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NTV ment ?

Par Aurialie le 19.03.2012 à 23h09

Ce week-end, l’opposition a manifesté son mécontentement et crié au retour à la propagande de l’époque soviétique, suite à la diffusion d’un reportage de NTV, expliquant que les opposants au régime de Vladimir Poutine agissaient pour le compte des Etats-Unis et étaient payés pour déstabiliser le pays.

Comme souvent, les slogans étaient créatifs, les arrestations, nombreuses et les internautes, loquaces, que ce soit sur les blogs ou sur Twitter, notamment via les hashtags # ??????? ou # ???????.

Photo : Ed-glezin

Poutine l'immortel

Par Aurialie le 28.02.2012 à 20h16

On m’accuse de ne pas aimer Vladimir Poutine, alors pour détromper mes lecteurs, voilà une vidéo montrant tous les exploits du Premier ministre russe depuis qu’il est au pouvoir : pilote de Formule1, chasseur de baleine à l’arbalète, biker, joueur de piano, chanteur, … Un vrai superman !

Bon d’accord, il n’y a pas que des images de Poutine. On voit également des images du film  ???, ?? ????????? ????????… de Mikhaïl Iouzovski, le tout sur une des chansons du film. Le refrain est le suivant :
_ ??? ?????, ??????????? ?????,
_ ??? ???????? ? ??????,
_ ??? ?????, ??????????? ?????,
_ ???????- ????.
_ ????? ???????, ????? ?????????,
_ ?????? ?? ??????? – ???????.

Et en voilà une traduction :
Notre Kachtcheï, notre Kochtcheï l’immortel,
Notre soutien de famille et bienfaiteur
Notre Kachtcheï, notre Kochtcheï l’immortel
Petit père.
Le plus puissant, le meilleur,
Tu ne diras rien Rien à dire – bravo.

La ressemblance entre Vladimir Poutine et ce Kochtcheï l’immortel (personnage de la mythologie slave) est frappante, non ?

Ah..., je me moque, je me moque, je suis méchante..., mais pas plus que Karl Zéro, avec son reportage "Dans la peau de Vladimir Poutine", qui est diffusé ce soir sur Arte, dans le cadre d’une soirée "Russie, I Love Democracy".

Un abus d'autorité typique


A l’occasion du 40e jour de la mort d’Alexandre Soljenitsyne, des membres de l’Union des forces de droite ont décidé de distribuer gratuitement 90 exemplaires du roman "Une journée d’Ivan Denissovitch". Et comme au temps de l’Union soviétique, des policiers sont intervenus pour arrêter la distribution. Si le parallèle est amusant à relever, la situation d’aujourd’hui n’a rien avoir avec celle d’hier, les œuvres de Soljenitsyne sont librement vendues dans toute la Russie (par contre le dessin animé South Park se voit interdit de diffusion, mais c‘est juste une parenthèse). Ce qui est énervant (et la remarque qui suit ne s’applique pas qu’au pays du FSB), c’est l’habitude des forces de l’ordre à abuser de leurs pouvoirs et autorité au quotidien (dans la rue, sur les routes, lors de contrôle, ...)

L'UE face à la Russie par Chappatte

Par Aurialie le 04.09.2008 à 13h07

Ce dessin de Chappatte est vraiment bien vu !

A voir en complément, l’émission C dans l’air hier intitutlé "L’Europe, otage de Poutine"

Source dessin : Yahoo news

La télévision russe accusée des pires maux

Le congrès russe des peuples du Caucase (RKNK), qui a manifesté aujourd’hui sur la place Teatralnaïa, avait des mots très durs envers les médias russes, coupables notamment d’attiser la haine interreligieuse et interethnique. Les slogans scandés étaient les suivants : "La jeunesse du RKNK est contre les provocateurs dans les médias !", "Des médias responsables, une société saine", "les enfants de Russie sont les otages des médias !", "L’Etat doit lutter impitoyablement contre la xénophobie !", etc.

