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Pourquoi la Russie ne sera jamais membre de l'Otan

Par Aurialie le 21.11.2010 à 00h14

Le 19 et 20 novembre se tenait un sommet Otan/Russie à Lisbonne. Pour rappel, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord avait pour vocation initiale d’assurer la sécurité de l’Occident au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en prévenant d’éventuels soubresauts d’impérialisme allemand et en luttant contre les ambitions de conquête de l’empire soviétique, militairement organisé dans le cadre du Pacte de Varsovie (merci Wikipedia). Depuis la fin de l’URSS, il est parfois question de l’intégration de la Russie dans l’Otan. Mais un article de Michael Bohm, publié dans The Moscow Times, rappelle les 5 raisons pour lesquelles la Russie ne rentrera jamais dans l’Alliance Atlantique (et que l’ours ne mettra jamais son costume de l’Otan). En voilà une traduction partielle.

1- Les règles de l’Otan
L’Otan exige que ces membres aient un contrôle civil et démocratique de leurs forces armées, que leur budget de la défense soit transparent et que des investigations indépendantes soient menées sur les erreurs et les abus militaires. Mais en Russie, selon le journaliste, "le contrôle civile sur le militaire est un anathème des principes de base de la verticale du pouvoir du Premier ministre, Vladimir Poutine. (…) En Russie, un manque de responsabilité publique et parlementaire permet au ministre de la Défense de masquer l’étendue véritable de ses déficiences, erreurs et retards généreux. En outre, une structure militaire fermée permet également que se perpétue la corruption généralisée à tous les niveaux de l’armée."

2- La Russie a besoin de l’Otan comme un "ennemi", non pas comme un partenaire
L’Otan est perçue par les forces conservatrices et nationalistes, qui dominent l’establishment de la défense et la sécurité, comme une alliance intrinsèquement anti-russe. L’Otan est vu comme un outil de l’agression impérialiste des Etats-Unis et de son expansion militaire, un "Léviathan de fer qui écrase toute l’humanité", comme l’a dit Maxime Chevchenko, journaliste à Pervyi Canal.

3 – La Chine
Si la Russie devenait membre de l’Alliance, cette dernière se trouverait alors à la frontière de la Chine (la Russie a une frontière commune de 4.000 km avec la Chine). Cela romprait l’équilibre de la sécurité mondiale tripolaire entre l’OTAN, la Russie et la Chine, qui pourrait voir l’union des deux premiers comme un moyen de la contenir ou de l’affaiblir. Ce qui n’est clairement pas dans l’intérêt de la Russie ou des États-Unis, qui ont tous deux de profonds liens économiques avec la Chine.

4 – L’Organisation du traité de sécurité collective
L’OTCS est une organisation à vocation politico-militaire regroupant la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. L’adhésion à l’Otan signifierait donc la fin de l’OTSC et comme le dit Vladimir Rogozine : "Nous pouvons traiter nos problèmes de sécurité de façon indépendante. ... Nous n’avons pas besoin de l’OTAN."

5 – Les ambitions mondiales de la Russie
L’adhésion de la Russie à l’Otan signifierait la fin du rêve de la Russie de rétablir son ancien statut de superpuissance. La Russie deviendrait "juste un autre grand pays européen" au même niveau que l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou la France - un "sacrilège" pour les nationalistes, qui se souviennent de l’époque où l’Union soviétique était plus grande et plus puissante que ces trois pays combinés.

Source : The Moscow Times

Que sont-ils devenus ? - Igor Soutiaguine

Par Aurialie le 15.07.2010 à 23h31

Il y a plus de 2 ans, un de mes articles, intitulé "Le président va-t-il les gracier ?", faisait référence à une lettre ouverte envoyée à Dmitri Medvedev, demandant de libérer des prisonniers politiques russes. Parmi ces derniers, il était question du scientifique Igor Soutiaguine, condamné à 15 ans d’emprisonnement pour trahison et divulgation d’informations classées secret-défense à des officiers du renseignement américains.

Mais suite à cette incroyable histoire d’espions russes arrêtés aux Etats-Unis et à la proposition d’échanges de prisonniers entre les deux pays, la situation d’Igor Soutiaguine a brusquement évolué. Selon son frère, les "Américains ont présenté une liste de gens qu’ils [étaient] prêts à échanger avec des personnes accusées d’espionnage. Igor [figurait] parmi eux." Suite à la grâce du président Medvedev et après son transfert dans une prison moscovite, il est arrivé à Londres il y a près d’une semaine maintenant.

Trois autres personnes ont bénéficié de la grâce présidentielle et du transfert à Londres - Sergueï Skripal, condamné à 13 ans pour espionnage et contacts avec les services secrets britanniques – ou aux Etats-Unis – Alexandre Zaporojski, condamné à 18 ans d’emprisonnement pour espionnage et Guennadi Vasilenko, ancien membre des organes de sécurité russes, condamné 2 fois pour pot-de-vin.

