Tous les articles sur le mot clé : crise

Le chiffre du jour : 22,6%

Par Aurialie le 04.09.2009 à 01h01

Au premier semestre 2009, le nombre de voyages des Russes à l’étranger a diminué de 22,6% par rapport à la même période en 2008. La Chine est la plus touchée par cette baisse (-59%), viennent ensuite l’Ukraine (-48%), la Lituanie (-47,5%), la Croatie (-42%), la Thaïlande (-40%), les Emirats arabes unis (-24,4%), l’Italie (-19,7%), la Tunisie (-19,4%), la Turquie (-18,5%), la Grèce (-18,3%), la Finlande (-16,7%), l’Espagne (-16%), la France (-14%) et l’Egypte (-8%).

Irina Tiourina, qui s’occupe des relations presse de l’Union russe de l’industrie touristique, explique que la diminution du nombre des voyages n’est pas seulement lié à la crise financière. Elle est aussi dû à des problèmes locaux. Ainsi, les Russes voyagent moins en Chine, à cause du durcissement des règles douanières (avant les touristes pouvaient compenser une partie du coût du voyage en ramenant des produits chinois). En ce qui concerne l’Ukraine, ce sont les prix élevés, un service mauvais et les différends politiques qui sont en cause. Enfin, la Turquie est touchée par la concurrence egyptienne : les hôtels en Egypte ont baissé leur prix, contrairement aux hôtels turques.

D’autres destinations ont vu le nombre de touristes russes augmenter : Israël (+63% par rapport au 1e semestre 2008 et +95,5% par rapport au 1e semestre 2007), les Etats-Unis (+36%), la Suisse (+26%), la Corée du Sud (+24%), les Pays-Bas (+21,5%), l’Indonésie (+15,5%), la Lettonie (+12%), le Royaume-Uni (+9,5%) et la Bulgarie (+8,6%).

Enfin, certaines destinations ont une fréquentation stable : l’Inde, le Vietnam, l’Allemagne, le Monténégro et Chypre. Tous ces noms de pays donneraient presque envie de partir et s’envoler très loin.

Source : Lenta.ru

Sortir de la crise grâce à une cuillère ?

Par Aurialie le 13.06.2009 à 00h51

Sergueï Elkin a dessiné cette caricature de Dmitri Medvedev tenant une énorme cuillère et disant : "Vraiment, des moyens inépuisables de lutte contre la crise", car mercredi dernier, il s’est vu offrir la plus grosse cuillère en bois peinte au monde, fabriquée par Khokhlomski Khoudojnik. Selon les créateurs de cette cuillère géante (2 mètres pour 15 kilos), celle-ci pourrait devenir l’outil indispensable dans la lutte contre la crise financière. Ils espèrent en tout cas que ce cadeau portera chance à Medvedev.

Source : Ria novosti

Du soutien et encore du soutien

Par Aurialie le 10.06.2009 à 00h34

Une carte avec une tête de mort dans la main d’Artiom Loskoutov, dont j’ai maintes fois raconté l’histoire, voilà un parfait hommage au député européen suédois, issus du Parti pirate, qui va bientôt siéger au Parlement européen (même s’il y a peu de chance qu’il y ait un rapport). Quoiqu’il en soit (désolée de divaguer ainsi), Artiom (ou Artem selon la translitération française ou anglaise) passe, aujourd’hui 10 juin, en cassation pour demander sa remise en liberté. Son comité de soutien, quant à lui, continue à se mobiliser : manifestation, pétition, journée de solidarité, désir d’internationaliser la campagne de soutien, poursuite de la grève de la faim d’artistes de Saint-Pétersbourg, ...

Autre lieu, autre mobilisation qui mérite également d’être citée : les ouvriers au chômage de Pikalevo protestent pour réclamer la réouverture des usines de la ville et le règlement des arriérés de salaire. Le Premier ministre, V. Poutine, est intervenu en personne pour trouver une solution à la situation (ce qui a d’ailleurs inspiré ce dessin à Sergueï Elkin). On dit merci qui ? Merci Vladimir !

Source photo : Svobodanews

Attention humour noir

Par Aurialie le 17.05.2009 à 00h49

Le début de la vidéo commence par le message suivant : "Vous avez été renvoyé ? Vos économies se sont envolées ? Vous n’êtes plus en mesure de rembourser vos crédits ? Le coupable dans tout cela est la crise financière mondiale. Il ne faut pas se décourager, mais tout simplement suivre nos conseils, que des millions de personnes utilisent déjà. Survivez à la crise dans le coma. Le coma est le seul état où vous vous éloignez de vos problèmes, n’est-ce pas ce dont vous avez besoin actuellement ?" ... Un peu de cynisme, tout un programme !