Mikhaïl Osokine, ancien présentateur du journal télévisé sur NTV, TV6 et TVS, cinq après la fermeture de cette dernière par le gouvernement, a déclaré que la situation de la télévision actuelle russe était accablante. "En Russie, est revenu le temps, où la télévision est remplie non pas d’animateurs, mais de présentateurs. La différence : le dernier lit bêtement ce qu’on lui a écrit. (…) À présent sur les chaînes, encore plus qu’à l’époque soviétique, un système de censure et de restrictions incompréhensibles agit subtilement."

En parlant de la génération montante, qui vient sur une telle télévision, Osokine, qui travaille sur RTVi, une télévision câblée et diffusée sur Internet, remarque que l’autocensure est probablement très forte chez eux. "On a habitué les gens à savoir ce qu’ils peuvent faire et ce qui leur est interdit. Les censeurs d’aujourd’hui peuvent dormir tranquillement."

Osokine finit sur une déclaration pessimiste : "Partout l’information libre est nécessaire aux gens. Mais si les Russes ne l’obtiennent pas, c’est peut être parce que celle-ci ne leur est pas particulièrement nécessaire."

Source image : Casseurs de pub

Censure, pas censure ?

Le deuxième quinquennat de Vladimir Poutine s’achève, et les rockers russes semblent n’avoir jamais fait autant parler d’eux, en tout cas je n’ai jamais autant relayé leurs déclarations et actions.

Dernière histoire en date : l’annulation de la prestation du groupe Televizor à l’émission "100% zvouk", programme de la chaine 100 TV. Le leader, Mikhaïl Borzykine, accuse cette dernière de censure. La chaine s’en défend en soulignant les paroles grossières des chansons du groupe.

La programmation du groupe était prévue depuis 4 mois, elle a été reportée deux fois, avant d’être fixée au 24 avril. A la veille de l’enregistrement, le programmeur musical de l’émission appelle le groupe pour obtenir les textes des chansons qui vont être jouées. Ce dernier les envoie et se voit alors refuser d’antenne. Sont-ce les mots jopa (=cul) et kher (=enfer) qui n’ont pas été appréciés par les responsables de l’émission ou bien les mots Courchevel, Kremliad (=les prostitués du Kremlin) et d’autres mots "kroutye" (que l’on pourrait traduire par l’expression très actuelle "bling bling ") qui n’ont pas passé le comité de censure ? Car pour Borzykine, il ne fait aucun doute que cette déprogrammation est un acte de censure de l’Etat, une pression exercée d’en haut sur les responsables des médias. Ce que réfute Andreï Radine, un officiel de la chaîne. Il pense même que cette histoire de censure n’est qu’une tempête dans un verre d’eau, que Borzykine tente de créer un scandale là où il n’y a aucune raison d’en avoir. Il rajoute que la chaîne a déjà relayé les actions de l’opposition, montrer les violences policières lors de marches du désaccord et suivi le procès de Maxime Reznik. Il finit en disant qu’une émission de télé n’est pas un meeting, où l’on exprime ses opinions politiques. Et que les enfants pourraient être choqués par les paroles du groupe. Pour information et ce que ne dit pas l’article, c’est que l’émission passe à 23h, ce qui éveille les soupçons d’un bloggeur commentant l’article. Celui-ci rajoute qu’il y a encore quelques personnes qui n’ont pas ouvert les yeux sur ce qu’il se passe en Russie. Et que depuis le rachat de NTV et le licenciement de Leonid Parfionov, il n’y a plus de scandale à la télé… Est-ce dû à la stabilité, à la mort ou au bonheur ?, se demande-t-il.

Les groupes de rock avaient-ils plus de liberté sous Poutine ? On peut en douter. Estiment-ils avoir depuis trop longtemps fermé les yeux sur les privations de liberté de l’Etat russe ? On peut se le demander. A moins que l’étau se resserre réellement sur les artistes russes non formatés par l’idéologie poutinienne et consort ?

