Tous les articles sur le mot clé : Kasparov

Medvedev-Kasparov : fight !

Par Aurialie le 03.03.2009 à 00h52

Medevedev a déclaré ce week-end qu’il pensait parvenir à préserver la paix sociale en Russie, malgré les conséquences de la crise économique actuelle. Il a évoqué l’opposition, notamment Garry Kasparov, en ces termes : "A mon avis, il s’agit d’un petit groupe d’hommes politiques marginaux dont l’objectif principal est d’attirer l’attention sur eux." Il a affirmé qu’ils pouvaient diffuser leurs idées et manifester, mais pas sur l’emblématique Place rouge devant le Kremlin. "Ils sortent dans la rue et crient que le président et le gouvernement doivent démissionner. Donc personne ne les musèle, ils disent ce qu’ils veulent", a-t-il assuré. "Mais concernant le fait qu’ils ne défilent pas sur la Place rouge, excusez-moi, mais je pense que la Place rouge n’est pas un endroit pour eux", a poursuivi le président russe.

Kasparov n’a pas attendu pour répondre, en déclarant que le président avait menti et que ses déclarations étaient typiques pour un leader d’État autoritaire. "Medvedev veut se faire passer pour le président d’un État démocratique, mais nous savons tous dans quel pays nous vivons, quelles lois anticonstitutionnelles ont été votées pour limiter la liberté de parole, les discussions publiques, les manifestations et la participation de l’opposition aux élections", a déclaré Kasparov. Il a ajouté que si c’était possible, c’est avec plaisir qu’il discuterait avec le président de la Russie sur la situation politique et sur le rôle de l’opposition dans le pays.

Chacun est donc bien dans son rôle, vivement un débat Medeved/Kasparov !

Sources : Romandie.com et Kasparov.ru

Chaque pays a-t-il l'opposition qu'il mérite ?

En accompagnement de la nouvelle version de son site web, Svobodanews.ru s’est alloué les services du dessinateur Igor Gontcharouk, qui officiait précédemment à Ogoniok. Sur internet il y a peu d’informations sur le personnage : "né en 1945, il est membre d’un syndicat, aime boire de la bière et dessiner pour les magazines et livres". Son style est facilement reconnaissable : il dessine à l’aquarelle. Ses dessins, au nombre de deux pour le moment, font partie de la rubrique " ?????????? ????" (le rire souverain), réservée "à ceux qui sont prêts à une lutte acharnée pour les droits des citoyens de la Fédération de Russie par l’humour".

Le dessin publié cette semaine s’intitule "Le régime antinational est tombé", avec le sous-titre "Chaque pays a l’opposition qu’il mérite". Sur le mausolée de Lenine, on voit, de gauche à droite, Garry Kasparov, Valeria Novodvorskaïa, Edouard Limonov et Boris Berezovski devant une foule de manifestants tenant des pancartes où il est écrit : "Le KGB doit être exsangue", "Il faut partager tout !", "Judo, go home !" (Judo doit certainement signifier Poutine, grand amateur de judo), "Vive le régime anti-antinational !" et "Nous t’aimons BAB" (BAB = Boris Berezovski).

Quatre internautes qui ont commenté le dessin ne l’apprécient pas vraiment, ils le considèrent comme très offensant, particulièrement pour Valeria Novodvorskaïa, dissidente soviétique et femme politique libérale russe. Et c’est vrai que dans un média d’opposition, il peut être déconcertant de trouver une critique de .. l’opposition. Mais cette dernière est assez disparate, sans réel programme commun, et sans légitimité dans la population russe. Alors, chaque pays a-t-il l’opposition qu’il mérite ? Peut être bien. Celle à Sarkozy en France n’a pas donné une image éclatante ces derniers temps.

