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Que cache la perquisition de la galerie Triumph ?

Par Aurialie le 15.02.2011 à 00h43

La galerie Triumph, située dans un ancien hôtel particulier de la rue Novokouznetsk au centre de Moscou, expose les travaux d’artistes modernes russes et étrangers, tels que AES+F ou Alexey Beliayev-Guintov. Dans la nuit de vendredi à samedi, la galerie a eu la visite d’agents du FSB, qui n’ont pas même permis au gardien de prévenir la direction. C’est donc par hasard, grâce au chauffeur de son ami qui se garait près de la galerie, qu’un des propriétaires, Emelian Zakharov, est prévenu par téléphone.

Au cours de la perquisition, les enquêteurs ont forcé des coffres-forts (alors qu’on leur a proposé de l’ouvrir avec les clés) et saisi plus de 150 objets : ordinateurs, disques, documents, argent, … sans qu’aucun motif n’ait été donné. Maintenant les propriétaires de la galerie savent que la perquisition a eu lieu dans le cadre de l’article 159 du code pénal "fraude de grande ampleur".

Emelian Zakharov pense qu’au-delà de la tentative d’intimidation, la perquisition visait principalement Ivan Nazarov, l’autre propriétaire de la galerie, arrêté d’ailleurs dimanche soir pour organisation supposée d’un réseau de casinos clandestins dans la banlieue de Moscou. D’après GZT.ru, les enquêteurs pensent qu’Ivan Nazarov a reçu la protection des chefs du ministère public et de l’administration municipale des affaires intérieures en échange du paiement de congés à l’étranger...

Ajouté à cela que des documents professionnels de Boris Berezovski et de sa fille ont été trouvés pendant la perquisition... et on se trouve dans une affaire plus complexe que prévue. Selon l’homme d’affaires, le but est de détourner l’opinion publique du procès Khodorkovski et des révélations de l’assistante du juge sur les pressions subies pour rendre un verdict conforme au désir du pouvoir.

Quoi qu’il en soit, Emelian Zakharov a décidé de porter plainte contre le ministère public pour demander une compensation pour le préjudice subi lors de la perquisition.

Source photo : Rian.ru

L'audace du concours Innovation 2010

Par Aurialie le 14.02.2011 à 00h05

Alors que deux membres du collectif Voina Oleg Vorotnikov et Léonid Nikolaev sont emprisonnés depuis le 15 novembre, le Centre national d’art contemporain de Moscou a décidé de mettre leur performance " ???? ? ????? ? ???" ("Le pénis prisonnier du FSB") dans la liste des nominés de la catégorie "Art visuel" du concours Innovation 2010, créé conjointement avec le Ministère de la Culture russe.

Cette performance, qui s’est tenue lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg du 1e juin 2010, avait pour but de protester contre les pouvoirs sans contrôle du FSB. Ce n’est pas cette action qui a conduit en prison 2 membres du collectif Voina, mais le renversement d’une voiture de police.

Les autres nominés ont fait moins parler d’eux, il est d’ailleurs difficile de trouver des vidéos de leur performance. Ils sont au nombre de quatre :
* Irina Korina, pour son installation " ????????????? ???????" ("le Processus représentatif")
* Andreï Monastyrski, pour son installation " ??????? ??" ("Corridor KD")
* le collectif ???? ????? ?????? (littéralement "Où courent les chiens" composé de Natalia Grekhova, Vladislav Boulatov, Olga Inozemtseva et Alekseï Korzoukhin) pour leur installation " ???? 2/ ???/ ???????/ ???????" ("Champs 2/Compère/Karagez/Solaris")
* le collectif  ????? ??? (littéralement "Soupe bleue" composé d’Alekseï Dobrov, Daniiil Lebedev, Alexandre Lobanov, Valery Patkonen) pour l’installation vidéo " ??? ????????" ("Sans nom")

Résultats des votes, de cette catégorie et des autres ("Projet de curateur", "Théorie. Critique. Histoire de l’Art", "Projet régional" et "Nouvelle génération") en avril.