Source : Kommersant

Un peu d'humour soviétique

Par Aurialie le 02.04.2008 à 19h24

Hier, Arte diffusait un reportage intitulé "Humour au pays des Soviets", 89 minutes d’images d’archives, de blagues et de témoignages de ceux qui résistèrent par l’humour, pour voir la politique et l’histoire des régimes soviétiques par la lorgnette du rire !

Sous Lénine et Staline, l’auteur d’une "bonne" blague pouvait écoper de 25 ans de camp. Exemples que les autorités n’ont pas dû beaucoup apprécier : Staline se plaint à un de ses assistants de la présence de nombreuses souris dans son bureau. Ce dernier lui donne la solution suivante : "écrivez "kolkhoze" sur un papier : la moitié mourra, l’autre partira en courant !"

Deuxième exemple : un soviétique visite le mausolée de Lénine. Le gardien lui dit : "Lénine est mort, mais ses idées sont immortelles". Le visiteur répond : "il aurait été préférable que ce soit l’inverse."

-

En 1953, les historiens ont noté une augmentation du nombre d’arrestations due aux nombreuses blagues sur la mort de Staline. Après le rapport de Khrouchtchev sur le culte de la personnalité du tyran d’acier, 250.000 personnes ont été libérées, dont de nombreux humoristes peu appréciés de l’ancien dictateur.

Blague sur la mort de Staline : 1e acte - Staline arrive au paradis. Saint Pierre refuse qu’il rentre et lui indique le chemin de l’enfer. Staline arrive donc aux portes de l’enfer.
2e acte - Le Diable arrive à son tour aux portes du Paradis. Saint Pierre incrédule demande ce qu’il fait ici. Le Diable, accompagné de toute une colonie de diablotins et monstres en tout genre, répond alors : "nous sommes les premiers réfugiés…"

Devinette : Pourquoi les personnes, qui vont en enfer, préfèrent l’enfer capitaliste à l’enfer soviétique ? Parce que dans ce dernier, les diables manquent parfois d’huile pour ébouillanter, de lame pour couper et trancher organe, tête et peau, de corde pour écarteler, …

Et pour finir une petite devinette tchèque :
Pourquoi peut-on dire que la Tchécoslovaquie est le plus grand des pays ?
Parce que les Soviétiques sont dans le pays depuis 10 ans et ils n’ont pas encore trouvé la sortie.

Et le programme de ce soir est ...

Par Aurialie le 26.02.2008 à 20h33

A l’occasion de l’élection présidentielle russe du 2 mars, Arte propose, à partir de 21h, une soirée spéciale sur la part d’ombre du régime de Vladimir Poutine. Trois reportages sont programmés :

  • Meurtres en série au pays de Poutine : Au-delà des deux célèbres affaires d’assassinat d’Anna Politkovskaïa et Alexandre Litvinenko, ce film révèle comment tous ceux qui ont enquêté sur l’accession à la présidence de Vladimir Poutine ont été systématiquement éliminés.
  • Compte à rebours à Moscou : ce débat pose les questions cruciales sur l’évolution possible de la Russie après huit ans de présidence Poutine et l’élection d’un nouveau président.
  • Dans le sillage de l’aigle russe : enquête au coeur de Sotchi, ville d’acceuil des Jeux olympiques en 2012, où les maîtres mots "Ordre, règle et stabilité" redeviennent à la mode.

France 5 n’est pas en reste, en proposant également deux reportages, ce soir, dès 20h40 :

  • Avoir 18 ans à Moscou : portrait de la jeunesse moscovite
  • La campagne de Russie : documentaire agricole sur les échanges entre les agricultures française et russe.

Enfin, pour ceux qui ont la chance d’avoir Canal+, l’émission Jeudi Investigation diffusera (jeudi) un reportage intitulé "Ramzan Kadyrov, le jouet macabre de Poutine"... tout un programme.