L'opposition tente une nouvelle fois de s'unir

Par Aurialie le 24.11.2008 à 23h04

Entre 350 et 500 militants anti-kremlin se sont rassemblés ce week-end à l’hôtel Islmaïlovo pour former un (énième) mouvement d’opposition démocratique au nom à la fois lourd et prometteur : Solidarnost. Le lieu et l’heure de la conférence étaient restés secrets jusqu’au dernier moment afin d’empêcher toute tentative étatique de la faire échouer (par ex. refus de louer la salle). D’ailleurs, pour Garry Kasparov, le fait que ce congrès ait pu se tenir est déjà une victoire. Des activistes des mouvements jeunesses pro-Kremlin Russie jeune et la Jeune garde de Russie unie étaient tout de même présents pour railler l’initiative de l’opposition. Habillés en costumes d’extraterrestre, ils leur ont conseillé d’aller sur la Lune pour y construire une démocratie et leur ont donné "des certificats d’acquisition d’une sépulture dans un cimetière lunaire"... charmant !

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Ce nouveau mouvement veut se battre pour des règles du jeu honnêtes et proposer une alternative au régime actuel. Ilia Iachine, leader des Jeunes Iabloko, a déclaré que les participants de la conférence avaient devant eux l’ambitieuse mission de fonder le plus grand mouvement d’opposition démocratique. Vladen Maksimov, ancien leader de la section moscovite de l’Union des forces de droite (SPS), a remarqué qu’il devait y avoir à Moscou la plus forte organisation de Solidarnost : "Nous devons faire en sorte que dans 6 mois personne ne sache plus qui est dans quelle organisation." Lev Ponomarev a rajouté que la principale tâche de celle-ci devait être de trouver une langue commune entre entre les activistes politiques et les citoyens, venant de mouvements et partis différents.

Boris Nemtsov, fondateur et ancien membre du SPS, était également présent et a déclaré que les remarques sceptiques à l’adresse du nouveau groupement ne sont pas justifiées : "On nous dit : vous vous querellez, vous voulez tous être des chefs. Cependant nous tirons les leçons de nos erreurs. Nous n’aurons pas de leader, nous aurons une direction collégiale." Espérons que M. Nemtsov ait raison car les annonces d’union pour former un grand parti d’opposition sont légion (entre autres, ici et ). Mais cette fois, l’opposition de gauche et d’extrême gauche n’a pas été conviée et la modification récente de la Constitution, passant le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, est un premier combat qui fait l’unanimité dans les rangs de l’opposition démocratique.

Prochaine étape le 13 décembre avec la réunion statutaire de Solidarnost.

Sources : Newsru.com et Voine net

Pas de carte de presse pour Ramzan Kadyrov

Par Aurialie le 09.03.2008 à 23h23

Via Courrier International

C’est "une lourde perte pour le journalisme tchétchène", ironise Kommersant en titre. Le quotidien moscovite commente le refus de l’Union des journalistes de Russie d’accepter en son sein le président tchétchène Ramzan Kadyrov, car cela est contraire à ses statuts. Cette décision rendue le 6 février désavoue celle de la branche tchétchène de l’organisation.

La veille, Kadyrov s’était vu officiellement attribuer par des journalistes tchétchènes et leur ministre de tutelle, Chamsail Saraliev, le titre de journaliste "pour les immenses services en faveur de la profession en Tchétchénie, de la presse libre et de la création de conditions idéales pour le travail des médias locaux", rapporte la Nezavissimaïa Gazeta. Mais en réalité, rappelle le quotidien libéral russe, la Tchétchénie de Kadyrov ne fait pas de cadeaux à la presse locale indépendante, à l’instar des journaux Tchetchenskoe Obchtchestvo et Golos Tchetchenskoï Respoubliki, tous deux expulsés de leurs locaux situés dans la Maison de la presse de Grozny.

Kommersant fait état de la réaction hostile et catégorique de journalistes russes à l’idée que Ramzan Kadyrov devienne un confrère. Pour le secrétaire général de l’Union des journalistes de Russie, Igor Iakovenko, "accepter un président d’une république où il n’y a pas de liberté de la presse, c’est cracher à la figure de ceux qui travaillent dans les médias".

Interview d'Elena Bonner

Le 15 février, Elena Bonner, la veuve du dissident Andreï Sakharov, célébrait ses 85 ans. A cette occasion, Radio Svoboda lui a demandé de parler du rôle des défenseurs des droits de l’homme, des dissidents, des opposants dans la Russie contemporaine. Extraits.

