Tous les articles sur le mot clé : association

Attention aux charmes qui cachent des atrocités

Dans le cadre de l’année officielle France-Russie 2010, Amnesty international France mène une campagne d’informations et d’actions pour sensibiliser le public sur les droits de l’homme en Russie, thème peu abordé dans les différentes manifestations organisées. La vidéo est plutôt bien faite, elle est accompagnée d’une pétition à l’attention de Dmitri Medvedev.

Mais Amnesty s’occupe également du cas de la France en publiant un communiqué invitant "les autorités françaises à faire preuve de sang-froid" : (...) "Qu’il s’agisse de l’évacuation des campements illicites des Roms et des gens du voyage, de l’extension des peines planchers, des peines incompressibles, de la déchéance de la nationalité française, de la responsabilité des parents lorsque des mineurs commettent des infractions ou de la décision d’« engager une guerre contre les trafiquants et les délinquants », AIF s’inquiète des graves conséquences que des décisions et des mesures présentes ou futures pourraient avoir sur les droits humains. (...)" Amnesty doit être sur tous les fronts.

PS : Ceci est officiellement le 1.000e article de Spoutnitsi, yeah !

112.520 personnes contre 6 nouveaux incinérateurs à Moscou

Depuis quelques mois, Greenpeace Russie s’inquiète du futur destin de la capitale russe, qui deviendra prochainement un des centres mondiaux d’incinération des déchets. Pour régler le problème "des ordures", les autorités moscovites ont l’intention de bâtir six nouveaux incinérateurs, menant ainsi leur nombre à 10 (cf carte).

L’association écologiste a donc mené une campagne de collecte de signatures contre ce projet : c’est ainsi 112.520 signatures qui ont été transmises aujourd’hui à l’administration présidentielle. Mais comme le montre ces photos, le Monsieur Conteneur de Greenpeace a été embarqué par la police. Maintenant il ne faut pas que les signatures prennent le même chemin...

Une journée ordinaire à Moscou

Par Aurialie le 22.09.2008 à 23h01

Saviez-vous que le 22 septembre est habituellement la Journée sans voiture et marque, cette année, la fin de la semaine européenne de la mobilité ? Perso, je ne le savais pas et je ne pense pas être la seule.

Pour la première fois, la WWF a lancé un appel aux automobilistes russes pour qu’ils laissent leurs voitures au garage aujourd’hui. Une organisation a été créée, mais leur première année a surtout été un round d’observation : contact avec des partenaires européens, alimentation d’un site Internet, informations auprès des personnes qui se sentent concernées par la protection de l’environnenement... En prévision de cette journée, le réseau de transport urbain moscovite avait vu ses ressources augmentées, mais sans grande nécessité puisque comme presque toute matinée de la semaine l’index Yandex des embouteillages était de 9/10. Ce qui n’étonnera personne ayant vécu quelques jours à Moscou.

Source photo : Homepage.ru

On aura tout lu

Par Aurialie le 13.09.2008 à 23h07

La diversité des participants aux marches du désaccord se retrouve dans sa communauté web : diversité de parties, diversité d’idées. Alors quand un membre du blog a posté l’annonce d’une manifestation contre la radio Écho de Moscou, coupable de "soutenir les actions guerrières géorgiennes" et de "porter la responsabilité du génocide [des peuples ossète et russe] mené par les Etats-Unis et la Géorgie" (sic), on se dit vraiment qu’on aura tout lu et on ne s’étonne pas qu’un modérateur de la communauté ait enlevé l’article en mettant ce commentaire ironique : "il ne manque que l’ESM [Union eurasienne de la jeunesse, auteur de l’appel à manifester] pour que notre bonheur soit entier !"

Une nouvelle surprenante nous apprend également que l’association des mères de soldats a été condamnée pour diffamation envers l’unité militaire 3727 de Saint Pétersbourg, car elle l’aurait accusé à tort d’avoir forcé un jeune appelé à se prostituer. Mais elle ne compte pas en rester là et va se pourvoir en cassation, voire même à la Cour européenne des droits de l’homme, si besoin. Une Mère de soldat, ça ne se laisse pas faire !

Pas de sport sur les morts

Par Aurialie le 18.07.2008 à 00h11

Telex : Je faisais mention mardi de la lettre de l’association Mémorial, envoyée au Ministère des situations extraordinaires, demandant l’annulation d’une compétition sportive sur la montagne Sekirnaïa, l’un des pires endroits de la prison de l’archipel Solovetski. Hier, le ministre Sergueï Choïgou a fait savoir à Mémorial que la compétition n’aurait finalement pas lieu sur la montagne tragique. Un combat gagné pour l’association.