Source image : Jp-petit.com

Garry est à Paris

Par Aurialie le 21.11.2007 à 01h16

Garry Kasparov est intervenu hier dans l’émission de Michel Denisot Le Grand Journal, pour présenter son nouvel ouvrage : La vie est une partie d’échecs. Celui-ci démontre comment utiliser son expérience pour savoir ce qui est bien, ce qui est mal, prendre des décisions, … dans la vie quotidienne. Comme aux échecs, il faut bien analyser les causes des succès et des défaites pour mieux avancer, prévoir les prochains coups.

Concernant son activité politique, il a déclaré ne pas se faire d’illusions sur sa participation à l’élection présidentielle. Il veut être au côté des militants anonymes, partager leurs combat et convictions pour montrer la nature du régime politique actuel, se faire le porte-parole des répressions qu’ils subissent. Et la tenue d’élections démocratiques serait déjà une victoire pour lui.

Enfin, il a reproché aux représentants des pays du G7 d’avoir été des partenaires de Poutine, ce qui implique de partager des valeurs communes et de lui avoir laissé carte blanche pour diriger le pays comme bon lui semblait, un peu comme un Loukachenko ou un Mugabe.

Première session de (non) live blogging

Sujet très intéressant ce soir dans l’émission "Ce soir ou jamais" : "Poutine : sauveur ou tyran ?" , avec pour invités et intervenants Rony Brauman (fondateur de Médecins sans Frontières), Dominique Venner (historien), Pierre Lorrain (essayiste), Jacques Sapir (économiste), Galia Ackerman (traductrice d’Anna Politkovskaïa), Georges Nivat (essayiste), Frédéric Beigbeder (auteur) et Marina Vlady (comédienne, ancienne épouse du dissident soviétique Vissotski) ; c’était une occasion unique de faire du live blogging, faudrait-il encore réussir à le faire… Donc voilà finalement un petit résumé de l’émission !

Poutine est un sauveur car :
- il a apporté de la stabilité dans le pays
- il n’a pas modifié la constitution, contrairement à Eltsine en 1993, pour être élu une 3e fois
- des changements économiques positifs se sont produits : le niveau de 1990 a été atteint au printemps 2007
- les problèmes sociaux s’amoindrissent : baisse de la mortalité, hausse de la natalité, les jeunes diplômés souhaitent rester en Russie, s’imaginent un futur, investissent
- Les gens de l’administration commencent à comprendre qui ne sont pas au-dessus des lois, certains colonels et généraux ont été arrêtés suite à des abus de pouvoir.

Poutine est un tyran car :
- les partis d’opposition ne peuvent pas s’exprimer, le système électoral empêche des petits partis de se présenter, la Russie est un pays sans partis, donc sans démocratie
- la censure (et même l’autocensure) est très importante, elle a augmenté parallèlement à la croissance économique
- le bilan des droits de l’homme est négatif : écrasement des libertés (de la presse, de réunion), tragédies liées à l’incompétence et à la brutalité des personnes gouvernantes (Beslan, Nord-Ost), assassinats et passages à tabacs de journalistes (dernier cas, rapporté par Galia Ackerman, contre la journaliste de guerre Natalia Petrova, battue, elle et sa famille, par trois policiers de Kazan)
- la censure dans le domaine artistique est également à noter : refus d’exposer une dizaine d’œuvres lors de l’exposition Sots art à Paris, le clergé orthodoxe a fait interdire une exposition au musée Sakharov intitulé "Attention religion".

La conclusion de l’émission n’est pas tellement positive : Poutine est l’héritier d’une longue histoire d’autocratie, de despotisme, où une seule période de démocratie parlementaire a été mise en place entre 1906 et 1914. La trajectoire démocratique a été difficile à mettre en place, et si beaucoup de choses ne vont pas bien en Russie, ce n’est pas l’unique faute de Poutine. Sous l’ère Eltsine, il y avait aussi des assassinats de journalistes mais aussi de banquiers. La 1e guerre de Tchétchénie a d’ailleurs débuté à cette époque et on ne peut pas imputer à Poutine tous les crimes qui se sont déroulés là-bas.

