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Les anti-prix de l'armée russe

Par Aurialie le 15.12.2008 à 00h33

En 2003, des organisations citoyennes de défense des droits de l’homme dans l’armée ont décidé de "distinguer" le fonctionnaire ou le militaire ayant violer de la manière la plus criante les droits d’un appelé. Cet anti-prix, appelé la massue d’or "zolotaïa kouvalda" (un instrument qu’une personne utilise sans connaissance particulière, ni précision), a été attribué en 2003 à Sergueï Samarkhanov, lieutenant-colonel du Commissaire militaire de la région de Perm, pour s’être trompé dans l’affectation de deux jeunes appelés au nom assez proche : Alexandre Valeev et Alexandre Volegov. Ce dernier a été poursuivi pour désertion, les poursuites ont cessé une fois qu’il a pu écrire une lettre à ses parents pour dire où il avait été envoyé.

En mars 2004, le lauréat a été le gouverneur de la région de Kaliningrad, Vladimir Egorov pour le succès dans l’organisation de l’"école de la survie pour les vrais hommes". En 2003, Sergueï est envoyé par ses parents à l’armée. Il effectue ses trois jours en novembre dans de terribles conditions (boue, humidité, froid), le pire étant les passages à tabac et l’extorsion de fonds (10 roubles pour aller aux toilettes, 50 roubles pour téléphoner). Il est finalement envoyé dans le nord, avec l’interdiction de prendre les vêtements chauds donnés par ses parents. De l’inhumanité à l’état pur.

En 2005, ce sont deux massues d’or qui ont été attribuées : la première, pour l’appel du printemps 2004, est revenue à l’administration militaire de Sormovski de la ville de Nijni-Novgorod pour avoir envoyé des lettres de menaces (menaces de poursuites judiciaires) à certains futurs appelés pour qu’ils fassent l’armée.

La deuxième massue d’or, pour l’appel d’automne 2004, est revenue au chef de la région de Chebekino, A.V. Bespalov, pour les conditions dans lesquelles se passait la visite médicale des conscrits (sans aucune intimité), violant la déclaration des droits de l’homme ainsi que la constitution russe garantissant la dignité humaine.

En 2006, c’est le médecin-colonel Arcady Timoféévitch Bouianov, chef de la commission militaro-médicale du bureau de recrutement de la région de Kaliningrad, qui a obtenu l’anti-prix pour ne pas avoir réformé un jeune, pratiquement sourd de l’oreille gauche.

Cette année, elle est revenue à une Tatiana Golikova, la ministre de la santé et du développement social pour avoir modifié une loi, enlevant l’attribution d’une allocation mensuelle de 6.000 roubles aux familles de militaires appelés pour leur service en 2007 et ayant des enfants nés 2008. Deux mille familles se trouveraient maintenant en difficulté financière.

La réforme de l’armée continue, non sans difficulté et même mécontentement de la part des gradés.

Source : Infolegal.ru et IKD/Action collective

Les lauréats de l'alternative rock russe

Par Aurialie le 19.10.2008 à 22h17

Le 11 octobre se tenait la 4e remise des Prix de la musique alternative rock au club B1 de Moscou. Dix récompenses étaient attribuées, voilà les résultats :

Une bonne occasion de découvrir de nouveaux groupes russes !

La Russie a un nom

Par Aurialie le 24.09.2008 à 23h54

Le vote du projet Imia Rossii est arrivé à sa fin (après plus de 20 millions de suffrages) et le gagnant final, le représentant de la Russie est, avec 2.011.766 voix, (roulement de tambour) ... Alexandre Nevski. Prince de Novgorod, Grand-prince de Vladimir et de Kiev, il est célèbre pour avoir battu les Suédois à la bataille de la Néva (d’où son nom) au XIIIe siècle. Viennent ensuite Alexandre Pouchkine (1.781.863) et Fédor Dostoïevski (1.678.083), les deux grands auteurs russes ont poussé les méchants dictateurs et autocrates hors du podium.

