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De l'art aux quatre coins des rues russes

Par Aurialie le 25.03.2012 à 01h09

Graffitis, mosaïques, stickers, installations... tout le monde connait le street art, ou art urbain en français, (on croise tous les jours dans la rue des créations plus ou moins réussies), l’un des représentants les plus connus étant le Britannique Banksy. En Russie, les street artistes ne manquent pas, en voilà 4 exemples.

Le 1e est la dernière installation de Timofeï Radya, artiste d’Ekaterinbourg, né en 1977, qui tient un blog intitulé "Anybody who makes street art is a friend of mine". Sa création, bon exemple de détournement, est l’affiche ci-dessous, collée sur un panneau près du chantier du Passage, dans le centre d’Ekaterinbourg, annonçant "Ici, il y aura une forêt".

Et en dessous de cette annonce : "Du fait du mécontentement soulevé par la construction d’un nouveau centre commercial, dans le centre historique d’Ekaterinbourg, le plan de reconstruction doit être modifié. La société Malycheva-73 avec le gouverneur de la région de Sverdlovsk, le gouvernement de la région de Sverdlovsk, l’administration de la ville d’Ekaterinbourg et le représentant du District fédéral de l’Oural ont décidé de rétablir l’aspect historique de la ville. La forêt dans l’Oural est apparue bien avant la ville. Déjà Pavel Petrovitch Bajov avait déclaré : "Les arbres se conduisent mieux que les hommes." Ils sont sûrs que la nouvelle forêt va ravir les habitants et visiteurs d’Ekaterinbourg."

L’affiche est donc fausse, et c’est dommage, mais le mécontentement réel pour certains habitants de la ville, qui ne veulent pas voir l’ancien bâtiment Passage détruit. Par contre, d’autres voient les avantages d’avoir un centre commercial neuf dans le centre, c’est pourquoi une consultation publique s’est tenue vendredi pour faire avancer le débat.


Ces photos ont été prises par Sosnitsky à Rostov-sur-le-Don. Il explique que "ce n’est pas la première fois que des personnes décorent avec des oiseaux en origami les arbres de la ville. Les passants les regardent avec enthousiasme ou tout du moins sourient." Et je suis d’accord avec sa conclusion : "Parfois, il en faut peu pour remonter le moral".

Je voulais terminer avec un peu d’amour, ou presque, avec cette création de Pavel183, que j’ai déjà évoqué ici et qui est même surnommé le Bansky russe. Alors que le graffeur écrit "je t’aime" en quatre langues, sa copine lui dit "Chéri, t’es débile, ça ne paie pas". Le commentaire de Pavel est le suivant : "Combien de fois ça a été ainsi... Je pense que beaucoup ont entendu cela."

Mais j’ai finalement choisi ce graffiti, dont l’auteur est inconnu, publié par Nomobullshit et représentant Vladimir Poutine, coupant la lettre R de "Révolution", donnant ainsi le mot "Évolution". J’aime beaucoup l’idée de ce graffiti, et bien sûr, on ne peut que souhaiter que ça devienne vrai.

Et pour ceux qu’ils veulent découvrir d’autres oeuvres urbaines, Street Art Utopia a recensé les 106 meilleures créations de 2011, qui ne sont bien sûr pas toutes russes !

Les Cahiers d'Igort

Par Aurialie le 15.03.2012 à 23h57

Contrairement à ce que je pensais, il y a pas mal de BD qui se déroulent en Russie ou en URSS. Dernières sorties, les BD du dessinateur italien, Igort, qui traitent d’aspects assez sombres de l’histoire russe et soviétique : Les Cahiers Ukrainiens - Mémoires du temps de l’URSS, sortis en juin 2011, mettaient en image les témoignages d’Ukrainiens ayant vécu la famine des années 30, la collectivisation forcée, la catastrophe de Tchernobyl, ... Les Cahiers Russes - La guerre oubliée du Caucase, sortis en début d’année, part de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, pour montrer la violence d’une partie de la Russie actuelle : la brutalité des soldats russes en Tchétchénie, les zatchistkas, les tragédies de Nord-Ost et de Beslan (pour lesquelles Anna Politkovskaïa a essayé de servir de médiateur), les assassinats de Stanislas Markelov et Anastasia Babourova, ...

Les dessins d’Igort sont d’une noirceur impressionnante, il tente de mettre en image les témoignages recueillis par Anna Politkovskaïa, mais aussi par lui-même lors de ses nombreux voyages en Russie, Sibérie et en Ukraine.

