Tous les articles sur le mot clé : démocratie

Du développement de la démocratie

Par Aurialie le 14.09.2010 à 00h41

Lors du Forum mondial de la politique de Iaroslavl, Dmitri Medvedev a fait plusieurs déclarations intéressantes, notamment sur la démocratie. Il a tout d’abord constaté que la démocratie en Russie était "jeune, imparfaite et inexpérimentée" (en effet, elle a à peine 20 ans), mais, "elle existe et elle est aujourd’hui meilleure qu’il y a cinq ans" [sous Vladimir Poutine], et encore "meilleure qu’il y a 12 ans" [sous Boris Eltsine]. Selon lui, cinq principes sont importants pour l’améliorer :

  • l’incarnation juridique des valeurs et idéaux humanistes
  • le soutien au développement technologique de haut niveau (développement de l’innovation, modernisation)
  • l’aptitude de la démocratie à se protéger des atteintes du monde criminel (pour cela un pouvoir judiciaire indépendant est nécessaire, ainsi qu’un système pénitentiaire humain)
  • un haut niveau de culture et d’enseignement (nécessité de discussions publiques sur les problèmes pointues)
  • une impression personnelle de liberté, supposant un refus du paternalisme.

Le programme qu’implique ces principes ne sera pas rempli avant la fin de son mandat, c’est un travail de longue haleine (d’où le dessin de V.Bogorad). La démocratie met du temps à s’installer dans un pays, et comme on peut le voir actuellement ces principes peuvent être rapidement remis en cause, même dans une vieille démocratie...

Source : Vedomosti

Qui est ce vent contre la démocratie ?

Par Aurialie le 19.05.2009 à 23h21

Qui symbolise ainsi le vent qui arrache le drapeau "démocratie" de la hampe tenue courageusement par Dmitri Medvedev dans ce dessin de Elkin ? La concentration du pouvoir (dénoncée par Igor Iourgens, proche conseiller du président Medvedev), la corruption (que souhaite combattre Medvedev), la propre réforme de Medvedev sur la composition du tribunal constitutionnel, la répression des différentes manifestations de l’opposition ? Quoiqu’il en soit, Medvedev a la volonté d’apporter un peu plus de démocratie dans son pays, et l’on sait que ça demande du temps !

Source : Sergueï Elkin

Première session de (non) live blogging

Sujet très intéressant ce soir dans l’émission "Ce soir ou jamais" : "Poutine : sauveur ou tyran ?" , avec pour invités et intervenants Rony Brauman (fondateur de Médecins sans Frontières), Dominique Venner (historien), Pierre Lorrain (essayiste), Jacques Sapir (économiste), Galia Ackerman (traductrice d’Anna Politkovskaïa), Georges Nivat (essayiste), Frédéric Beigbeder (auteur) et Marina Vlady (comédienne, ancienne épouse du dissident soviétique Vissotski) ; c’était une occasion unique de faire du live blogging, faudrait-il encore réussir à le faire… Donc voilà finalement un petit résumé de l’émission !

Poutine est un sauveur car :
- il a apporté de la stabilité dans le pays
- il n’a pas modifié la constitution, contrairement à Eltsine en 1993, pour être élu une 3e fois
- des changements économiques positifs se sont produits : le niveau de 1990 a été atteint au printemps 2007
- les problèmes sociaux s’amoindrissent : baisse de la mortalité, hausse de la natalité, les jeunes diplômés souhaitent rester en Russie, s’imaginent un futur, investissent
- Les gens de l’administration commencent à comprendre qui ne sont pas au-dessus des lois, certains colonels et généraux ont été arrêtés suite à des abus de pouvoir.

Poutine est un tyran car :
- les partis d’opposition ne peuvent pas s’exprimer, le système électoral empêche des petits partis de se présenter, la Russie est un pays sans partis, donc sans démocratie
- la censure (et même l’autocensure) est très importante, elle a augmenté parallèlement à la croissance économique
- le bilan des droits de l’homme est négatif : écrasement des libertés (de la presse, de réunion), tragédies liées à l’incompétence et à la brutalité des personnes gouvernantes (Beslan, Nord-Ost), assassinats et passages à tabacs de journalistes (dernier cas, rapporté par Galia Ackerman, contre la journaliste de guerre Natalia Petrova, battue, elle et sa famille, par trois policiers de Kazan)
- la censure dans le domaine artistique est également à noter : refus d’exposer une dizaine d’œuvres lors de l’exposition Sots art à Paris, le clergé orthodoxe a fait interdire une exposition au musée Sakharov intitulé "Attention religion".