Le projet n’a toutefois pas été exempté de fraudes : hackers ukrainiens votant massivement pour leurs compatriotes l’anarchiste Nestor Makhno et le cosaque Bogdan Khmelnitski ; programmes pirates (du type Stalin.exe) soutenant Nicolas II, Khrouchtchev, Lénine, Essenine, Gagarine, Vyssotski, Lomonosov, Korolev, Joukov ou le maréchal Rokossovski. Devant une question si sensible que celle de trouver la figure emblématique d’un pays et avec des hackers si compétents à l’Est, il est (presque) normal qu’il y ait quelques tentatives de falsifications.

Un point sur le concours Imia Rossii

Par Aurialie le 05.08.2008 à 23h56


Un jour après l’annonce de la mort d’Alexandre Soljenitsyne, les organisateurs du concours Imia Rossii ont décidé de le rajouter dans le Panthéon des héros... avec les 488 autres personnalités culturelles et historiques russes, qui ne sont plus en lice pour être le représentant de la Russie. Cela signifie donc que ce prix Nobel de littérature n’y avait pas sa place à l’origine du projet ?

En trois semaines, le nombre de votes a grandement augmenté, les résultats pas mal changé (sauf pour deux). Pour rappel, le classement du 15 juillet était le suivant : Nicolas II (275.065 voix), Staline (273.877), Lénine (188.372), Vladimir Vissotski (151.518) et Pierre Ier (116.014). Aujourd’hui, plus de 15 millions de voix plus tard, le quinté de tête est le suivant : Saint Serge de Radonège (1.501.108 voix), Staline (1.448.775), Lénine (1.330.942), le maréchal Gueorgui Joukov (1.290.609) et le cosmonaute Iouri Gagarine (1.175.782). On trouve ensuite : le prince (et saint) Alexandre Nevski, le poète Mikhaïl Lomonossov, Alexandre Pouchkine, Nikita Krouchtchev, l’ingénieur Sergueï Korolev. Nicolas II n’est plus qu’à la 13e place avec 509.510 voix.

Nouveau point en septembre pour la dernière étape de l’élection.

Un symbole, pas un héros

Par Aurialie le 15.07.2008 à 23h24

Depuis quelques semaines, la chaîne de télévision Rossia a lancé le projet "Imia Rossii", qui consiste à choisir le héros historique personnifiant le mieux la Russie. Il y avait au début 500 personnages historiques issus principalement des sphères politique et culturelle. Le 9 juin, une première sélection de 50 noms était dévoilée, avec deux exclusions toutefois : l’anarchiste ukrainien Nestor Makhno et le cosaque ukrainien Bogdan Khmelnitski, leur score élevé ayant pour origine des attaques de hackers ukrainiens, selon les organisateurs.

En septembre, les noms des 12 personnes arrivant en tête des votes seront connus. Pour le moment, la bataille fait rage entre les 5 premiers. Le 10 juillet, Staline était largement en tête avec 188.581 voix. Il était suivi de Vladimir Vissotski (145.392) , Lénine (116.718), Nicolas II (95.565) et Sergueï Essenine (73.035). Aujourd’hui, cinq jours après, le classement est le suivant : Nicolas II (275.065 voix), Staline (273.877), Lénine (188.372), Vladimir Vissotski (151.518) et Pierre Ier (116.014).

Quelques remarques sur cet étonnant classement :
- Staline, symbole de la Russie, voilà qui a de quoi faire froid dans le dos. Son ombre planerait-elle toujours sur la Russie et sur les Russes ?
- Nicolas II n’a rien fait d’exceptionnel pendant son règne, la rivalité avec son prédécesseur serait-elle un relent de guerre entre Blancs et Rouges ?
- Lénine a sans contexte modifié en profondeur le cours de l’histoire russe, mais certainement pas de la meilleure façon, mérite-t-il le titre de symbole de la Russie ?

En fait, ce concours, en cherchant à savoir quel personnage historique incarne la Russie, a le mérite de poser une question : la Russie n’a jamais été une démocratie, elle a été gouvernée par des hommes despotiques et autoritaires, donc le "héros" qui la représentera peut-il être positif ?

