Tous les articles sur le mot clé : culture

Le Tsar de Pavel Lounguine est terrible

Par Aurialie le 16.01.2010 à 23h58

L’année de la Russie en France (et réciproquement) commence bien cinématographiquement parlant avec la sortie du dernier film de Pavel Lounguine, Tsar.

Tsar relate 4 ans de la vie d’Ivan le terrible (entre 1565 et 1569), les conséquences de sa paranoïa (garde rapprochée sans foi ni loi, comploteurs imaginaires torturés et tués, recherche de tout signe annonçant le jugement dernier, ...) mais surtout, comme le montrent les affiches française et russe du film, son face-à-face avec le père Philippe (qu’il nomme métropolite de Moscou, après le départ du précédent), un combat entre le bien et le mal. Une phrase du film résume parfaitement la complexité du 1e tsar de Russie, dans lequel cohabitent la cruauté des opritchniki et la piété du métropolite Philippe : "Peut-être qu’en tant qu’homme je suis pécheur. Mais en tant que tsar, je suis juste !"

La performance des 2 acteurs principaux (Piotr Mamonov et Youri Kuznetzov) est absolument magistrale, les costumes magnifiques, Pavel Louguine (en interview ici) signe un très bon film.

Du post-folklore russe pour la nouvelle année

Par Aurialie le 08.01.2010 à 23h16

Cette vidéo de l’agence moscovite Instinct doit présenter tout ce qui fait le folklore russe : les costumes anciens, les balalaïkas, les cuillères en bois, les chants traditionnels, les couronnes de fleurs, les datchas, la forêt de bouleaux, un ours, ... mais tout cela avec une grande modernité, à la fois musicale (il y a un petit quelque chose d’Arcade Fire) et graphique (qualité des images, parodie de publicités).

Ce premier post "culture", qui n’en ai pas vraiment un (cette vidéo est l’œuvre d’une agence tout de même), est néanmoins une bonne introduction à l’année de la Russie en France.

Des tabourets sur la place Rouge

Par Aurialie le 29.11.2009 à 01h08

Il y a une semaine un flash mob était organisé à Moscou près du Kremlin, intitulé "un tabouret sur la place Rouge". Le but du rassemblement était simple – venir sur la place Rouge avec un tabouret à 15h pile et s’asseoir 1 minute.

Cette action, absolument non-politique, était organisée dans le cadre de la préparation au projet "Avec un tabouret à travers les continents", projet culturel réunissant cinq équipes (d’Ukraine, Russie, Finlande, Biélorussie, et celle de 3 pays de la Zone Schengen-Pologne, Allemagne et France), qui vont partir avec leur tabouret le 27 mars 2010 pendant un an et parcourir quatre continents, de l’océan Pacifique au Cap Horn. Leur objectif est de connaître le monde en compagnie de gens de différentes nationalités, de se raconter et de raconter leur pays. En chemin, ils organisent des représentations théâtrales, des concerts, des expositions, tournent des films, écrivent de la musique et des vers, prennent des photos, … pour partager leur expérience, leur culture.

Ce projet est la 4e expédition organisée par l’Ukrainien Leonid Kanter, qui, avec des amis, a d’abord été avec son tabouret sur les rives de l’océan Atlantique, puis de l’océan Indien, et enfin de l’océan glacial Arctique. La devise du projet "C’est justement cela que nous appelons la liberté !" fait référence à toutes les significations du mot "liberté" : la liberté de l’individu, l’auto-expression, la liberté spirituelle, la liberté de vivre, de voyager et de créer.

Sur Russia.ru, vous pouvez écouter et lire l’interview de l’initiateur de ce projet, Leonid Kanter ; sur taburet.org suivre l’évolution presque minute par minute du flash mob (le RDV à la sortie du métro, une sculpture de tabouret, l’arrivée des différents groupes avec leurs tabourets, la réunion sur la place, …) ; et sur le blog d’ottenki-serogo voir des photos de l’action (dont la photo en illustration de cet article) et de la conférence de presse sur le projet.