Suivent alors trois moyens pour tomber facilement dans le coma : l’alcool (une bonne cuite comme vous n’en avez jamais eue avant), l’étouffement (avec un sac plastique par ex.), un traumatisme crânien (par le biais d’un accident de voiture).

Cette pseudo-pub se termine par un "vous voyez, il n’y a rien de plus simple" et les avantages à cette situation : l’organisme ne vieillit pas, vous perdez du poids, vous dormez autant que vous voulez, et c’est l’État qui prend à sa charge tous les frais.

Mais bien sûr, il y a un autre message final : Il ne faut pas aller à de tel extrême pour survivre à la crise économique, il faut seulement commencer à gagner de l’argent (s’en suit l’adresse du site internet à l’origine de cette publicité). Les conseils ci-dessus ne sont donc surtout pas à suivre...

Le dessin du jour de Sergueï Elkin

Par Aurialie le 26.02.2009 à 22h07

Une fois de plus Sergueï Elkin a vu très juste avec son dessin du jour, représentant le ministre des finances, Alexeï Koudrine, très abattu devant les chiffres de l’économie russe pour 2009.

1e image : Avec notre économie, tout va tellement mal, tellement mal...
2e image : un peu comme ça...
3e image : mais en fait, c’est encore pire

Militarisation anti-crise ?

Par Aurialie le 23.02.2009 à 23h59

Hier, je relayais un article de RFI faisant référence à la volonté de Dmitri Medvedev de proposer un nouveau contrat à la population russe pour résoudre la crise, meilleure solution que celle d’imposer un régime totalitaire et supprimer toute dissidence. Mais quand on lit la traduction par Courrier International d’un article de RBK Daily sur le renforcement de l’appareil de sécurité devant les risques d’instabilité liés à la crise, on est tout de suite moins optimiste.

Morceaux choisis de l’article : Le président Dmitri Medvedev a décidé de constituer une unité fédérale de réserve composée d’agents issus des administrations de la force publique au moment même où le Comité des pêches a annoncé que les gardes-pêche seraient dotés d’armes à feu et qu’une brigade spéciale de lutte contre les braconniers serait créée. Par ailleurs, la production de nouveaux blindés chargés de disperser les manifestants a été lancée. Ainsi, le total des effectifs relevant de diverses structures militarisées mais destinés à répondre aux défis intérieurs russes est en train de dépasser celui de l’armée. Selon les observateurs, la réponse à la crise choisie par les autorités est une militarisation de l’appareil d’Etat.

"Une partie des hauts fonctionnaires fédéraux vit dans l’illusion qu’il est possible de se prémunir des effets de la crise à l’aide de méthodes militaires, déplore le député Guennadi Goudkov, membre de la Commission de la sécurité à la Douma. C’est complètement irréaliste. L’Histoire fourmille d’exemples montrant que la militarisation de l’Etat ne fait qu’aggraver le risque d’affrontements armés."

Le sujet est d’actualité, aujourd’hui c’est la fête des défenseurs de la Patrie. Mais c’est aussi l’anniversaire de Kasimir Malevitch, créateur du suprématisme.

Petit film de crise

Par Aurialie le 08.02.2009 à 23h04

Poursuite de la thématique "crise", avec ce court dessin animé, intitulé "La gestion fiduciaire dans les conditions de la Russie".

Deux autres vidéos ont été faites par le studio Fx.ru : "La crise de l’île de la stabilité" et "La paie". Ce n’est pas d’une grande subtilité, mais ça change des mauvaises nouvelles et des chiffres déprimants.

"Il n'y aura pas de dévaluation du rouble !" Vraiment ?