Ces 4 personnes ont été graciées, mais ne sont pas considérées comme innocentes pour autant.

Photo : Igor Soutiaguine, lors de son procès, source - BFM.ru

Medvedev devant les étudiants américains

En marge du sommet du G20, Dmitri Medvedev a rencontré les étudiants de l’Université de Pittsburgh et a répondu à leurs questions. Celles-ci abordaient principalement la politique internationale de la Russie, notamment avec les Etats-Unis. Medvedev a tout d’abord salué la décision courageuse de Barack Obama de renoncer à installer un bouclier antimissile en Europe. "J’ai essayé de me mettre à sa place, et je dois dire que ce serait une décision difficile, c’est compliqué de changer une décision prise par une administration précédente, quand il s’agit de politique étrangère."

Concernant les relations entre la Russie et l’Ukraine, Medvedev a reconnu leur dégradation : "Cette dégradation n’est pas fatale. Et la tâche des dirigeants de nos pays, de l’administration future de l’Ukraine, tout comme de l’administration future de la Russie, est de faire en sorte que ces relations deviennent moins compliquées et qu’elles reposent sur un avantage réciproque, tout en s’inspirant de cette sympathie particulière qui a toujours existé entre nos peuples."

Au sujet de la Géorgie, Medvedev souhaite rétablir de bonnes relations avec ce pays, mais ne compte pas le faire avec Mikhaïl Saakachvili : "Les relations russo-géorgiennes seront bonnes, elles reposeront sur une amitié séculaire, sur une histoire et des traditions communes... Elles redeviendront ce qu’elles ont été jusqu’à tout récemment", mais "je n’aurai pas affaire avec le président Saakachvili qui a commis un crime contre son peuple et contre le peuple d’Ossétie du Sud."

Un étudiant lui a également posé une question sur son avenir et sa participation à l’élection présidentielle de 2012. La réponse de Medvedev a été la suivante : "Si je travaille bien, si j’accomplis mes missions, si le peuple russe me fait confiance, pourquoi pas ? (…) Si cela profite à notre pays, je suis prêt à occuper n’importe quel poste." Et comme Vladimir Poutine ne semble pas exclure de se présenter également en 2012, Oleg Kozyrev, auteur des Roulitiki, a eu l’idée d’une séquence avec un personnage bicéphale – Di et Vo sur un seul corps- où l’on ne sait pas vraiment qui s’exprime.

Enfin un étudiant a demandé à Medvedev ce qui comptait le plus dans la vie. "L’amour - que peut-il y avoir de plus important ? L’amour pour sa famille, pour ceux qui vous entourent, c’est le sens de la vie", a répondu Dmitri Medvedev. Quel romantique ! Opération séduction réussie ?

Source photo : Ria novosti

Des femmes de courage

Par Aurialie le 09.03.2009 à 23h19

Chaque année, à l’occasion de la journée de la Femme, le prix "Women of Courage" est attribué par l’Etat américain à huit femmes qui se sont battues pour la justice sociale et les droits de l’Homme dans le monde. Pour la première fois, une femme russe est récompensée : Véronika Martchenko, fondatrice et dirigeante de la fondation Droits de mères. Voilà 20 ans que Martchenko tente d’attirer l’attention de l’opinion publique sur la situation des forces armées, qu’elle enquête sur les circonstances véritables des décès de militaires en temps de paix et qu’elle dénonce les violations des droits de l’Homme dans l’armée. En 20 ans, la fondation a apporté une aide juridique à 80.000 familles de soldats décédés.

Les autres lauréates sont Wazhma Frogh (Afghanistan), Norma Cruz (Guatemala), Suaad Allami (Irak), Ambiga Sreenevasan (Malaisie), Hadizatou Mani (Niger), Mutabar Tadjibayeva (Ouzbékistan), et Reem Al Numery (Yemen).

La question avec ces prix est souvent de savoir s’ils récompensent vraiment le combat d’une personnalité ou bien s’ils servent à montrer du doigt la situation des droits de l’Homme dans un pays qui n’est pas un allié des Etats-Unis ou d’un pays occidental.

Une note d'espoir

Par Aurialie le 10.02.2009 à 23h58

Il y a quelques jours le vice-président américain Joseph Biden annonçait un renouveau dans la politique étrangère des Etats-Unis, notamment avec la Russie. Celle-ci, en la personne du vice-Premier ministre Sergueï Ivanov, a accusé réception dimanche avec un "prudent optimisme" du "signal très fort" que lui a adressé l’administration Obama afin de restaurer le dialogue entre Washington et Moscou, y compris sur le bouclier antimissile.

Serguï Elkin a intitulé ce dessin "Mission impossible ?". Pourtant, un peu d’espoir est parfois bon, alors si on révait à une relance réussie des relations russo-américaines ?

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