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"Les artistes contemporains sont des ennemis"

Par Aurialie le 25.04.2012 à 23h48

Le S.a.L.E. Docks, espace indépendant de théâtre expérimental et d’art visuel de Venise (en Italie), organise une rétrospective des créations du groupe Voina du 24 avril au 3 juin.

Ci-dessus, une des affiches annonçant leur venue et ci-après, les premières phrases expliquant les raisons du choix du S.a.L.E. Docks : "De Voina, nous avons aimé l’audace et la décision d’assumer pleinement une perspective "biaisée". Nous pouvons débattre de leur art, mais sans aucun doute, le travail du groupe est loin de l’hypocrisie, qui caractérise souvent les artistes et les curateurs, très radicaux en paroles, mais toujours très attentifs à ne pas s’engager dans certains chemins, qui pourraient les conduire aux marges du système ou, éventuellement, à des ennuis ; et des besoins qui sont en dehors de leur programme artistique personnel." Je trouve cela assez juste, alors je le partage, même si je n’ai pas l’occasion d’aller à Venise prochainement.

Source image : Voina (la phrase sur l’affiche est issue de l’anti-manifesto du groupe, qui vaut ce que ça vaut...)

Ayez confiance !

Par Aurialie le 06.10.2010 à 23h50

Le sujet de l’émission "Ce soir ou jamais" est ce soir "la fin de l’Euro est-elle envisageable ?" et le terme "confiance" est assez souvent utilisé, notamment à cause de la dégradation de l’économie irlandaise et espagnole. Alors cette carte de la confiance dessinée par Sergueï Elkine est on-ne-peut-plus d’actualité, mais pas toujours facile à traduire.

Pour les non-russophones, j’ai tenté de le faire et j’ai donc rajouté des numéros sur la carte pour mieux repérer les traductions.
1- Comme-ci, comme-ça
2- [Aie] confiance ! Ou bien c’est un coup de matraque dans ta face.
3- Peu
4- Perte de confiance
5- Légèrement confiance
6- Du genre, confiance
7- La confiance, il y en a aussi en Afrique
8- Oui, de la confiance
9- Qui les connait ?
10- Vous avez compris vous-mêmes...
11- Ouais, bof
12- Confiance
13- Maman (???)

Je ne sais pas si vous devez faire confiance à ma traduction, mais je pense ne pas m’en être trop mal tirée :-) Mais faut-il faire confiance à nos gouvernements pour sortir de la crise, j’en suis moins sûre...

Eyjafjöll, la menace islandaise

Par Aurialie le 20.04.2010 à 23h46

Les avions cloués au sol, les touristes bloqués à l’étranger, les marchandises transportées par la route ou le train, les riverains des aéroports redécouvrant le bonheur d’un(e) après-midi tranquille dans son jardin, telles sont les conséquences de l’irruption soudaine du volcan islandais Eyjafjöll. D’un point de vue financier, les conséquences financières pour les compagnies aériennes sont déjà plus importantes qu’après les attentats du 11 septembre 2001.

Cette situation a inspiré ce très bon jeu de mot à Sergueï Elkine : "les Islanistes menacent l’Europe". Le néologisme "Islaniste" est bien sûr formé des mots "Islandais" et "terroriste". Alors vous sentez-vous menacer par les méchants Eyjafjöllistes ?

La Russie et l'idée européenne d'A. Tchoubarian

Par Aurialie le 23.11.2009 à 00h42

Il y a plusieurs jours maintenant j’ai fini la lecture de l’essai La Russie et l’idée européenne de l’historien Alexandre Tchoubarian, sorti début octobre. Il retrace l’histoire des relations entre la Russie et l’Europe, de l’antiquité à nos jours. Pour ceux qui connaissent un peu l’histoire russe, ce livre permettra de leur rafraichir la mémoire sur les périodes d’entente et de désamour entre les deux entités, rappelant l’importance du commerce, l’invasion mongole, les guerres, …