Source photo : trenirofki

L'art contre le nazisme

Par Aurialie le 19.01.2011 à 00h01

Le 19 janvier marque le 2e anniversaire du meurtre de l’avocat Stanislav Markelov et de la journaliste Anastasia Babourova. Le Comité du 19 janvier appelle "toutes les personnes honnêtes, pour qui les idéaux de liberté, de justice et d’une vie tout simplement normale sont chers" à manifester demain en mémoire de ces deux antifascistes, mais aussi à protester contre la menace fasciste en Russie. Le RDV est prévu à 19h, heure de Moscou, à côté de la statut de Timiriazev, près des portes Nikitskie, au début du boulevard Tverski.

Il y a quelques jours, un autre appel a été lancé à l’attention des artistes pour créer des stickers ayant pour sujet "l’Art contre le Nazisme". Une vingtaine d’artistes ont répondu à l’appel, leurs oeuvres sont téléchargeables sur le site du Comité du 19 janvier.

Image : Stickers de l’exposition "l’Art contre le Nazisme", celui de gauche est de Emory Douglas (source - comité du 19 janvier)

Quelques nouvelles du front

Par Aurialie le 19.12.2010 à 18h24

Quand le groupe d’artistes ????? (prononcé "voïna") a choisi son nom, il devait certainement être conscient des nombreux jeux de mots possibles : ????? signifie "guerre". En voilà un que l’on peut lire sur cette banderole, déployée lors d’une manifestation de soutien aux deux membres de ce groupe emprisonnés : "Ils ont déclaré la guerre à la liberté, nous déclarons (proclamons) la liberté à Voïna/la guerre"

Les 2 artistes et leur groupe ont acquis un important soutien : le graffeur Banksy leur a fait une donation de 80.000£.

Source image : Tramway_desir

L'art, c'est la guerre ?*

Par Aurialie le 30.11.2010 à 00h04

Depuis le 15 novembre, deux membres du groupe d’artistes Voina sont incarcérés pour "acte de vandalisme envers la police" : Oleg "Vor" Vorotnikov et Léonid "Iobnoutyi" Nikolaev. Pour rappel, Voïna, qui signifie "guerre" en russe, est un ensemble d’artistes organisant des performances, qui peuvent être considérées comme choquantes : simulation de pendaison dans un magasin, ébats sexuels dans un musée, phallus géant peint sur un pont qui se lève en face du bâtiment du FSB ou dernièrement renversement de voitures de police. C’est cette dernière action qui a provoqué l’arrestation de deux d’entre eux. Un troisième, Alekseï Ploutser-Sarno, l’idéologue du groupe, a décidé de quitter pour toujours la Russie, pour l’Estonie pour le moment, car il savait qu’il allait bientôt être arrêté à son tour. Selon lui, la punition la plus logique pour les voitures "vandalisées" (les dégâts sont estimés à 500 rouble) aurait dû être une amende, non pas une incarcération.

L’avocat d’Oleg a pu voir son client aujourd’hui, il se porte bien. Les actions pour demander leur libération se multiplient : un site en russe, anglais et français est régulièrement alimenté pour faire connaître leur arrestation et les dernières nouvelles, une pétition a été mise en ligne, de l’argent est récolté pour payer les frais d’avocat, des artistes chantent en faveur des prisonniers, des flashmobs et des manifestations sont organisés, parfois même à l’étranger ... Vous pouvez envoyer des lettres de soutien aux adresses suivantes : ??? ?? ?4 ?? ???? ??? ? ??, 195009, Russie, ???, ??. ????????? ????????, ?.39. ??????????? ????? ????????????? (pour Oleg Vorotnikov) et ??? ?? ?4 ?? ???? ??? ? ??, 195009, Russie, ???, ??. ????????? ????????, ?.39. ????????? ??????? ???????? (pour Léonid Nikolaev).

En illustration de cet article, un reportage de la chaîne NTV sur l’arrestation des deux artistes activistes.

*Le slogan en entier est : L’art c’est la guerre ! La prison c’est pour les bandits pas pour les artistes ! Libérez Voïna !