Ceci n'est pas un jouet

Par Aurialie le 01.10.2009 à 00h56

La 3e biennale d’art contemporain de Moscou a ouvert ses portes il y a quelques jours, avec pour thème le jouet. L’exposition montre les travaux de plus de cinquante artistes russes, qui utilisent ou ont utilisé des jouets pour créer des œuvres d’art – assemblages, installations, performances. Les organisateurs n’ont donc pas donné d’instructions particulières aux artistes, mais ont réuni des œuvres déjà existantes, que la majorité des visiteurs russes verront pour la 1e fois.

Le but de ce projet est d’observer l’histoire du jouet dans l’art russe de 1930 à aujourd’hui. L’exposition est ainsi divisée en six sections : avant-garde enfantin, assemblages, objets et sanctuaires magiques, objets de manipulations, musée du jouet, le musée aux jouets. L’une des principales questions posée par l’exposition est de savoir comment le jouet, en tant que matériau de l’art moderne, change la conscience de l’artiste "qui joue".

Lenta.ru publie des photos d’une vingtaine d’œuvres présentées à la biennale. Parmi celles-ci j’ai choisi " ??????? ?? ?????? ??" ("Ne dis jamais oui") de Diana Matchoulina, qui est l’une des œuvres les plus difficiles techniquement pour certains : sur une planche allant d’avant en arrière ont été fixés des chiens chinois qui remuent sans cesse la tête, alors que sous leur gorge il y a une lame de rasoir. Cela a de quoi amuser le visiteur, mais effraie l’âme, selon le journaliste Arsenii Chteïner. Ce qui s’applique à d’autres travaux, comme par exemple, "implantation manipulatrice dans la zone des sédiments mentaux" (" ?????????????? ????????? ? ???? ?????????? ?????????") du Groupe "PMP". Et d’autres sont bien plus marrantes.

A voir à la galerie Tretiakov jusqu’au 8 novembre.

La beauté sauvra le monde (Dostoevski)

Par Aurialie le 10.09.2009 à 00h46

A l’occasion de la journée internationale de la beauté (le 9 septembre, depuis 1995), l’agence de presse Ria Novosti a publié une sélection de photos d’hommes qui ont fait et font rêver les femmes d’Union Soviétique, de Russie et d’ailleurs.

Le panorama commence avec Nikolaï Rybnikov, acteur et chanteur du début des années 50, et se termine par Dima Bilan, chanteur qui a notamment gagné l’Eurovision en 2008. Au milieu on trouve le cosmonaute Iouri Gagarine (à qui Gina Lollobrigida a(urait) dit : "Vous, Iouri, avez éclipsé toutes les étoiles du monde !"), le chanteur Muslin Magomaev, et de nombreux acteurs, que je ne connais pas (Viacheslav Tikhonov, Vasili Lanovoï, Vladimir Kononev, Sergueï Bezroukov…) ou que je connais, tel Konstantin Khabenski (photo), vu dans Notchnoï Dozor.

L’ensemble de ces beautés sont à voir ici.

Source photo : Novaya Gazeta

Le monument de la colère

Par Aurialie le 09.09.2009 à 00h56

Derrière un don, y a-t-il toujours une arrière-pensée ? C’est en tout cas ce que pensent des intellectuels lettons suite à l’installation, le 22 août dans un parc de Riga, d’une statut de Pouchkine, donnée par la Russie. Moscou déclare vouloir ouvrir un nouveau chapitre des relations culturelles entre la Russie et la Lettonie, et pour cela "Pouchkine porte les idées de liberté, de justice et de démocratie" selon l’ambassadeur de Russie en Lettonie. Il espère que "ces idées vont s’accomplir et qu’entre la Russie et la Lettonie il y aura une amitié que rien ne pourra briser."