Plusieurs médias ont parlé du dernier ouvrage d’Igort : Télérama (média pour lequel l’auteur commente trois planches), FranceTV (qui rappelle que l’organisation Amnesty International s’est associée à cet ouvrage), le Mouv’, RFI, Rue89 ...

Bref, si vous n’avez pas beaucoup de temps pour lire, je vous conseille de lire ces deux BD témoignages, elles valent vraiment le coup.

Russenko, le festival russophone kremlinois

Par Aurialie le 16.01.2012 à 19h48

S’il y a bien une ville en France qui pouvait accueillir un festival sur la culture russophone, c’est bien le Kremlin-Bicêtre (pour la petite histoire, le mot "Kremlin" vient d’un cabaret appelé "Au sergent du Kremlin" situé à proximité de l’hôpital de Bicêtre, où étaient soignés des vétérans de la campagne de Russie napoléonienne et autour duquel une petite agglomération se développa progressivement, à partir de 1830). Organisé depuis 2010, le festival Russenko présente pendant 3 jours des artistes contemporains dans différents domaines : cinéma, littérature, photos, musique, installations artistiques, ... il y en a vraiment pour tous les goûts.

A voir, entre autres, l’exposition Génération P, du nom du célèbre roman de Viktor Pelevine, montrant les œuvres de 10 artistes ayant grandi en Russie dans les années 90, "durant cette période pleine de contrastes, comprise entre les fantômes d’une histoire révolue et les impératifs d’une civilisation consumériste". On peut y voir des vidéos, photographies, dessins, ... et notamment les deux œuvres illustrant cet article : à gauche, un dessin d’Alexeï Kallima et à droite, une installation de Valery Chtak.

Le festival aborde également des questions sérieuses, notamment par le biais de table-ronde, telle que "Le Caucase, talon d’Achille de la Russie ??"

A voir et à entendre du 27 au 29 janvier, au Kremlin-Bicêtre.

Source image : Russenko

J-1 avant le 2e forum des activistes citoyens

Par Aurialie le 29.09.2011 à 00h09

Je serais à Moscou du 30 septembre au 2 octobre, je n’aurais pas résisté à l’appel de Iouri Chevchtchouk de me rendre au 2e forum des activistes citoyens, prolongation de celui appelé Antiseliger, organisé cet été dans la forêt de Khimki.

Parmi les organisateurs, on retrouve Evguenia Tchirikova, célèbre défenseure de la forêt de Khimki, et Alekseï Navalny, créateur du site RosPil, contre la corruption des fonctionnaires. La culture occupe également une grande place dans ce forum, notamment avec la présence de l’écrivain Dmitri Bykov, du directeur du centre culturel  ?????.doc Mikhaïl Ougarov, du musicien Vassili Choumov, ...

Le programme complet et toutes les informations sont disponibles sur le site Posle-oceni.ru.

Des révolutionnaires et des livres

J’ai lu quelques très bons livres dernièrement, le dernier étant San’kia de Zakhar Prilepine, son 3e roman traduit en français, après Pathologies et Le Péché. Cette plongée dans le parti national-bolchevique (bien qu’il ne soit jamais directement cité), via le parcours de Sacha, est absolument passionnante. Manifestations, bâtiments saccagés, violences policières, picoles entre amis, ... on suit l’itinéraire tortueux du jeune homme et de ses acolytes, prêts à être emprisonnés, voire même à mourir pour des idéaux, pas toujours très clairs, jusqu’à une action d’envergure du parti : la prise du bâtiment du gouverneur local dans plusieurs villes de Russie. Il y a alors cet échange entre Sacha et un membre de l’administration du gouverneur, Bezletov, également connaissance de son père (p.443) :

- Quel est le sens de tout cela ? Je te l’ai déjà demandé et je te le demande une dernière fois : à quoi ça rime ? Pourquoi vous êtes venus ici ?
- Le sens, c’est qu’il faut savoir pourquoi on meurt. Toi, tu ne sais même pas pourquoi tu vis.
- Ce qui est terrible, Sacha, c’est que ton âme mourra avant toi !
- Les gens comme toi sauvent leur peau en dévorant la Russie, tandis que les gens comme moi le font en dévorant leur âme. La Russie se nourrit des âmes de ses fils, c’est ça qui la fait vivre. Ce sont pas les saints, mais les maudits qui la font vivre. Même maudit, je reste son fils. Tandis que toi, tu n’es qu’un ignoble profiteur.