La mort en direct ... ou presque

Par Aurialie le 08.11.2010 à 00h41

Il y a un peu plus d’un mois, j’évoquais le cas de l’artiste Oleg Mavromatti qui n’avait pas pu renouveler son passeport russe au Consulat de la Fédération de Russie de Sofia, où il réside depuis une dizaine d’années avec le statut de refugié politique. En 2000, il était poursuivi par les autorités russes pour incitation à la haine religieuse (art 282 du code pénal) suite à une performance dans laquelle il se crucifiait.

C’est avec un nouveau projet, tout aussi extrême, qu’Oleg Mavromatti fait parler de lui aujourd’hui. Il a décidé d’effectuer une performance en ligne, intitulée " ????/ ?????" (Allier/Ennemi), ayant comme objet un "supplice" public : une sorte de chaise électrique sera connectée à Internet via un ordinateur, un vote en ligne décidera alors si une décharge électrique de 200.000 volts lui sera envoyée pendant 1 seconde ou pas ; il sera physiquement puni par ceux qui veulent sa condamnation. Les décharges pourront aller jusqu’à 600.000 V pendant 2 secondes, toujours en présence d’un médecin et d’un électricien.

Aujourd’hui (le 7 novembre) de 19h à 23h, heure de Sofia, avait lieu la première connexion entre l’artiste et les internautes ; les résultats du vote sont visibles sur cette page. Le projet doit durer encore 6 jours, jusqu’au 14 novembre. Oleg Mavromatti considère la prison comme une menace réelle, du fait de la violence qui y règne. Cette performance est une expression métaphorique de cette menace, qui reste souvent invisible pour les autorités judiciaires, selon lui.

Source image : article 282

Un secret dévoilé

Par Aurialie le 05.11.2010 à 00h08

Le 4 novembre, jour de l’unité nationale en Russie, est traditionnellement célébré par les nationalistes par des défilés. Le groupe d’artistes ???????? (Affiniti), le groupe ????????? ? ?????? (Sommet et amis) et les anarchistes de Saint-Pétersbourg ont souhaité une joyeuse fête aux "fascistes, nazis, patriotes, eurasiens, néoconservateurs", en leur préparant un cadeau spécial : une fresque. Peinte sur le mur d’un bâtiment de la Prospekt Nevski, la peinture dévoile un de leurs "secrets", sur un fond blanc-noir-or (leurs couleurs) : "Les nazis mangent des khebabs en secret".

Sur le blog où est postée cette photo, il est écrit "Vous cachiez cela, et maintenant tout le monde le sait. Vous sembliez terribles et déterminés, et maintenant tous voient, comment vous mentiez. Comme des lémures peureux, vous trembliez à l’idée que quelqu’un l’apprenne, et maintenant tout le monde rit de vous." Quelle imagination, ces artistes et anarchistes !

Vous pouvez voir l’élaboration de cette fresque en vidéo.

Source image : Prekrasny-may

L'art est-il soluble dans la religion ?

Par Aurialie le 28.09.2010 à 00h24

L’art contemporain anti-religieux et la religion font rarement bon ménage, en Russie notamment. La condamnation pour incitation à la haine religieuse et offense des sentiments des croyants (art. 282 du code pénal) des directeurs du musée Sakharov, Iouri Samodourov et Andreï Erofeïev, suite à l’organisation d’une exposition intitulée "Art Interdit 2006", a déjà été évoquée sur ce blog. Pour rappel, Iouri Samodourov avait déjà été condamné à payer une amende pour l’exposition "Attention : religion !".

Aujourd’hui, deux autres artistes voient leur vie perturbée à cause de la violation de cet article 282. Le 8 septembre 2010, l’artiste russe Oleg Mavromatti, qui vit en Bulgarie depuis 2000, s’est vu refuser le renouvellement de son passeport russe par le Consulat de la Fédération de Russie de Sofia. La raison : en 2000 il a fait deux performances dans lequel il se crucifiait, pour dénoncer la collusion entre le pouvoir et l’église orthodoxe. Etant poursuivi selon l’article 282, il a demandé et obtenu le statut de réfugié politique en Bulgarie et a ainsi pu échapper à un procès et a une condamnation de 3 à 5 ans de prison.