Côté opposition lettone, on rétorque que Pouchkine n’a jamais vécu à Riga et que pas une de ses créations n’est consacrée à la capitale lettone. Certains auraient préféré une statut à l’effigie du cinéaste russe, Sergueï Eisenstein, qui a passé sont enfance dans la ville. "Le fait que Moscou veuille nous imposer à Riga son propre monument (et non celui de Pouchkine) en remplacement de Lénine est pensé comme une démonstration de force, et la référence à un nouveau chapitre des relations russo-lettones doit plutôt être comprise comme un avertissement : ne méprisez pas notre culture !", pouvait-on lire dans le quotidien letton Diena. Une lettre ouverte, signée par une soixantaine de personnalités lettones, a notamment été envoyée au président de la Lettonie. Le maire de Riga, Nil Ouchakov, pense, quant à lui, que l’action des citoyens mécontents contre l’installation du monument est immorale. Il est important de préciser que le maire de Riga est d’origine russe et membre d’un parti qui représente les intérêts de la population russophone du pays.

Toutefois, courant septembre, va s’ouvrir à Moscou le Parc letton, pour encore plus renforcer les relations entre les deux pays ; n’est-ce pas la preuve de non arrière-pensée, mais d’un vrai pas en avant vers une meilleure entente ?

Source image : Delfi

Liapis Troubetskoï sort un clip à la sauce Maïakovski

Par Aurialie le 01.09.2009 à 00h09

Le 17 août, deux semaines avant la sortie de leur nouvel album ???????????? ("koult’" comme culture, "prosvet" signifie "éclaircie, percée"), le groupe biélorusse Liapis Troubetskoï diffusait le clip "Pétrel".

Le leader du collectif, Sergueï Mikhalok, y joue le poète Vladimir Maïakovski, les autres musiciens Alexandre Pouchkine, Maxime Gorki, Lev Tolstoï, Mikhaïl Lermontov, Nikolaï Gogol et Sergueï Essenine. Pour Sergueï Mikhalok, ce nouveau clip représente "l’illustration visuelle de la conception du monde poético-musical actuel des Liapis Troubetskoï". "Nous nous considérons comme des néofuturistes. Et nous ne cachons pas d’où viennent les pieds du "pétrel" : du cubofuturisme et du suprématisme de Malevitch, des tracts de propagande et des slogans d’Okna Rosta. [Et dans ce clip,] nous avons tenté de montrer, comment les réalités actuelles de notre vie pouvaient se refléter dans les affiches de la culture de masse révolutionnaire." (source : Lenta.ru)

Le refrain est le suivant :
C’est la chanson des constructeurs du nouveau monde
De ceux qui n’ont pas crevé de la douleur
C’est la chanson des ouvriers de la nouvelle formation
De ceux qui n’ont pas pourri dans l’urine de la dégradation !

Vous pouvez retrouver l’ensemble des paroles en russe ici.

Nabokov est-il un écrivain russe ?

Par Aurialie le 02.07.2009 à 23h31

A l’occasion de la 32e année du décès de Vladimir Nabokov (le 2 juillet 1977), Radio svoboda a publié un commentaire d’Ivan Tolstoï sur la question : "Nabokov est-il un écrivain russe ?". Interrogation assez légitime puisque la majeure partie des œuvres de Nabokov ont été rédigées en anglais, et non pas en russe sa langue natale.

L’auteur a d’ailleurs fait de très intéressantes remarques sur multiculturalité : "Je suis un écrivain américain, né en Russie, éduqué en Angleterre, où j’ai étudié la littérature française, avant de déménager à 15 ans en Allemagne… Ma tête parle en anglais, mon cœur en russe et mon oreille en français", ou encore sur son processus de création : "Je ne pense dans aucune langue, je pense en images."

A voir ou à revoir, ce reportage tourné à la fin des années cinquante dans l’intimité de Nabokov.

