Tous les articles sur le mot clé : élection

Ci-gît les élections de 2012

Par Aurialie le 24.09.2011 à 20h41

C’est le mot "élections" que l’on peut lire sur cette couronne mortuaire, que des participants à l’action "Les élections fictives sont hors la loi" ont voulu déposer hier devant la commission électorale centrale de Moscou, avant d’aller au congrès du parti au pouvoir Russie unie. Le leader du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, qui tient la couronne sur la photo, a réussi à dire quelques mots aux personnes présentes, notamment que l’on "avait volé les élections" aux citoyens russes et qu’il n’y avait aucune raison d’y participer. Par contre, il n’aura pas eu le temps d’aller jusqu’à Gostiny Dvor, où se déroulait le congrès de Russie Unie, comme le montre les photos de Pavel Chusovitin et d’Ilya Epishkin. Et le pire c’est qu’il a écopé de 3 jours de prison

Avec l’annonce de Medvedev aujourd’hui proposant que Vladimir Poutine soit le candidat du parti Russie unie pour l’élection présidentielle de 2012, autant dire que les autres candidats ont encore moins de chance de glaner quelques voix. Il leur reste encore les élections législatives pour faire connaître leurs idées... ou pas...

Source photo : Onlife.me

L'interminable attente de la sélection

Par Aurialie le 07.09.2011 à 19h56

Dans les coulisses de l’élection présidentielle, un Medvedev, légèrement inquiet, demande à un Poutine, a priori serein : "Quand est qu’on nous dira déjà qui doit aller aux élections ?" Hum, hum... en voilà une bonne question. Mais qui va dire qui y va ?

Source : Sergueï Elkine

Frontenstein arrive !

Par Aurialie le 16.05.2011 à 23h46

Pour assurer sa réélection au poste de Président, après une pause de 4 ans, Vladimir Poutine voit grand : ce n’est pas un parti qui va s’occuper de sa campagne électoral, c’est carrément un front : le Front populaire fédéral (??????????????? ????????? ??????). Ce Front sera bien sûr composé de Russie Unie, son actuel parti, mais aussi de toutes les forces intéressées à le rejoindre. C’est ainsi un véritable Frankenstein politique (un "Frontenstein") qui sera créé (et qui est imaginé par Sergueï Elkine)

Je n’ai pas retrouvé tous les partis composant ce "Frontenstein", imaginé par Elkine : ?.?. pour ?????? ?????? (Russie unie), c’était facile ; à priori C.P. pour ???????????? ?????? (Russie Juste) ; ?? peut être pour la fraction  ??????? ?????? (Femmes de Russie), mais par contre ?.?. reste un mystère...

Et la vie politique en Russie bouillonne actuellement : le riche homme d’affaires Mikhaïl Prokhorov a annoncé aujourd’hui vouloir prendre la tête du parti  ?????? ???? (La Juste Cause), parti qui soutiendrait la réélection de Dmitri Medvedev. Et ce dernier a justement mis en garde, vendredi, "contre une monopolisation du pouvoir par un seul homme", ce qui sonne comme une allusion à Vladimir Poutine... Il se dit d’ailleurs que Medvedev annoncerait le 18 mai la destitution de Vladimir Poutine de son poste de Premier ministre et son remplacement par Iavlinski... A un an de la présidentielle russe, chacun place ces pions !

A voté !

Par Aurialie le 21.03.2010 à 18h37

En ce jour de 2e tour des élections régionales françaises, j’ai trouvé que cette vidéo était d’actualité : le vote d’un électeur d’Ekaterinbourg lors des régionales du 14 mars 2010. Celui-ci ne vote pas vraiment, mais fait la promotion du site putinavotstavku.ru, demandant la démission de Vladimir Poutine.