A lire également, l’excellente biographie de Vladimir Maïakovski, La Vie en Jeu de Bengt Jangfelot, agrémentée de très nombreuses photos de lui et de ses contemporains. Au-delà du portrait du poète, c’est la vie des artistes de l’époque

Source image : Zakhar Prilepine sur Sankya.ru, où l’on peut lire en ligne, et en cyrillique, l’intégralité du roman.

Le concours Innovation 2010 est bien audacieux

Par Aurialie le 07.04.2011 à 23h42

Eh bien voilà, c’est fait, le Centre national d’art contemporain de Moscou (CNAC) a osé décerner le prix ????????? (Innovation) dans la catégorie "Art visuel" au collectif d’artistes anticonformistes Voïna pour sa performance " ???? ? ????? ? ???" ("Le pénis prisonnier du FSB"). Quelques jours avant ce choix, le CNAC avait eu besoin de préciser que ce concours n’était pas un concours "d’Etat", contrairement à ce qu’écrivaient certains médias, laissant comprendre qu’il était libre de choisir les lauréats des différentes catégories.

En effet, la victoire de Voïna ne doit pas faire oublier les autres prix, et notamment, celui du meilleur projet régional qui est revenu à Artiom Loskoutov pour la " ??????????-2010" (Monstratsia), un défilé artistique bon enfant qui se déroule le 1er mai à Novosibirsk depuis 2004 (et dans d’autres villes russes depuis 2010).

Pour mémoire, Artiom Loskoutov avait été arrêté en mai 2009, non sans bruit et indignation, pour détention de marijuana et activité politique extrémiste, mais finalement libéré quelques jours plus tard.

Deux artistes se sont partagés le prix "Nouvelle génération" : Anna Jeloud pour son installation " ??????????? ???????" ("Suite de la visite") et Arseni Jiliaev pour son exposition " ???????? ??????" ("l’égoïsme raisonnable"). Ils se sont sûrement partagés les 100.000 roubles (2.475€) qui accompagnaient ce prix. Le collectif Voina, quant à lui, va recevoir 400.000 roubles (9.901€) et Artiom Loskoutov, 200.000 roubles (4.950€).

Enfin, le "Projet de curateur" (et 250.000 roubles/6.161€) a été attribué à Iouri Avvakoumov pour son installation " ???? ???????? ??????" ("Journée portes ouvertes"), et le prix "Théorie. Critique. Histoire de l’Art" (+250.000 roubles) a été décerné à Antonio Djeouza pour son histoire de l’art-vidéo russe.

Félicitations aux artistes ! Certains vous pouvoir payer les frais de leurs avocats...

Sources : Ria Novosti et Gazeta.ru

L'audace du concours Innovation 2010

Par Aurialie le 14.02.2011 à 00h05

Alors que deux membres du collectif Voina Oleg Vorotnikov et Léonid Nikolaev sont emprisonnés depuis le 15 novembre, le Centre national d’art contemporain de Moscou a décidé de mettre leur performance " ???? ? ????? ? ???" ("Le pénis prisonnier du FSB") dans la liste des nominés de la catégorie "Art visuel" du concours Innovation 2010, créé conjointement avec le Ministère de la Culture russe.

Cette performance, qui s’est tenue lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg du 1e juin 2010, avait pour but de protester contre les pouvoirs sans contrôle du FSB. Ce n’est pas cette action qui a conduit en prison 2 membres du collectif Voina, mais le renversement d’une voiture de police.

Les autres nominés ont fait moins parler d’eux, il est d’ailleurs difficile de trouver des vidéos de leur performance. Ils sont au nombre de quatre :
* Irina Korina, pour son installation " ????????????? ???????" ("le Processus représentatif")
* Andreï Monastyrski, pour son installation " ??????? ??" ("Corridor KD")
* le collectif ???? ????? ?????? (littéralement "Où courent les chiens" composé de Natalia Grekhova, Vladislav Boulatov, Olga Inozemtseva et Alekseï Korzoukhin) pour leur installation " ???? 2/ ???/ ???????/ ???????" ("Champs 2/Compère/Karagez/Solaris")
* le collectif  ????? ??? (littéralement "Soupe bleue" composé d’Alekseï Dobrov, Daniiil Lebedev, Alexandre Lobanov, Valery Patkonen) pour l’installation vidéo " ??? ????????" ("Sans nom")

Résultats des votes, de cette catégorie et des autres ("Projet de curateur", "Théorie. Critique. Histoire de l’Art", "Projet régional" et "Nouvelle génération") en avril.