Le futur Nobel de la Paix sera-t-il russe ?

Par Aurialie le 21.06.2008 à 00h23

Pour ses 20 ans de bons et loyaux services en faveur de la défense des droits de l’homme et de la démocratie, un groupe de députés européens a proposé la candidature de l’ONG Mémorial pour l’obtention du prix Nobel de la paix en 2008.

A la fin des années 80, Mémorial a référencé sur une liste les noms des 2,6 millions de personnes persécutées politiquement par les autorités soviétiques. A l’aide de cette base, les famille peuvent retrouver des informations sur leurs proches. Mémorial publie également les résultats d’études historiques, aide les victimes, notamment en Tchétchénie. Près d’une centaine d’organisations, présentes dans de nombreux pays de l’ex-URSS, gravitent autour de Mémorial. C’est pourquoi, le député polonais à l’origine de la candidature, Józef Pinior, pense que l’association de défense des droits de l’homme a toutes ses chances pour obtenir le Nobel. Bronislaw Geremek rajoute : "Mémorial ne fait pas de la lutte politique, mais de la lutte pour les droits de l’homme. Son activité sont autant d’actions pour le bien du monde."

Après des lauréats soviétiques, Andreï Sakharov en 1975 et Mikhaïl Gorbatchev en 1990, Mémorial serait-il le premier lauréat russe du prix Nobel de la Paix ? Nous ne pouvons que le souhaiter, car ce serait une vraie reconnaissance de l’activité de cette ONG.

PS : Egidien du crû 2003/2004, retrouveras-tu un des tiens sur la photo ?

Source : hro.ru

Les 7 merveilles de Russie

Par Aurialie le 14.06.2008 à 00h13

Les magnifiques piliers géologiques de la montagne de Man’-Poupou-nior (????- ????- ???) font logiquement partie de 7 merveilles de Russie, projet porté par le journal Izvestia, la chaîne Rossia et la radio Maïak.

Trois bijoux naturels (le lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce, le mont Elbrouz, situé dans le nord du Caucase et la vallée de geysers du Kamtchatka) et trois constructions humaines (le Versailles russe, Peterhof, l’énorme statue de la Mère-Patrie (la plus grosse au monde) érigée sur la colline Mamaiev Kourgan à Volgograd et la cathédrale Basile-le-Bienheureux sur la place Rouge à Moscou) y ont également totalement leur place.

L'Est va-t-il encore gagner l'Eurovision ?

Par Aurialie le 24.05.2008 à 19h08

L’année dernière, suite à la victoire de la Serbie au 53e concours de l’Eurovision - alors que les représentants français, les Fatals Picards, mérités largement de gagner (dit sans aucun chauvinisme) -, je relayais un article des Izvestia (traduit par Courrier International) expliquant le choix des spectateurs : un vote très géopolitique.

Ce soir, nouvelle soirée Eurovision et selon les bookmakers serbes, le trio gagnant serait composé du Russe Dima Bilan (vidéo), 3e en 2007, l’Ukrainienne Ani Lorak et la Serbe Elena Tomachevitch. Autant dire, que notre Français, Sébastien Tellier, n’a aucune chance. A moins qu’il réussisse un coup à la Lordi ! Verdict dans quelques heures.

MAJ : Les bookmakers sont forts et la Russie a fait le bon choix, Dima Bilan, accompagné du patineur Evgueni Plouchtchenko, a largement gagné avec 272 points, devant l’Ukraine et la Grèce (les bookmakers l’avaient placé en 4e place). Rendez-vous l’année prochaine en Russie pour la 54e Eurovision !

Merveilles de l'Oural

Par Aurialie le 17.05.2008 à 23h16

Merveilles géologiques de 30 à 42 mètres, ces piliers de pierre se dressent sur la montagne de Man’-Poupou-nior (????- ????- ???), dans la région de Komis (Oural). De nombreuses légendes entourent cette "construction", objet de culte des peuples manci et komi, du fait de son origine énigmatique.

