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Amalgame facile de la télévision

Par Aurialie le 14.03.2007 à 01h06

Peut-être est-ce voir le mal partout, mais après le visionnage sur M6 du document de Mathieu Schwartz, Serge de Sampigny et Yvan Demeulandre, Staline, le tyran rouge, et surtout du portrait d’un communiste de la vieille génération, on peut se demander si ce programme n’avait pas pour but, en pleine période électorale, de faire du tort aux candidats de la gauche de la gauche.

Sachez dès maintenant que pour qu’un reportage obtienne le label de l’éducation nationale pour une diffusion dans les écoles, il faut donner des détails inutiles (Staline avait la peau grêlée, il avait fait déporter la mère de la petite fille qui a chanté à son 70e anniversaire), passer sous silence des éléments un peu plus intéressants (le blocus de Leningrad pendant la Seconde Guerre Mondiale) et mettre des commentaires grandiloquents et des effets sonores dignes de "Faites entrer l’accusé".

M6 ne ment pas quand il dit que le but de ce reportage est de montrer le parcours sanglant de Staline, mais lorsque des sites précisent que ce portrait de Staline va permettre de comprendre comment un grand rêve collectif a pu aboutir au lot de souffrances et de vies broyées, c’est faire une erreur grossière.

Il ne faut pas faire d’amalgame entre le communisme et le stalinisme : le premier est une idéologie, une organisation économique et sociale basée sur le système de la propriété collective des moyens de production alors que le second est la mise en pratique d’une idéologie qui deviendra ensuite une doctrine adoptée par d’autres pays, tels que la Corée du Nord.

Besancenot, Laguiller ou Buffet, dans l’hypothèse où l’un ou l’une serait élu(e), ne vont pas punir les ennemis de l’idéologie communiste, provoquer des famines affreuses et remettre au goût du jour les camps de travail. Pourquoi donc montrer un vieux communiste niant les crimes de Staline ?

Et Staline est mort en 5 mars (ce que confirme ce site russe consacré exclusivement au Petit Père des Peuples).

Pour que le racisme ne soit plus ordinaire

Par Aurialie le 06.12.2006 à 19h40

Par ce post, mon but n’est pas de faire un amalgame rapide Russie = violence ou russes = racistes. Je souhaite aborder le thème de la violence xénophobe en Russie car l’émission Envoyé Spécial va diffuser ce jeudi un reportage de Manon Loizeau sur ce sujet.

Les attaques racistes dans le pays se multiplient de façon inquiétante. Le procureur général de Russie, M.Tchaïka, a admis récemment que les « crimes extrémistes » étaient en augmentation. En 2005, le parquet avait enregistré 152 « crimes extrémistes », 149 sont déjà enregistrés pour la période janvier/juillet 2006 (source : Ria Novosti).

Aujourd’hui, le pouvoir russe semble vouloir enfin s’attaquer au problème. Vladimir Poutine a déclaré aujourd’hui : « Tous ceux qui prêchent l’hostilité raciale, interethnique ou religieuse doivent savoir qu’une riposte appropriée leur sera infligée » (source : Ria Novosti). Cela veut-il dire que les crimes racistes vont être condamnés avec des circonstances aggravantes et non plus comme du simple hooliganisme ? Les 150 groupuscules extrémistes de jeunes vont-ils être dissous ? Ou au contraire les paroles du Président visent-elles les 80 organisations wahhabites en activité en Russie ?

La répression ne doit pas être la seule solution, l’éducation est primordiale. Les personnes violentes agissent par peur, ignorance, manque de réflexion ou pire par jeu et pensent que « l’autre » est leur ennemi. Certains passages du roman Les Bienveillantes de Jonathan Littell, qui narre les mémoires de Maximilien Aue, officier SS (imaginaire) de la Seconde Guerre Mondiale, traitent de la violence du régime nazi face aux populations d’obédience juive, polonaise, hongroise, …

En voilà notamment un :
" Vous devez trouver que je vous entretiens bien froidement de tout cela : c’est simplement afin de vous démontrer que la destruction par nos soins du peuple de Moïse ne procédait pas uniquement d’une haine irrationnelle des juifs - (...)- mais surtout d’une acceptation ferme et raisonnée du recours à la violence pour la résolution de problèmes les plus variés, ce en quoi d’ailleurs nous ne différions pas des bolcheviques que par nos appréciations respectives des catégories des problèmes à résoudre. "

Pour finir et pour mieux comprendre, je conseillerai la lecture de l’ouvrage Les mécanismes de la Violence : Etats, institutions, individu coordonné par Régis Meyran qui rend compte de l’état des recherches actuelles sur la violence.

(Dessin de Bado)

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