L'Union des cinéastes russes scénarise sa succession

Par Aurialie le 01.06.2009 à 23h57

Les détracteurs du réalisateur Nikita Mikhalkov, actuel dirigeant de l’Union des cinéastes russes, n’ont pas dit leur dernier mot. Après avoir élu Marlen Khoutsiev représentant des cinéastes en décembre dernier, critiqué les abus financiers et l’autoritarisme de Mikhalkov à la tête de l’institution depuis 1997, porté plainte contre sa réélection, une vingtaine de réalisateurs et membres de l’Union ont publié une lettre ouverte pour que les professionnels de la profession "prennent conscience de tout l’aspect dramatique de la situation". Ils estiment que Milkhalkov s’est accaparé le pouvoir et a transformé une union de personnes libres en entreprise privé personnelle.

Si Mikhalkov ne souhaitait pas se présenter à un nouveau mandat de l’Union des cinéastes russes, il avait une idée du nom de son successeur : Mikhaïl Poretchenkov. Mais l’imbroglio dans la succession a eu lieu quand 158 réalisateurs (sur 450) se sont réunis pour dresser un bilan (négatif) de l’action de Mikhalkov, que 49 ont élu Khoustiev (donc très loin de la majorité requise), que Mikhalkov a décidé de se défendre, pour finalement être réélu en mars 2009. La justice a rejeté l’élection de Khoustiev, la majorité n’étant pas atteinte, mais un 2e procès va débuter le 10 juin. Si cette histoire n’est pas sûre de faire un bon scénario de film, le suspense sur le nom final du dirigeant de l’Union des cinéastes de Russie reste entier pour le moment.

Chemiakine, les vices et les enfants

Par Aurialie le 11.04.2009 à 17h53

La prochaine fois que j’irai à Moscou, je ne manquerai pas d’aller voir de mes yeux ce monument de Mikhaïl Chemiakine "Les enfants victimes des vices des adultes". Cette œuvre de près de 600 mètres, installée en 2001, est composée de deux statuts dorés d’enfants aux yeux bandés entourés de 12 autres statues de bronze représentant des dangers potentiels dans un style surréaliste grotesque (alcoolisme, exploitation, indifférence, drogue, prostitution, sadisme, ignorance, guerre, pseudo-savoir, vol, propagande de la violence, misère), plus une dernière statue pour ceux qui n’ont pas de mémoire.

Pour l’artiste, ce projet a été pensé et réalisé pour appeler à lutter pour la sauvegarde de la génération actuelle et de celles à venir : "En tant que peintre, j’appelle par cette œuvre à regarder en arrière, à entendre et voir ce qui se passe autour. Et il n’est pas trop tard pour former des hommes sensés et honnêtes." Certains détracteurs ont critiqué l’accentuation mis sur les vices, et non sur la défense des enfants, et souligné le côté nuisible du monument sur le psychisme de l’enfant.

Né à Moscou en 1943, Mikhaïl Chemiakine a passé son enfance en Allemagne, avant de revenir en URSS où il a intégré en 1957 le collège spécial de l’académie d’art Répine dépendante de l’Académie des Beaux-Arts de Léningrad. Mais la vie n’a pas été simple pour cet ami du chanteur Vissotski : il est exclu de l’école à cause de ses conceptions artistiques qui ne correspondaient pas aux normes du réalisme socialiste, occupe des emplois précaires (il est ouvrier, s’occupe de la maintenance, est postier), est interné dans un hôpital psychiatrique pour avoir osé présenter à un haut-gradé du Parti communiste ses principes sur le Synthétisme Métaphysique, écrits avec un groupe d’artistes. Les autorités soviétiques l’obligent à quitter l’URSS en 1971. Il s’installe alors en France, puis aux Etats-Unis, où il peut développer son art.

De nombreux monuments ont été installés en Russie depuis la chute de l’URSS : statue de Pierre Le Grand à l’intérieur de la forteresse Pierre et Paul, monument à la mémoire des victimes de répressions politiques (sur le bord de la Neva), monument à la mémoire des architectes, bâtisseurs de Saint Petersbourg, monument à la mémoire du député assassiné M. Manevich.
Si ses projets sont essentiellement liés à la Russie, il vit actuellement en France à Châteauroux, où il travaille à la création d’un monument consacré aux Français qui ont aidé les juifs à échapper aux nazis sous l’occupation.