Solidarité avec les prisonniers politiques

Par Aurialie le 07.07.2008 à 00h43

Le sort des prisonniers politiques devient une des préoccupations majeures des opposants au pouvoir. D’après les comptes d’Édouard Limonov, en huit ans, près de 150 de ses partisans ont été privés de liberté. C’est pourquoi, il a proposé aujourd’hui de célébrer la Journée des prisonniers tous les ans, le 14 septembre. A cette date, en 1917, la république était officiellement proclamée en Russie et en 1937, les autorités soviétiques décidaient d’augmenter à postériori la durée d’emprisonnement des personnes considérées comme "ennemis du peuple" (source wikipedia Russie). Cependant ce n’est pas pour ces raisons que Limonov a choisi le 14 septembre, mais parce qu’à cette époque de l’année, il fait encore beau et chaud, ce qui permettra de réunir beaucoup de monde.

Il propose également de fonder une Union des prisonniers politiques, mais il y a un peu moins d’un mois, lors d’une manifestation de soutien aux prisonniers politiques, diverses organisations civiles et politiques avaient déjà décidé de former l’Union de solidarité avec les prisonniers politiques, dans le but de défendre leurs droits. Blacky sergei propose d’ailleurs aujourd’hui à la communauté des marches du désaccord un concours visant à dessiner l’emblème du site de cette Union. La variante ci-contre montre bien la résistance des prisonniers politiques et l’idée de solidarité, mais ne satisfait pas totalement l’Union. Vous pouvez ainsi déposer vos propositions ici.

Le futur Nobel de la Paix sera-t-il russe ?

Par Aurialie le 21.06.2008 à 00h23

Pour ses 20 ans de bons et loyaux services en faveur de la défense des droits de l’homme et de la démocratie, un groupe de députés européens a proposé la candidature de l’ONG Mémorial pour l’obtention du prix Nobel de la paix en 2008.

A la fin des années 80, Mémorial a référencé sur une liste les noms des 2,6 millions de personnes persécutées politiquement par les autorités soviétiques. A l’aide de cette base, les famille peuvent retrouver des informations sur leurs proches. Mémorial publie également les résultats d’études historiques, aide les victimes, notamment en Tchétchénie. Près d’une centaine d’organisations, présentes dans de nombreux pays de l’ex-URSS, gravitent autour de Mémorial. C’est pourquoi, le député polonais à l’origine de la candidature, Józef Pinior, pense que l’association de défense des droits de l’homme a toutes ses chances pour obtenir le Nobel. Bronislaw Geremek rajoute : "Mémorial ne fait pas de la lutte politique, mais de la lutte pour les droits de l’homme. Son activité sont autant d’actions pour le bien du monde."

Après des lauréats soviétiques, Andreï Sakharov en 1975 et Mikhaïl Gorbatchev en 1990, Mémorial serait-il le premier lauréat russe du prix Nobel de la Paix ? Nous ne pouvons que le souhaiter, car ce serait une vraie reconnaissance de l’activité de cette ONG.

PS : Egidien du crû 2003/2004, retrouveras-tu un des tiens sur la photo ?

Source : hro.ru

Quand l'autorité abuse de son pouvoir

Par Aurialie le 06.06.2008 à 23h31

Aujourd’hui, pour la 1e fois dans l’histoire de l’oblast de Nijni Novgorod, un agent du service fédéral d’exécution des peines (FSIN) a été reconnu coupable de torture contre un prisonnier. Mikhaïl Martynov, travaillant au centre pénitentiaire n°16, a été poursuivi en vertu de l’article 286 de la 3e section du Code pénal "abus de pouvoir avec utilisation de la violence" et de l’article 110 "[actions] menant à une tentative de suicide". Il a été condamné à 4,5 années de prison pour avoir brutalisé Sergueï Karpov, qui, ne supportant les traitements avilissants que Martynov lui avait fait subir, avait tenté de se suicider en se jetant du toit d’une baraque.

Ce même jour, à la colonie de Kopeïsk (oblast de Tcheliabinsk), onze collaborateurs, y compris le chef de la colonie, ont été licenciés pour avoir mortellement opprimé quatre prisonniers. De plus, suite au contrôle de la prison par le ministère public, ont été relevées de nombreuses atteintes à la loi, l’absence de travail éducatif avec les jeunes condamnés ainsi que le niveau professionnel désastreux des salariés de la colonie.

Le comité contre la torture, créé en 2000 à Nijni Novgorod, a salué la condamnation de Martynov. Les chiffres qu’il indique sur son site sont impressionnants :
Nombre de déclarations de violation de droits de l’homme – 754
Affaires en procédure – 232
Faits de torture avérés – 85
Faits de torture condamnés – 44
Compensations financières attribuées juridiquement – 13.340.320,45 roubles
Compensations financières reçues – 9.895.981,45 roubles
Décisions illégales annulées – 205
Plaintes déposées à la Cour européenne des droits de l’homme – 37

Le comité contre la torture a apparemment encore beaucoup de travail devant lui.