Par Aurialie le 07.02.2009 à 23h04

Depuis le début de la crise financière, les autorités russes, notamment l’assistant du président Arkadi Dvorkovitch, le ministre du développement économique, Igor Chouvalov, ou encore le Premier ministre, Vladimir Poutine, répètent qu’il n’y aura pas de dévaluation du rouble. Et pourtant depuis plusieurs mois, le cours du rouble ne cesse de baisser par rapport à ses monnaies de référence : le dollar et l’euro. Ainsi, le 2 février, un euro valait 46,1 roubles, le dollar 36,18 roubles. Mutin 2007 a donc imaginé les phrases que pourront entendre les Russes, au fur et à mesure de la baisse du cours du rouble (par rapport au dollar, je pense) :


A 24,5 – le rouble sera stable
A 26,7 – la dévaluation est impossible
A 28,1 – il n’y aura pas de dévaluation brutale du rouble
A 30,8 – une dévaluation brutale du rouble cèdera à une correction douce et raisonnée
A 36,4 – une correction des prix et des cours contribuera à une relance de l’industrie
A 39,9 – soutenir le rouble n’est pas une fin en soi
A 42,2 – la population y gagnera
A 45,9 – vive un cours du rouble juste
A 49,8 – il ne se passera rien de grave. L’essentiel c’est la stabilité !

Combien de temps va durer la méthode coué du gouvernement ?

L'utopie de paysans-poètes du XXI siècle

Par Aurialie le 04.02.2009 à 23h23

Est-ce l’angoisse de la crise économique qui incite ainsi les journalistes à faire des reportages sur l’utopie d’une communauté de paysans-poètes ukrainiens ?

Sparta, acronyme de ???????????????????? ??????????????? ?????????? ???????? ???????? ??????????, que l’on peut traduire approximativement par Association agricole poétique de développement de l’activité laborieuse, a établi une théorie du bonheur qu’elle met en pratique depuis plus de 10 ans dans une ferme près de Kharkov. La vie y a l’air simple : travail agricole, vie saine (pas de cigarette, ni d’alcool), temps libre dédié à l’enseignement et à la culture (écriture de poèmes, étude de l’espéranto et de 77 sujets pour développer son humanité), décisions sur l’activité de la commune prises lors de l’assemblée parlementaire, ...

Leur référence suprême est Pythagore et partout dans la ferme on trouve le nom de grands hommes (Pouchkine, Vissotski, Essenine, Lénine, Socrate, Gorbatchev, ...) et de nombreuses citations ("Tout le pouvoir aux poètes", "Faites vite de bonnes actions", "Avant il fallait penser à la Patrie, maintenant penses à toi"). Les deux personnes les moins appréciées "ont l’honneur" de figurer sur la porte des toilettes, il s’agit de Staline et de Eltsine.

Le retour à la nature et à une vie d’ascète est-il une solution à la crise actuelle ? Pour les membres de Sparta, cela ne fait aucun doute, mais l’utopie n’a pas sa place dans notre monde mercantile.

L'inquiétude des "villes-entreprises" russes face à la crise

Par Aurialie le 03.02.2009 à 23h23

Il y a un mois, j’avais évoqué un article du journal Vedomosti relatant un scénario de crise dont le premier acte était le licenciement massif des salariés d’une entreprise qui faisait vivre la ville (en russe " ?????????"). Aujourd’hui, SmartMoney (hebdomadaire d’analyse économique de Vedomosti) publie un article sur la situation économique de ces villes-entreprises, qui subissent un chômage de masse avec la crise économique mondiale et des manifestations de personnes inquiètent pour leur avenir.

Sur cette carte, illustrant l’article, nous pouvons notamment voir qu’à Sourgout, la compagnie pétrolifère et gazière Sourgoutneftegaz emploie près d’un tiers des habitants de la ville, ou encore qu’à Norilsk plus d’un quart des habitants travaillent à Norilskii nickel. Mais la situation est encore plus délicate dans les petites villes vivant grâce à une seule entreprise. C’est le cas du village de 5.000 habitants de Moundybach (région de Kemerovo), très dépendant d’Evraz Group, qui a décidé de fermer son usine. Cette holding fait vivre 8 villes russes et une population de 696.000 âmes. Selon l’Institut de politique régionale, en Russie il y a 460 localités qui sont ainsi dépendantes de compagnies, soit 25 millions de personnes. Le "champion" est Rousal avec entre ses mains le destin de 13 villes et 815.000 personnes.

Dmitri Medvedv a déjà demandé à ses représentants plénipotentiaires et aux gouverneurs de préparer un plan en prévision des licenciements massifs. Le pouvoir compte résoudre le problème avec 43,7 milliards de roubles, notamment en mettant en place du travail temporaire ou en déplaçant les personnes sans-emploi dans les lieux où il y a des offres d’emploi. Selon le directeur de l’Institut de politique régionale, Boulat Stoliarov, un programme anti-crise réaliste devrait s’élever à 400 milliards de roubles : 300 milliards en substitution des recettes municipales en baisse et 100 milliards pour le maintien du secteur social.

