Tous les articles sur le mot clé : art

Nous, c'est vous !

Par Aurialie le 01.05.2012 à 17h49

À Novossibirsk avait lieu aujourd’hui le traditionnel défilé du premier mai organisé par l’artiste Artiom Loskoutov, appelé Monstratsia, une parodie de manifestation, gaie et colorée, avec des slogans originaux (j’avais évoqué l’édition 2010 ici). Cet évènement, créé en 2004, a réuni près de 3.000 personnes cette année et était organisé dans d’autres villes russes.

Source photo : Freakr.ru, reportage complet à lire sur Sib.fm.

"Les artistes contemporains sont des ennemis"

Par Aurialie le 25.04.2012 à 23h48

Le S.a.L.E. Docks, espace indépendant de théâtre expérimental et d’art visuel de Venise (en Italie), organise une rétrospective des créations du groupe Voina du 24 avril au 3 juin.

Ci-dessus, une des affiches annonçant leur venue et ci-après, les premières phrases expliquant les raisons du choix du S.a.L.E. Docks : "De Voina, nous avons aimé l’audace et la décision d’assumer pleinement une perspective "biaisée". Nous pouvons débattre de leur art, mais sans aucun doute, le travail du groupe est loin de l’hypocrisie, qui caractérise souvent les artistes et les curateurs, très radicaux en paroles, mais toujours très attentifs à ne pas s’engager dans certains chemins, qui pourraient les conduire aux marges du système ou, éventuellement, à des ennuis ; et des besoins qui sont en dehors de leur programme artistique personnel." Je trouve cela assez juste, alors je le partage, même si je n’ai pas l’occasion d’aller à Venise prochainement.

Source image : Voina (la phrase sur l’affiche est issue de l’anti-manifesto du groupe, qui vaut ce que ça vaut...)

"Before I die", un projet poético-urbain

Par Aurialie le 22.04.2012 à 01h15

Candy Chang est une jeune street-artist et designer qui cherche à rendre les villes plus confortables et contemplatives. L’une de ses idées, intitulée "Before I die", est un projet artistique public et interactif qui invite les gens à partager leurs espoirs et leurs rêves dans un espace public, dans le but de créer du lien social au sein de l’environnement urbain. Pour cela, comme le montre la photo ci-dessous, elle transforme un mur en un gigantesque tableau noir sur lequel les passants peuvent écrire, grâce à une craie, leur ultime souhait avant de quitter ce monde, en complétant la phrase "Before I die, I want to".

Le premier mur a été installé sur une maison abandonnée de Nouvel Orléans, puis d’autres sont apparus à Brooklyn, à Montréal, au Mexique, mais également au Kazakhstan. Et ce projet a également vu le jour à Moscou ce samedi à 17h, grâce à l’espace de création et de design Flacon. On peut voir sur la photo de droite, la 1e photo de l’installation du mur. Pour le moment, je n’en ai pas trouvé d’autres, je pense que le mur va commencer à se remplir aujourd’hui. Je vous conseille donc de suivre le compte twitter de Flacon pour découvrir l’évolution du projet.

Source photos : à gauche Candy Chang, à droite Flacon

Variations sur Pussy Riot

Par Aurialie le 17.04.2012 à 23h32

Les Pussy Riot sont une source d’inspiration sans fin pour les créatifs russes : après les matriochkas Pussy Riot, voilà les œufs de Pâque Pussy Riot, préparés par Lastman2012. Il indique les différentes étapes de préparation, la 1e étant de bien faire cuire les œufs 15 minutes ! Et tant que je parle des œufs de Pâque, certains ont vraiment vu les choses en grand, en en peignant une cinquantaine de 2m de haut (a priori, sans Pussy Riot cette fois-ci, comme le montre cet autre reportage photos ou celui-là).

Ilya Epichkine a pris en photo ce tag, montrant des Pussy Riot, brûlant en enfer... nouvelle preuve que leur action n’a pas plu à tout le monde. Quelques jours, plus tôt, il avait pris en photo le bus Pussy Riot... preuve que la créativité n’a pas de limite !

Sources photo : Ilya Epichkine et Lastman2012

De l'art aux quatre coins des rues russes

Par Aurialie le 25.03.2012 à 01h09

Graffitis, mosaïques, stickers, installations... tout le monde connait le street art, ou art urbain en français, (on croise tous les jours dans la rue des créations plus ou moins réussies), l’un des représentants les plus connus étant le Britannique Banksy. En Russie, les street artistes ne manquent pas, en voilà 4 exemples.