Avdei Ter-Oganian a vécu un peu la même histoire : en 1998 l’artiste risquait la prison pour avoir dénoncer l’idolâtrie russe en détruisant des reproductions d’icônes lors d’une performance. Il avait alors trouvé refuge en République tchèque. Aujourd’hui, l’Etat russe refuse de laisser ses œuvres sortir du territoire russe pour l’exposition "Contrepoint – l’art contemporain russe" qui s’ouvre le 14 octobre au Musée du Louvre. En signe de protestation, les artistes dont les œuvres doivent également être exposées, se sont dit prêts à refuser de participer à l’exposition.

Les artistes soutenant Oleg Mavromatti sont un peu plus extrêmes, à l’image de l’artiste qu’ils défendent. Boriana Rossa et Evgueni Losik ont gravé sur leur corps le chiffre 282, tout comme Oleg Mavromatti, qui a décidé de se scarifier jusqu’à ce qu’il obtienne toute la liberté nécessaire à son art. Denis Moustafin a également utilisé son corps pour protester : dans un centre culturel, après s’être ouvert les veines, il a récupéré son sang dans un verre, et s’est couvert le visage de son sang en répétant "La couleur de mon sang vous agresse" jusqu’à ce qu’il soit interrompu par un gardien.

Les performances de tous ces artistes étant assez extrêmes, j’ai préféré mettre une œuvre plus classique d’Avdei Ter-Oganian (source image - Gazeta.ru).

Aider un enfant, aider son pays

Par Aurialie le 20.09.2010 à 00h44

Un enfant joue avec son ballon, mais celui-ci roule sous une voiture de police. Arrivent alors cinq hommes, qui font rouler la voiture sur elle-même pour récupérer le ballon, puis s’en vont en courant. A l’issue de cette action, le Président du groupe, Lenia Iobnoutyi a fait la déclaration suivante : "J’ai aidé un enfant, j’aiderai aussi mon pays."

Cette action est l’oeuvre du groupe d’artistes ?????, dont j’avais déjà parlé ici. Sa page wikipedia nous rappelle qu’il fait de l’art de rue conceptuel et que leurs armes sont des performances scandaleuses, la provocation, la violation des normes morales dans les lieux publics, le hooliganisme, l’endommagement du bien public (surtout des portes). Encore une action réussie ?

Harm(s)onium

Par Aurialie le 05.09.2010 à 00h11

Connaissez-vous Daniil Harms (?????? ?????), de son vrai nom Daniil Ivanovitch Iouvatchev ? Selon Wikipedia, c’est un "poète satiriste du début de l’ère soviétique considéré comme un précurseur de l’absurde. (...) Le monde de Harms est imprévisible et désordonné, ses personnages répétant sans fin les mêmes actions ou se comportant de façon irrationnelle, des histoires linéaires commençant à se développer étant brutalement interrompues par des incidents qui les font rebondir dans des directions totalement inattendues." La vidéo ci-dessous, Harmonium, créée par une équipe russe, permet d’avoir une idée plus précise de son œuvre, puisqu’elle est basée sur la poésie et les histoires d’Harms.

Pour en apprendre un peu plus sur Daniil Harms, vous pouvez aller sur un site français qui lui est dédié ; certains de ses textes ont été mis en musique, c’est plutôt sympa. Il y a également cette vidéo étonnante d’un micro-montage où PPDA nous raconte une nouvelle de l’auteur russe.

Et pour l’histoire, Harms a été considéré comme un ennemi du régime stalinien, condamné pour activités anti-soviétiques, déporté à Koursk, interné dans un hôpital psychiatrique, où il mourut à 36 ans.