Gogol est-il russe ou ukrainien ?

Par Aurialie le 08.04.2009 à 23h48

Nicolas Gogol est né en Ukraine, mais considéré comme un grand auteur russe. A l’occasion du bicentenaire de sa naissance (Gogol est né le 20 mars 1809), une guerre mémorielle se joue entre les 2 pays. Cette nouvelle pierre d’achoppement est le sujet d’un concours de caricature sur la radio Echo de Moscou . Voilà mon préféré, proposé par Ysashay.

Lire ou blogguer, faut-il choisir ?

Par Aurialie le 17.03.2009 à 00h00

Entre Noël et mon anniversaire, me voilà avec une quinzaines de livres, à priori intéressants, qui devraient faire l’objet de chroniques futures. Mais mon dilemme aujourd’hui est de trouver le temps de les lire, donc il va falloir être patient !

Essais

Romans

Editions bilingues

Et ce ne sont que les livres qui ont un rapport avec la Russie, l’URSS et la culture russe...

Innovation visuelle et artistique

Par Aurialie le 11.03.2009 à 23h51

Le site Lenta.ru publie une galerie photo des œuvres en lice pour l’obtention des prix d’art visuel contemporain "Innovation". Les noms des lauréats des cinq catégories en compétition ("Œuvre d’art visuel", "Projet du curateur", "Théorie. Critique. Étude de l’art", "Projet Régional", "Nouvelle génération") seront connus le 4 avril.

A droite, il y a une partie de l’installation ???? ????? (Jour de la radio) de Vladislav Efimov, mais pas d’information sur l’auteur de l’œuvre de gauche.

Début de la 14e édition du Festival russe du Toursky

Par Aurialie le 10.03.2009 à 21h03

A l’occasion de l’ouverture du 14e Festival russe organisé par le théâtre Toursky de Marseille du 10 au 24 mars 2009, je reprends le très bon article de Caroline Alexander sur Webthea :

Cinq films de fiction, un bouquet de films d’animation, un classique du théâtre et un concert : la 14ème édition du Festival Russe orchestrée par le Toursky, le plus atypique et le plus cordial des théâtres de Marseille aura lieu du 10 au 24 mars 2009.

Contre vents et marées, crises et budgets amputés, Richard Martin et tous les pensionnaires de son théâtre ont réussi à garder le cap de leur manifestation devenue depuis 1995 le rendez-vous incontournable des amoureux des cultures slaves : ciné, musiques, théâtres, peintures, poésie, toutes les formes d’art y ont trouvé et marqué leur place au cours de la décennie passée... et drainé quelques 82.000 spectateurs.

Au cœur des quartiers nord de Marseille, ce Toursky libertaire façon Léo Ferré et qui porte le nom d’un poète français né à Cannes d’un père russe et d’une mère provençale, reste pourtant obstinément méconnu au bataillon des théâtres adoubés par le ministère de la culture : la mince subvention accordée – 15000 € - a carrément été supprimée pour 2009. Le Conseil Général des Bouches-du-Rhône qui avait à son tour boudé vient de renouer le contact. Un signe encourageant peut-être pour qu’à la prochaine édition, l’équipe d’utopistes qui l’anime ne doive plus amputer son programme de quelques événements majeurs faute de pouvoir les honorer. Malgré la participation du ministère russe de la culture, le Théâtre d’Art Dramatique de Gogol de Moscou et l’Atelier d’Art Théâtral Serguei Genovatch ont dû être annulés faute de moyens. « Nous pratiquons depuis trop longtemps la gymnastique de la catastrophe ironise Richard Martin, il serait temps de laisser les saltimbanques reprendre souffle… ».

Malgré les tempêtes et les disettes, ils n’en ont pourtant pas manqué pour programmer l’édition 2009 autour de la personnalité de Nicolas Gogol qui aurait eu 200 ans le 20 mars prochain. Pour en célébrer le bicentenaire, le romancier des Ames Mortes, de Tarass Boulba, le nouvelliste du Nez, du Manteau et du Journal d’un Fou sera donc présent à travers les œuvres présentées.