Les défenseurs des droits de l’homme dans la Russie d’aujourd’hui sont-ils des dissidents ?
Le terme de "défenseur des droits de l’homme" est utilisé dans le monde entier, mais le mot "dissident" j’arrêterai de l’utiliser. Leurs missions sont totalement différentes. Je ne suis pas du tout d’accord avec mes collègues qui disent que les défenseurs de droits de l’homme ne doivent pas s’occuper des problèmes politiques. Dans une société démocratique normale, où il y a un mélange des élites politiques, c’est une profession comme une autre, faite justement pour répondre aux problèmes politiques.

D’après vous qu’est-ce qui est le plus important pour un mouvement démocratique en Russie ? Quand il n’y a pas de liberté dans les médias, que le parti au pouvoir domine totalement la vie politique, que les hommes politiques de l’opposition démocratique ne s’entendent pas, que peut-on faire ?
- Il ne peut pas y avoir d’accord, parce que chaque homme politique de l’opposition démocratique, ou parti politique, a son programme, ses propres solutions. Mais ce qui n’a pas été fait (et qui me semble être une grave erreur), c’est l’union sur un seul motif clair : la tenue d’élection honnête. Et donc je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent : "ah jamais je ne serais avec Limonov", "ah, je ne peux pas discuter avec Ziouganov". J’estime que la population en dehors de toute sympathie politique, les membres de parti et autres, doivent résoudre ensemble le problème de transparence des élections et ne pas valider de loi qui annule de fait les élections. Mais pour cela, il faut que tous s’unissent.

D’ailleurs, je vais vous dire comment je considère Limonov. Quand il a fondé son parti, Limonov l’a appelé "national-bolchevique". Mais tout cela c’était de l’esbroufe infantile. C’est un homme capable et adulte et il est le temps pour lui d’arrêter cette esbroufe et de donner un nom normal à son parti. Les jeunes de son parti sont très bien.

Comment jugez-vous l’activité de Garry Kasparov ?
Je viens juste de soutenir sa nomination pour l’obtention d’un prestigieux prix américain. J’aime beaucoup Kasparov. Il aurait davantage besoin du soutien de ce qu’on appelle notre intelligentsia.

Où se trouve notre "intelligentsia" ? Pourquoi la Russie est-elle tellement apathique ? Pourquoi les personnes qui ont conscience de la nécessité de défendre les droits de l’homme représentent jusqu’à présent une si petite majorité ?
Nous étendons tout phénomène dans le temps. Le mot "intelligentsia", comme vous le savez, est apparu au milieu du XIXe siècle, les idéaux de l’intelligentsia se sont épanouis parfaitement au XXe siècle, mais en parler maintenant à notre époque n’est plus d’actualités. Il y a longtemps qu’il n’y a plus d’intelligentsia, à la place, il y a une couche de la population éduquée, professionnelle, compétente. Il y a simplement des gens riches. Il y a des voleurs, il y a beaucoup de voleurs. Ceux que nous nommons aujourd’hui les intellectuels, sont dans toutes ces couches. Chez les voleurs, il y en a aussi beaucoup.

Pourquoi la société russe actuelle n’a-t-elle pas un haut niveau de défense citoyenne, pour au moins freiner ce pouvoir non démocratique ?
Je ne sais pas. Cela m’étonne. L’Ukraine résiste, la Géorgie résiste, seule la Russie ne la fait pas… Je ne sais pas pourquoi. (…)

Attaque sanglante de Kasparov contre Sarkozy

La démocratie irait-elle mal en France ? C’est en tout ce que semble penser Garry Kasparov, ancien joueur d’échecs, aujourd’hui opposant politique à Poutine, dans un article publié sur son site, et ce, depuis que Nicolas Sarkozy a été élu président.

Du président français, il retient :

  • Sa promesse de changement dans la façon de faire de la politique, qui s’avère en réalité assez proche de celle de Chirac, mâtinée de Berlusconi, faisant passer les raisons commerciales devant les principes moraux.
  • Ses félicitations à Poutine, président dont la grande popularité ne permettrait pas de remettre en cause la légalité des élections.
  • Sa crédulité devant des résultats électoraux annonçant dans certaines circonscriptions 99% de voix pour le parti Russie Unie avec près de 100% de votants.
  • Sa non-reconnaissance de la brutalité du régime de Poutine (meurtre de Litvinenko, Politkovskaïa, d’anonymes comme Iouri Tchervotchkine)
  • La mise en avant de sa vie privée pour éviter de justifier l’injustifiable.