La partie que j’ai trouvée la plus intéressante est celle sur la période des Lumières. On connait les philosophes des Lumières européens : Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot, Montesquieu, Voltaire, Emmanuel Kant, John Locke, … Mais par contre il est rarement fait référence des philosophes des Lumières russes, du traité de Vassili Malinovski Réflexions sur la paix et la guerre, des cours et écrits du professeur Sémion Desnitski, des Propositions philosophiques de I. Kozelski, des essais de Pouchkine intitulés Sur la paix éternelle et Libération de l’Europe. Ces auteurs développent les idées civilisatrices russes, l’idée d’unité européenne et d’institutions communes, la volonté d’une paix générale entre les peuples. La Russie y avait un rôle important à jouer, comme le montre cette citation de Pouchkine issue de Sur la paix éternelle : "Une grande mission incombe à la Russie... Ses plaines immenses ont dévoré la force des Mongols et ont arrêté leur invasion aux frontières de l’Europe ; les barbares se sont méfiés de la Russie qu’ils avaient subjuguée sur leurs arrières et sont retournés dans leurs steppes orientales. La civilisation en gestation a été sauvée par la Russie déchirée et brisée. (…) La Russie est rentrée en Europe comme un navire lancé à coups de hache et dans le grondement des canons" (p. 119/120).

Un peu plus loin, après la période napoléonienne, on retrouve l’opposition entre slavophiles et occidentalistes. De cette section, j’ai retenu le passage sur Dostoïevski et la synthèse dans laquelle il voyait l’avenir de la Russie. Alexandre Tchoubarian écrit : "Dostoïevski essayait de formuler sa vision de "notre européisme" qui devait accorder "l’esprit russe populaire", son aspiration à "l’unification de l’humanité", à l’expérience et aux performances européennes. (…) Il réfutait ainsi à la fois ceux qui, en Russie, idéalisait tel ou tel aspect de leur culture et ceux qui, en Occident, écartaient la Russie de l’expérience et des traditions européennes, et ne reconnaissaient pas son rôle dans le développement européen et mondial" (p.176).

Alors "l’européisme russe a-t-il un avenir ?", demande l’auteur en conclusion. Voilà en tout cas sa dernière phrase : "L’européisme et l’axe européen de la Russie ont des chances et des perspectives sur le long terme, si les valeurs communes de la démocratie européenne de la liberté, des droits de l’homme et de la société civile sont assimilées ; ils se réaliseront dans un long et difficile processus, en respectant les valeurs, les traditions historiques et l’héritage spirituel de la Russie" (p.286). Bref, la réponse en quelques mots serait "oui avec de la patience et du respect", mais ce n’est finalement pas la réponse à cette question la plus importante dans ce livre mais bien le processus historique pour y arriver.

Un avis sur l'Union européenne

Par Aurialie le 07.06.2009 à 23h11

En cette soirée de résultats des élections européennes, voilà une vidéo qui peut faire réfléchir. Vladimir Boukovski, célèbre dissident au temps de l’Union soviétique, s’est exprimé en 2006 sur l’Union européenne, la comparant à l’URSS. Pour lui, "l’UE est le vieux modèle soviétique, habillé à l’occidentale". Certaines comparaisons ne sont peut être pas fausses, d’autres un peu exagérées. A vous de juger !


Aleksanian bientôt libre ?

Par Aurialie le 23.12.2008 à 00h05

Deux semaines après la décision du tribunal de Moscou de mettre fin à la détention provisoire de Vassili Aleksanian, ex-responsable du groupe pétrolier Ioukos poursuivi pour délits financiers, contre une caution de 50 millions de roubles, la Cour européenne des droits de l’Homme a exigé sa libération immédiate.

La Russie est en effet coupable de violation de plusieurs articles de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : articles 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants), 5-3 (détention provisoire trop longue), 8 (droit au respect de la vie privée), 13 (droit à un recours effectif) et 34 (non-respect des prescriptions de la CEDH). La CEDH a déjà demandé à la Russie à maintes reprises d’améliorer les conditions de détention de Vassili Aleksanian. Toutefois, pour le moment il n’y a eu aucun commentaire des autorités russes.

Le site des droits de l’Homme en Russie relaie depuis vendredi l’appel de la famille d’Aleksanian demandant de l’aide pour réunir l’importante somme exigée. Vu l’état de santé de Vassili, plus vite il sera sorti, mieux ça sera.

Le chiffre du jour : 4,3 millions

C’est le montant cumulé en euros des amendes que la Russie a dû payer à ses citoyens suite à des condamnations pour violation de leurs droits à la Cour européenne des droits de l’Homme.

Voilà là 10 ans que la Russie participe à la convention des droits de l’homme de la Cour européenne et pendant cette période 46.000 plaintes de citoyens russes ont été déposées, ce qui représente 20% de l’ensemble des plaintes.