L’ouvrage d’Orlando Figes La Révolution russe. 1891-1924 : la tragédie d’un peuple montre la montée de la cruauté en Russie. Et cette mémoire est dans les gènes des Russes selon Georges Nivat. Vont-ils aller vers plus de brutalité ? La Russie est donc à un tournant : elle se dirige définitivement soit vers l’autocratie, soit vers la démocratie.

Photos : Yahoo news

Au nom de dieu, du tsar et de la patrie

Par Aurialie le 09.10.2007 à 23h27

Question : Où peut-on entendre des phrases telles que "Avec des gaillards comme nous, l’OTAN ne passera pas", "Comme nous sommes bien ici, pendant que les travailleurs de l’Ouest pourrissent" ou "La démocratie ce n’est pas pour nous. Nous n’en avons pas besoin" ?

Réponse : Dans un reportage de Nino Kirtadzé, diffusé ce soir sur Arte, intitulé "Au nom de dieu, du tsar et de la patrie". Le sujet de ce documentaire : Mikhaïl Morozov, un Russe dirigeant d’une main de fer un village et ses habitants qui souhaitent sauver leur âme en rompant avec la vie moderne et ses tentations. Les concepts mis en avant pour atteindre ce but : le respect dû au maître (le Tsar Poutine) et à son autorité, la religion orthodoxe, le nationalisme russe, la résurrection de l’âme russe, ... C’est pourquoi, l’ennemi c’est l’OTAN et les Etats-Unis (qui après l’Afghanistan et l’Irak pourrait envahir la Russie pour son pétrole) ; l’Europe, "qui se prend trop au sérieux", est jugée marginale ; le Venezuela et l’Iran sont considérés comme des alliers potentiels ; et la démocratie c’est pour les autres ! Le maître pense, le peuple agit : voilà ce qu’est la démocratie dirigée.

Rediffusion le 13 octobre à 15h50.

MAJ (10/10/2007) : Heureusement, Professeur Sarkozy est venu aujourd’hui donner un cours de démocratie à des étudiants russes.

Source photo : Arte.
A lire également : la critique de Télérama.

Vidéo : l'opposition, cheval de troie de l'Occident

Diffusé dimanche soir sur la chaîne Rossia, ce reportage sur l’opposition politique est un nouvel exemple de la manipulation opérée par les médias russes. Comme en mai 2006, Bakhat.ru (Velours.ru) montre les moyens utilisés pour organiser un soulèvement en Russie, du type de la Révolution orange en Ukraine, des roses en Géorgie ou des tulipes au Kirghizstan.

Utilisation de la jeunesse du pays, financement étrangers, violence envers les forces de l’ordre pour les pousser à frapper les manifestants, présence des médias étrangers pour relayer le déficit de démocratie, organisation de séminaires pour former les révolutionnaires en herbe, ... l’ingérence des puissances occidentales dans la préparation des révolutions dans l’ancienne zone d’influence de la Russie est de nouveau dénoncée. Soyons clair, l’intervention étrangère est réelle : Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine ont reçu des conseils et une aide matérielle pour coordonner les actions révolutionnaires.

Mais ce que l’on peut dénoncer dans ce type de reportage, c’est les approximations et les manipulations d’images et de paroles (une bande son qui ne sort d’on-se-sait-où expliquant l’achat de manifestants ou l’utilisation des grands-mères), les inventions pures (le meilleur moyen pour obtenir une bourse pour étudier à l’étranger est d’être pris en photo ou filmer en train de se faire frapper par les forces de l’ordre ou bien de se faire embarquer), les chiffres fantaisistes (les leaders révolutionnaires n’ont pas de scrupules à se débarrasser de leurs petits soldats une fois la guerre finie, ainsi 90% des révolutionnaires d’Octobre et commissaires pendant la guerre civile ont été éliminés)… Et le final est un summum de raccourci permettant d’inquiéter un peuple inquiet d’un renversement de l’ordre public : on voit une interview d’Alan Greenspan expliquant que la guerre en Irak a pour seule et unique raison le pétrole, la voix off enchaîne alors sans transition en disant que la Russe est un grand pays, fertile, florissant, riche en matière première. D’où une conclusion implicite : les puissances occidentales organisent des manifestations pour piller les importantes ressources du pays. Du travail de professionnel !