Kasparov a donc maintenant peur que Poutine suscite, non pas l’admiration ou la peur, mais l’envie chez Sarkozy. L’envie de contrôler les médias, d’opprimer l’opposition, d’utiliser les ressources énergétiques pour mener la politique qu’il souhaite.

Et en effet, les démocrates ont raison d’être inquiets, car les cas de censure dans les médias français sont de plus en plus nombreux (mise en examen du journaliste Guillaume Dasquié pour "compromission du secret de la défense", licenciement du directeur de Paris Match Alain Genestar, coupable d’avoir publié en couverture une photo de l’épouse du président de l’UMP, tentative de perquisitions dans les locaux de l’agence Capa pour obtenir toutes les sources d‘un reportage sur l‘Arche de Zoé, non publication d’un article sur l’abstention de Cécilia Sarkozy au 2e tour de l’élection présidentielle, censure d’un article compromettant sur la police française dans Matin plus), ajoutés à une main mise presque totale des patrons français, amis de Sarkozy, sur les médias.

Concernant l’oppression de l’opposition, un fait divers (deux étudiants ont été placés en garde à vue, avec interdiction de retourner à l’université, pour outrages envers des professeurs pendant les manifestations contre les lois Pécresse) pourrait n’être que le début d’une longue série.

Kasparov finit très justement son article par la phrase suivante : "si c’est ainsi, les démocrates français ont probablement plus de raisons d’être inquiets, que les démocrates russes".

Top 7 des cadeaux de Noël

Par Aurialie le 25.12.2007 à 23h52

N°1 - La Révolution russe, 1891-1924 : la tragédie d’un peuple d’Orlando Figes, pour la qualité de la recherche ; un ouvrage de référence sur cette période de l’histoire.

N°2 - Un siècle d’images soviétiques, archives de l’agence Itar-Tass de Peter et Sam Radetsky, pour le nombre impressionnant de clichés, retraçant plus d’un siècle d’histoire.

N° 3 - Pathologies de Zakhar Prilepine, pour une plongée sans détour dans l’enfer de la guerre de Tchétchénie.

N°4 - Le fantôme de Staline de Vladimir Fédorovski, pour les anecdotes inédites de ce journaliste, auteur et diplomate russe, sur l’histoire soviétique, Staline et ses compagnons d’armes.

N°5 - La vie est une partie d’échecs de Garry Kasparov, pour connaître la philosophie du plus grand joueur d’échecs russe.

N°6 - Lénine Dada de Dominique Noguez, pour l’originalité de la thèse avancée, qui est, par ailleurs, très bien documentée, avec des dizaines de citations.

N°7 - Questions internationales n°27, dossier Russie, de la Documentation française, pour la précision des informations sur la politique, la société, l’économie, … russes.

Top 7 des opposants politiques à Poutine

N°1 - l’ancien dissident soviétique, Vladimir Boukovski, pour son retour fracassant en Russie et sa volonté inébranlable de se présenter à l’élection présidentielle.

N° 2 - le leader des jeunes Iabloko, Ilia Iachine, pour son combat permanent contre Poutine et, notamment, son site protivputina.ru.

N° 3 - le leader de l’Autre Russie, Garry Kasparov, pour s’être battu sans relâche jusqu‘au élections législatives, mais n’avoir pu tenir tête jusqu’au bout à Poutine (il n’a pas même pas essayé de déposer sa candidature pour l’élection présidentielle).

N° 4 - le leader du Parti national-bolchevique, Edouard Limonov, pour ne pas garder sa langue dans sa poche malgré l’interdiction de son parti.

N°5 - le coordinateur du mouvement jeunesse Oborona, Oleg Kozlovski, pour son engagement politique, qui lui a valu d’être embarqué de force pour faire son service militaire, alors qu’il n’a pas fini ses études.

N°6 - une des organisatrices des marches du désaccord, membre du Front civique unifié, Marina Litvinovitch, pour son activisme pour les droits de l’homme et son action auprès de Garry Kasparov.