Un concert pour les sans-abris

L’action en faveur des droits de l’homme du chanteur d’Akvarium, Boris Grebenchtchikov, avait déjà été citée ici lors de sa participation à un programme d’Amnesty International. Il y a deux jours, accompagné des groupes Spleen (rock), Markscheider Kunst (latino, ska) et Billy’s Band (alkojazz), il a organisé un concert en faveur des sans-abris de Saint-Pétersbourg.

L’association Notchlejka (Abri de nuit) estime que chaque nuit, dans cette ville, huit mille personnes dorment dans la rue. Mais les spécialistes estiment que ce n’est que le sommet de l’iceberg. Le dernier dénombrement de la population a révélé qu’il y avait plus de 28 mille personnes sans enregistrement, qui à tout moment peuvent compléter l’armée de sans-logis.

Les organisateurs du concert espèrent recueillir près de 500 mille roubles. Cet argent ira à l’installation d’une deuxième tente pour se réchauffer l’hiver et à l’achat d’un deuxième autobus de nuit, qui livrera la nourriture aux sans-logis dans les régions sud de la ville. Mais comme le précise le directeur de l’association Notchlejka, Maxime Egorov, cela ne remplace malheureusement pas un toit. "Pour avoir un logement social et recevoir quelque chose, il faut être enregistré. Cela signifie que les sans-logis sont automatiquement coupés du système." Il pense qu’il ne faut pas créer de nouveaux programmes spéciaux pour le logement des sans-logis, mais simplement insérer les gens sans enregistrement dans les systèmes sociaux (assistance médicale et emploi) existants.

Source : Svoboda news

Situation des habitants de Tchétchénie

L’association de défense des droits de l’homme, Mémorial, a présenté cette semaine son sixième rapport sur la situation des habitants de Tchétchénie dans la Fédération de Russie, financé par la Commission européenne.

Les défenseurs des droits de l’homme ont commencé par parler des changements positifs en Tchétchénie : reconstruction de Groznyï, diminution du nombre d’enlèvements et des tortures. Mais les problèmes qui se posent maintenant n’avaient pas été envisagés dans les précédents rapports, à savoir le sort des milliers de déplacés en Ingouchie ou dans le centre de la Russie. Certains ont reçu des compensations, d’autres n’ont rien ou n’ont droit à rien et vivent donc dans la misère.

Le représentant de Mémorial, Oleg Orlov, souligne également que l’on ne peut nier que la fondation de la République de Tchétchénie est le résultat d’un régime autoritaire et totalitaire, qui intervient dans la vie de chaque citoyen. "A la télévision, 80% des nouvelles parlent de Ramzan Kadyrov, le président tchétchène. Même sous Brejnev on ne voyait pas cela. Peut-être sous Staline, je ne sais pas."

Elena Bourtina du comité Assistance civile nous apprend que le ministère des Affaires étrangères français a aidé à restaurer le système scolaire en Tchétchénie. Kadyrov aurait promis qu’il y aurait l’accès à Internet dans toutes les écoles, alors que parfois il n’y a même pas de lumière, ni d’ordinateurs. "Nous avons corrigé partiellement cette situation dans certaines écoles, en offrant des ordinateurs."

Lors de la conférence de présentation du rapport, on apprenait également que la justice tchétchène exigeait la fermeture de la branche régionale de l’ONG britannique Centre des activités pacifiques et du développement civil, qui œuvrait à la réhabilitation psychologique des adultes et des enfants. Officiellement, c’est fermeture serait dû à une violation de la législation en matière fiscale, officieusement, à des raisons politiques, les relations entre le Royaume-Uni et la Russie n’étant pas au beau fixe.

Source : Svoboda news

Trois questions à … BelProjet

BelProjet est une association créée depuis un an et demi qui a mis sur pied un projet de coopération culturelle avec la Biélorussie. L’objectif est d’encourager le développement de la culture biélorusse en promouvant le travail d’artistes locaux et en organisant un festival en France tous les deux ans. Delphine Pallier, sa présidente, répond à trois questions sur la situation culturelle en Biélorussie.

- Dans de nombreux sites de voyage, il est écrit que la vie culturelle est très diversifiée (ballets biélorusses, musées, théâtres), l’Etat biélorusse doit financer principalement l’art national traditionnel. Qu’en est-il de l’art contemporain ? Est-il apprécié par Loukachenko ?