Pas d'amélioration dans les médias russes

Par Aurialie le 18.08.2007 à 02h02

Falsification d’images, fermeture de radio : les nouvelles des médias russes sont loin d’être bonnes. Le Monde relate aujourd’hui que Rossia, chaîne de télévision 100% à la botte de l’État russe, s’est servi d’images du film Titanic pour illustrer un reportage sur la conquête du pôle Nord, sans en avertir les téléspectateurs. La vigilance d’un enfant, fan du film de James Cameron, a notamment permis de découvrir la supercherie. La chaîne avait déjà utilisé la pratique de la falsification, lors de la diffusion d’un portrait sur un ennemi des autorités russes, Boris Berezovski.

Un évènement inquiète encore plus Reporters sans frontières : la fin de la radio-diffusion de la BBC en Russie depuis hier. Le dernier partenaire de la radio britannique, Bolchoïe Radio, a du mettre un terme à leur collaboration à la demande des autorités russes de diffusion. Le groupe Finam, propriétaire de la radio russe, a fait savoir que sa licence ne lui permettait pas de retransmettre ces programmes et qu’elle se concentrerait désormais sur la diffusion de ses propres émissions.

"Reporters sans frontières est consternée par la décision des autorités russes de faire disparaître la BBC de la FM russe. Cette censure ne saurait se justifier en aucune manière, ni politiquement, ni techniquement. La Russie s’inspirerait-elle de la Chine ou du Zimbabwe où la BBC est censurée ? Nous espérons que cette situation trouvera une solution rapide et que la BBC sera de nouveau disponible sur les ondes FM”, a déclaré l’association.

Richard Sambrook, directeur de la division Global News de la BBC, a déploré cette décision et s’est dit “extrêmement déçu que les auditeurs de Bolchoïe Radio ne soient plus capables d’accéder à l’information indépendante et impartiale de la BBC avec les qualitiés sonores qu’offre la bande FM.

Alors que le directeur de Finam (fonds d’investissement), Igor Ermachenkov, a déclaré à Associated Press que “ce n’est un secret pour personne que la BBC a été créée en tant qu’outil de diffusion de propagande “, la radio britannique, réplique que la licence de diffusion reçue en mai 2006, autorise Bolchoïe Radio à diffuser jusqu’à un cinquième de programmes produits à l’extérieur. Richard Sambrook appelle les autorités russes à respecter cet accord.

Les relations entre le Royaume-Uni et la Fédération de Russie se sont considérablement dégradées depuis le début de l’enquête sur la mort en novembre 2006 en Grande-Bretagne de l’ancien membre du KGB, Alexandre Litvinenko, à la suite d’un empoisonnement.

A la fin 2006, Radio Arsenal (Moscou) a cessé de diffuser les programmes de la BBC, suivie début 2007, par Radio Leningrad (St Pétersbourg). La BBC en russe reste accessible sur les ondes moyennes et courtes ainsi que sur Internet.

Source image : Student of the world

Nacha Rossia vs Nacha Russia

Par Aurialie le 22.07.2007 à 02h14

Alors que les Nachis, membres du mouvement jeunesse pro-Poutine, organisent leur camps d’été à Seligar, une grande décision a été prise : unir tous les partis jeunesse pro-Kremlin dans une organisation unique, appelée Nacha Rossia, (Notre Russie). Devraient donc s’allier aux Nachis, dont le leader Vassili Iakemenko va prendre le commandement de cette union : Rossia molodaïa (Russe jeune), Novye lioudi (Nouvelles personnes), Nacha strana (Notre pays), Evraziiskii Soyouz molodioji (Union jeunesse eurasiatique) et le mouvement orthodoxe Georgievtsi. Leur but est de faciliter le travail du Kremlin : à quelques mois des élections parlementaires une seule structure est plus simple à manœuvrer. Mais des voix s’élèvent déjà contre cette idée. Le leader de l’Union jeunesse eurasiatique, Valery Korovine, qui précise que son organisation n’a jamais été créée par le Kremlin, estime qu’une alliance avec les Nachis n’est possible que s’ils admettent le rite religieux des Vieux-croyants, lisent Heidegger et étudient les modèles géopolitiques.