Voyage dans l'art moderne russe

Par Aurialie le 03.02.2010 à 00h02

Hier soir, Arte diffusait le reportage "Le rouble roule sur l’art", qui traitait des millionnaires russes qui investissent dans l’art national. Une place importante était faite à Igor Markin, propriétaire d’une entreprise de plastique pour portes et fenêtres. En 1992, il achète ses 2 premières œuvres, mais une s’avère être un faux. Dix ans plus tard, plus riche et plus sensé, il commence à collectionner des œuvres datant de 1945 à nos jours. En juin 2007, il décide de faire partager sa collection en ouvrant un musée d’art contemporain au centre de Moscou Art4.ru.

Pour ceux qui n’ont pas la chance de se trouver dans la capitale russe, près de 140 œuvres sont visibles sur le site du musée, mais aussi celles des expositions temporaires des autres musées de la ville. Par exemple, voilà les photos de l’exposition des nominés du Prix Kandinski 2009 au TsDV, l’exposition Boom de Vladimir Logoutov à Vinzavod ou encore l’exposition de Marina Kastalskaïa à la galerie pop/off/art.

Pour illustrer cet article, j’ai choisi l’un des premiers tableaux achetés par Igor Markin, considéré comme un chef d’oeuvre de l’hyperréalisme russe : Le Poète Lev Rubinstein (du cycle "Le métro moscovite") de Semion Faïbisovitch (datant de 1987). Et le tableau, sans titre, d’une jeune artiste russe Galina Emelina

Cocher c'est créer

Par Aurialie le 11.01.2010 à 00h09

Je sais que nous ne sommes pas encore en 2011, mais cette façon de souhaiter la bonne année (avec barres de défilement, boutons radio et cases à cocher) est plutôt graphiquement originale. L’auteur, Andrey Yazev, aime utiliser ces éléments d’interface graphique pour créer des œuvres visuelles ou musicales, qui peuvent être poétiques, amusantes, intrigantes, ...

Ma création préférée est celle appelée Tenori, anciennement numéro 387 : cochez les cases au hasard et une œuvre musicale se fait entendre. Avec 256 cases, les possibilités sont très nombreuses, la vitesse d’exécution des notes est en plus modulable.

Graphiquement, j’aime beaucoup également la création n° 386 "Drops" ("gouttes") : cochez une case, une grosse goutte se forme, tombe et s’écrase sur le sol en gouttelettes qui rebondissent. Si vous cochez la case the389.com, la pluie de coches est plus importante.

Une précision tout de même : les créations d’Andrey Yazev ne sont pas visibles sur tous les navigateurs web (Safari et Chromium fonctionnent), mais des vidéos permettent de les voir. A vous de cocher et de créer !

Les mamies graffeuses de Samara

Par Aurialie le 21.10.2009 à 00h24

Je ne sais pas dans quelle mesure cette nouvelle est vraie, n’ayant pas trouvé d’informations sur d’autres sites au sujet de ces grands-mères graffeuses. Selon EnglishRussia, les peintures sur ces photos seraient l’œuvre d’un groupe de personnes âgées de Samara adeptes de l’art de rue.

"Combien de temps devrons-nous supporter ces horribles peintures que l’on appelle "graffiti" ? Après m’être posé la question deux fois, je me suis dit plus jamais !", explique Anastasia, leader du groupe. Elle poursuit : "Nous avons décidé de montrer à quoi devraient ressembler les vrais graffitis afin que nos enfants puissent adopter de bons goûts dès le plus jeune âge." Et c’est ainsi que des grands-mères d’une petite ville près de Samara ont décidé de prendre leurs crayons, de donner aux rues, aux immeubles, aux jeux d’enfants un "mamie style" et de mettre un peu de poésie sur les murs. La poésie, c’est bien ce qui manque dans le nouveau rapport de RSF sur la liberté de la presse... la France régresse dangereusement...