Rien qu’en 2007, la Russie a perdu 140 affaires sur 192, dont 175 concernaient des violations de la Convention européenne des droits de l’Homme. Elle occupe alors la 4e place des amendes réglées en 2007, après la Turquie, la Grèce et la Roumanie. Entre janvier et avril 2008, il y a eu déjà 65 arrêts. La Russie est donc bien partie pour battre son record !

Source : Droits de l’Homme en Russie

Le Loukachenko nouveau est arrivé (CI)

Via Courrier International

A l’approche des législatives du 28 septembre, le régime de Minsk s’est adjoint les services d’un conseiller en image, le Britannique Timothy Bell. Malgré des signes d’ouverture, l’opposition n’est pas dupe.

Lors de sa première rencontre, en août dernier, avec lord Timothy Bell, c’est le président Loukachenko qui a dominé. Assis au bout d’une table au palais présidentiel de Minsk, il expliquait ses opinions en hochant la tête, les yeux sur ses notes. Quelques fragments ont filtré dans la presse. “La Biélo­­russie est un Etat dont le peuple a, par le passé, beaucoup apporté à l’Europe“, expliquait Loukachenko. Lord Bell n’avait devant lui qu’une feuille à en-tête de Bell Pottinger Communications et un crayon portant le logo de son entreprise de relations publiques. Le gourou des médias, anobli par Margaret Thatcher pour l’avoir transformée de “ménagère en politicienne de fort calibre” (c’est lui qui le dit), écoutait calmement le dictateur. “Je suis venu ici à sa demande. Il voulait savoir comment améliorer son image”, a laconiquement déclaré Bell après la rencontre. En fait, il y travaillait depuis le mois d’avril et avait établi un plan détaillé pour y parvenir.

“Je savais qu’il serait libéré. Après tout, il a été arrêté illégalement”, dit Igor Rymkevitch, l’avocat de l’opposant Alexandre Kozouline, maintenant que son client a retrouvé la liberté [le 16 août]. Il y a encore quelques semaines, ce n’était pas si évident. Kozouline, candidat à l’élection présidentielle de 2006, avait été emprisonné pour “hooliganisme” et condamné à cinq ans et demi de camp de travail. “Il est épuisé, on l’a traité avec brutalité”, témoigne son avocat. Au grand étonnement de la communauté internationale, deux autres opposants, Andreï Kim et Sergueï Parsioukevitch, ont également été relâchés. “Un geste à l’intention de l’Occident”, explique Agata Wierzbowska-Miazga, du Centre d’études orientales de Varsovie. “Loukachenko en a toujours fait quand il y avait des problèmes entre Minsk et Moscou. Mais ce qui est surprenant, c’est que, aujourd’hui, il n’y a aucun problème entre Minsk et Moscou. Le flirt de Loukachenko avec l’Occident relève plutôt d’une nouvelle stratégie.”

La réaction de l’Occident est enthousiaste. La France, qui préside l’Union européenne, a suggéré de lever les sanctions imposées à une quarantaine de membres du régime après le référendum de 2004 [qui a accordé à Loukachenko la possibilité de gouverner à vie] si Loukachenko organise des élections libres et s’il garantit la liberté des médias. Des conditions “difficiles” à remplir, mais jusque-là l’UE en a posé bien d’autres. “Depuis que Bell conseille Loukachenko, le monde nous perçoit différemment”, affirme le metteur en scène Nikolaï Khalezine, fondateur et directeur du Théâtre libre de Minsk. Ce qui ne l’enchante pas particulièrement. “Nous revenons d’une tournée en Grande-Bretagne. Là-bas, tout le monde est déjà persuadé que la dictature en Biélorussie vit ses derniers jours. Or ce n’est pas vrai.” Nikolaï Khalezine a d’ailleurs adressé une lettre ouverte à lord Bell. “Nous comprenons que vous faites ça pour l’argent, lui écrit-il. Vous n’êtes pas un enfant et vous savez que dans le budget de l’Etat il n’y a pas de fonds secret à huit chiffres pour rémunérer vos activités. Ce sont les contribuables qui vont régler la note.” “Nous souhaitons qu’il se sente responsable de ce qui se passe dans le pays”, explique Khalezine. “Si le monde arrête de nous considérer comme une dictature, on assistera à un retour des assassinats politiques”, poursuit-il. Lord Bell ne lui a pas répondu.