Une seule pièce de théâtre, un seul acteur, mais un texte tornade, un comédien d’exception et l’un des plus grands metteurs en scène de Russie : Anatoli Goriatchev interprétera Le Journal d’un fou dans une mise en scène de Piotr Fomenko (les 20, 21 mars à 20h30 & le 22 à 15h). Un seul concert par le pianiste Sandro De Palma qui jouera Scriabine, Rachmaninov, Liadov, Rubinstein et Moussorgski (le 24 mars à 20h30).

Sur grand écran, Le Mariage de Vitali Melnikov (le 11 mars), Les Oiseaux de Paradis de Roman Balayan (le 12 mars), Oncle Vania de Andreï Kontchalovski (le 13 mars), VIY de Konstantin Erkov et Gueorgui Kropatchev (le 14 mars).

A ne pas manquer, en ouverture de chacune de ces séances les merveilleux films d’animation de et en présence de Garri Bardine, sa saga des Nounous, le Conflit, Fioritures et Adagio.

Les désormais classiques cabarets russes prolongeront chacune des ces soirées en sketches et en chansons.

Théâtre Toursky, 16, promenade Léo Ferré, 13003 Marseille 0 820 300 033 et/ou 04 91 02 58 35

Le livre est l'opium de l'Occident (A. France)

Par Aurialie le 17.02.2009 à 01h23

Faire aimer la littérature à la jeune génération est parfois considéré comme une gageure. La maison d’édition pétersbourgeoise Limbous press a eu l’idée de demander à des auteurs contemporains de participer à l’écriture d’un manuel scolaire de littérature classique. Quarante écrivains, notamment Zakhar Prilepine, Vladimir Sorokine, Dmitri Bykov, ont pour mission de rédiger des articles sur les auteurs classiques russes étudiés en classe, mais aussi de donner leur avis, tout en restant dans les standards de l’éducation nationale.

Il y a bientôt un an, ces mêmes auteurs faisaient partie des 80 écrivains à avoir répondu à un questionnaire sur la littérature pour le magazine Time out. Parmi les questions : selon vous, quelle œuvre a été surestimée ? Quelle œuvre a été sous-estimée ? Quelle œuvre vous a fait pleurer ? Quel livre vous regrettez de ne pas avoir écrit ? Quel est votre livre préféré ? A quel auteur donneriez-vous le prix Nobel ?

Les œuvres qu’ils jugent dignes de faire partie d’un programme scolaire sont Guerre et Paix de Tolstoï (pour 9 personnes), la Bible (6 personnes), La Fille du capitaine de Pouchkine (5), Les Frères Karamazov de Dostoevski (4), Eugène Onégine de Pouchkine (4) et les Ames mortes de Gogol (4).

Les meilleurs livres sur la modernité sont La Glace de Vladimir Sorokine (cité par 4 personnes), la Bible, JK de Dmitri Bykov et Glamorama de Bret Easton Ellis (3 voix chacun).

Les œuvres les plus sous-estimées sont, entre autres, la Fouille et Tchevengour d’Andreï Platonov (nommés par 6 auteurs), La Ville de N. de Léonid Dobytchine (5 voix), la Quatrième prose d’Ossip Mandelstam, Vie et destin de Vassili Grossman et l’œuvre de Varlam Chalamov.

Enfin, 10 personnes auraient remis le prix Nobel de littérature à Vladimir Nabokov (viennent ensuite Andreï Platonov et Tolstoï (6 voix), puis Anton Tchekhov et Varlam Chalamov (4 voix)) et 9 auteurs considèrent que les écrivains les plus drôles sont Zochtchenko et Ilf (sans Petrov).

Une conclusion à cet article : il me reste encore énormément d’auteurs et de livres à découvrir.

PS : Tous les résultats et les réponses aux questions de chaque auteur à lire ici.

Source image : Lenta.ru

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