Conversation (graphique) avec une feuille

Par Aurialie le 12.10.2009 à 23h54

Du 2 au 4 octobre, dans le parc Nivki de Kiev, s’est tenu le Antonytch-Fest, festival consacré au 100e anniversaire du poète ukrainien Bogdan-Igor Antonytch (né le 5 octobre 1909). Lectures, pièces de théâtre, peintures, sculptures, … la mémoire de ce poète ukrainien, inconnu en France, a été honoré sous différentes formes. Ce qui m’a le plus attiré a été cette illustration du graphiste Der Kunst (ou dim_lightnin_b) du poème  ??????? ? ??????? (Dialogue avec une feuille), que j’ai essayé tant bien que mal de traduire. Si un Ukrainophone souhaite proposer une traduction, je suis preneuse. Sinon, les images peuvent également être un bon moyen pour essayer d’appréhender les écrits d’Antonytch.

 ??????? ? ??????? 

_ ?????????? ????? ????? ????,
_ ???? ?? ????? ????????? : ???, 
_ ? ??????????? ????? ?????, 
_ ?????? ? ?????? ?????? ??????. 

_ ? ???? ? ????? ?????? ????????? ???. 
_ ?, ?? ? ????? ? ??? ???? ??????, 
_ ?? ?????? ???? ?? ????? ?????. 
_ ?????? ?????????, ??? ???’ ???? ????. 

_ ?????????? ????? ???????? ????, 
_ ?? ????? ??? ??? ????? ????, ??????, 
_ ???? ?? ????? ??? ?? ??? ?? ????. 

_ ?? ?? ????? ; ?? ????? ???. ??? ?? : 
_ ?? ??? ???????????? ? ?? ?????? ??? 
_ ?????? ????????? ???? ?????. 

Conversation avec une feuille 

La main effleure l’étang de l’automne 
Tombe dans l’onde la canneberge : [krou], 
Et s’élargit plus loin le rond
L’imprimeur fixe dans les nuages les étoiles. 

Dans la main une petite feuille de la terre [vole]. 
Oh, combien elle est pleine des fantômes de l’hiver, 
Ces miettes de l’été [ont] encore trois vies. 
Petite feuille, mon amie fanée. 

Le dernier round de la vie s’évanouit, 
Que le vent joue [avec elle], le menteur, 
Quand pour le bonheur, amené avec lui, tu contestais.

Mais ne sois pas triste, tu avais le printemps. De fait : 
Pas une seule fois la virtuosité n’a été aussi le bonheur
Savoir [de la propre recherche] boire de l’alcool.

Ceci n'est pas un jouet

Par Aurialie le 01.10.2009 à 00h56

La 3e biennale d’art contemporain de Moscou a ouvert ses portes il y a quelques jours, avec pour thème le jouet. L’exposition montre les travaux de plus de cinquante artistes russes, qui utilisent ou ont utilisé des jouets pour créer des œuvres d’art – assemblages, installations, performances. Les organisateurs n’ont donc pas donné d’instructions particulières aux artistes, mais ont réuni des œuvres déjà existantes, que la majorité des visiteurs russes verront pour la 1e fois.

Le but de ce projet est d’observer l’histoire du jouet dans l’art russe de 1930 à aujourd’hui. L’exposition est ainsi divisée en six sections : avant-garde enfantin, assemblages, objets et sanctuaires magiques, objets de manipulations, musée du jouet, le musée aux jouets. L’une des principales questions posée par l’exposition est de savoir comment le jouet, en tant que matériau de l’art moderne, change la conscience de l’artiste "qui joue".

Lenta.ru publie des photos d’une vingtaine d’œuvres présentées à la biennale. Parmi celles-ci j’ai choisi " ??????? ?? ?????? ??" ("Ne dis jamais oui") de Diana Matchoulina, qui est l’une des œuvres les plus difficiles techniquement pour certains : sur une planche allant d’avant en arrière ont été fixés des chiens chinois qui remuent sans cesse la tête, alors que sous leur gorge il y a une lame de rasoir. Cela a de quoi amuser le visiteur, mais effraie l’âme, selon le journaliste Arsenii Chteïner. Ce qui s’applique à d’autres travaux, comme par exemple, "implantation manipulatrice dans la zone des sédiments mentaux" (" ?????????????? ????????? ? ???? ?????????? ?????????") du Groupe "PMP". Et d’autres sont bien plus marrantes.

A voir à la galerie Tretiakov jusqu’au 8 novembre.

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