Le 1e est la dernière installation de Timofeï Radya, artiste d’Ekaterinbourg, né en 1977, qui tient un blog intitulé "Anybody who makes street art is a friend of mine". Sa création, bon exemple de détournement, est l’affiche ci-dessous, collée sur un panneau près du chantier du Passage, dans le centre d’Ekaterinbourg, annonçant "Ici, il y aura une forêt".

Et en dessous de cette annonce : "Du fait du mécontentement soulevé par la construction d’un nouveau centre commercial, dans le centre historique d’Ekaterinbourg, le plan de reconstruction doit être modifié. La société Malycheva-73 avec le gouverneur de la région de Sverdlovsk, le gouvernement de la région de Sverdlovsk, l’administration de la ville d’Ekaterinbourg et le représentant du District fédéral de l’Oural ont décidé de rétablir l’aspect historique de la ville. La forêt dans l’Oural est apparue bien avant la ville. Déjà Pavel Petrovitch Bajov avait déclaré : "Les arbres se conduisent mieux que les hommes." Ils sont sûrs que la nouvelle forêt va ravir les habitants et visiteurs d’Ekaterinbourg."

L’affiche est donc fausse, et c’est dommage, mais le mécontentement réel pour certains habitants de la ville, qui ne veulent pas voir l’ancien bâtiment Passage détruit. Par contre, d’autres voient les avantages d’avoir un centre commercial neuf dans le centre, c’est pourquoi une consultation publique s’est tenue vendredi pour faire avancer le débat.


Ces photos ont été prises par Sosnitsky à Rostov-sur-le-Don. Il explique que "ce n’est pas la première fois que des personnes décorent avec des oiseaux en origami les arbres de la ville. Les passants les regardent avec enthousiasme ou tout du moins sourient." Et je suis d’accord avec sa conclusion : "Parfois, il en faut peu pour remonter le moral".

Je voulais terminer avec un peu d’amour, ou presque, avec cette création de Pavel183, que j’ai déjà évoqué ici et qui est même surnommé le Bansky russe. Alors que le graffeur écrit "je t’aime" en quatre langues, sa copine lui dit "Chéri, t’es débile, ça ne paie pas". Le commentaire de Pavel est le suivant : "Combien de fois ça a été ainsi... Je pense que beaucoup ont entendu cela."

Mais j’ai finalement choisi ce graffiti, dont l’auteur est inconnu, publié par Nomobullshit et représentant Vladimir Poutine, coupant la lettre R de "Révolution", donnant ainsi le mot "Évolution". J’aime beaucoup l’idée de ce graffiti, et bien sûr, on ne peut que souhaiter que ça devienne vrai.

Et pour ceux qu’ils veulent découvrir d’autres oeuvres urbaines, Street Art Utopia a recensé les 106 meilleures créations de 2011, qui ne sont bien sûr pas toutes russes !

Pussy Riot, fin temporaire de partie

Par Aurialie le 06.03.2012 à 23h54

Le procès des 2 membres du groupe féministo-punk Pussy Riot se tenait aujourd’hui. Le crime de Maria Alekhina (à gauche) et Nadejda Tolokonnikova (à droite) : avoir participé à une performance musicale du groupe (consistant en une "prière punk" intitulée " ??????????, ?????? ???????", "Sainte Mère, chasse Poutine") dans la cathédrale du Christ Sauveur le 21 février (en plein Maslenitsa) pour dénoncer les liens entre l’église orthodoxe russe et Vladimir Poutine. Dans une interview, l’une des participantes a déclaré : "Notre Patriarche n’a pas honte de porter des montres valant 40.000$, ce qui est intolérable quand tant de familles en Russie sont au bord de la pauvreté."

Pour le moment, les deux accusées ont écopé de près de 2 mois de prison préventive pour hooliganisme, jusqu’à leur procès, qui se tiendra le 24 avril et dont le verdict pourrait être 7 ans d’enfermement. Les deux jeunes femmes, mères d’un enfant, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur emprisonnement.

Derrière leur musique, peu mélodieuse, il y a de vrais messages politiques. Dans l’interview à Gazeta citée ci-dessus, elles déclaraient également (avant l’élection présidentielle) : "Aujourd’hui, un petit nombre de personnes ont pris le pouvoir par la force en Russie, ils ont changé les lois pour garder le contrôle du pays. Ils n’ont pas demandé aux citoyens russes, s’ils voulaient ou non la prolongation du mandat présidentiel à 6 ans. Pourquoi n’ont-ils pas organisé un référendum ? La Russie n’est pas démocratique aujourd’hui. Notre position est de réfléchir de manière critique, de douter de toutes les choses "naturelles" et de trouver les mensonges. Aujourd’hui, certaines personnes essayent de nous persuader que Poutine est un cadeau pour la Russie, que le pays s’effondrerait sans lui. Notre position est de penser, d’analyser et de prendre de bonnes décisions." Elles exigent également la liberté pour les prisonniers politiques, le sujet les touche maintenant encore de plus près...