Aujourd’hui, 11 jours après sa mise en ligne, la pétition a récolté 15.000 signatures, les premiers signataires étant les opposants habituels de la politique du gouvernement : Elena Bonner, Vladimir Boukovski, Andreï Piontkovski, Vladimir Kara-Mourza, ... La pétition a bien sûr aussi des opposants dans la blogosphère russe, et certaines revendications ont été reprises hier lors des actions de protestation menées dans une cinquantaine de villes russes contre la politique économique de Vladimir Poutine. Des photos des manifestants de Saint Pétersbourg sont visibles ici (sur le site de Sergueï Chernov), celles de Moscou (sur le site d’Igor Podgomy), mais la participation aurait été plus forte en province (Vladivostok, Irkoutsk, ...). Des actions assez normales en ces temps de crise.

Le chiffre du jour : 3,14

Par Aurialie le 08.02.2010 à 23h21

Aujourd’hui, le chiffre du jour est forcément l’écart de voix entre Victor Ianoukovitch et Ioulia Timochenko au 2e tour de l’élection présidentielle ukrainienne. A ce jour et à cette heure, selon Interfax, après le dépouillement de 99,27% des bulletins de vote, l’écart est de 3,14%. A noter que 4,37% des électeurs ont voté pour l’option "Contre tous", ... Ioulia doit regretter de ne pas avoir reçu à les convaincre de voter pour elle.

Mais au-delà des résultats de l’élection, 3,14 (les 3 premiers chiffres du nombre ?, pi) a un autre écho en Russie. Aujourd’hui, c’est la journée de la science, en mémoire de la signature par Pierre Ier de l’oukase créant l’académie des sciences (et des arts) en 1724. En l’honneur de cette journée, voilà un dessin scientifico-humoristique sur l’évolution humaine (rappelant un peu ce dessin). Dans la dernière bulle, comme dans la première, il est écrit "TCP/IP IPX".

J’ai hésité avec un autre chiffre : 1050, le nombre de panneaux publicitaires, installés illégalement, démontés par le gouvernement de Moscou en 2009. L’adjoint au maire, Sergueï Baïdakov, a annoncé que le processus de contrôle et réduction des panneaux publicitaires s’intensifierait en 2010. Moins du pub dans une ville, c’est toujours une bonne nouvelle !

Source image : caricatura.ru

L'élection ukrainienne, un grand bazar ?

Par Aurialie le 08.12.2009 à 00h29

A quelques jours de l’élection présidentielle ukrainienne, l’antagonisme entre l’actuel président, Victor Iouchtchenko, et son Premier ministre, Ioulia Timochenko ne cesse de grandir. Par exemple, sur la grippe H1N1, Timochenko a accusé Iouchtchenko de mettre la vie des Ukrainiens en danger par son inaction lorsqu’il a refusé de signer une loi débloquant 125 millions de dollars pour lutter contre l’épidémie.

Fin novembre, Iouchtchenko a approuvé une augmentation de 20% des salaires et pensions, ce qui a eu pour conséquence le gel du versement d’une aide de 3,8 milliards de dollars du FMI. Pour Timochenko, cette manœuvre électorale avait pour but de saboter délibérément l’accord avec le FMI, de réduite les capitaux du gouvernement et de saper sa candidature à la présidence.

Timochenko a également entendu quelques attaques à son encontre. Elle a notamment été accusée de cirer les pompes du Premier ministre russe, Vladimir Poutine, grand opposant de la Révolution orange et ennemi invétéré de Iouchtchenko ; mais aussi d’avoir menti sur l’ex-ministre de la Défense Youri Ekhanourov, licencié il y a cinq mois pour corruption. "Cinq mois ont passé. Combien de tribunaux se sont occupés de cette affaire ? Pas un seul, d’ailleurs, j’ai reçu une lettre du bureau du Procureur général, disant qu’aucun fait de corruption n’a été établi de la part du ministre de la défense. Cela signifie que le Premier ministre nous a menti", a déclaré V. Iouchtchenko. "C’était un mensonge, d’ailleurs, le même que dans des dizaines d’autres cas", a-t-il souligné.

