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Le Baïkal en danger ?

Quand dans une petite ville, une entreprise fait travailler la majorité de ses habitants, il est parfois difficile de faire accepter des arguments écologiques en faveur de la fermeture de cette entreprise. C’est le cas de l’usine de cellulose de Baïkalsk, fermée en octobre 2008 pour éviter la pollution avec les eaux usagées du lac Baïkal. La mise en place d’un système fermé de circulation des eaux usées coûtant trop cher, les 2.200 travaillant dans l’usine (sur les 17.000 habitants de Baïkalsk) ont été mis au chômage. Mais le 13 janvier, le gouvernement russe a publié un décret autorisant la réouverture de l’usine (et près d’un millier de salariés ont pu ainsi reprendre le travail), sans que le système fermé n’ait été mis en place, d’où la colère des écologistes.

Une lettre ouverte a été envoyée au président Medvedev pour demander la fermeture de l’usine. Les écologistes y expliquent que Baïkalsk n’a pas besoin de l’usine de cellulose car le futur de la ville se trouve dans la production alternative et le tourisme. L’argent prévu pour la modernisation de l’usine pourrait d’ailleurs servir au développement de nouvelles entreprises. De plus, la réouverture de l’usine va à l’encontre des lois nationales et internationales, notamment de la loi sur la protection du lac Baïkal ou de la convention internationale sur la protection du patrimoine culturel et naturel.

Est-ce parce qu’elle protestait trop, que les locaux de l’ONG Baïkalskaïa Ekologuitcheskaïa Volna (Vague écologique du Baïkal) ont été fouillés par les forces de l’ordre jeudi dernier et que leurs ordinateurs ont été saisis ? Officiellement, non, les policiers avaient pour mission de vérifier les licences des logiciels utilisés pour s’assurer de la non-violation de la propriété intellectuelle. Mais l’association se trouve maintenant sans ordinateurs, ni serveur, pendant un mois et donc dans l’impossibilité de travailler. Le site est depuis indisponible.

Source image : Greenpeace

Toujours difficile d'être une ONG en Russie

Par Aurialie le 12.05.2009 à 00h57

L’avocate Olga Gnezdilova a publié sur article20.org un bilan de la situation des ONG en Russie suite à la nouvelle législation les concernant en avril 2006. Pour rappel, depuis 3 ans, l’activité de toute ONG peut être stoppée si elle représente une menace à "la souveraineté de la Russie, l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité et l’originalité nationales, l’héritage culturel ou les intérêts nationaux". Les ONG, qui ont des financements étrangers, sont particulièrement visés par cette loi.

En mai 2008, les organisations civiles ont espéré que la situation allait changer, lorsque les fonctions d’enregistrement et de contrôle ont été transmises du service fédéral d’enregistrement au ministère de la Justice et à ses directions régionales. Mais au quotidien, ce sont les mêmes personnes qui assurent ces fonctions, donc l’espoir a été de courte durée.

En 3 ans, de nombreux contrôles ont ainsi été menés dans les ONG, et aucune ne s’est vue accusée d’activité terroriste ou extrêmiste. Olga Gnezdilova souligne le refus des autorités de Tioumen d’enregistrer l’organisation Radoujni dom, défendant les droits des gays, lesbiennes et transexuels, pour "atteinte à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Russie en vertu de la réduction de sa population".

Toutefois, même si aucun terroriste n’a été découvert dans les ONG, les organisations ont de grandes difficultés à valider leur enregistrement ou les modifications de statuts (changement d’adresse, de responsable, ..) ce qui paralysent leur activité. A cela s’ajoutent le durcissement du régime d’imposition, la multiplication des perquisitions et poursuites et un certain discrédit des ONG dans les médias.

En 2008, par exemple, le ministère de la Justice de la région de Nijni-Novrogod a notifié 2.541 avis de violation de la législation de la Fédération de Russie, soit 452 % de plus qu’en 2007 : 961 à l’encontre d’organisations publiques, 311 à des organisations religieuses, 1.246 à des organisations non commerciales, 23 à des branches régionales de formations politiques. J’avais notamment cité le cas du Mouvement jeunesse de défense des droits de l’Homme en août 2007.

Selon le Messager du service de l’enregistrement auprès de l’État au 1er janvier 2009, en Russie, 219.802 ONG ont été exclues des registres selon diverses raisons. Plus de 44.000 ont en été exclues suite à une décision de justice reconnaissant la cessation de l’activité Mais la principale raison d’exclusion a été la non présentation des comptes financiers selon la comptabilité introduite en 2006.

En conclusion, Olga Gnezdilova souligne que malgré les espoirs dans le nouvel organe de gestion et contrôle (le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie), sans changement important de la législation réglementant l’activité de divers organismes de contrôle, et sans révision de la position des principaux hommes politiques sur les ONG, on ne peut pas parler de croissance et du développement du secteur civil, sa principale tâche étant de lutter pour sa survie.