Mikhaïl Pachkevitch a 22 ans et, officiellement, il n’est pas un prisonnier politique. Il a juste été condamné à une assignation à résidence pour avoir manifesté avec une dizaine de personnes pour “défendre les droits des petits entrepreneurs” en janvier dernier. Ils ont tous été condamnés à la même peine et, depuis, ne peuvent quitter Minsk. Entre 19 heures et 6 heures, ils doivent rester chez eux ; tout changement d’employeur ou d’adresse doit être immédiatement signalé aux autorités. Une fois par semaine, ils doivent pointer au commissariat. “Si je suis en retard d’une demi-heure, c’est une violation du règlement. Trois violations, je vais en prison. Les interdictions sont si nombreuses que la police peut toujours trouver quelque chose”, témoigne Mikhaïl.

C’est pour cela que les opposants biélorusses contestent l’idée que, “en Biélorussie, il n’y a plus de prisonniers politiques”, désormais soutenue par le régime après les libérations de Kozouline, de Kim et de Parsioukevitch. Au sein de l’opposition, personne ne s’attend à de vrais changements. “C’est une manœuvre typique du régime. Personne ne pense que la répression va cesser”, dit Katia Tkatchenko, du Parti civique uni. “On libère des prisonniers pour les enfermer aussitôt”, ajoute l’avocat de Kozouline.

A quoi joue Loukachenko ? La réponse est banale : il cherche tout d’abord à diversifier les investissements étrangers. “Jusqu’à présent, le régime ne pouvait compter que sur la Russie, l’Inde, la Chine ou l’Iran, des pays qui ne lient pas les contacts commerciaux au respect des droits de l’homme, explique Mme Wierzbowska-Miazga. Ensuite, Loukachenko veut montrer au Kremlin qu’il y a une alternative à l’alliance avec la Russie. Il s’agit ainsi d’avoir une meilleure position pour les négociations sur le prix du gaz.” Le dernier acte de ce spectacle va se jouer le 28 septembre, le jour des législatives. L’opposition redoute qu’entre-temps lord Bell ne règle ses comptes avec elle.

Source images : lukashenko2008.ru

L'Europe vue de Moscou en 1952

Par Aurialie le 18.09.2008 à 23h12

En 1952, Moscou se représentait ainsi l’Europe. Le changement de perspective est intéressant pour notre habituel point de vue ethno-européo-centré. Avoir une vision actuelle aurait fait un bon parallèle, mais quitte à avoir une image du passé, autant remettre la statut de Dzerjinski sur la place de la Loubianka, pour "sa loyauté, son honnêteté et son professionnalisme."

Source carte : Strange Maps

Guerre froide ? tiède ?

Par Aurialie le 24.08.2008 à 23h52

En 15 jours les évènements se sont enchaînés dans le Caucase : le 8 août les forces armées géorgiennes lancent une offensive dans Tskhinvali, capitale de la République autoproclamée d’Ossétie du Sud, tuant plusieurs soldats de la force de maintien de la paix russe. La Russie réagit aussitôt en envoyant ses chars et soldats, à Tskhinvali d’abord, puis plus profondément en Géorgie. Sarkozy intervient au nom de l’Europe, réussit à faire signer un plan de paix aux différents belligérants. Quelques jours passent, la Russie retire ses troupes (sauf à Poti), Sarkozy félicite Medvedev aujourd’hui pour avoir bien rempli sa partie du plan de paix.

Et pourtant : le Canada veut que la Russie soit exclue du G8, un navire militaire américain a accosté dans le port géorgien de Batoumi pour livrer de l’aide humanitaire (pour le moment ?), l’Ukraine, qui a organisé aujourd’hui une parade militaire pour fêter son indépendance (photo), demande que son adhésion à l’Otan soit accélérée, la Pologne accepte la présence d’un bouclier antimissile américain sur son territoire... Pour Condoleezza Rice, la guerre froide est finie, mais n’a-t-elle pas reprise ? En tout cas les clichés sur le méchant ours russe, et la désinformation qui va avec (n’est-ce pas M. BHL ?), sont de retour. Dommage que l’on ne représente pas plus souvent la Russie sous les traits de l’adorable Misha, mascotte des JO de Moscou en 1980...