En attendant la mise en place d’un plan de relance, des manifestations de salariés licenciés inquiets pullulent dans l’ensemble de la Russie. Pour le moment, le Kremlin utilise des méthodes simples pour répondre à leurs inquiétudes : organiser des meetings anti-crise pour leur expliquer les actions du gouvernement, telle la manifestation sur la place du Manège à Moscou ce week-end.

Source : SmartMoney

Les 3 chiffres du jour

Par Aurialie le 29.01.2009 à 23h26

Le site d’informations Lenta.ru a multiplié les chiffres peu réjouissants sur la Russie aujourd’hui :

  • entre le 16 et le 23 janvier les réserves internationales d’or et de devises russes ont perdu 9,7 milliards de dollars pour atteindre la somme de 386,5 milliards de dollars. La cause principale : la dévaluation du rouble par la Banque centrale de Russie. En août 2008, les réserves s’élevaient à près de 600 milliards de dollars
  • à la fin de l’année 2009, il devrait y avoir 7 millions de sans-emplois selon le vice-président de la santé publique et de l’économie sociale. Actuellement le nombre de chomeurs s’élèvent à 2,2 millions, mais dans les faits, ils seraient en réalité 6 millions, selon le chef du service fédéral du travail.

Malheureusement en ces temps de crise, on retrouve à peu près les mêmes chiffres sinistres pour les autres pays...

Les illusions perdues de la Russie

Par Aurialie le 28.01.2009 à 23h38

Cette semaine, Courrier International fait sa une sur la Russie avec le titre "Nos illusions perdues". Selon leur introduction, "le triomphalisme n’est plus de mise au Kremlin, car depuis l’été dernier, les difficultés s’accumulent. Au lieu de consacrer la puissance de la Russie, la guerre avec la Géorgie puis le conflit gazier avec l’Ukraine n’ont fait que renforcer la méfiance occidentale. Et la violence de la crise économique annonce des remous sociaux d’une ampleur inhabituelle."

Cinq extraits de journaux et magazines russes illustrent ce dossier :

  • un article d’Itogui, que Courrier International a titre "l’Année de tous les dangers" : "Le tandem Medvedev-Poutine résistera-t-il à la crise ? Malgré sa popularité, il devra compter avec le mécontentement d’une population inquiète."
  • un article d’Ogoniok, intitulé "Et maintenant, le retour au bon vieux troc" : "Quand on ne peut plus régler les fournisseurs, verser les salaires ou payer les impôts, on peut toujours échanger des marchandises. Et les Russes ont beaucoup de savoir-faire en la matière."
  • un article de Kommersant-Vlast, titré "Gazprom battu en brèche" : "Réaction inattendue des Européens au conflit russo-ukrainien : ils cherchent désormais à s’approvisionner en Asie centrale. Un mauvais coup pour la stratégie russe."
  • un article de Profil, intitulé "Vive la solidarité" : "Le gouvernement ne peut pas se contenter d’un saupoudrage de mesures économiques. Un véritable contrat social entre l’État et les employeurs doit être conclu."
  • un article de Vzgliad titré "La futilité et le glamour, c’est fini" : "Avant même la crise économique, la guerre russo-géorgienne a fait l’effet d’un électrochoc pour l’élite intellectuelle. Réflexions."

Ce dossier est intéressant puisqu’il donne le point de vue de journaux russes sur la crise et ses conséquences sur la vie quotidienne, politique, sociale en Russie. Si ces mêmes articles avaient été rédigés par des journalistes occidentaux, on les aurait certainement taxé d’anti-russisme primaire...

Les bons côtés de la crise

Par Aurialie le 06.01.2009 à 00h20

Depuis 4 mois, on entend parler de crise économique et de ses aspects négatifs : difficulté à trouver un emploi, à gagner sa vie, chômage technique, licenciements massifs, ... Grani a demandé à des hommes politiques, écrivains, experts de décrire les conséquences que pourraient avoir la crise en Russie, étonnamment les aspects positifs sont majoritaires :