N°7 - l’ancien député indépendant (du parti républicain), Vladimir Ryjkov, à qui Poutine n’a laissé aucune chance de défendre sa place lors des législatives de décembre.

Image : Marina Litvinovitch, source Svobodanews.ru

Un point sur l'élection présidentiel

Deux semaines après le raz-de-marée électoral de Russie Unie aux élections législatives et quelques jours après l’annonce de la candidature de Medvedev au poste de président en remplacement de Poutine, l’opposition tente de se faire une place dans la prochaine course électorale présidentielle. Mais les places sont très difficiles à obtenir et de nombreux candidats ont décidé de jeter l’éponge.

Il y a quatre jours, Garry Kasparov a renoncé à déposer sa candidature, son parti n’ayant même pas eu la possibilité de louer une salle pour entériner sa candidature. Vladimir Boukovski a connu exactement le même problème : trois jours avant son congrès d’investiture (qui se tient cet après-midi au musée Sakharov), l’administration de la salle dans laquelle il devait se tenir, a finalement refusé sa tenue, sur ordre du FSB. Mais même s’il est investi président par ses partisans, sa candidature sera encore semée d’embûches, la Commission centrale électorale soulignant qu’il n’a pas vécu 10 ans sur le territoire russe et qu’il a la double nationalité (accusations déjà évoquées ici). Le leader du parti Iabloko, Grigori Iablinski, qui a également renoncé à se présenter, soutient d’ailleurs sa candidature. Autre candidat malheureux à l’investiture : le leader du Parti Républicain,Vladimir Ryjkov.

Qui restent-ils pour faire face à Medvedev : le candidat communiste Guennadi Ziouganov, le parti du Parti démocratique, Andreï Bogdanov (dont j’entends parler pour la première fois), le leader de l’Union populaire démocratique, proche de la coalition l’Autre Russie, Mikhaïl Kassianov, le leader du Parti libéral-démocrate Vladimir Jirinovski, un des leaders de l’Union des forces de droite, Boris Nemtsov. Tous ont été investis par leur parti ou vont l’être prochainement (date limite de pré-candidature à la Commission centrale électorale : 23 décembre), mais leurs candidatures n’ont pas encore été acceptées par la Commission.
La date limite pour déposer les documents nécessaires à l’élection, dont deux millions de signatures en leur faveur, est fixée au 16 janvier 2008. Dix jours après au maximum, la Commission donnera le nom de tous les candidats qualifiés pour la course finale.

Marchons... vers la case prison

La marche du désaccord a bien eu lieu aujourd’hui à Moscou et les autorités avaient prévu d’importants moyens pour contenir les 2000 à 3000 manifestants. Quelques uns ont été arrêtés, dont les leaders de l’Autre Russie, Garry Kasparov (photos), condamné à 5 jours de prison pour manifestation non autorisée et refus d’obéir aux ordres de la police, et Edouard Limonov, Lev Ponomarev (défenseurs des droits de l’homme) et Maria Gaïdar (rapidement libérée).

Les membres de l’Autre Russie soulignent un succès de cette journée de protestation : le comité central électoral a accepté de prendre la résolution de la coalition d’opposition, apportée par sa porte-parole Marina Litvinovitch, demandant la tenue d’élections libres et honnêtes. Rendez-vous dans quelques heures à Saint Pétersbourg !

MAJ (20h12) : Reportage et photos de la journée sur Kasparov.ru

Source photos : AP et Reuters via Yahoo News

Garry est à Paris

Par Aurialie le 21.11.2007 à 01h16

Garry Kasparov est intervenu hier dans l’émission de Michel Denisot Le Grand Journal, pour présenter son nouvel ouvrage : La vie est une partie d’échecs. Celui-ci démontre comment utiliser son expérience pour savoir ce qui est bien, ce qui est mal, prendre des décisions, … dans la vie quotidienne. Comme aux échecs, il faut bien analyser les causes des succès et des défaites pour mieux avancer, prévoir les prochains coups.

Concernant son activité politique, il a déclaré ne pas se faire d’illusions sur sa participation à l’élection présidentielle. Il veut être au côté des militants anonymes, partager leurs combat et convictions pour montrer la nature du régime politique actuel, se faire le porte-parole des répressions qu’ils subissent. Et la tenue d’élections démocratiques serait déjà une victoire pour lui.

