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Les chiffres de la Grande terreur

Par Aurialie le 23.05.2009 à 02h14

Je viens d’achever la lecture de L’ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d’un meurtre de masse 1937-1938, le dernier ouvrage de Nicolas Werth. A la lecture de ces 300 pages décrivant 2 années de terreur sanguinaire, on ne peut qu’apprécier le travail d’historien. La genèse, la mise en place de la grande terreur, l’élaboration des listes des accusés, les arrestations, les exécutions, l’augmentation des quotas, la fin des opérations, … Nicolas Werth passe en revue toutes les étapes de cette "vaste entreprise d’ingénierie et de purification sociale visant à éradiquer tous les les éléments socialement nuisibles et ethniquement suspects" (p.17). Et ces éléments ont été arrêtés, exécutés ou enfermés en masse, voilà quelques chiffres relevés tout au long du livre :

  • p.16 : "En 16 mois, d’août 1937 à novembre 1938, environ 750.000 citoyens soviétiques furent exécutés après avoir été condamnés à mort par un tribunal d’exception à l’issue d’une parodie de jugement. Soit près de 50.000 exécutions par mois, 1.600 par jour. Durant la Grande Terreur, un Soviétique adulte sur 100 fut exécuté une balle dans la nuque. Dans le même temps, plus de 800.000 Soviétiques étaient condamnés à une peine de 10 ans de travaux forcés et envoyés au Goulag."
  • p.21 : "Les 16 mois de la Grande terreur concentrent à eux seuls près des 3/4 des condamnations à mort prononcés entre la fin de la guerre civile (1921) et la mort de Staline (mars 1953) par une juridiction d’exception dépendant de la police politique ou des tribunaux militaires."
  • p. 38 : "en 2 ans, près de 35.000 officiers durent arrêtés ou limogés, soit 1/5 environ du corps des officiers, cette proportion étant plus élevée dans les grandes supérieures."
  • p.40 : "Le renouvellement des cadres politiques fut spectaculaire : ainsi au début de 1939, 293 des 333 secrétaires régionaux du Parti, 26.000 des 33.000 hauts fonctionnaires de la nomenklatura du Comité central étaient en poste depuis moins d’un an."
  • p.41/42 : "Dans certains ministères, Affaires étrangères, Commerce extérieur, Finances, Industrie lourde, Voies de communications, Agriculture, Machines-outils, 80 à 90% des cadres dirigeants furent arrêtés, pour être aussitôt remplacés par une nouvelle génération de "promus"."
  • p. 78 : "Le seul chiffre global dont on dispose fait état début 1941, soit deux ans après la fin de a grande Terreur, et l’arrestation en 1937/1938, de plus de 1,5 million de personnes par la Sécurité d’État, de 1.263.000 personnes fichées par la Sécurité d’État – ce qui laisse supposer qu’un nombre beaucoup plus important, peut être 2 à 3 millions de personnes, étaient sous une forme ou une autre, fichées en 1937."
  • p. 228 : "Le rapport Pavlov établissait, pour les années 1921 à 1953, le nombre de personnes arrêtées, condamnées et exécutées par les différentes juridictions d’exception dépendant de la police politique : plus de 4 millions de personnes condamnées, dont 800.000 exécutées. Ce bilan faisait clairement ressortir la place exceptionnelle de la Grande Terreur : 1.548.366 arrestations, 1.344.923 condamnations, dont 681.682 à la peine de mort au cours des deux seules années 1937-1938."

Encore un chiffre, celui du coût de l’opération (p.95) : 75 millions de roubles du fonds de réserve gouvernementale furent débloqués pour "couvrir les dépenses exceptionnelles liées à la mise en œuvre de l’opération, dont 25 millions pour le transport, par voie ferrée, des éléments envoyés en camp". Mais le plus choquant est la description des tortures et l’arbitraire des arrestations. Les abus de certains agents du NVKD (infiltrés par des agents ennemis, bien sûr) ont d’ailleurs été relevés : (p.310) "entre novembre 1938 et fin 1939, 1.364 officiers de la Sécurité d’État furent arrêtés à l’issue d’une enquête interne (…), en outre 6.400 agents subalternes furent limogés, sans avoir à répondre de leurs actes et sans poursuites judiciaires."