  • engagement des citoyens, notamment des jeunes, dans des mouvements tels que Solidarnost (Boris Nemtsov, homme politique)
  • modification de la structure de l’économie, qui repose actuellement sur le gaz et le pétrole (B. Nemtsov)
  • période d’augmentation de la concurrence et de l’efficacité personnelle, notamment dans les régions (Nikita Belikh, gouverneur de la région de Kirov)
  • influence de la crise sur les phénomènes stagnants, qui se sont formés dans l’économie et la société russes (Evgueni Iassine, responsable scientifique de la Haute école en économie) -* prise de conscience de la société qu’il ne faut rien attendre de l’État, mais tenter de s’en sortir par soi-même (Dmitri Orechkine, directeur du groupe d’analyses Merkator)
  • preuve des problèmes du pouvoir existant, de ses erreurs, de son incompétence à trouver des réponses adéquates (Garry Kasparov, leader du Front citoyen unifié, et Vladimir Sorokine, écrivain)
  • coup de fouet dégrisant qui permet de revoir la stratégie de son business, de sa vie (Gueorgi Satarov, président du fond Indem)
  • possibilité de démonter l’optimisme béat du pouvoir, qui avait atteint des sommets insurmontables ces derniers temps (Igor Irteniev, poète)
  • baisse des prix de l’essence (B. Nemtsov)
  • baisse des prix de l’immobilier (B. Nemtsov, G. Satarov et Maria Gaïdar, femme politique)

Voilà enfin des bonnes nouvelles !

Source image : Attac Bruxelles

Des scénarios pour 2009

Par Aurialie le 05.01.2009 à 00h02

Le journaliste et homme politique Andreï Piontkovski a établi pour Grani trois scénarios de l’évolution possible de la Russie en 2009. Selon lui, tous les experts s’accordent sur un point : l’évidente inconsistance et inviabilité de la kleptocratie poutinienne, désastreuse pour le système économique et politique de la Russie. Au début de l’année, Piontkovski pense qu’elle devrait se diviser en deux groupes distincts : la nationale-kleptocratie et la globo-kleptocratie.

Le premier scénario voit le succès des nationaux-kleptocrates (à savoir, le clan des tchékistes à la tête duquel on trouve Vladimir Poutine entouré des hommes d’affaires Setchin, Ivanov et Tchemezov) signifiant le maintien du "capitalisme pour les amis" et la répression impitoyable des manifestations de l’opposition. Poutine redevient président (par le biais d’élections anticipées, ou par l’établissement de l’état d’urgence), les adversaires potentiels tombent sous le coup de nouveaux articles du Code pénal sur l’espionnage et la haute trahison. Conséquences attendues à court terme : fascisation du champ idéologique, atmosphère de forteresse assiégée, tentatives "d’annexion des terres des Russes" dans l’espace post-soviétique. Mais au bout d’un an ou deux, un krach se produira menant à la désagrégation de la Fédération de Russie.
-> Probabilité de réalisation : 70%

Le deuxième scénario commence avec la victoire des hommes d’affaires de la globo-kleptocratie, composée notamment d’Abramovitch, Volochine, ou encore Tchoubaïs, c’est-à-dire, ceux mêmes qui ont "créé" Poutine et l’ont mené à la tête du pouvoir. Leur premier tâche : faire signer à Medvedev un décret révocant le Premier ministre Poutine. Ensuite ajouter un peu plus d’esprit de compétition en économie et en politique. Mais la crise mondiale amène bien plus qu’un peu plus de liberté, c’est une véritable explosion de l’activité sociale et politique, que les globo-kleptocrates sont incapables de contrôler. Ils disparaissent alors de l’arène politique, Medvedev provoque des élections anticipées de l’Assemblée constituante et promet de se retirer ensuite. Il y a deux suites possibles :
- un groupe armé d’extrême gauche réussit à obtenir une minorité de 20% des voix, disperse l’Assemblée Constituante et proclame la Grande révolution décembriste socialiste de 2009. Ce nouveau cycle historique dure un certain temps, mais s’achève par la désagrégation de la Fédération de Russie.
-> Probabilité de réalisation : 15%.

- l’Assemblée Constituante forme un gouvernement de coalition gauche/libéraux, qui obtient la confiance d’une forte majorité de la population du pays. Commence une voie lente et difficile de la renaissance démocratique de la Russie.
->Probabilité de la réalisation : 15%.

Et sur ces charmantes perspectives, M. Piontkovski souhaite aux lecteurs une bonne année 2009...

Source image : Compromat.ru

Malevitch - pressentiment de la crise

Par Aurialie le 24.12.2008 à 00h29

Sergueï Elkin a une fois de plus vu très juste dans ce dessin, appliquant le style suprématiste de Kasimir Malevitch à la situation économique actuelle.

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