Enfin, il a reproché aux représentants des pays du G7 d’avoir été des partenaires de Poutine, ce qui implique de partager des valeurs communes et de lui avoir laissé carte blanche pour diriger le pays comme bon lui semblait, un peu comme un Loukachenko ou un Mugabe.

Ennemis de Poutine, ennemis de la Russie

Par Aurialie le 17.11.2007 à 23h05

Pavel Daniline, rédacteur en chef du portail Kreml.org, Natalia Krychtal et Dmitri Poliakov ont désigné dans un récent livre Les ennemis de Poutine. Pour mériter ce titre et celui d’ennemi de la Russie en prime, les auteurs ont mis en avant la dangerosité supposée des personnes, leur haine du Président, les risques qu’ils ont fait ou font encourir au peuple russe. En ces temps de période électoral, celui-ci ne doit pas oublier les mauvaises actions qu’ils ont perpétrées.

Ces ennemis sont au nombre de sept comme les péchés capitaux . Ainsi, Garry Kasparov personnifierait l’orgueil, Boris Berezovski la colère et Edouard Limonov l’envie. L’oligarche Vladimir Goussinski, l’ex-patron de Ioukos Mikhaïl Khodorkovski, l’ex-conseiller économique de Poutine Andreï Illarionov et l’ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov doivent donc maintenant se partager la luxure, la gourmandise, l’avarice et la paresse.

Source : Courrier International

Marches, encore et toujours

Les prochaines Marches du désaccord auront lieu samedi 9 juin à Saint-Pétersbourg (grande salle de spectacles Oktiabrskiy) à 17h et le lundi 11 juin à Moscou (place Pouchkine) à 16h. Les participants sont déjà prêts et le font savoir en le marquant noir sur blanc sur un papier, comme certains Américains l’avaient fait en 2004 au moment de la ré-élection du président des Etats-Unis, George Bush, en écrivant sur une feuille "Sorry everybody".

La marche pétersbourgeoise n’est pas autorisée par l’administration de la ville, sauf si les manifestants montrent leur désaccord sur les trottoirs seulement, en n’empêchant pas le trafic automobile et en ne piétinant pas les espaces verts. C’est pourquoi si vous êtes arrêté, voilà les derniers conseils :
- appelez la hotline au 974-36-55 ou pour de simples renseignements le 8-925-500-28-37
- vous avez le droit de demander au policier un document attestant sa fonction, son nom et ses instructions, ainsi que le motif de l’arrestation.
- lors d’une interpellation administrative, un procès-verbal est rédigé ; demandez à ce que l’on vous explique vos droits et devoirs. Si vous êtes d’accord avec le procès-verbal, vous pouvez le signer (art. 27.4 du code des violations administratives -CVA- de la Fédération de Russie). Si vous n’êtes pas d’accord - NE SIGNEZ rien, ou écrivez "je ne suis pas d’accord avec le procès-verbal" et indiquez les violations, commises par les agents du ministère de l’Intérieur lors de votre interpellation. Et seulement après, signez-le.
- Le délai d’ une interpellation administrative est de 3 heures maximum. Pour les affaires entraînant une arrestation (par exemple l’art. 20.1 du CVA - petit hooliganisme), vous pouvez être retenu jusqu’à 48 heures.
- En cas de violations administratives, un procès-verbal est également dressé. Un exemplaire doit vous être remis, même si vous refusez de reconnaître ce qui est mentionné dessus. Vous êtes en droit de voir les pièces de l’affaire, de donner des explications, d’exiger de lire les déclarations des témoins, de demander l’aide d’un défenseur (par forcément un avocat) et de déposer un recours (art. 25.1)
- Et bien sûr, après l’arrestation, avisez-en dans les plus brefs délais vos parents et un défenseur.

La marche de Saint-Pétersbourg n’a pas encore eu lieu, mais les arrestations si... pour distribution de tracts… Mais que fait le plus grand démocrate du monde ?

Propagande télévisuelle

Que ce soit pour un reportage ou pour une bande-annonce de film, détourner des images pour leur faire dire ce que l’on souhaite n’est pas difficile (surtout si ces images s’adressent à des personnes qui ont l’habitude de la propagande d’État).