L’ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d’un meurtre de masse 1937-1938 est un livre parfois un peu répétitif, mais vraiment instructif.
En complément, ne pas hésiter à lire cet article de Non fiction sur le livre.

Vous avez dit "cynisme" ?

Par Aurialie le 09.04.2009 à 23h52


Demander aux familles des enfants ayant survécu à la prise d’otages de l’école de Beslan de payer entre 50.000 et 70.000 roubles d’impôts sur le revenu car leurs enfants étudient gratuitement dans un lycée "privé", voilà ce que l’on peut appeler du cynisme ou tout du moins un manque flagrant d’inhumanité de la part des autorités russes.

Il faut dire aussi que ces familles sont membres de l’association la Voix de Beslan, accusée précédemment d’extrémisme par les autorités judiciaires. Et surtout que les enfants des familles qui ont reçu cette demande de l’inspection fiscale russe étudient dans le lycée Koralova, géré par les parents de Mikhaïl Khodorkovski, l’ancien patron de Ioukos, dont le 2e procès pour détournement de fonds et évasion fiscale est en cours. Mais ni les parents, ni les enfants ne reçoivent de l’argent de l’institution Koralova, mais juste une aide bienveillante et un enseignement bénévole pour aider ces jeunes à se construire une vie après la tragédie de Beslan.

Alors cette attaque est-elle un moyen de récupérer de l’argent pour renflouer les caisses de l’Etat russe ou bien une tentative de pression supplémentaire sur l’association la Voix de Beslan et/ou sur la famille Khodorkovski ?

Source photo : La Voix de Beslan

Premier cas d'enfermement psychiatrique pour un internaute

Par Aurialie le 16.03.2009 à 01h10

Depuis le 6 mars, le créateur et administrateur de plusieurs groupes d’opposition du réseau social Vkontakte (Facebook russe), Vadim Tcharouchev, est enfermé dans une unité psychiatrique. Les dernières personnes à lui avoir parlé sont Olga Kournosova, leader de la section pétersbourgeoise du Front civique unifié (OGF) et Vsevolod Nelaev. A la première, il a demandé de l’aide pour se rendre à son ancien lieu de travail pour le 8 mars (la fête des femmes) car les relations avec son ancien patron étaient tendues. Au deuxième il a également demandé de l’aide car on lui avait injecté une préparation médicale, sa voix au téléphone n’était pas très claire.

Vendredi lors d’une audience du tribunal de Smolny, l’enfermement forcé en hôpital psychiatrique a été confirmé, malgré l’absence de diagnostic. Tcharouchev a déclaré qu’il était enfermé car il avait refusé de signer un accord pour être soigné de son plein gré. Il a fait également part de menaces et intimidations du personnel médical.

Selon Olga Kournosova, c’est le premier cas d’utilisation répressive de la psychiatrie pour un activiste sur Internet. Parmi les groupes créés par Tcharouchev, on trouve "Je n’ai pas voté pour Russie Unie et la marionnette de Poutine ! Je suis contre la dictature du KGB en Russie !", "Valeria Novodvorskaïa", "Galina Starovoïtova, vos idées sont vivantes !", ...
Que nos internautes français se méfient : après l’obtention de la fermeture d’un groupe sur Facebook par l’élu UMP Eric Raoult et le dépôt de plaintes contre Youtube et Dailymotion par Nadine Morano, ils pourraient très bien subir le même sort de Tcharouchev à plus ou moins long terme...