Pour le peuple nomade des Mancis (ou Vogouls), ces piliers en pierre étaient autrefois des géants de la famille des Samoyèdes (peuple sibérien), qui cherchaient à les supprimer. Mais quand ils se sont levés au sommet de la montagne Man’-Poupou-nior, leur meneur, un chaman, a vu devant lui Ialping-nior, la montagne sacré des Mancis. Avec terreur, lui et ses compagnons se sont alors pétrifiés de peur. Dans une autre version, six puissants géants, poursuivant une des tribus mancis dans les montagnes d’Oural, ont été transformés en six poteaux de pierre par un petit chaman en blanc qui leur avait barré la route.

Ce monument naturel grandiose est en lice pour être choisi comme une des sept "merveilles" de Russie. Projet intéressant sur le papier (désigner les 7 merveilles de Russie), mais dévoyé par des principes nationalistes : "faire renaître le sentiment de patriotisme et d’amour de la Patrie". Réponse le 12 juin.

Le no-Goncourt russe

Par Aurialie le 13.03.2008 à 23h50

En cette période de remise de prix en tout genre (Oscar, Victoires de la musique, …), rien ne vaut les anti-prix (Big Brother Awards, Gérard de la télévision). Et celui "de la pire œuvre littéraire" russe est revenue cette année au livre de conseils, rédigé (réellement ?) par une ancienne candidate d’un jeu de télé-réalité française : Séduire à la russe ! (ou comment conquérir n’importe quel homme) de Lena Lenina. Tout un programme pour cet ouvrage, dont la couverture en dit long sur la qualité du contenu ...

Autre prix : la pire traduction attribuée à celle de Moisseieko pour Code source de William Gibson et la pire édition à Casual-2 d’Oksana Robski.

Alexandre Gavrilov, rédacteur en chef d’une revue littéraire, a notamment déclaré lors de la cérémonie de remise : "Il est facile de trouver des livres mal écrits et édités, mais difficile d’admettre que des noms célèbres sur les couvertures ne font pas forcément de bons livres [en russe]", (sans faire allusion à Lena Lenina, bien sûr !).

Source : Newsru.com et Ria Novosti

Trois questions à Joëlle Dublanchet

Par Aurialie le 23.02.2008 à 19h44

Le 9 février était remis à Joëlle Dublanchet le 2e Prix Russophonie, récompensant la meilleure traduction du russe vers le français. A cette occasion, elle a accepté de répondre à quelques questions sur son métier.

Pouvez-vous nous raconter comment vous avez travaillé sur ces traductions ? Avez-vous rencontré les auteurs ? Si oui, que cela vous a-t-il apporté ? Quel travail avez-vous effectué en amont ?

En ce qui me concerne, je n’ai pas de théorie de la traduction, je n’ai jamais suivi aucun cours qui m’aurait expliqué comment aborder une œuvre en langue étrangère, et les traités divers et variés sur le sujet m’ont toujours prodigieusement ennuyée.
Je n’ai qu’un seul credo : fidélité au texte, à son contexte, et recherche permanente du mot juste, et surtout, du ton juste.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Zakhar Prilepine et Andreï Guelassimov utilisent-ils des expressions qui leurs sont propres, spécifiques ?

Les deux romans pour la traduction desquels j’ai obtenu le prix Russophonie n’avaient en commun que d’avoir été écrits par des écrivains jeunes, et d’être enracinés dans leur temps. Mais les problèmes traités étaient radicalement différents, et le style ne l’était pas moins.
Dans L’année du mensonge, Andreï Guelassimov dresse par petites touches un portrait de cette Russie d’après perestroïka qui se cherche et a du mal à se trouver. Son style est vif, nerveux, très souvent elliptique – ce qui rend parfois la traduction difficile. Il faut plonger dans la psychologie du personnage pour comprendre pleinement ce qu’il veut dire et trouver le style qui lui convient le mieux. En outre, l’auteur emploie un vocabulaire argotique, émaillé de grossièretés. Or rien n’est plus difficile à traduire que l’argot, entre autres parce qu’il y en a plusieurs.
J’ai eu d’emblée des relations confiantes et amicales avec A. Guelassimov dont j’ai fait la connaissance en novembre 2004, à l’occasion des Belles Etrangères. Les éditions Actes Sud venaient de publier La Soif. Il m’est arrivé de contacter l’écrivain pour me faire préciser quelque chose, mais la difficulté, avec lui, n’est pas tant dans la compréhension que dans le rendu de son style.