Source photo : trenirofki

Lectures estivales

Par Aurialie le 06.09.2010 à 00h05

Voilà un compte-rendu rapide de mes lectures de l’été, non pas classées par ordre de préférence, mais par ordre de lecture. C’est bien les vacances, ça permet d’avoir du temps...

La Voie de Bro de Vladimir Sorokine
Histoire : Ce nouveau roman de Sorokine relate le parcours existentiel d’Alexandre Sneguirov/Bro : sa naissance en 1908 le jour où tombe en Sibérie une météorite, une enfance dorée, la guerre, la révolution, la fuite de sa famille, l’expédition pour localiser la météorite de la Toungouska, la découverte du pouvoir particulier de la glace qu’il trouve sur place, sa rencontre avec Fer et avec les autres frères et soeurs.
J’ai aimé : la révélation du pouvoir de la "glace" par Alexandre Sneguirov ; la recherche et la découverte des premiers frères et sœurs.
J’ai moins aimé : la répétition de la découverte des frères et sœurs ; la description de notre monde (et notamment de la Seconde guerre mondiale) par les yeux de Sacha, devenu Bro, chef de secte.

La folle équipée de Sashenka Goldberg d’Anya Ulinich
Histoire : Sasha Goldberg ne s’est jamais sentie à sa place nulle part. Enfant déjà, à Asbestos 2, au fin fond d’une vallée minière sinistrée, ses cheveux crépus, son teint mat et ses kilos en trop en faisaient la risée de ses camarades post-soviétiques. Et nul réconfort à attendre de sa mère, sans cesse déçue par cette enfant indigne de l’intelligentsia. Alors, comme son père avant elle, Sasha va tenter le rêve américain.
J’ai aimé : la partie sur la vie de Sasha dans la Russie post-soviétique, la description de personnages haut-en-couleurs.
J’ai moins aimé : son road-movie aux USA, qui est un peu long.

L’original de Laura de Vladimir Nabokov
Histoire : Philip Wild, est un brillant neurologue, âgé et laid, tourmenté par Flora, sa jeune épouse aux mœurs légères. Elle sert de modèle à l’un de ses amants, auteur d’un roman intitulé My Laura.
J’ai aimé : la mise en page du roman, avec la copie des fiches bristol de Nabokov écrites en anglais et à la main.
J’ai moins aimé : l’inachèvement du roman, qui nous laisse forcément sur notre faim ; et son côté un peu décousu.

Le nouveau nationalisme russe de Marlène Laruelle
Histoire : Marlène Laruelle dresse pour la première fois le portrait politique d’une société qui trouve dans le nationalisme une forme de retour à la normalité. Elle démontre que ce nationalisme n’est pas uniquement aux mains de mouvements d’extrême droite ou d’opposition au pouvoir, mais fait également partie intégrante des stratégies du Kremlin pour recréer de l’unité sociale après le traumatisme des époques gorbatchévienne et eltsinienne.
J’ai aimé : la panorama très complet des différentes facettes du nationalisme en Russie ; les nombreux repères historiques permettant de bien comprendre les années post-soviétiques.
J’ai moins aimé : la couverture de l’ouvrage (Poutine en chapka, en noir et blanc, il y a mieux).

Harm(s)onium

Par Aurialie le 05.09.2010 à 00h11

Connaissez-vous Daniil Harms (?????? ?????), de son vrai nom Daniil Ivanovitch Iouvatchev ? Selon Wikipedia, c’est un "poète satiriste du début de l’ère soviétique considéré comme un précurseur de l’absurde. (...) Le monde de Harms est imprévisible et désordonné, ses personnages répétant sans fin les mêmes actions ou se comportant de façon irrationnelle, des histoires linéaires commençant à se développer étant brutalement interrompues par des incidents qui les font rebondir dans des directions totalement inattendues." La vidéo ci-dessous, Harmonium, créée par une équipe russe, permet d’avoir une idée plus précise de son œuvre, puisqu’elle est basée sur la poésie et les histoires d’Harms.

Pour en apprendre un peu plus sur Daniil Harms, vous pouvez aller sur un site français qui lui est dédié ; certains de ses textes ont été mis en musique, c’est plutôt sympa. Il y a également cette vidéo étonnante d’un micro-montage où PPDA nous raconte une nouvelle de l’auteur russe.