Source photo : Blog Namarsh.ru

Un avocat spécialiste de la Tchétchénie et une journaliste assassinés à Moscou

Via l’AFP : Un avocat russe spécialiste des crimes commis en Tchétchénie (Caucase du Nord) a été tué par balles lundi en plein coeur de Moscou, et une journaliste stagiaire du bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta Anastacia Babourova, grièvement blessée à ses côtés pendant l’attaque, a succombé à ses blessures peu après.

L’avocat, Me Stanislav Markelov a été tué alors qu’il venait de dénoncer au cours d’une conférence de presse la libération anticipée de l’ex-colonel russe Iouri Boudanov, condamné à 10 ans de prison en 2003 pour avoir étranglé trois ans plus tôt Elza Koungaïeva, une Tchétchène de 18 ans. Il était l’avocat de la famille de la jeune fille.

"Les enquêteurs étudient les différents mobiles de l’assassinat, y compris l’activité professionnelle de la victime", a indiqué le Comité d’enquête du parquet russe dans un communiqué. "Après la conférence de presse, il est parti et il a été attaqué (...) Il n’avait rien dit des menaces dont il aurait été la cible", a indiqué à l’AFP une responsable du Centre de presse indépendant, où l’avocat s’était exprimé avant d’être tué.

Le père d’Elza Koungaïeva, Vissa Koungaïev, a pour sa part déclaré à l’antenne de la radio indépendante Echo de Moscou que Me Markelov avait reçu récemment des menaces. "Il m’a dit qu’on lui envoyait des SMS, qu’on l’appelait. On lui disait d’arrêter avec l’affaire Boudanov ou alors on allait le tuer", a expliqué M. Koungaïev.

Lorsqu’il a été tué, Me Markelov était accompagné d’une stagiaire de Novaïa Gazeta, un journal qui dénonce aussi les exactions commises pendant les deux guerres de Tchétchénie et pour lequel avait travaillé Anna Politkovskaïa, une journaliste spécialisée sur cette région et qui a été assassinée en octobre 2006. La jeune fille, âgée de 25 ans selon les médias russes, a succombé quelques heures après avoir été touchée à la tête pendant l’attaque. "Les médecins ont fait tout ce qui était en leur pouvoir. Il y a quelques minutes, la journaliste de Novaïa Gazeta Anastassia Babourova est décédée", a indiqué le journal sur son site internet. Elle avait écrit pour son compte plusieurs articles sur les problèmes de racisme et l’ultranationalisme en Russie.

Le Procureur général de Russie Iouri Tchaïka a indiqué avoir pris "personnellement" le contrôle de l’enquête. Me Markelov avait défendu Anna Politkovskaïa dans plusieurs affaires, ainsi que Mikhaïl Beketov, un journaliste d’opposition russe sauvagement agressé à Khimki en banlieue de Moscou en novembre dernier. Il était aussi l’avocat de Magometsalih Massaïev, un homme porté disparu depuis le mois d’août 2008 après qu’il eut accusé le président tchétchène Ramzan Kadyrov de l’avoir pris en otage pendant quatre mois.

Officiels tchétchènes et défenseurs des droits de l’homme ont dénoncé avec véhémence le meurtre de l’avocat. Il s’agit d’un "crime méprisable", a réagi dans un communiqué une responsable d’Amnesty International, Nicola Duckworth. "Les autorités russes doivent prendre des mesures décisives pour montrer que de tels crimes ne seront pas tolérés", a-t-elle ajouté. Un porte-parole du représentant du président tchétchène pour les droits de l’homme, cité par Ria Novosti, s’est montré encore plus virulent : "Nous supposions et nous avions averti que Boudanov allait commettre d’autres crimes. On ne peut pas dire que c’est lui, mais on peut dire que ce sont ses partisans en accord avec lui". "Le meurtre dans le centre de Moscou d’un avocat qui s’occupait d’affaires politiques importantes, a autant d’importance que l’assassinat d’Anna Politkovskaïa", a déclaré de son côté Lioudmila Alekseïeva, qui dirige le groupe Helsinki de Moscou, à l’agence Interfax.

