerre globale. Qui et comment elle se déclenchera n’est qu’une question purement technique. Je ne vais pas conjecturer sur le prétexte de cette guerre - complication des relations entre la Russie et l’Ukraine ou la Géorgie, la question iranienne, le Pakistan. La lourde situation économique va inévitablement déborder sur le plan politique." On peut donc supposer, connaissant les "mœurs" des maîtres du Kremlin, que la Russie, sous prétexte de protéger ses compatriotes, introduira des troupes en Géorgie, Ukraine ou dans les pays Baltes. Comment l’Ouest répondra à cela, on peut facilement l’imaginer.

5- Enfin, le scénario préféré de l’auteur. Ni les banques s’effondrant, ni le retard dans le règlement des salaires, ni les licenciements massifs, ni l’augmentation de la criminalité, ni aucunes autres conséquences de la crise économique n’influenceront, et ce en aucune manière, l’apolitisme infantile du citoyen russe. Année après l’année, le pays se dégradera avec sa population, qui restera à la maison en se taisant.

De bien réjouissantes perspectives...

Source image : 1- APN / 2- Waking life

Scénario de crise (1)

En cette période de difficultés économiques, les journalistes, experts, hommes politiques... essaient d’imaginer les moyens de sortir de cette crise. La contribution de Evgueni Gontmakher, membre de l’Institut du développement moderne, a été publiée la semaine dernière dans Vedomosti, valant d’ailleurs à ce journal un avertissement de l’Agence fédérale de surveillance des médias pour extrémisme.

Son article décrit les 14 étapes d’un scénario de déstabilisation de la ville de Novotcherkassk.
1- Licenciements massifs dans l’entreprise qui fait vivre la ville.
2- Augmentation importante de sans-emplois dans les autres secteurs d’activité et dans les pme...
3- ... mais aussi dans la grande distribution, les gens n’ayant plus les moyens d’acheter autres choses que les produits de consommation courante (pain, lait, soupe).
4- Paralysie totale de l’administration locale et du maire, qui attendent les ordres du gouvernement central.
5- Agitation grandissante se transformant en protestation ouverte : les habitants de Novotcherkassk marchent vers la mairie, exigent des autorités qu’ils fassent quelque chose. La police n’intervient pas, ne cachant pas leur sympathie pour les manifestants.
6- Occupation de la mairie, des leaders commencent à apparaître et à vouloir mieux organiser les évènements.
7- Exigence auprès du gouverneur et du président russe du retour à l’emploi et de poursuivre les fonctionnaires responsables de la crise. Les manifestant expliquent qu’ils ne partiront pas de la mairie avant que ces exigences soient remplies.
8- Tentative de contact entre le gouverneur régional et le pouvoir central. Internet et les médias indépendants, comme Écho de Moscou, commencent à relater les évènements, les chaines nationales se taisent.
9- Absence de réponse de Moscou, qui ne sait que faire : commencer des pourparlers avec les manifestants ? Réprimer les protestations dans le sang ? Les journalistes sont sur place, les agitateurs n’ont rien à perdre, difficile de prendre une décision.

10- Ordre, après de longues réflexions, des autorités fédérales au gouverneur d’aller sur place et de commencer les pourparlers pour que les gens rentrent chez eux, en échange de la promesse d’arranger la situation.
11- Démission du gouverneur, qui sait qu’il sera licencié quoiqu’il fasse. L’atmosphère dans la région s’alourdit. Un nouveau chef de l’administration régionale est choisi et envoyé sur place.
12- Déclaration publique du nouveau gouverneur : une des banques, avec la participation de l’Etat, est prête à donner des crédits avantageux pour permettre une reprise de l’activité dans l’entreprise qui fait vivre la ville.
13- Entêtement des habitants de Novotcherkassk qui veulent que le gouverneur reste leur prisonnier jusqu’à ce que ses promesses soient mises à exécution.
14- Des violences éclatent à Moscou...

Evgueni Gontmakher ne va pas plus loin dans son scénario mais estime que la situation a de grandes chances de se résorber par lassitude du peuple de manifester et utilisation par le pouvoir de l’arme la plus puissante actuellement : l’argent. Quoiqu’il en soit, sans attendre que des événements semblables se produisent et deviennent le prologue de secousse dans toute la Russie, l’expert pense qu’il faut enfin procéder à la modernisation de toute la vie russe (de l’économie jusqu’à la politique) en minimisant la participation de l’État dans les processus publics et en mettant en place des principes de concurrence honnête et de liberté de l’entreprendre. Mais cette modernisation suffira-t-elle à résorber la crise en Russie ?

Demain, d’autres scénarios d’évolution de la crise.

Image : Rassemblement ouvrier à Pétrograd en 1917 (source Chenge the world et nevsky88)

Le chiffre du jour : 46.000

Par Aurialie le 22.11.2008 à 00h06

En octobre, des chiffres du ministère du Travail russe révélaient que 1.073 entreprises prévoyaient de procéder à 46.000 licenciements. Mais ce chiffre pourrait facilement être multiplié par cinq selon les experts, car aux licenciements pour cause de ralentissement ou cessation d’activité, se rajoutent les licenciements pour réduction des coûts dans l’objectif d’augmenter les bénéfices. Selon une enquête menée en octobre par la société Ankor, 30% des entreprises russes planifieraient de réduire une partie de leurs effectifs. Pour arriver à ce chiffre, 371 entreprises de 8 grandes villes de Russie (Moscou, Saint Pétersbourg, Nijni Novgorod, Rostov sur le Don, Ekaterinbourg, Perm, Novossibirsk et Omsk) ont été interrogées. Omsk est la ville où les prévisions de licenciements sont les plus importantes (44%), Ekaterinbourg, les moins importantes (21%).

Les chiffres des licenciements commencent donc à tomber en Russie (Maxell Kapital - réduction de 50% du personnel, Antanta pioglobal - réduction de 70%, Magnitka - 3000 licenciements) comme dans le reste du monde. Toutefois, le journal Izvestia rassure ses lecteurs : il y aurait des milliers de licenciements mais des millions d’offres d’emploi.

La crise en Russie

Par Aurialie le 28.10.2008 à 00h25

Via Courrier International

Attention, "la patrie est en danger", s’alerte Gazeta.ru dans un éditorial. "La Russie se trouve dans une situation financière réellement dangereuse", selon le quotidien moscovite en ligne. "Si la chute des marchés mondiaux se poursuit, la Russie a peu de chances d’échapper à une dévaluation du rouble, à la faillite de sociétés et banques privées, à une crise économique de grande ampleur." Une crise qui pourrait frapper "dès les prochains mois".

En dépit des efforts consentis ou promis, "l’Etat russe ne pourra pas satisfaire toutes les demandes de crédit. C’est pourquoi il faut garder en tête le pire des scénarios." Cela dit, il est encore possible de l’éviter ou, en tout cas, de limiter la crise naissante.

Le journal dénonce l’attitude des autorités russes qui n’ont cessé de déclarer que la Russie était à l’abri. "Aujourd’hui le danger le plus grave, c’est l’autopersuasion, le fossé entre la situation réelle des affaires et la représentation qu’en ont nos autorités et nos élites économiques." D’ailleurs, le pouvoir contredit ses propres déclarations sur l’absence de crise par la mise en place de mesures anticrise.

Les autorités doivent donc changer de méthode. "Seule une politique honnête, transparente, prévisible, publique et responsable peut empêcher les marchés et les gens de céder à la panique, d’éviter à la Russie une catastrophe économique. Dans le cas contraire, nous revivrons la crise de la fin des années 1990."

Image : cotation du Micex par mmk.ru

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