La traduction de Pathologies, de Zakhar Prilepine, a été un tout autre problème. Il m’a fallu plonger dans un univers que je ne connaissais absolument pas : la guerre, les armes, les missions, le vocabulaire et le quotidien des soldats. Je ne connaissais pas l’écrivain et je n’ai pas cherché à le connaître avant son arrivée à Paris, à l’occasion de la parution du roman, en octobre 2007, aux éditions des Syrtes. Les difficultés que j’ai rencontrées dans ce travail ont tenu au fait qu’il a fallu s’approprier, maîtriser un vocabulaire que je connaissais mal : l’écrivain, ici, ne m’aurait été d’aucun secours. J’ai été très heureuse, néanmoins, de faire sa connaissance : il y a toujours un moment où cette étape devient nécessaire – avec les écrivains modernes, bien sûr.

D’après vous, quel impact peut avoir ce prix sur votre parcours professionnel ? Quelles sont les œuvres sur lesquelles vous travaillez actuellement ?

Ce prix Russophonie m’apporte une immense joie tout d’abord. Voir mon travail reconnu par un jury composé d’éminents spécialistes de la Russie, et des littératures française et russe. Je tiens à exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui ont œuvré pour la création de ce prix : il permet de faire sortir de l’ombre les travailleurs solitaires que nous sommes, et surtout, de mieux faire connaître en France une littérature russe foisonnante et vivante.
J’espère enfin qu’il me donnera l’occasion de traduire encore et toujours des œuvres fortes et originales.

Je traduis en ce moment le dernier roman de Guelassimov Rachel, qui paraîtra prochainement chez Actes Sud, avant de m’attaquer au deuxième roman de Zakhar Prilepine San’kja.

Photo de Samir Belkaid

2e Prix Russophonie J-8

Par Aurialie le 01.02.2008 à 23h21

Dans une semaine, le nom du 2e vainqueur du prix Russophonie, récompensant la meilleure traduction du russe vers le français, sera dévoilé.

Les œuvres traduites sont nombreuses - dix-sept romans, six volumes de nouvelles ou de contes, trois de récits, sept livres d’écriture personnelle ou autobiographique (lettres, carnets, mémoires), trois recueils poétiques, trois pièces de théâtre et deux essais, soit quarante et un ouvrages parus entre le 1er octobre 2006 et le 30 septembre 2007 (quelques une avaient d’ailleurs été citées ici) - le choix risque d’être difficile.

Rendez-vous est donc donné samedi 9 février au salon Expolangues à partir de 17h (salle Beibei) pour savoir qui va succéder à Jean-Baptiste Godon pour sa traduction d’Au Diable Vauvert de Evgueni Zamiatine.

Il ne s'agit pas de beaucoup lire, mais de bien lire (Aristippe)

Par Aurialie le 04.01.2008 à 20h32

A voir la longue liste d’œuvres sélectionnées pour le 2e Prix Russophonie, on se dit que l’on a encore beaucoup d’auteurs à découvrir. Pour ma part, je n’en ai lu que quatre : Pathologies de Zakhar Prilepine, le Lard bleu de Vladimir Sorokine, Nouvelles de Saint-Pétersbourg de Nicolaï Gogol et l’Année du mensonge d’Andreï Guelassimov. Je fais quand même mieux que l’année dernière où je n’avais lu que Douloureuse Russie d’Anna Politkovskaïa.