Le procès des complices présumés du meurtre d’Anna Politkovskaïa se poursuivait par ailleurs à Moscou, alors que le tireur présumé n’a toujours pas été arrêté et que le commanditaire n’est pas identifié.

Source photos : Lenta.ru, en haut Stanislav Markelov, en bas Anastacia Babourova.

La forêt de Khimki est toujours menacée de destruction

La protection de la forêt de Khimki dans la banlieue de Moscou avait déjà été évoquée à l’occasion de l’organisation d’un concert il y a bientôt 1 an. Pour rappel, les autorités souhaitent faire passer le tracé d’une autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg au milieu de cette forêt, les habitant s’y opposent pour des raisons écologiques.

Le 13 novembre, l’un des principaux défenseurs de cette zone boisée, le rédacteur en chef du journal Khimkinskaïa pravda, Mikhaïl Beketov, a été violemment battu par des inconnus et laissé pour mort devant sa maison. Il avait déjà reçu des menaces de mort, sa voiture avait été incendiée et il avait été mis en examen pour "diffamation". Pour beaucoup, l’origine de ces violences sont les autorités locales qui n’apprécieraient pas beaucoup ses nombreux articles critiques contre la destruction de la forêt. Aujourd’hui, les nouvelles sur son état de santé n’étaient pas bonnes, son état a empiré.

Du côté du mouvement Défense écologique de la région de Moscou, un groupe d’initiative a été créé pour organiser un référendum local. S’il est accepté par la commission électorale locale, la question sera la suivante : "Êtes-vous pour ou contre interdire aux administrations locales du district urbain de Khimki de décider de la localisation de l’autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg sur le territoire du parc-forêt de Khimi ?".

Le mouvement de défense ne s’arrête pas là et souhaite présenter un de ses membres, Evguenia Tchirikova, à la prochaine élection du maire.

Photo : Ekooborona

L'incroyable destin de Iouri Tchirkov

Par Aurialie le 12.01.2009 à 01h27

Voilà un livre qui a de fortes chances de faire partie de la sélection du Prix Russophonie de l’année prochaine, sa traductrice, Luba Jurgenson, ayant déjà été distinguée pour sa traduction de Têtes interverties de L. Guirchovitch.

Mais bien mieux que la traduction de C’était ainsi... de Iouri Tchirkov (éditions des Syrtes), c’est son contenu : un formidable témoignage sur la vie carcérale des îles Solovki dans les années 30. Quand il est condamné à 3 ans de prison pour activité contre-révolutionnaire et envoyé aux Solovki, il n’a que 15 ans. Malgré les conditions épouvantables des détenus, décimés par le froid et la faim, astreints aux travaux éreintant dans les tourbières et les forêts, réduits à l’état d’esclaves, l’adolescent arrive à survivre, notamment grâce au soutien de certains de ses compagnons d’infortune, mais aussi à étudier, apprendre, se cultiver. Ses quelques mois de travail à la bibliothèque des Silovski sont notamment une bouffée d’oxygène pendant son incarcération. Il trouve un vrai refuge dans la vie intellectuelle intense qui subsiste au cœur de l’ancien monastère, peuplé par quelques survivants de l’intelligentsia russe.

J’ai choisi 4 extraits de son riche témoignage : le 1er passage est l’étonnante description de la vie théâtrale du camp (p.103) : "En 1936, le théâtre des Solovki était un phénomène remarquable. Il y avait deux groupes : le cercle d’art dramatique et les artistes symphoniques. Le théâtre comptait trois orchestres - un ensemble symphonique, des cordes, une fanfare -, ainsi qu’une brigade de chant, une troupe tsigane et une brigade de propagande. Ces groupes étaient composés majoritairement de détenus occupés à divers travaux ou non affectés. Les répétitions avaient lieu le soir, les artistes retrouvaient un second souffle grâce à leurs activités préférées. Les stars bénéficiaient de quelques privilèges. Avant les spectacles et les concerts, on les libérait du travail, ils avaient droit à un plat supplémentaire et pouvaient écrire des lettres plus souvent."

