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Boukovski veut la place de Poutine

A moins d’un an de l’élection présidentielle russe, un nouveau candidat entre dans la course. Ancien prisonnier politique enfermé pendant douze ans dans des camps et hôpitaux psychiatriques soviétiques, le dissident et défenseur des droits de l’homme Vladimir Boukovski a été choisi par l’Initsiativaïa Groupa pour être le candidat de l’opposition qui va "mettre fin à la farce absurde du processus démocratique" de Vladimir Poutine "préparant des élection sans choix".

Selon les neuf signataires de cet appel, Boukovski a toutes les qualités pour être candidat : fort, sans compromis, décidé, une autorité morale et politique irréprochable, connu et respecté par la société, indépendant de tout parti ou groupe, capable de proposer au pays un programme honnête de réformes démocratiques, juridiques et sociales.

Voilà des extraits de son communiqué :
"Je vous remercie de tout cœur de votre foi dans l’avenir de la Russie et de mon possible rôle dans celui-ci. J’avoue, honnêtement, que moi-même il y avait longtemps que j’avais perdu cette foi. (…) Aujourd’hui, cependant, on ne parle pas du rétablissement [de la Russie], mais de son salut. Il y a de nouveau des prisonniers politiques, ce qui pour la Russie, avec son histoire, sont des symptômes d’une maladie mortelle. L’asthmatique Mikhaïl Trepachkine s’asphyxie dans sa cellule ; on condamne de nombreux savants, dont la seule faute être d’être entré en contact avec leurs collègues occidentaux ; les hommes d’affaires indociles sont déportés dans des bagnes ; à cause de l’auto-affirmation du pouvoir tchétchène on supprime la petite nation caucasienne ; le meurtre politique est devenu la norme. (…)

Je suis un prisonnier. C’est ma nationalité, ma biographie, ma foi. Je ne peux pas admettre qu’une personne s’amenuise en prison. Si ma candidature peut arrêter rien que cela, je suis déjà d’accord avec cela. Je ne peux pas promettre à notre peuple le bonheur. Le chemin du rétablissement qui est devant nous est épuisant et lourd. (…) Voilà déjà dix ans que l’on ne m’autorise pas à aller en Russie, même pour du tourisme, sans aucunes raisons légitimes. Probablement, du polonium 210 m’attend, mais cela ne m’arrête pas. Pourvu que cela ne vous arrête pas.

Le toast préféré chez nous a toujours été "à notre cause perdue". Aujourd’hui cette affaire semble perdu. C’est pour cela que je l’accepte. Pour votre et notre liberté !"

Boukovski a été rendu célèbre par son combat contre les autorités soviétiques. Dès 1971, il faisait passer en Occident 150 pages sur les abus des institutions psychiatriques commis sur les prisonniers politiques. Il a également rédigé un Manuel sur la psychiatrie pour les dissidents pour aider ces derniers à lutter contre les abus des autorités. Mais son échange contre l’ancien leader communiste chilien Luis Corvalan en décembre 1976, alors qu’il est lui-même emprisonné, l’a fait connaître mondialement.

A cette occasion, il a déclaré (source : Nicolas-Brion) :
"Bizarrement, je ne ressentis ni joie ni tristesse quand l’avion décolla, seulement une énorme fatigue après tant d’années de prison, de camp de travail et d’hôpitaux psychiatriques. (…) J’avais fait tout ce qui était humainement possible pour sortir cet immense pays de sa léthargie, et si je n’avais pas réussi, ce n’était vraiment pas de ma faute. C’était leur choix. Pauvre pays où la simple honnêteté est considérée au mieux comme un acte d’héroïsme, au pire comme une maladie mentale. Maudite soit une nation qui a perdu le sens de sa dignité." Son combat se poursuit aujourd’hui.

Source : Prima-news

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