Et pour l’histoire, Harms a été considéré comme un ennemi du régime stalinien, condamné pour activités anti-soviétiques, déporté à Koursk, interné dans un hôpital psychiatrique, où il mourut à 36 ans.

Russie en résistances

Par Aurialie le 23.04.2010 à 00h14

Dans le cadre du Printemps de Paris, festival des cultures d’Europe de
l’Est et d’Asie centrale et du Off de l’année croisée France-Russie, et en partenariat avec Amnesty International, l’Assemblée Européenne des citoyens (AEC), Avocats sans frontières, le Comité Tchétchénie, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), le Festival de Cinéma de Douarnenez, la Fondation Sakharov, Marcho Doryila, Mémorial, Novaïa Gazeta et Reporters sans frontières (RSF), la Maison d’Europe et d’Orient consacre un week-end à la société civile et aux minorités culturelles.

Exposition (Russie : Victimes du devoir), débat ("La Russie en mouvement(s)", "Minorités culturelles de Russie : politiques d’État, défis à venir"), concerts (Bielka, Russian Landscape) projections, lecture ... sont prévus pendant 3 jours, du 23 au 25 avril. Le programme est consultable en ligne ici.

Trilogie Svetlana Alexievitch à Ivry

Par Aurialie le 17.03.2010 à 00h04

Si vous ne connaissez pas Svetlana Alexievitch, le Théâtre des Quartiers d’Ivry vous permet pendant encore 10 jours de la découvrir par le biais de 3 de ses pièces montées par deux metteurs en scène français.

Svetlana Alexievitch est un auteur et journaliste biélorusse qui a interviewé de nombreuses personnes, témoins des traumatismes de l’histoire soviétique et russe : guerre en Afghanistan, seconde guerre mondiale, goulag, chute de l’Union soviétique, catastrophe de Tchernobyl, … Elle a notamment déclaré : "Si vous revenez sur notre histoire, à la fois soviétique et post-soviétique, c’est une énorme tombe, un bain de sang. Un dialogue éternel des bourreaux et des victimes." Mais aussi : "Nous n’avons pas d’autre choix. Soit nous ferons preuve de courage et apprendrons toute la vérité sur nous mêmes, soit nous resterons à croupir dans les oubliettes de l’Histoire."

Ses ouvrages sont ainsi décrits comme une chronique littéraire de l’histoire émotionnelle des personnes ayant vécu à ces deux époques, et ont été récompensés par de nombreux prix internationaux. Ivry propose donc trois des ses oeuvres : La Guerre n’a pas un visage de femme (où la parole est donnée aux jeunes filles, engagées volontaires dans l’Armée Rouge pendant la guerre de 1939-1945), Ensorcelés par la mort (recueil de témoignages de ceux et celles qui n’ont pas voulu survivre, moralement ou physiquement, à l’effondrement du communisme) et Les Cercueils de zinc (témoignages sur la guerre en Afghanistan de 1979-1989).

12 de Mikhalkov sur les écrans français

Par Aurialie le 11.02.2010 à 00h14

Après Tsar de Pavel Lounguine, c’est au tour du film 12 de Nikita Mikhalkov (réalisé en 2007) de sortir enfin sur les écrans français. Le célèbre réalisateur du Barbier de Sibérie et de Soleil trompeur a fait une version russe de Douze hommes en colère de Sidney Lumet. Le présumé coupable est un jeune Tchétchène accusé du meurtre de son père adoptif, un officier russe. Comme dans la version originale, tout semble accuser le jeune coupable, mais un juré sur les 12 refuse de reconnaître sa culpabilité. Les faits sont alors repris un à un, décortiqués, analysés et l’un après l’autre, les jurés changent d’avis.

Cette version russe m’a beaucoup plu, car elle est ancrée dans une réalité très russe. Celui qui en parlera le mieux, c’est certainement le réalisateur, une interview est lisible en français ici.

Voyage dans l'art moderne russe

Par Aurialie le 03.02.2010 à 00h02

Hier soir, Arte diffusait le reportage "Le rouble roule sur l’art", qui traitait des millionnaires russes qui investissent dans l’art national. Une place importante était faite à Igor Markin, propriétaire d’une entreprise de plastique pour portes et fenêtres. En 1992, il achète ses 2 premières œuvres, mais une s’avère être un faux. Dix ans plus tard, plus riche et plus sensé, il commence à collectionner des œuvres datant de 1945 à nos jours. En juin 2007, il décide de faire partager sa collection en ouvrant un musée d’art contemporain au centre de Moscou Art4.ru.