Ce genre de spectacle, auquel les détenus pouvaient assister, ou la réception d’un colis et son partage avec les autres pouvaient changer une journée. On se rend compte alors combien le bonheur est relatif (p.81) : "Je me rappelais alors les paroles de Treiger, un ingénieur belge qui se trouvait dans le même convoi que moi : "Les Soviétiques sont des gens très heureux. Ils vont de joie en joie. On ne les a pas arrêtés la nuit, ça les rend heureux pour la journée ! Ils ont réussi à monter dans le tramway bondé : ils sont heureux pour la matinée. Et s’ils parviennent à se procurer du hareng avec leurs tickets d’approvisionnement, ils ont leur provision de bonheur pour la semaine."

L’extrait suivant montre l’incompréhension des prisonniers sur leur situation et l’espoir d’être réhabilité (p. 215) : "Ce que nous entendions et voyions nous donnait le vertige. Dans toutes les villes, les prisons étaient surpeuplées, elles accueillaient cinq à dix fois le nombre de détenus prévu. Il semblait que la population carcérale se chiffraient en millions. On citait un propos d’Ejov. Selon lui, l’Union soviétique comptait trois groupes de population : les détenus, les prévenus et les suspects. Le plus surprenant c’est que les gens croyaient en leur proche libération. La plupart d’entre eux étaient persuadés que, puisque personne n’était coupable, la vérité finirait pas éclater et tout le monde sera relâché."

Mais la vie au camp est difficile, inhumaine, et les gardiens font parfois preuve de cruauté : voilà par exemple ce que dit un gardien à Tchirkov et à un détenu, qui pensaient être libérés (p. 181) : "Il n’y a qu’une sorte d’amnistie pour vous : huit grammes dans la nuque."

Je n’ai qu’un seul petit regret sur ce témoignage de Tchirkov : n’ayant pas eu le temps de finir son manuscrit avant sa mort, c’est sa femme qui a rédigé les dernières années de sa vie. Nous n’avons donc pas son sentiment sur sa relégation en 1951, sa réhabilitation en 1954, sa vie à Moscou en tant que directeur de la chaire de météorologie et de climatologie de Moscou.

Encore 3 jours à attendre avant de pouvoir l’acheter, le livre sort le 15 janvier.

4 agressions en 3 ans : hasard ou acharnement ?

Par Aurialie le 09.01.2009 à 22h42

Qui s’acharne ainsi sur Maxime Malychev, leader de la section pétersbourgeoise de l’Avant-garde de la jeune rouge (AKM) ? Depuis 2005, il a été agressé 4 fois par des inconnus mais la police n’a jamais réussi à trouver les auteurs.

  • Le 16 novembre 2005, il est attaqué dans la station de métro Tchernychevskaïa à 23h, après un concert organisé le Jour de la tolérance.
    Résultat : commotion cérébrale, contusion aux yeux, 22 jours de soins.
  • Le 9 janvier 2006, il est frappé à un arrêt de bus de la Perspective Nevski, après avoir récolté des signatures et vendu le journal Kontrolnyi vystrel.
    Résultat : traumatisme crânien, blessure à la pommette droite.
  • Le 10 juin 2006, à la veille du sommet du G8, lui et sa mère sont agressés devant leur logement.
    Résultat : fracture des 10e, 11e et 12e côtes, avec déplacement de fragments de la 10e côte dans le creux de l’aisselle, ecchymoses sur diverses parties du corps, long séjour à l’hôpital. Et pendant une semaine après l’agression, des menaces de mort...
  • Le 13 décembre 2008, à la veille d’une Marche du désaccord, il est encore une fois agressé.
    Résultat : nombreuses ecchymoses dans le dos, blessure à la bouche, fracture de la 10e côte.