Photo : parade militaire aujourd’hui à Kiev (source Rosbalt.ru)

Une journée à la Cour européenne des droits de l'Homme

Par Aurialie le 16.06.2008 à 22h52

La Russie a l’habitude d’être poursuivie et condamnée à la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg. Et les nouvelles d’aujourd’hui confirment cette bien mauvaise habitude :
- condamnation à payer plus de 100.000€ à deux familles dont un proche avait disparu en Tchétchénie entre 2001 et 2003 ;
- condamnation à 5.000€ d’amende pour violation des droits et libertés d’un détenu, membre du parti national-bolchevique, Alexeï Makarov en avril 2006 ;
- plainte du Comité contre la torture au nom d’Alexandre Novocelov, violenté et torturé à Nijni-Novgorod en avril 2004 par des inconnus, qui se sont avérés des agents de la direction régionale du ministère de l’Intérieur ;
- plainte des musulmans d’Astrakhan au sujet de la démolition de la mosquée à l’entrée de la ville (les autorités municipales proposent d’en construire une autre, à l’extérieur de la ville, dans la steppe) ;
- plainte des organisations homosexuelles moscovites et demande d’une compensation de 30.000€ pour interdiction d’organiser une gay-pride en juin 2007.

Une journée ordinaire dans un pays où les droits de l’Homme sont parfois accessoires (malheureusement, la France connait aussi beaucoup de condamnations...)

Espoir et solitude au pavillon russe de Venise

Par Aurialie le 02.11.2007 à 03h17

La biennale de Venise vit ses trois dernières semaines. Parmi les participants, la sempiternelle Sophie Calle représentait la France, tandis que la Russie avait envoyé des artistes utilisant pour la plupart les nouvelles technologies : le groupe AES+F (composé de Tatiana Arzamasova, Lev Evzovitch, Evgeny Sviatsky + Vladimir Fridkes), Andreï Bartenev, Arseny Mechtcheriakov, Julia Milner et Alexandr Ponomarev.

L’œuvre ci-dessus, intitulée Click I hope, est celle de Julia Milner, l’artiste la plus jeune de la délégation russe. Exposé sur la façade du pavillon russe, un écran fait défiler continuellement la phrase "J’espère" dans la langue des pays participant à l’événement vénitien (environ 50). Le visiteur, réel et virtuel, est invité à cliquer sur l’expression écrite dans sa langue, faisant alors augmenter ou diminuer le degré d’espoir dans le monde, car plus le mot est cliqué, plus il grossit. Sans surprise, c’est l’occurrence anglaise "I hope" qui a pour le moment était la plus souvent gratifiée d’un click de souris (281.730), les versions russe et française, à ce jour, ont respectivement 95.540 et 51.880 clicks.

Les expressions "Je crois" ou "Je souhaite" auraient pu être choisi, mais Julia Milner espère convier les participants virtuels du jeu à s’unir dans l’hypostase de "l’homme naturel". Pour l’artiste, son œuvre est démocratique et intemporelle : « j’ai juste fait les règles du jeu, j’ai offert un chevalet à un nombre important d’artistes potentiels. Pour l’essentiel, j’ai créé seulement la moitié de l’œuvre d’art, dans le future cette création continuera sans moi : tous les gens visitant le site web se sentiront comme les créateurs. Ils créeront un objet d’art, vivant et dynamique, en transformation permanente, et non pas statique et froid comme une photographie. La rivière de l’espoir coule et change, coulera et changera pendant dix ans, et théoriquement son mouvement ne cessera jamais. »

L’artiste Andreï Bartenev est venu présenter l’œuvre "Lost Connection" (des dizaines de globes enferment des cœurs) mettant en doute la valeur d’Internet comme moyen de lutter contre la solitude. Le groupe AES+F propose l’œuvre "la Dernière insurrection", une épopée cybernétique, "une bataille sans sang, ni douleur, de contact sans contact". Enfin, Alexandr Ponomarev et Arseny Mechtcheriakov, avec l’installation "Douche" (qui comprend des dizaines d’écrans retransmettant des émissions du monde entier) montrent qu’il ne reste chez la personne moderne que l’illusion de la liberté - changer les chaînes de télé.