Nacha Rossia ne doit pas être confondu avec la série russe humoristique Nacha Russia, créée en 2006 et dans laquelle jouent des anciens du KVN, principalement Sergueï Svetlakov et Mikhaïl Galoustiane. Dans ces sketches de quelques minutes, on découvre des personnages haut en couleur de diverses villes de Russie, "pays envié par le monde entier" : des ouvriers tadjiks font des travaux dans un immeuble en construction à Moscou, la ville la plus multinationale du monde ; deux adolescents de Krasnodar tentent d’acheter des préservatifs ; l’équipe de foot du complexe de viande d’Omsk, la ville la plus sportive du monde, subit la tyrannie de leur entraîneur, un fraiseur homosexuel fait des avances à son patron, le concierge d’un immeuble de Saint-Pétersbourg, la ville la plus culturelle, gère à sa façon les tracas de ses locataires… Bref, les auteurs se moquent des travers de leurs concitoyens de façon exagérée forcément, mais c’est drôle, surtout comparée à la future organisation Nacha Rossia !

Propagande télévisuelle

Que ce soit pour un reportage ou pour une bande-annonce de film, détourner des images pour leur faire dire ce que l’on souhaite n’est pas difficile (surtout si ces images s’adressent à des personnes qui ont l’habitude de la propagande d’État).

La chaîne de télévision NTV, rachetée en 2001 par le groupe Gazprom et dirigée par des proches de Poutine, diffusait le 17 mai un reportage de 15 minutes sur les marches du désaccord organisées dans plusieurs villes de Russie, intitulé "Qui commande le chaos". Les images montées par le journaliste n’ont qu’un objectif : montrer les méthodes utilisées par l’Autre Russie pour renverser le régime. Ainsi, dans ce reportage, on apprend :
- comment les personnes âgées sont utilisées dans les manifestations pour aller provoquer les forces spéciales de sécurité (OMON), mais aussi se protéger des attaques de ces derniers ;
- comment augmenter le nombre de manifestants en les payant 300 roubles ;
- comment provoquer des bagarres en faisant notamment croire, grâce à du ketchup, que l’on a été blessé par un OMON ;
- que le seul but des médias étrangers est de montrer les méthodes répressives du pouvoir russe à l’égard de l’opposition et de calomnier les forces du ministère de l’Intérieur notamment en faisant des photos montages, tel ce signe SS sur le casque d’un policier ;
- que les participants des marche n’ont qu’un but : protester, être contre, quelque soit le sujet (par exemple, contre la construction de nouveaux logements). Et même si les autorités locales acceptaient la tenue d’une marche, au dernier moment les manifestants changeraient l’itinéraire de la marche, juste par esprit de contradiction et pour montrer l’absence de liberté d’expression en Russie.
- etc.

Et tout cela est accompagné de témoignages de politologues, intellectuels et même d’un ancien membre du Parti national-bolchevique qui n’est pas contre manifester pour des idéaux, encore faut-il le faire honnêtement…

Toutefois, comme le soulève un téléspectateur attentif dans un long article décortiquant les propos et images de ce reportage, dès les premières secondes, le journaliste se trompe dans la date de la marche qui s’est déroulée à Saint-Pétersbourg, preuve de son très grand professionnalisme.

PS : A lire ou à écouter : une émission de la radio Écho de Moscou sur le thème "Les marches du désaccord : démocratie ou extrémisme ?" dans laquelle l’un des intervenants du reportage, Sergueï Markov, a accepté de discuter avec Garry Kasparov.

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