Les représentants des organisations sociales et des groupes d’opposition de Saint-Pétersbourg sont sûrs que derrière ces attaques il y a des fonctionnaires haut placés corrompus, qui craignent que le peuple dise publiquement la vérité. C’est pourquoi dans une lettre ouverte, ils demandent qu’une enquête complète et objective de toutes les agressions de Maxime Malychev soit menée, que leurs auteurs soient punis, ainsi que les organisateurs de ces actions contraires à l’ordre social. Ensuite ils veulent que la sécurité de M. Malychev, en tant que personnalité publique de Saint-Pétersbourg, soit assurée conformément aux normes de la législation russe et des principes du droit international.

Les personnes qui veulent signer cet appel doivent envoyer un mail à l’adresse suivante lenakm-avangard[@]yandex.ru ou écrire directement au bureau du Procureur Sergueï Petrovitch Zaïtsev : ??????????? ?????- ?????????? : 190000, ?????- ?????????, ??. ???????????, ?. 2/9, ????????? ?????- ?????????? ??????? ?????? ?????????, procspb@sp.ru, ???? - 8 (812) 312-97-86.

Aleksanian bientôt libre ?

Par Aurialie le 23.12.2008 à 00h05

Deux semaines après la décision du tribunal de Moscou de mettre fin à la détention provisoire de Vassili Aleksanian, ex-responsable du groupe pétrolier Ioukos poursuivi pour délits financiers, contre une caution de 50 millions de roubles, la Cour européenne des droits de l’Homme a exigé sa libération immédiate.

La Russie est en effet coupable de violation de plusieurs articles de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : articles 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants), 5-3 (détention provisoire trop longue), 8 (droit au respect de la vie privée), 13 (droit à un recours effectif) et 34 (non-respect des prescriptions de la CEDH). La CEDH a déjà demandé à la Russie à maintes reprises d’améliorer les conditions de détention de Vassili Aleksanian. Toutefois, pour le moment il n’y a eu aucun commentaire des autorités russes.

Le site des droits de l’Homme en Russie relaie depuis vendredi l’appel de la famille d’Aleksanian demandant de l’aide pour réunir l’importante somme exigée. Vu l’état de santé de Vassili, plus vite il sera sorti, mieux ça sera.

La Jeune garde de Russie unie, bras armé du pouvoir ?

Par Aurialie le 18.12.2008 à 00h05

A lire les dernières actions de la branche jeune du partie Russie unie (??????? ??????? ?????? ??????-la Jeune Garde de Russie Unie), le parti au pouvoir, on ne peut être que étonné de la haine qui s’en dégage.

Haine de l’opposition (ils ont distribué des "certificats d’acquisition d’une sépulture dans un cimetière lunaire" lors d’un congrès de l’opposition), haine des étrangers (ils veulent interdire l’immigration de travail et à l’occasion de la journée internationale des migrants, qui a lieu aujourd’hui, ils vont distribuer des prospectus invitant les travailleurs immigrés à rentrer chez eux, dans le cadre de leur opération "Notre argent à nos gens"), mépris de la vie animale (ils n’ont pas nié être à l’origine du lâcher de moutons aux pattes brisées, certains encore vivants, devant l’établissement où se tenait le congrès de Solidarnost), mépris des décisions des pays satellites (ils étaient parmi les plus virulents envers les autorités estoniennes quand elles ont déplacé la statue du Soldat libérateur, ce qui valut au Premier ministre estonien Andrus Ansip de faire partie de la liste d’ennemis du peuple de l’antenne de Vladivostok), animosité envers les homosexuels (lors d’une soirée de saint Valentin organisée par la Jeune garde, les gays n’ont pas été autorisés à entrer), ...

