Tous les articles sur le mot clé : censure

Yota, le net russe avec ou sans filtre ?

Par Aurialie le 07.12.2009 à 01h14

Y a-t-il une affaire de censure chez Yota, opérateur mobile russe ayant déployé un réseau WiMAX à Moscou, St Petersbourg et Ufa ? C’est ce que certains bloggueurs russes insinuent depuis quelques jours (ici, ici, ou encore ), depuis qu’ils n’arrivent plus à aller sur les sites de l’opposition, tels que solidarnost.ru, kasparov.ru, newtimes.ru, nazbol.ru, namarsh.ru... Mais d’autres y ont toutefois accès. Là, où l’affaire se complique, c’est que l’accès au site kremlin.ru est également impossible pour certains utilisateurs. Étrange...

Afin d’avoir des explications, les bloggueurs mécontents ont appelé le service technique de l’opérateur, qui a confirmé qu’il avait bien une liste de 29 sites extrémistes, fournie par le ministère de la justice, pour lesquels l’accès était impossible. Mais les sites de l’opposition n’en font pas partie. Le mystère restait donc entier...

Finalement, le directeur général de Yota, Denis Sverdlov, s’est fendu d’un article sur le blog de la communauté de la compagnie pour expliquer le blocage de ces sites. Il a tenu à préciser tout d’abord qu’il n’y avait aucun dessein scélérat, aucune manœuvre intentionnelle, aucun filtrage du réseau. Le blocage vient d’un problème technique lors de l’exploitation de certaines adresses IP, à cause du nombre important de nouveaux clients chaque mois. Le succès de Yota a en effet été éclair : en 5 mois, la société est devenue rentable, avec plus de 200.000 clients inscrits sur son réseau.

Cette histoire de blocage devrait donc être maintenant résolue rapidement. Un problème soulevé le 3 décembre, une solution trouvée le 7, est-ce cela la force du réseau ?

On ne touche pas à la liberté des médias !

Une déclaration, une information qui se répand comme une trainée de poudre, un démenti : la liberté des médias fait réagir ... les médias. Le 18 novembre, Dmitri Medvedev déclare qu’il assigne un rôle prépondérant aux médias dans la résorption de la crise financière par le pays. Il précise que de la précision, de la délicatesse et de l’exactitude journalistiques dépendent de nombreux processus dans le pays.

Dans son édition du 19 novembre, le journal Kommersant fait un article sur la prochaine campagne du Parquet général contre les médias publiant des informations inexactes ou démesurées sur l’ampleur de la crise économique. Seraient en particulier visées les attaques contre les banques. Cette information n’est pas sans fondement, le journaliste du Kommersant écrit que le Parquet de la région de Sverdlovsk a déclaré qu’il commençait à vérifier les médias locaux qui pourraient déstabiliser le climat dans la région. D’autres journaux russes ont immédiatement jugé cette action des Parquets comme un début de censure contre les médias écrivant sur la crise financière.

Le soir même, les représentant du Parquet général de Russie ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de mener une vérification massives des médias, mais contrôleront attentivement la couverture de la situation sur le marché financier. Marian Gridneva, représentant officiel de l’institution, a rajouté : "Le Parquet général de Russie n’a pas l’intention d’instaurer une censure sur les médias. Il s’agit seulement d’exiger le respect de la législation et la publication d’information authentique, sans participer aux attaques informationnelles contre les organismes de crédit."

Les médias seront-ils rassurés par cette déclaration ? Rien n’est moins sûr. Le réseau Indymedia Russie ne souhaite pas relacher la pression et diffuser largement l’information sur le début de censure des médias indépendants.

Source image : Utro.ru

Oleg Kulik n'a pas les faveurs de la douane française

Par Aurialie le 25.10.2008 à 18h37

Ria Novosti relaie une histoire qu’il est difficile de croire. Le lendemain de l’ouverture de la FIAC, plus de trente œuvres d’Oleg Kulik, ont été saisies par la police française à cause de leur caractère violent et pornographique. Parmi les travaux incriminés, il y a des photos et vidéos des performances de l’artiste pendant les années 90, notamment Mad dog, déjà évoqué ici.