Des appels à manifestation en leur honneur ont été lancés à Moscou, mais aussi à Paris. Nous sommes tou(te)s des Pussy Riot, non ? Ok, peut-être pas tous ...

Source photos : Groupe Voina (1 et 2)

"On n'oubliera pas, on ne pardonnera pas"

Par Aurialie le 26.02.2012 à 02h05

Cette semaine, à la galerie Marat Guelman, dans le cadre de la noart gallery, Skif Bratok, de son vrai nom Matveï Krylov, a organisé une performance intitulée " ?????????" (Cheptel), pour attirer l’attention sur l’absence de dialogue entre le pouvoir et la société civile et sur l’usage de la violence du premier contre les membres de la seconde. Les deux derniers exemples de cette situation sont l’agression de l’activiste Mikhaïl Choulman et le meurtre d’un autre activiste à Samara, Nikita Colin. Comme le montre la vidéo ci-dessous ou ce reportage photo (lien externe), sa performance a consisté à écrire avec sa tête et de la peinture rouge, comme du sang, le mot "Poutine" sur le sol en béton de la galerie puis à nettoyer le sol.

Quelques jours avant sa performance, voilà ce qu’il écrivait sur son blog : "Quand ils ont agressé un défenseur des droits de l’homme – je me suis tu, en effet, ils sont du genre à avoir ce genre d’ennuis.
Quand ils ont frappé un peintre –je me suis tu . À l’école j’ai eu un trois en dessin.
Quand ils ont tué un natsbol – je me suis tu. Je ne me reconnaissais pas trop dans leurs idéologies, et il me semblait qu’il devait en être ainsi.
Quand ils ont agressé un journaliste – je me suis tu. Enfin, j’ai laissé quelques commentaires furieux sur LiveJournal, car j’écris aussi, un peu comme journaliste.
Quand ils ont agressé un militant de la société civile – je me suis tu. Bien que j’étais un peu tendu. En effet, je suis un citoyen, et à certains égards, même un citoyen actif.
Mais quand on m’a agressé* - le journaliste, le militant des droits de l’homme, l’artiste, les natsbols encore vivants et les activistes de la société civile sont descendus dans la rue pour protester et exiger de trouver les coupables.
J’ai honte de m’être tu.
"
* Je pense que Matveï Krylov fait référence à son emprisonnement de quelques semaines pour avoir jeté une bouteille d’eau sur un procureur.

Dans un autre article, il explique : "Il y a un peu plus d’un an, dans la cour de sa propre maison, Oleg Kachine était agressé. Et avant lui, Mikhaïl Beketov, Marat Guelman, Konstantin Fetisov, Lev Ponomarev. Et étaient tués Iouri Tchervotchkine et Anton Stradymov – et c’est seulement une petite partie du nombre total des victimes de telles attaques. Pendant les 10 dernières années en Russie, de tels moyens ont été utilisés pour résoudre des situations conflictuelles et éliminer les personnes "inutiles". Vladimir Vladimirovitch a partiellement contribué à cela, il a créé ce climat dans le pays. Et il faut se rappeler que sur chacun de nous, au-dessus de chaque tête "problématique" il y a aussi cette épée de Damoclès. Et la personne qui a plus d’argent et de pouvoir qu’un autre, peut toujours résoudre son problème avec lui par ce moyen."

Et enfin voilà ce qu’il écrit après sa performance : "Poutine est pour moi la personnification de notre époque, une époque de violence, où ces méthodes [violentes] sont largement appliquées. Les attaques mentionnées ci-dessus ne font pratiquement jamais l’objet d’enquête et restent donc non résolues. En plus, ce sont souvent des militants des mouvements pro-Kremlin qui agissent ainsi. Pour moi, Poutine est, en premier lieu, non pas un escroc et un voleur, mais un assassin. On l’a mis facilement à la tête du pays. J’ai relativement vite écrit le mot "Poutine" sur le béton. J’ai mis près de deux heures pour laver ces cinq lettres. (...) Et même quand son époque se terminera, son ombre restera sur le pays, comme une tache incarnadine sur le béton du sol de la galerie."

Le titre de cet article était aussi celui qui annonçait cette performance, que l’on peut apprécier, ou pas, que ce soit d’un point de vue artistique ou idéologique.