Les objectifs de la Jeune garde, fondée le 16 novembre 2005, sont, entre autres :

  • implication de la jeunesse dans les processus de construction d’une société démocratique, socialement juste ;
  • développement chez les jeunes du sentiment de patriotisme et de fierté pour le pays ;
  • création des conditions pour des relations interethniques et interconfessionnelles dans la jeunesse, en vue du renforcement de la structure de l’État russe ;
  • assistance dans la formation d’une culture jeune, augmentation de l’instruction, du niveau intellectuel et professionnel de la jeunesse ;
  • ...

Il semble que pour le moment certains objectifs sont loin d’être atteints... Ce mouvement est vraiment inquiétant, à mon goût en tout cas.

Source dessin : kasparov.ru

Le défi macabre des néonazis

Par Aurialie le 12.12.2008 à 19h44

Via Courrier international

"C’est un événement sans précédent dans l’histoire de l’extrémisme russe contemporain", note le quotidien Vremia Novosteï. Après avoir tué un jeune travailleur tadjik le 8 décembre, un groupe de skinheads d’extrême droite l’a décapité et a déposé sa tête dans un paquet près d’un batîment de la municipalité de Moscou. Les meurtriers ont ensuite envoyé un courriel à l’ONG Human Rights Watch à Moscou indiquant où ils avaient déposé le paquet contenant la tête, avec photo à l’appui.

Le courrier électronique a été expédié par une certaine Organisation de combat des nationalistes russes, jusque-là inconnue. Elle justifie son acte moins par la haine des étrangers que par la volonté de dénoncer la politique des autorités moscovites d’accueil de travailleurs immigrés. La question du quota d’immigrés à accueillir en 2009 fait l’objet de nombreux débats dans la presse russe. La plupart des journaux évoquent le risque de criminalisation des travailleurs étrangers qui perdraient leur emploi dans le contexte de la crise. L’effroyable crime perpétré est un cas de "fascisme assumé", estime Vremia Novosteï. Pour le journal moscovite, cela marque une alliance dans l’extrême droite russe entre les mouvements "nationalistes" et "patriotiques" qui organisent des marches publiques et des groupes clandestins fascistes, en majorité composés de jeunes, qui commettent des crimes barbares.

Habituelle journée du 4 novembre

Comme chaque année en ce 4 novembre, journée de l’Unité nationale, nationalistes de tout poil, environ 1.000 personnes, se sont rassemblés à Moscou sur les berges Taras Chevtchenko. D’autres se sont retrouvés dans le centre de ville, vers l’Arbat, pour une manifestation non autorisée, qui s’est terminée en bagarre avec la police et la détention de 400 personnes. En marge de ces rassemblements, des skinheads ont tué un Ouzbek.

Et comme chaque année, des contre-manifestations ont été organisées, notamment par le parti Iabloko pour protester contre la xénophobie et la nationalisme. Le mouvement pro-Kremlin Nachi avait réuni entre 6.000 et 10.000 jeunes pour déployer la "Couverture de la paix".

De l’amour, de l’haine, l’unité nationale va être difficile...

Source image : Lenta.ru

Le chiffre du jour : 4,3 millions

C’est le montant cumulé en euros des amendes que la Russie a dû payer à ses citoyens suite à des condamnations pour violation de leurs droits à la Cour européenne des droits de l’Homme.

Voilà là 10 ans que la Russie participe à la convention des droits de l’homme de la Cour européenne et pendant cette période 46.000 plaintes de citoyens russes ont été déposées, ce qui représente 20% de l’ensemble des plaintes.

Rien qu’en 2007, la Russie a perdu 140 affaires sur 192, dont 175 concernaient des violations de la Convention européenne des droits de l’Homme. Elle occupe alors la 4e place des amendes réglées en 2007, après la Turquie, la Grèce et la Roumanie. Entre janvier et avril 2008, il y a eu déjà 65 arrêts. La Russie est donc bien partie pour battre son record !