Effectivement, l’Etat biélorusse finance principalement l’art national traditionnel. Je ne suis pas particulièrement familière de la situation des artistes contemporains mais je dirais qu’ils sont peu nombreux à bénéficier de soutiens de l’Etat. De façon générale, la plupart des artistes indépendants doivent trouver le moyen de s’auto-produire en cherchant des modes de financement externes. Sans cantonner la vie culturelle au folklore, le pouvoir a travaillé à la construction d’une forme de culture populaire qui se revendique comme "apolitique". Par exemple, certains artistes comme les artistes de variété dans le monde de la musique sont très populaires en Biélorussie et particulièrement présents sur les ondes ou à la télévision. Dans le même temps, des artistes indépendants qui voulaient promouvoir leurs propres créations ont été de plus en plus dépeints comme "politisés". En ramenant l’art à la politique, le jeu a été faussé et la culture ne se pense plus en termes de création artistique. C’est bien dommage. C’est pourquoi notre association promeut la culture biélorusse et ses artistes indépendants. Nous souhaitons leur donner la possibilité de montrer leur travail, en-dehors de toute considération politique ; nous voulons mettre en valeur la richesse artistique de ce pays méconnu.

- Le théâtre libre de Minsk a connu quelques problèmes dernièrement, connaissez-vous d’autres cas de censure artistique en Biélorussie ?

Malheureusement, ce qui arrive au Théâtre Libre de Minsk n’est pas un phénomène isolé.

Des écrivains comme le romancier et historien Vladimir Orlov ou le poète et essayiste Adam Globus n’arrivent pas à être publiés dans leur pays et doivent se tourner vers des maisons d’édition à l’étranger (en Lituanie, en Pologne ou en Russie). Dans le milieu de la presse, il est tout aussi difficile de publier des magazines ou des journaux ; les imprimeries sont nationalisées. L’Etat peut ainsi fixer des tarifs différenciés selon les journaux à travers des "remises" qui sont accordées aux journaux gouvernementaux. Ces remises, qui s’élèvent parfois jusqu’à -95 % du tarif demandé pour les tirages, permettent, de facto d’établir une situation à deux vitesses, les journaux indépendants devant payer le plein tarif, souvent très élevé. Comme le réseau de diffusion (les kiosques à journaux) est aussi nationalisé, certains journaux sont vendus sous le manteau, ce qui diminue leur taux de pénétration.

Dans le milieu du cinéma, certains réalisateurs subissent des pressions ou rencontrent des difficultés à produire ou diffuser leurs films. Les films de Youri Khashchevatski, sans être interdits d’antenne ne sont jamais diffusés à la télévision biélorusse. Les Studios Tania qui produisaient des films documentaires, notamment J’ai été invité au bal d’Irina Pismanaia n’ont pas pu renouveler leur licence et ont dû fermer. Le film de fiction d’Andreï Kudinenko, Mysterium occupation parce qu’il abordait un sujet délicat (la Deuxième Guerre mondiale et la Résistance biélorusse) en essayant de le dépeindre de la manière la plus réaliste possible, en évitant donc une "héroïsation" des résistants, n’a pas obtenu de certificat d’exploitation en salle.

Dans le monde de la musique, des groupes comme N.R.M. se trouvent dans l’impossibilité technique de donner des concerts. Il suffit d’un coup de fil d’une instance officielle pour que le propriétaire du lieu ou l’organisateur annule le concert. La menace d’une inspection de sécurité inopinée est très efficace.

Il est très difficile pour des photographes d’exposer leurs travaux. Les galeries sélectionnent souvent les artistes et une galerie comme la Galerie Nova, fondée par des photographes, est parfois réquisitionnée pour exposer d’autres artistes, plus en phase avec l’air du temps.

Sans parler directement de censure objective, l’Etat s’arrange pour que de facto il soit très difficile pour certains artistes de montrer, diffuser et exposer leur production.

- Avez-vous des difficultés à faire venir des artistes en France ?

Aujourd’hui, il nous est très difficile de faire venir des artistes biélorusses en France malheureusement. Nous sommes une association récente, créée il y a un an et demi et en activité depuis un an (notre premier événement, un festival culturel biélorusse date de novembre 2007) et nous rencontrons de plus en plus de difficultés... Nous sommes une association culturelle mais, en Biélorussie, il semblerait que nous soyons considérés comme une association politique ce qui entraîne des difficultés supplémentaires et rend l’obtention de visas pour les artistes que nous invitons assez difficile. Nous sommes donc en situation assez précaire et le soutien de l’Ambassade de France à Minsk, nous est vital, sans lui, nous ne pourrions pas exercer nos activités...

Légendes des photos trouvées sur le site de BelProjet :
- Palais de la République de Jef Bonifacino
- Photographie d’Alexeï Andreev

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