Bougies de glace pour œuvre écolo

Par Aurialie le 19.02.2012 à 01h27

En passant près du pont Vert, qui enjambe la Moïka à Saint-Pétersbourg, ses habitants et les touristes ont pu admirer cette jolie œuvre éphémère de l’artiste français Marc Ahr, composée de 50 bougies.

Au sujet de cette œuvre, qu’il a déjà exposée, il a déclaré : "Je veux attirer l’attention des habitants de notre planète sur la beauté de l’hiver russe, sur le froid de l’hiver russe ! Cette beauté est fragile et, malheureusement, elle n’est pas éternelle, comme cette bougie de glace. Si nous ne ménageons pas notre nature, sa beauté fondra comme la glace, et bientôt il n’y aura plus d’hiver et nos chers canaux ne se couvriront plus de glace. Les glaces arctiques fondront de plus en plus, et avec elles disparaîtra le symbole de la Russie et de l’hiver russe : l’ours blanc..."

D’autres photos sont visibles sur le blog de N_em_o

Russenko, le festival russophone kremlinois

Par Aurialie le 16.01.2012 à 19h48

S’il y a bien une ville en France qui pouvait accueillir un festival sur la culture russophone, c’est bien le Kremlin-Bicêtre (pour la petite histoire, le mot "Kremlin" vient d’un cabaret appelé "Au sergent du Kremlin" situé à proximité de l’hôpital de Bicêtre, où étaient soignés des vétérans de la campagne de Russie napoléonienne et autour duquel une petite agglomération se développa progressivement, à partir de 1830). Organisé depuis 2010, le festival Russenko présente pendant 3 jours des artistes contemporains dans différents domaines : cinéma, littérature, photos, musique, installations artistiques, ... il y en a vraiment pour tous les goûts.

A voir, entre autres, l’exposition Génération P, du nom du célèbre roman de Viktor Pelevine, montrant les œuvres de 10 artistes ayant grandi en Russie dans les années 90, "durant cette période pleine de contrastes, comprise entre les fantômes d’une histoire révolue et les impératifs d’une civilisation consumériste". On peut y voir des vidéos, photographies, dessins, ... et notamment les deux œuvres illustrant cet article : à gauche, un dessin d’Alexeï Kallima et à droite, une installation de Valery Chtak.

Le festival aborde également des questions sérieuses, notamment par le biais de table-ronde, telle que "Le Caucase, talon d’Achille de la Russie ??"

A voir et à entendre du 27 au 29 janvier, au Kremlin-Bicêtre.

Source image : Russenko

Cousu de fil blanc

Par Aurialie le 02.01.2012 à 21h49

Il y a quelques mois, j’avais parlé de l’installation de Pavel 183, "La vérité pour la vérité", commémorant le 20e anniversaire du putsch du 19 août 1991. Début décembre, il a publié une nouvelle installation, intitulée "Cousu de fil blanc". Derrière ce projet, il y a l’idée que "la moitié du monde est parcourue des pointillés blancs des routes, mais si on examine notre vie, qui dépend entièrement de la politique, il devient alors clair que "tout est cousu de fil blanc"".

Installation commémoration

Par Aurialie le 19.08.2011 à 23h42

A l’occasion du 20e anniversaire du putsch du 19 août 1991, qui précipita la fin de l’Union soviétique, des artistes ont préparé une installation " ?????? ?? ??????" ("La vérité sur la vérité"). Reprenant le titre et les images d’une chanson de DDT, sortie en 1997 et faisant référence au putsch du 4 octobre 1993, Pavel 183 et Vladimir Dimid ont imprimé sur du papier autocollant quatre silhouettes d’OMON, qu’ils ont collé sur les portes d’une station de métro, afin de donner la possibilité à leurs concitoyens de passer à travers les piquets des forces spéciales cette journée-là, pas comme il y a 20 ans.

Malheureusement l’installation n’a pas tenu plus d’une heure, avant que les petites mains du métro ne l’enlèvent.

En complément : Putsch d’août 91 : le peuple en avait décidé autrement, à lire sur Courrier international.

Soyez réalistes, demandez l'impossible !

Par Aurialie le 02.05.2011 à 22h09

Comme chaque 1e mai depuis 2004 à Novossibirsk, Artiom Loskoutov a organisé la manifestation festive et colorée, appelée  ?????????? (de " ????????????", "manifestation" en français), pour laquelle il a reçu le prix du meilleur projet régional lors du concours Innovation 2010, organisé par le Centre nationale d’art contemporain de Moscou. Costumes variés, slogans originaux, ambiance détendue, temps clément, ... tout était réuni pour faire un défilé sympa, comme le montrent ces photos d’Andreï Ksentchouk.