La conclusion de l’émission n’est pas tellement positive : Poutine est l’héritier d’une longue histoire d’autocratie, de despotisme, où une seule période de démocratie parlementaire a été mise en place entre 1906 et 1914. La trajectoire démocratique a été difficile à mettre en place, et si beaucoup de choses ne vont pas bien en Russie, ce n’est pas l’unique faute de Poutine. Sous l’ère Eltsine, il y avait aussi des assassinats de journalistes mais aussi de banquiers. La 1e guerre de Tchétchénie a d’ailleurs débuté à cette époque et on ne peut pas imputer à Poutine tous les crimes qui se sont déroulés là-bas.

L’ouvrage d’Orlando Figes La Révolution russe. 1891-1924 : la tragédie d’un peuple montre la montée de la cruauté en Russie. Et cette mémoire est dans les gènes des Russes selon Georges Nivat. Vont-ils aller vers plus de brutalité ? La Russie est donc à un tournant : elle se dirige définitivement soit vers l’autocratie, soit vers la démocratie.

Photos : Yahoo news

Persona non-grata

Télex : Daniel Cohn-Bendit et une délégation d’eurodéputés, qui devaient se rendre en Russie pour une conférence sur la politique étrangère, le protocole de Kyoto, les relations entre l’Union européenne et la Russie et l’instauration d’une société civile en Russie, se sont vu refuser leur visa d’entrée sur le territoire russe, sans aucune raison. C’est ce qu’a déclaré Oksana Tchelycheva, responsable du Fonds de soutien à la tolérance de Nijni Novgorod. Dommage qu’ils ne soient pas amis avec le liquidateur des idées de mai 68, Sarkozy aurait pu certainement obtenir des visas de son très cher ami Poutine.

Source : Sobkorr.ru

Au nom de dieu, du tsar et de la patrie

Par Aurialie le 09.10.2007 à 23h27

Question : Où peut-on entendre des phrases telles que "Avec des gaillards comme nous, l’OTAN ne passera pas", "Comme nous sommes bien ici, pendant que les travailleurs de l’Ouest pourrissent" ou "La démocratie ce n’est pas pour nous. Nous n’en avons pas besoin" ?

Réponse : Dans un reportage de Nino Kirtadzé, diffusé ce soir sur Arte, intitulé "Au nom de dieu, du tsar et de la patrie". Le sujet de ce documentaire : Mikhaïl Morozov, un Russe dirigeant d’une main de fer un village et ses habitants qui souhaitent sauver leur âme en rompant avec la vie moderne et ses tentations. Les concepts mis en avant pour atteindre ce but : le respect dû au maître (le Tsar Poutine) et à son autorité, la religion orthodoxe, le nationalisme russe, la résurrection de l’âme russe, ... C’est pourquoi, l’ennemi c’est l’OTAN et les Etats-Unis (qui après l’Afghanistan et l’Irak pourrait envahir la Russie pour son pétrole) ; l’Europe, "qui se prend trop au sérieux", est jugée marginale ; le Venezuela et l’Iran sont considérés comme des alliers potentiels ; et la démocratie c’est pour les autres ! Le maître pense, le peuple agit : voilà ce qu’est la démocratie dirigée.

Rediffusion le 13 octobre à 15h50.

MAJ (10/10/2007) : Heureusement, Professeur Sarkozy est venu aujourd’hui donner un cours de démocratie à des étudiants russes.

Source photo : Arte.
A lire également : la critique de Télérama.

La démocratie contrôlée, là-bas et ... ailleurs

Par Aurialie le 02.10.2007 à 00h46

L’Ukraine, qui ne se porte pas bien politiquement, ne va pas pouvoir prendre modèle sur son grand voisin russe, qui n’a pas encore assimilé, par choix sans grand doute, le chapitre "élections libres et honnêtes" des leçons de démocratie occidentales.

Trois exemples pour illustrer ces propos :
- Le Président Poutine va certainement continuer à diriger le pays, non pas en manipulateur de pantin invisible, mais en Premier ministre, choisi tout à fait démocratiquement par une chambre de députés à sa botte.
- La coalition l’Autre Russie a déposé au service d’enregistrement fédéral sa liste de députés pour l’élection législative du 2 décembre 2007, alors qu’elle n’est pas reconnue comme parti officiel, et donc n’a aucune chance de voir cette liste acceptée.
- Pour la même raison, Kasparov, qui vient d’être choisi comme représentant de l’opposition à Poutine et à sa machine de guerre électorale, Russie Unie, a très peu de chances de pouvoir défendre ses idées devant le peuple russe. D’autant plus que la presse, vendue au pouvoir en place, ne relaie pas les combats de l’opposition.

Soit dit en passant, la France n’est pas beaucoup plus blanche au niveau démocratique : test ADN pour les immigrés (amendement voté par l’Assemblée nationale, refusé accepté par le Sénat), quota d’immigration, parachutage d’ami en vue des élections municipales, omniprésence du président de la République dans les médias, film à la gloire de notre cher Président, médias contrôlés par les amis du Président… Sarkozy aurait-il pris des cours de démocratie contrôlée chez son ami Poutine ?

Source dessin : 1er degré.ch

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