Source image : International society for human rights

Prix de l'intégrité 2008 à un journaliste russe

Par Aurialie le 13.02.2009 à 23h34

L’organisation non gouvernementale Transparency International a attribué vendredi son Prix de l’intégrité 2008 à deux journalistes, dont le responsable de la cellule investigations du journal russe indépendant Novaya Gazeta, Roman Chleïnov.

Le co-lauréat de ce prix est le Britannique David Leigh, responsable du service investigations du quotidien The Guardian, a précisé l’ONG dans un communiqué publié à Berlin.

"Le haut degré d’intégrité et la poursuite sans relâche de la vérité dont font preuve David Leigh et Roman Chleïnov montrent que mettre des faits en lumière est une arme puissante contre la corruption", a souligné le président du jury, Sion Assidon.

Roman Chleïnov a notamment enquêté sur le trafic de cigarettes, d’une valeur de plusieurs milliards d’euros, entre Kaliningrad et l’Europe, et sur les détournements de fonds d’un ancien ministre de l’Energie nucléaire.

Commentaire : le fait qu’un journaliste britannique ait également été récompensé pourra amoindrir les critiques de ceux qui disent que les ONG internationales désignent toujours la Russie comme un mauvais élève... ou pas !

Source : AFP via le Figaro

ONG en danger

Le Mouvement jeunesse de défense des droits de l’Homme vient de subir les foudres de l’État russe, qui exige la cessation de son activité sur le territoire russe par une décision du tribunal de Nijni Novgorod (lieu de son enregistrement) du 9 août 2007. Cette condamnation fait suite à la nouvelle loi sur les ONG, instaurant des conditions d’existence drastiques aux associations, notamment étrangères. Ainsi, depuis octobre 2006, Amnesty International et Human Right Watch a dû cesser son activité.

Cette organisation qui a fêté les 9 ans de sa création le 8 août, lutte pour le respect des droits de l’homme en Russie. Son programme s’articule autour de plusieurs thèmes : le respect des droits de l’homme, les droits de la jeunesse, l’égalité, la solidarité, l’antifascisme et la tolérance. Ses derniers déclarations étaient dirigées contre les gouvernements russe et estonien pour leur demander de cesser les violations du droit de se réunir.

Maintenant, le combat commence pour que le mouvement jeunesse puisse continuer à exister. Les internautes sont notamment invités à envoyer une lettre (un modèle est publié sur leur blog) au Service d’enregistrement fédéral de Nijni Novgorod et de Moscou pour qu’ils reviennent sur leur décision. La société civile fera-t-elle plier les autorités russes ? Le combat semble loin d’être gagné.

M. Aslamazian jette l'éponge

Par Aurialie le 19.06.2007 à 23h46

Il y a environ deux mois, Manana Aslamazian, directrice du bureau moscovite d’Educated Media Foundation (anciennement Internews), ONG américaine pour la défense des médias et la formation des journalistes, était arrêtée et poursuivie pour contrebande. D’un retour de voyage, elle n’avait pas déclaré, à la douane, les 9.550€ (soit environ 12400$) qu’elle avait avec elle, alors que la limite autorisée est de 10.000$. Aujourd’hui, elle a annoncé sa décision d’abandonner ses fonctions de directrice pour devenir consultante pour l’organisation internationale Internews Network, n’ayant presque aucune chance de retrouver un travail en Russie.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site de l’EMD, elle regrette que sa faute personnelle est pénalisée l’activité de l’association. Elle estime que cette dernière a été la victime de l’atmosphère générale prêtant des relations douteuses entre des ONG et des donateurs étrangers. Elle ne sait pas vraiment ce qu’elle doit attendre des autorités russes, qui se sont servies de cette histoire de non-déclaration de fonds pour faire taire cette ONG de défense des médias. Dans une interview donnée à Svoboda News, elle explique que sa peine peut aller du paiement d’une amende à de l’emprisonnement (un à cinq ans). Elle dit également regretter le manque d’initiatives de ses concitoyens, face à un gouvernement fort qui ne fait pas confiance à ses citoyens.

Source image : Internews.org

Pas de répit pour la liberté de la presse

Par Aurialie le 26.05.2007 à 01h14

Le Fonds pour la défense de la glasnost a établi la carte de la liberté de la presse écrite et électronique dans les régions de la Fédération de Russie pour la période septembre 2006-février 2007. Les résultats ne sont guère encourageants : la situation ne s’est arrangée que dans sept régions, elle a empiré dans huit autres. Ainsi, la presse est jugée non libre dans dix-huit régions (en marron sur la carte), plutôt pas libre dans quarante-deux régions (rouge), plutôt libre dans vingt et une région (jaune) et libre dans aucune région (dans cinq régions, celles proches du cercle arctique, il n’y a pas d’informations). Six meurtres de journalistes sont également recensés : deux à Moscou, un à Saint-Pétersbourg, un à Vonorej, un à Saratov et un à Vladivostok.

