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Poutine/Hitler : même combat ?

Igor Averkiev, représentant de la chambre citoyenne de Perm, membre de la direction régionale de Perm du centre des droits de l’homme et rédacteur en chef de Litchnoe Delo, a écrit un très long article (20.000 signes) intitulé Poutine, notre gentil Hitler. Explications :

- Poutine, commeHitler, n’est pas une personne mauvaise au plus profond de lui-même, il a une représentation normale de l’honneur, de la dignité, du devoir. C’est sous le joug de sa mission de "Sauveur de la Patrie", sous le flux des flatteries et de l’encensement que la personnalité dégénère, perd ses normes et ses mesures humaines du bien et du mal. Ternes, calmes, disciplinés dans leur jeunesse, Poutine et Hitler se sont épanouis soudainement, avec talent, en utilisant avec génie les évènements extérieurs pour augmenter leur grandeur personnelle. Malgré leurs différences essentielles de tempérament, Poutine et Hitler sont des populistes passionnés, qui arrivent à plaire au plus grand nombre. Ils ne sont ni de droite, ni gauche, ni des libéraux, ni des socialistes, ni pour la liberté, ni pour la justice. Ils sont pour le peuple, pour les intérêts nationaux et contre les ennemis du pays. Ils sont presque au-dessus de la politique et insistent sur le fait que leur pouvoir ne provient pas de l’argent ou d’une lutte personnelle pour le pouvoir mais du peuple lui-même. Poutine, comme Hitler, sauvegarde le pays des ennemis extérieurs et intérieurs, il assure personnellement le bien-être et la prospérité de chacun dans la représentation du plus grand nombre. Le régime de Poutine a des tendances fascistes : violence morale, sociale, physique, chantage électorale, arrestations d’activistes de l’opposition, confiscation de matériel de propagande, ... La lutte du Président Poutine contre la corruption et le domptage des oligarques suivent également la politique intérieure et sociale du jeune État fasciste d’Adolf Hitler.

- La situation en Russie post-soviétique est très semblable à celle de l’Allemagne d’après-guerre : la Russie avant Poutine, comme l’Allemagne avant Hitler, végétait dans l’humiliation nationale du fait de leur défaite dans les conflits internationaux (Première guerre mondiale pour l’Allemagne, guerre froide pour la Russie). Les projets politiques proposés par les communistes, socialistes, les libéraux ou les démocrates n’attiraient pas le peuple, ne répondaient pas à leurs attentes.

- Le peuple russe du XXIe siècle ressemble au peuple allemand des années 20 et 30. L’essentiel pour le simple citoyen russe est d’être pour Poutine (comme les Allemands simples étaient pour Hitler). Poutine, comme Hitler, est l’idole de la partie la plus impuissante mais aussi la plus agressive du peuple - la jeunesse. Ils donnent à une jeunesse dépendante et peu sûre d’elle des notions de socialisation par le biais d’organisations, telles les Nachis en Russie.

Pour l’auteur, Poutine n’est qu’au début d’un chemin, qui s’assombrira de plus en plus si le pays poursuit sur cette voie. Mais il pense que le président russe peut encore stopper le processus de fascisation du pays, que la verticalisation du pays n’est pas accomplie, que l’État est encore faible, que le peuple est plus informée qu’à l’époque de l’Allemagne hitlérienne, que l’union des forces de l’opposition (20 à 30% de la population) pourra renverser la vapeur, la Russie reprendra alors un chemin "clair".

L’article étant très long, une partie seulement de l’argumentation est reprise.

Source photos : Svobodnoe slovo et Eremenko (2e photo déjà utilisée dans un précédent post)

Fermeture arbitraire de la Maison des journalistes

La Maison centrale des journalistes de Moscou a été condamnée à trois mois de fermeture administrative pour non-respect des principes de sécurité anti-incendie. Si le secrétaire général de l’Union des journalistes, Igor Iakovenko, ne nie pas ces faits, il souligne que la plupart des immeubles de Moscou ne respectent pas ces principes. Alors pourquoi les condamner eux et pas les autres ? Tout simplement parce que la Maison des journalistes a servi de locaux à l’organisation d’une conférence de l’Autre Russie.

Un jour avant l’investigation des pompiers, ce sont des policiers qui sont venus vérifier les rapports comptables pour savoir quels étaient leurs liens financiers avec la coalition politique de Garry Kasparov, Mikhaïl Kassianov et Edouard Limonov.

Igor Iakovenko va bien évidemment faire appel de cette décision, car la Maison des journalistes ne se remettrait pas d’une fermeture de trois mois. L’activité serait paralysée et les locaux deviendraient inutiles. Encore un nouvel exemple de l’autoritarisme d’un pouvoir qui cherche à étouffer toute opposition.

Source : Kasparov.ru

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