Et pour la 2e année, la Monstration a également été organisée à Moscou dans une ambiance bon-enfant, comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous.

Et l’originalité était bien présente à Moscou également. L’un des participants avait une pancarte avec un QR-code : en le scannant, on pouvait lire la phrase suivante : ?????? ??????????, ???????? ????????????! (Soyez réalistes, demandez l’impossible !). Rien de mieux à ajouter pour conclure cet article !

Le concours Innovation 2010 est bien audacieux

Par Aurialie le 07.04.2011 à 23h42

Eh bien voilà, c’est fait, le Centre national d’art contemporain de Moscou (CNAC) a osé décerner le prix ????????? (Innovation) dans la catégorie "Art visuel" au collectif d’artistes anticonformistes Voïna pour sa performance " ???? ? ????? ? ???" ("Le pénis prisonnier du FSB"). Quelques jours avant ce choix, le CNAC avait eu besoin de préciser que ce concours n’était pas un concours "d’Etat", contrairement à ce qu’écrivaient certains médias, laissant comprendre qu’il était libre de choisir les lauréats des différentes catégories.

En effet, la victoire de Voïna ne doit pas faire oublier les autres prix, et notamment, celui du meilleur projet régional qui est revenu à Artiom Loskoutov pour la " ??????????-2010" (Monstratsia), un défilé artistique bon enfant qui se déroule le 1er mai à Novosibirsk depuis 2004 (et dans d’autres villes russes depuis 2010).

Pour mémoire, Artiom Loskoutov avait été arrêté en mai 2009, non sans bruit et indignation, pour détention de marijuana et activité politique extrémiste, mais finalement libéré quelques jours plus tard.

Deux artistes se sont partagés le prix "Nouvelle génération" : Anna Jeloud pour son installation " ??????????? ???????" ("Suite de la visite") et Arseni Jiliaev pour son exposition " ???????? ??????" ("l’égoïsme raisonnable"). Ils se sont sûrement partagés les 100.000 roubles (2.475€) qui accompagnaient ce prix. Le collectif Voina, quant à lui, va recevoir 400.000 roubles (9.901€) et Artiom Loskoutov, 200.000 roubles (4.950€).

Enfin, le "Projet de curateur" (et 250.000 roubles/6.161€) a été attribué à Iouri Avvakoumov pour son installation " ???? ???????? ??????" ("Journée portes ouvertes"), et le prix "Théorie. Critique. Histoire de l’Art" (+250.000 roubles) a été décerné à Antonio Djeouza pour son histoire de l’art-vidéo russe.

Félicitations aux artistes ! Certains vous pouvoir payer les frais de leurs avocats...

Sources : Ria Novosti et Gazeta.ru

La guerre est aussi une question de femmes

Par Aurialie le 02.03.2011 à 00h16

En ce premier jour du printemps en Russie, mais surtout de la nouvelle loi sur la police, une vidéo, intitulée très sobrement "Embrasse les ordures", montre les féministes du groupe d’artistes-activites Voina tentant d’embrasser des femmes policières.

Cet "entrainement" a pour but d’aider à l’émancipation sexuelle des femmes russes et notamment des "femmes en gris" (appelées ainsi du fait de la couleur de leur uniforme). Les militantes ont rarement été bien accueillies dans leur tentative de "bisoutage", malgré toute la tendresse dont elles faisaient preuve... Les slogans accompagnant leur action n’ont pas dû aider : "Améliorons la composition de notre Police par des persécutions sexuelles", "Les policiers gay et lesbiennes sont l’avant-garde de la modernisation medvedevienne", "Mon orientation sexuelle - embrasser quelqu’un du même sexe", "Gloire aux policier-libérateur et à son Amie Grise"...

Sur son compte Twitter, ????? affirme avoir embrassé ainsi plus centaines de policières et propose, pour une prochaine action, que les top blogueurs embrassent les OMON, les forces spéciales russes... bon courage !

Le compte-rendu complet de l’action est lisible sur le LiveJounal de Wisegizmo.

Soutien à Voina aux 4 coins du monde... ou presque

Par Aurialie le 17.02.2011 à 22h31

Et cette fois-ci ce sont des graffeurs new-yorkais qui ont fait une fresque représentant Oleg Vorotnikov et Léonid Nikolaev.

En France aussi, on les soutient. Et pour voir les autres actions de soutien, c’est sur free-voina.org.

Source photo : artists4israel.blogspot.com

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