Le monitoring mensuel de l’association sur les meurtres et les agressions de journalistes complète parfaitement cette carte, en donnant plus d’informations sur les violations quotidiennes de la liberté de la presse. Depuis le début de l’année, cinq journalistes sont décédés d’une mort non naturelle - Vadim Kouznetsov, Konstantin Brovko, Ivan Safronov, Léonid Etkind et Viatcheslav Ifanov - et vingt-huit agressions ont été comptabilisées, notamment lors des Marches du désaccord. Le mois d’avril n’a pas vu un jour sans accroc à la liberté de la presse.

Source : Fonds pour la défense de la glasnost

La corruption, le plus infaillible symptôme de la liberté constitutionnelle (E. Gibbon)

Par Aurialie le 25.05.2007 à 21h52

Deux cent dix millions de dollars : c’est le volume annuel des pots-de-vin acquittés dans les tribunaux russes par la population. C’est ce que dévoile le rapport annuel de Transparency International sur la corruption mondiale.

Sept mille cinq cent personnes provenant de 40 régions de Russie ont été interrogées par les experts de l’organisation : 63% estiment que les tribunaux russes sont corrompus. On retrouve la même proportion dans la population de la Pologne, du Vénézuéla, du Chili, du Congo, de Taiwan, du Maroc, du Sénégal et de la Turquie. La forte influence des organes politiques, des fonctionnaires et des hommes d’affaires est également soulignée. Leur niveau d’influence serait comparable à celui connu par l’Argentine.

Les dessous-de-table sont habituellement versés pour remporter une décision en appel, pour accélérer ou ralentir le cours d’un procès, pour faire pression sur d’autres juges. Le rapport souligne également la passivité du pouvoir dans la lutte contre la corruption et le peu d’efficacité des structures anti-corruption créées ces dernières années.

Pour rappel, le site Vziatkam.net (non aux pots-de-vin) est toujours actif. A la question, "vous est-il arriver de donner des dessous-de-table ?", plus de 79% ont répondu oui (29738 personnes sur 37476), preuve que la lutte contre la corruption a besoin de structures très efficaces.

Source : Lenta.ru

Lutte pour les droits des citoyens

Avant-hier, c’était la journée mondiale de la liberté de la presse : actuellement 134 journalistes (dont deux en Russie et cinq en Ouzbékistan) sont emprisonnés, 110 ont été tués en 2006 (dont trois en Russie et un au Turkménistan). Le bureau moscovite de l’ONG américaine pour la défense des médias et la formation des journalistes, Internews, peut témoigner des difficultés éprouvées par la presse russe. Sa directrice, Manana Aslamazian, revenant de l’étranger, a été appréhendée à l’aéroport Sheremetyevo, parce qu’elle n’avait pas déclaré avoir sur elle 9.550€, soit environ 12400$, alors que la limite autorisée est de 10.000$. Toutefois, au lieu de lui donner une amende qu’elle aurait acceptait sans difficulté reconnaissant ses torts, le Parquet russe a décidé d’engager contre elle des poursuites judiciaires pour contrebande. Deux mois après cette histoire, des agents du département de la sécurité économique du ministère de l’intérieur ont perquisitionné les bureaux d’Internews et ont récupéré les disques durs des ordinateurs, les documents comptables et financiers, les serveurs... L’examen de leur affaire au tribunal régional de Moscou doit avoir lieu le 10 mai.

Depuis le début de l’année 2006, les lois sur le fonctionnement des ONG se multiplient : contrôle de leur activité et de leur financement, nouvelles procédures d’enregistrement, interdiction aux fonctionnaires russes de travailler pour des ONG étrangères... Or Internews est financé par le groupe Soros, qui a beaucoup oeuvré en Ukraine et en Géorgie lors de leur révolution colorée, Tacis (UE), l’Agence américaine de développement international et, autrefois, la fondation Russie Ouverte de l’ex-patron du pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, actuellement emprisonné en Sibérie.

Dans un article de Edjednevniy journal, la journaliste Zoïa Svetova relaie la lettre ouverte au président de Echo Moskvy dénonçant l’action du ministère de l’intérieur contre Internews comme un pas supplémentaire dans la dégradation des droits des citoyens, énoncés dans la Constitution de la Fédération de la Russie. De plus, elle explique que Aslamazian est la première affaire d’une longue liste de leaders d’ONG qui vont être prochainement compromis dans des affaires montées de toute pièce par des agents fédéraux. Elle demande donc à toutes les personnes qui ne veulent pas s’habituer à voir de telles histoires à signer la pétition demandant au président de ne pas fermer Internews et de le protéger contre les attaques abusives des ministères de force.

Source photo : Journée mondiale de la liberté de la presse

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