La chaîne de télévision NTV, rachetée en 2001 par le groupe Gazprom et dirigée par des proches de Poutine, diffusait le 17 mai un reportage de 15 minutes sur les marches du désaccord organisées dans plusieurs villes de Russie, intitulé "Qui commande le chaos". Les images montées par le journaliste n’ont qu’un objectif : montrer les méthodes utilisées par l’Autre Russie pour renverser le régime. Ainsi, dans ce reportage, on apprend :
- comment les personnes âgées sont utilisées dans les manifestations pour aller provoquer les forces spéciales de sécurité (OMON), mais aussi se protéger des attaques de ces derniers ;
- comment augmenter le nombre de manifestants en les payant 300 roubles ;
- comment provoquer des bagarres en faisant notamment croire, grâce à du ketchup, que l’on a été blessé par un OMON ;
- que le seul but des médias étrangers est de montrer les méthodes répressives du pouvoir russe à l’égard de l’opposition et de calomnier les forces du ministère de l’Intérieur notamment en faisant des photos montages, tel ce signe SS sur le casque d’un policier ;
- que les participants des marche n’ont qu’un but : protester, être contre, quelque soit le sujet (par exemple, contre la construction de nouveaux logements). Et même si les autorités locales acceptaient la tenue d’une marche, au dernier moment les manifestants changeraient l’itinéraire de la marche, juste par esprit de contradiction et pour montrer l’absence de liberté d’expression en Russie.
- etc.

Et tout cela est accompagné de témoignages de politologues, intellectuels et même d’un ancien membre du Parti national-bolchevique qui n’est pas contre manifester pour des idéaux, encore faut-il le faire honnêtement…

Toutefois, comme le soulève un téléspectateur attentif dans un long article décortiquant les propos et images de ce reportage, dès les premières secondes, le journaliste se trompe dans la date de la marche qui s’est déroulée à Saint-Pétersbourg, preuve de son très grand professionnalisme.

PS : A lire ou à écouter : une émission de la radio Écho de Moscou sur le thème "Les marches du désaccord : démocratie ou extrémisme ?" dans laquelle l’un des intervenants du reportage, Sergueï Markov, a accepté de discuter avec Garry Kasparov.

Un week-end de manifs en photos

Les manifestations n’ont pas manqué ce week-end aux quatre coins de la Russie. La plus grosse action, menée par Iabloko et l’Union des forces de droites (SPS), a réuni 800 personnes à Moscou contre la censure et la main-mise de l’État sur les médias.

A Samara, alors que Vladimir Poutine recevait Angela Merkel et les représentants des pays de l’Union européenne, entre 200 et 500 membres de l’Autre Russie ont demandé des élections libres et honnêtes. Cette manifestation est considérée par leurs opposants comme un échec, mais il y a quelques explications à cette faible participation : des agents du ministère de l’Intérieur ont tout fait pour empêcher deux figures emblématiques de la coalition, Kasparov et Limonov, de se rendre à Samara et les autorités de la ville ont déconseillé aux habitants de se rendre à cette manifestation à cause de la présence d’"extrémistes" et d’éventuelles bagarres.

A Tcheliabinsk 200 opposants au régime ont fait face (sans heurts) à une centaine de jeunes pro-kremlin, membres de la "Société des sportifs glamour", souhaitant par cette démarche et leurs slogans ("non à l’été, oui à la neige !") tourner en ridicule les actions de ceux-qui-ne-sont-pas-d’accord.

Enfin, des dizaines de militants séropositifs, venus des républiques caucasiennes du Daguestan, de Kabardino-Balkarie, de Tchétchénie, se sont rassemblés à Rostov en mémoire des victimes du sida et pour faire part de leurs problèmes quotidiens. La discrimination est très importante à leur encontre et l’accès aux médicaments antirétroviraux est difficile. 696 bougies ont été allumées à la mémoire des 696 morts du sida dans la région de Rostov. Selon les derniers chiffres officiels, 402.000 Russes seraient séropositifs, les experts russes estiment qu’ils seraient en réalité près de 1,3 million.

Sources photos : lenta.ru, ru_politics, snowow, 24heures.ch

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