Elena Selina, propriétaire de la Galerie XL qui expose les œuvres d’Oleg Kulik, et son mari ont passé cinq heures en garde à vue. Selon E. Selina, les problèmes sont apparus à la douane française, qui aurait déposé des réclamations sur le contenu des travaux. Y a-t-il d’autres raisons à cette censure artistique ? Pour le moment on ne le sait pas, mais on peut se demander, comme le fait la galériste, ce qu’il va être possible de faire, dans une société où l’on nous interdit de fumer, de caricaturer des religions, ect.

Photo : Ria Novosti

Libé ne commémore pas la mémoire des morts d'Ossétie

Par Aurialie le 17.09.2008 à 22h46

Selon la tradition chrétienne, 40 jours après la mort de quelqu’un, son âme s’envole et quitte définitivement les siens, la famille et les amis commémorent alors sa mémoire pour qu’il repose en paix. Et dans la guerre osséto-georgo-russe, ce 40e jour était hier, le mardi 16 septembre.

A cette occasion, des commémorations avaient lieu dans toutes les ambassades russes à l’étranger. En France, l’ambassade de la Fédération de Russie avait rédigé un message de condoléances aux parents des morts d’Ossétie du Sud. Le texte, contenant notamment la phrase "En l’hommage des victimes de la tragédie en Ossétie du Sud - Ossètes, Russes, Géorgiens. Nous partageons le deuil des familles", avec une photo de Tskhinvali, devait être publié dans le journal Libération. Si un accord avait été conclu lundi (aux dires de l’ambassadeur), mardi aucune annonce n’était publiée, refusée par le Conseil de rédaction du journal. N’est-ce pas cela la censure ?

Source : Lenta.ru

"D'abord vient la récompense, et ensuite la balle."

Par Aurialie le 15.09.2008 à 23h23

Dans son édition du 22 septembre, The New Yorker va publier un long article sur la radio Écho de Moscou, son histoire et sa relation au pouvoir. Il y a des passages absolument étonnants, extraits.

Commençons par l’évènement le plus récent : la guerre osséto-georgo-russe. Poutine n’a pas beaucoup apprécié la couverture de la guerre par Écho de Moscou. Le 29 août, il a convoqué les trente-cinq principaux médias du pays dans sa résidence de vacances à Sotchi, comme il avait l’habitude de le faire quand il était président. Lors de cette réunion, Poutine, jetant un regard de glace à Alekseï Venediktov, rédacteur en chef d’Écho de Moscou, a critiqué la station pour ses émissions sur la Géorgie, devant bon nombre de loyaux rédacteurs, ravis de ces remontrances. Plus tard, dans un couloir, Venediktov a accusé Poutine d’être "injuste". Ce dernier a alors sorti une pile de transcriptions et souligné certains points, en disant : "Vous devrez répondre de cela, Alekseï Alekseevich !" Venediktov était secoué, mais pas abattu, car si Poutine avait eu l’intention de se débarrasser de lui ou de la radio, il aurait pu le faire d’un simple appel téléphonique. Et puis, Echo est nécessaire au pouvoir, comme preuve de la liberté de la presse en Russie. Toutefois, de retour à Moscou, il a demandé à ses journalistes d’accorder une attention particulière à leur couverture de la guerre, d’être sûr de leurs faits, et d’avoir suffisamment de points de vue gouvernementaux.

En 2001, Poutine avait déjà invité Alekseï Venediktov à une réunion au Kremlin, où il lui avait longuement parlé de la différence entre ennemis et traîtres. "Les ennemis sont juste en face de vous, vous êtes en guerre avec eux, puis vous signez un armistice, et tout est clair. Un traître doit être détruit, écrasé." Cette distinction faite, il lui aurait dit, sans un sourire : Vous savez, Alekseï, vous n’êtes pas un traître. Vous êtes un ennemi." Plus tard, il lui a dit, tel le tsar Nicolas Ier à Pouchkine "Désormais, je serai votre censeur."

Autre témoignage intéressant, celui de Ioulia Latynina, chroniqueuse à Écho, sur la propagande d’État : "Le problème est que la propagande officielle à la télévision est très distrayante, elle permet d’être sûr que les gens parlent du non-sens, qu’ils montrent. Par exemple, si un avion russe lance une roquette sur le sol géorgien, un reportage parlera de la taille du trou ou se demandera si ce ne sont pas les Géorgiens eux-mêmes qui ont creusé le trou. On parlera donc d’un trou, au lieu de savoir si la Russie fait vivre l’enfer à la Géorgie."