Source : Droits de l’Homme en Russie

14 000 mafieux lâchés dans la nature

Par Aurialie le 09.10.2008 à 00h04

Via Courrier International

Ayant purgé leur peine d’emprisonnement, environ 14 000 détenus de la région russe de Sverdlovsk, située dans l’Oural, vont être libérés d’ici la fin de 2008. C’est deux fois plus que les années précédentes. La Komsomolskaïa Pravda rappelle que la région de Sverdlovsk est tristement réputée pour l’impitoyable et sanglante guerre des gangs qui opposa des organisations mafieuses rivales – les groupes Ouralmach et Centre – dans les années 1990.

Durant cette période, la police a emprisonné par milliers de dangereux criminels. Leur libération est désormais imminente. Sur les 14 000 prisonniers libérables, 4 000 sont des mafieux condamnés pour des crimes particulièrement graves. L’absence de programme de réinsertion fait craindre une explosion de la criminalité jusque dans la capitale russe, rapporte le journal moscovite.

En illustration, une photo prise à Ekaterinbourg (capitale administrative de l’oblast de Sverdlovsk), représentant la tombe d’un de ces mafieux tués en 1992 : une table en marbre pour ses amis qui voudraient boire un verre à sa santé, des clés de Mercedes dans sa main droite, la grande classe !

Prison secrète pour torture discrète ?

Par Aurialie le 29.09.2008 à 22h34

Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, les services secrets de certains pays n’hésitent pas à employer les pires méthodes pour obtenir des informations. L’affaire des avions américains servant de lieux de torture en est un bon exemple. Un article de Novaya Gazeta révèle qu’en Russie les agents des services secrets enlèvent des jeunes hommes entre 23 et 35 ans, souvent originaires d’Ingouchie, et les torturent à l’abri des regards indiscrets, dans une datcha de la banlieue de Moscou. Un homme, Magomed Khamkhoev est ressorti de cet enfer et a ainsi pu témoigner. Une vingtaine de personnes ont manifesté aujourd’hui contre ces "escadrons de la mort", agissant en dehors des lois en tout impunité.

Source image : Novaya Gazeta

Une pensée pour les oppressés turkmènes

Il y a deux ans, la correspondante de Radio Free Europe/Radio Liberty au Turkménistan, Ogoulsapar Mouradova, mourrait, torturée en prison. Elle purgeait alors une peine de six ans d’emprisonnement, du fait de son engagement quotidien pour la liberté et le respect des droits de l’Homme. A la même époque, le journaliste Annakourban Amanklytchev et le militant des droits de l’Homme Sapardourdy Khadjiev, étaient condamnés pour la même raison à 6 et 7 ans de prison.

Ces trois activistes avaient pour autre point commun d’avoir été interviewés par une journaliste française pour un reportage diffusé dans l’émission Envoyé Spécial. Certains pensent d’ailleurs que c’est à cause de cela qu’ils ont été emprisonnés. Or le tournage s’était déroulé en mars, les arrestations en juin (officiellement pour trafic d’armes et de drogue), les condamnations en août, la mort d’Ogoulsapar en septembre, et ce quelques jours avant la diffusion du reportage en France.

A l’occasion du sommet Union européenne/Asie Centrale le 18 septembre, des militants de Reporters sans frontières ont occupé pacifiquement l’ambassade du Turkménistan à Paris, pendant deux heures, pour exiger la libération d’Annakourban Amanklytchev et de Sapardourdy Khadjiev et réclamer des explications sur les conditions de la mort d’Ogoulsapar Mouradova. "Les autorités turkmènes doivent cesser leur acharnement contre les journalistes et tous ceux qui critiquent la politique ultra-autoritaire du gouvernement", a déclaré Reporters sans frontières. L’élection de Gourbangouly Berdymoukhammedov, après la mort du dictateur Niazov, n’a pas apporté la libéralisation tant attendue dans ce pays.

Photo : Reporters sans frontières

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