Pour ceux qui n’ont pas la chance de se trouver dans la capitale russe, près de 140 œuvres sont visibles sur le site du musée, mais aussi celles des expositions temporaires des autres musées de la ville. Par exemple, voilà les photos de l’exposition des nominés du Prix Kandinski 2009 au TsDV, l’exposition Boom de Vladimir Logoutov à Vinzavod ou encore l’exposition de Marina Kastalskaïa à la galerie pop/off/art.

Pour illustrer cet article, j’ai choisi l’un des premiers tableaux achetés par Igor Markin, considéré comme un chef d’oeuvre de l’hyperréalisme russe : Le Poète Lev Rubinstein (du cycle "Le métro moscovite") de Semion Faïbisovitch (datant de 1987). Et le tableau, sans titre, d’une jeune artiste russe Galina Emelina

Les intellectuels russes les plus influents

Par Aurialie le 18.01.2010 à 00h04

OpenSpace.ru a dévoilé le 20 décembre les 10 intellectuels considérés comme les plus influents en Russie par les internautes. Sur une liste de 100 noms proposés par la rédaction du site, les internautes pouvaient en choisir 5 et rajouter également un nom qui manquait selon eux. Après plus de 40.000 votes pendant un mois, c’est l’écrivain Victor Pelevine, auteur notamment de Génération P (publié sous le titre Homo-zapiens en français) qui a été élu avec 2133 voix.

Viennent ensuite le journaliste et bloggeur Danil Chepovalov, l’homme politique et écrivain récemment récompensé du prix littéraire du magazine Znamia Mikhaïl Khodorkovski, le journaliste Constantin Krylov ou encore l’homme politique et écrivain Edouard Limonov. Plus étonnant, se trouvent dans la liste en 3e position le présentateur télé Leonid Parfionov ou le Patriarche Cyrille de Moscou. Son chargé de relation presse est content de voir le Patriarche en 6e place de ce classement, il pense même que c’est un important qu’il fasse partie des intellectuels les plus influents de Russie, car "c’est en effet une personne qui pense". Une fois encore, je ne suis pas sûre que l’on puisse faire confiance aux sondages sur Internet...

Source image : Openspace.ru

2010 - Année de la Russie

Par Aurialie le 17.01.2010 à 18h21

Comme vous devez le savoir maintenant, l’année 2010 a été déclarée "Année croisée France-Russie", ce qui doit permettre aux habitants des deux pays de mieux connaître la culture du pays partenaire. Moult manifestations, concerts, rencontres, spectacles russes sont donc prévues en France. L’un des premiers évènements majeurs est le festival RussenKo au Kremlin-Bicêtre du 29 au 31 janvier, où plus de 40 manifestations sont prévues dans l’ensemble de la ville : marché d’artisanat, gastronomie, expositions photos, projections ("Quand passent les cigognes" de Mikhaïl Kalatozov, "La belle et la bête" de Ilina Povolotskaya, ...), pièces de théâtres ("Le Revizor"), conférences et tables-rondes ("Approches de l’histoire du stalinisme en Russie aujourd’hui", "L’image de la Russie en France, hier, aujourd’hui, demain ? Enjeux popolitiques, économiques, diplomatiques et historiques", ...), lectures, show et ateliers de danse, Prix Russophonie ... Pendant 3 jours le Kremlin-Bicêtre va vivre à l’heure russe.

Les manifestations sont également nombreuses dans les domaines de l’éducation, la recherche, le sport. Et comme je ne pourrais pas toutes les indiquer sur mon agenda, voici quelques sites pour ne louper aucune manifestation :

  • CulturesFrance.com, qui ne sortira le site officiel que le 25 janvier.
  • Russiefrance.org, géré par le Centre de Russie pour la science et la culture à Paris, représentation en France de l’Agence fédérale pour la CEI, la diaspora russe à l’étranger et la coopération internationale culturelle et en sciences humaines
  • Sitac-russe.fr, site inter-académique de langue russe en France, qui traite des manifestations liées à l’éducation
  • Infos-russes.com, qui référencera les évènements du programme officiel, mais aussi non-officiel de cette année croisée
  • sports.gouv.fr pour tous les évènements sportifs
  • kinoglaz.fr pour les évènements cinématographiques
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