Dernières nouvelles des condamnés de Ioukos

Par Aurialie le 26.10.2007 à 00h24

Aujourd’hui, ça fait quatre ans que Mikhaïl Khodorkovski a été arrêté pour escroquerie et évasion fiscale et condamné à 8 ans de prison. Alors qu’il pouvait espérer une réduction de peine prochainement, la direction pénitentiaire de Krasnokamensk lui a infligé une sanction pour ne pas avoir mis les mains derrière le dos pendant la promenade… Cette sanction est la troisième reçue par l’ancien oligarque russe, l’empêchant de demander une libération anticipée.

De nombreuses personnalités russes ont manifesté aujourd’hui à Moscou pour exiger la libération anticipée de Khodorkovski, tandis que la jeunesse pro-Poutine demandait la prolongation de sa peine.

Comme le dit le philosophe André Glucksmann dans un article du Monde du 26/10/2007 : "Khodorkovski n’est certainement pas tout blanc. Sakharov ne l’était pas plus : il parraina la bombe H soviétique. Mais prenant conscience de l’oppression et de la servitude qui l’entouraient, il protégea les dissidents et s’opposa à la dictature rouge. Khodorkovski, patron parmi les patrons, fut rebuté par le retour de l’autocratie. Beaucoup de Russes m’ont dit, et Anna Politkovskaïa en particulier : il était riche, de ce fait le petit peuple s’en méfiait, mais en Russie "si tu vas au bagne et si tu ne plies pas, une purification s’opère aux yeux de l’opinion". Dans sa solitude mondiale, la résistance de Mikhaïl Khodorkovski le consacre grande figure d’opposition aux côtés de Garry Kasparov et de Vladimir Boukovski."

De son côté, Platon Lebedev, ancien dirigeant de Ioukos qui purge également une peine de 8 ans de prison, a fait condamner la Russie par la Cour européenne des droits de l’homme pour les violations de ses droits au cours de sa détention provisoire : périodes de détention non couvertes par un mandat judiciaire, des interrogatoires devant le juge qui se sont tenus hors la présence d’un avocat ou le délai excessif des procédures d’appel contre le maintien en détention du requérant. La Russie doit donc verser maintenant 10.000€ à Lebedev – 3.000€ pour dommage moral et 7.000€ de frais de justice.

Sources : Ria novosti, Romandie.com, le Journal du dimanche et Gazeta.ru (dont photo de Konstantin Koutsyllo)

Persona non-grata

Télex : Daniel Cohn-Bendit et une délégation d’eurodéputés, qui devaient se rendre en Russie pour une conférence sur la politique étrangère, le protocole de Kyoto, les relations entre l’Union européenne et la Russie et l’instauration d’une société civile en Russie, se sont vu refuser leur visa d’entrée sur le territoire russe, sans aucune raison. C’est ce qu’a déclaré Oksana Tchelycheva, responsable du Fonds de soutien à la tolérance de Nijni Novgorod. Dommage qu’ils ne soient pas amis avec le liquidateur des idées de mai 68, Sarkozy aurait pu certainement obtenir des visas de son très cher ami Poutine.

Source : Sobkorr.ru

Nouvelle plainte contre la Russie

Par Aurialie le 08.07.2007 à 19h51

Un ancien directeur de Ioukos, Vladimir Pereverzin, condamné à 11 ans d’emprisonnement pour vol du pétrole des filiales de Ioukos pour 13 milliards de dollars et blanchiment de 8,5 milliards, a demandé à son avocat, Alekseï Doudnik, de déposer une plainte à la cour des droits de l’homme de Strasbourg contre le système judiciaire russe. L’objet de la plainte : contradictions sérieuses dans les décisions des cours de justice de la Fédération de Russie, ce qui viole l’article 6 de la convention européenne "droit à un procès juste". Le tribunal de Moscou a refusé des documents importants, notamment un mémorandum des autorités russes sur l’affaire "Ioukos contre la Fédération de Russie", dans lequel il est écrit que le seul délit de la société pétrolière était la fraude fiscale (condamnable de 6 ans d’emprisonnement). Il a également rejeté la requête de Doudnik demandant la convocation de témoins clés de Mikhaïl Khodorkovsky.

Les derniers plaintes déposées à la cour des droits de l’homme de Strasbourg contre la Fédération de Russie ont souvent pour objet des faits de torture, traitements inhumains, droit à la vie, détention irrégulière, … Dix-neuf plaintes contre la Russie ont été examinées rien que pour la semaine du 11 au 15 juin 2007 (doc. en pièce jointe).

Source : Newsru.com, image Grani.ru

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Affaires communiquées du 11 au 15 juin 2007
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