Ce prix, qui a été créé pour encourager la traduction d’ouvrages littéraires du russe en français et promouvoir la culture littéraire du monde russophone dans l’espace francophone, a donc réussi son pari. En regardant la couverture et le titre des différents ouvrages sélectionnés, on a envie de lire Carnet d’un psychopathe de Vénédict Erofeiev, Emmuré vivant de Natalia Alexandrova, Le Gambit du diable de Yakov Braun, Sophia Petrovna de Lydia Tchoukovskaïa et … les autres. Alors, à vos bouquins !

Résultats du concours Grani.ru

Très souvent mentionné sur ce blog, le concours organisé par le site d’informations en ligne Grani.ru vient enfin de révéler ses grands gagnants. Pour rappel, le thème du concours était "La fin de l’ère Poutine" et les créateurs de tous styles s’en sont donné à cœur joie. Arrivés premiers ex æquo, Dmitri, web designer moscovite fait la nique à Poutine, tandis que Maxime Zakharov, ingénieur vidéo de Kaliningrad, décrit la Russie comme un programme endommagé par une "erreur incorrigible", dont il faut "réinstaller le système" (image ci-dessus).

A la deuxième place, on trouve l’image montrée ici le 10 août représentant une Russie que l’on essore pour récupérer tout le pétrole, avec la légende "les Tchékistes en poste [prennent] jusqu’à la dernière goutte…". Ex æquo, Sergueï Sorokin, rédacteur en chef du journal Zyrianskaïa Jizn’, interdit par les autorités et diffusé uniquement sur Internet maintenant, a imaginé un verre grossissant devant une rangée de bouteilles de vodka Putinka révélant le mot allemand kaput (PutinkaPutinka), "mort", "fini".

Une vie consacrée au piano

Par Aurialie le 10.09.2007 à 00h42

La pianisteVéronique Lautard-Chevtchenko, très peu connue en France, est de ces femmes au destin surprenant qui ont décidé de vivre en Union Soviétique par amour. Mais à la fin des années 30, la vie en URSS est dure, la suspicion du Parti omniprésente et son mari Vladimir Chevtchenko est alors arrêté et fusillé (en 1941). Véronique, Véra pour les Russes, est, quant à elle, envoyée dans un camp à Sakhaline puis à Sevuralag. Elle avait fait de sa passion, le piano, sa profession, et continua de pratiquer son art, malgré ses mains déformées par le travail, sur un clavier muet qu’elle avait taillé dans le bois de sa couchette. Pendant treize ans, elle "joue" ainsi du Bach, Beethoven, Debussy, … Son premier jour de liberté à Nijniï Taguil est consacré à la recherche d’un piano, qu’elle trouve à l’école de musique.

En 1965, un article de la Komsomolskaïa Pravda change sa vie : l’académicien Mikhaïl Lavrentiev, fondateur de la branche sibérienne de l’Académie des Sciences d’URSS l’invite à travailler à Akademgorodok, près de Novossibirsk. Dans son petit deux-pièces, où se pressent ses admirateurs, elle joue sans relâche sur un piano à queue. Elle enchaîne les tournées, à Moscou, Leningrad, Odessa, Novossibirsk, Kiev, … Elle refuse de rentrer en France, malgré les nombreuses propositions, pour ne pas "trahir la mémoire des femmes russes qui [l]’ont aidée à survivre à l’enfer de la réclusion." Vera Lautard-Chevtchenko s’éteint en 1981, ne laissant que sept morceaux enregistrés.

En 2006 un concours international de piano portant son nom est organisé de Novossibirsk. Les lauréats de ce concours seront en représentation gratuite les 18 et 19 septembre à 20h30 à la salle Cortot (78 rue Cardinet Paris 17e, programme en pièce jointe), mais aussi à Pau le jeudi 20 septembre (Théâtre St Louis) et à Bordeaux le vendredi 21 septembre (Maison cantonale de La Bastide). La prochaine édition du concours Véra Lautard-Chevtchenko aura lieu a Novossibirsk du 1er au 14 décembre 2008.

Programme des concerts de Paris
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