Enfin, dernière anecdote : en 2006 (année de la mort de Politkovskaïa), Venediktov est allé à New York pour recueillir le prix Overseas Press Club. Quand il l’a dit à sa femme, celle-ci lui a dit : "D’abord vient la récompense, et ensuite la balle."

La lecture entière de ce très long reportage peut se faire en russe ou en anglais.

Un projet de loi pour museler Internet

Par Aurialie le 13.02.2008 à 00h05

Via Courrier International

"Aujourd’hui, sur Internet, on peut trouver de tout : de la pornographie pédophile, des sites vantant le terrorisme, des appels à l’extrémisme, des cas de diffamation. Un tel flux d’informations doit être régulé juridiquement", assure le sénateur de la république de Tchouvachie, sur la Volga, Vladimir Sloutsker, cité par Kommersant.

Avec d’autres membres du Conseil de la Fédération - la Chambre haute du Parlement russe -, des ministères de l’Intérieur et de la Justice, et du Forum Civil - un organe consultatif issu de la société civile -, il est l’un des initiateurs d’un projet d’amendement visant à placer les sites Internet russes les plus visités sous le coup de la "loi sur les médias".

Les sites qui reçoivent au moins 1 000 visiteurs par jour devront obligatoirement être enregistrés en tant que médias, "y compris les blogs, les forums et les chats". En outre, ce plan, intitulé "régulation juridique d’Internet", stipule qu’un média ne pourra rapporter une information que si elle est issue d’un autre média dûment enregistré. Selon les auteurs du projet, ce projet de loi vise à lutter contre les "journalistes malveillants" qui citent d’autres sources pour diffuser des propos diffamatoires.

D’après les experts des médias cités par le journal libéral moscovite, cette nouvelle tentative de museler Internet en Russie est vouée à l’échec. Pour Anton Nocik, fondateur de nombreux sites russes d’information comme Gazeta.ru, Lenta.ru et Vesti.ru, il n’y a pas de méthode unifiée de mesure de la fréquentation.

Igor Iakobenko, secrétaire général de l’Union des journalistes de la Fédération de Russie, souligne pour sa part que la fréquentation des sites est fluctuante. Par ailleurs, il observe que les journaux ont le droit de se référer à n’importe quelle source mais sont responsables de leurs propos. Kommersant rappelle que le sénateur Sloutsker et sa femme avaient fait l’objet sur Internet d’accusations de complicité dans une affaire de meurtre.

Source image : Reporter sans Frontières

Tu ne passeras point !

Par Aurialie le 17.12.2007 à 21h05

Une journaliste moldave du journal d’investigation The New Times, Natalia Morar, s’est mystérieusement vue interdire de rentrer sur le territoire russe après un voyage professionnel en Israël. Les agents qui ne lui ont pas permis de franchir la douane dans la nuit de samedi à dimanche ne lui ont donné aucune raison officielle. La raison officieuse serait tout de même à chercher dans la publication de son dernier article, intitulé La Caisse noire du Kremlin, qui raconte certaines particularités du financement de la campagne électorale parlementaire.
En attendant la fin de sa "déportation", elle est retournée dans son pays d’origine, la Moldavie, où l’ambassade de Russie devait lui donner des explications.

Source :Newtimes.ru

Internet sans censure

Par Aurialie le 26.11.2007 à 00h32

L’opposition semble avoir trouver un moyen pour ne plus subir d’attaques informatiques faisant planter assez régulièrement leurs sites Internet, tels Kasparov.ru, Namarsh.ru, Rufront.ru ou le site d’informations Sobkorr.ru.

Le site bezcenzury.ru est un projet qui fournit des ressources Internet aux personnes souhaitant écrire et exprimer une opinion en toute indépendance, sans subir de pression de l’État ni de "censure intérieure", celle de "la résignation, de l’indifférence ou de l’humilité", celle que les journalistes s’imposent pour ne pas subir les foudres des autorités.

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