Voir ainsi les deux anciens compagnons de la Révolution orange se déchiraient de cette façon doit faire plaisir au moins à une personne : Victor Ianoukovitch, candidat pro-russe à l’élection présidentielle. Pour le moment, c’est lui qui est en tête des sondages avec 29,8% des intentions de vote, suivi de Iouli Timochenko avec 14,8% des voix, Sergueï Tiguipko avec 5,7% des voix, Arseniy Yatsenyouk avec 4,8% des voix et enfin, Victor Iouchtchenko avec 4,3% des voix.

Source image : Leks_one

De l'actu pour la 900e

Par Aurialie le 04.11.2009 à 00h21

Je ne pouvais pas ne pas publier ce dessin de Sergueï Elkine. Si vous avez été en Russie ou si vous avez rencontré des Russes, on vous a sûrement déjà dit cette phrase française "Monsieur, je ne mange pas six jours", citation de l’ouvrage Les Douze Chaises d’Ilf et Petrov (" ?????, ?? ?? ???? ?? ??? ???" dans le texte).

Sur ce dessin, Vladimir Poutine, tendant son chapeau, déclare : "Messieurs, je ne pas reciou darja pour le gaz sis jiour", autrement dit "Messieurs, je n’ai pas reçu d’argent pour le gaz six jours". L’Ukraine semble avoir quelques difficultés à payer ses factures de gaz à la Russie, le Premier ministre russe estime que l’Europe devrait donc l’aider.

Sinon, dans les actualités sur la Russie aujourd’hui, on pouvait lire :
- sur Regard sur l’Est, un point sur la situation en Tchétchénie, écrit par Aurélie Campana, chercheuse québécoise dans le cadre d’une Chaire de recherche sur les conflits identitaires et le terrorisme
- sur Ria Novosti, les résultats d’un sondage indiquant des fraudes dans les élections municipales moscovites
- sur Nezavissimaïa gazeta, un article sur la "fête de la xénophobie", la marche nationaliste du 4 novembre
- sur LCI, la guerre de clocher autour de la cathédrale (orthodoxe) Saint-Nicolas de Nice
- sur Ria Novosti, une petite coquille sur le chômage en Russie - "Le taux officiel de chômage en Russie à la fin de 2009 pourrait être inférieur au niveau pronostiqué de 2,5 personnes, a fait savoir le chef de l’Agence nationale russe de l’emploi (Rostroud) Youri Guertsi." Un chômage de 2,5 personnes, tout pays en rêve.

Ces 5 liens m’ont été envoyés par mes fidèles lecteurs, Meriem et Ragetmini. Au fur et à mesure des années et des articles (c’est le 900e aujourd’hui), ce blog devient donc un peu plus collaboratif et c’est plutôt pas mal !

Election présidentielle en Ukraine J-90

Par Aurialie le 22.10.2009 à 00h21

L’année 2010 débutera par un évènement politique important en Ukraine : l’élection présidentielle. Mais selon le quotidien Oukraïna Moloda (traduit par Courrier international), 3 jours après le lancement officiel de la campagne, celle-ci démarre mal avec l’observation des premières irrégularités :

"La loi prévoit en effet que la publicité en faveur d’un candidat ne soit autorisée qu’à partir du moment où ce candidat a été enregistré auprès de la Commission électorale. Au lieu de cela, il y a déjà longtemps que l’on peut voir partout en Ukraine d’immenses affiches ornées des slogans de candidats "potentiels", qu’il s’agisse de Ioulia Timochenko, Viktor Ianoukovitch, Arséni Iatseniouk, Vladimir Litvine et autres."

"La Commission électorale, composée de 15 personnes, a confirmé l’organisation du scrutin dans les 225 circonscriptions qui recouvrent tous les départements, ainsi que la république autonome de Crimée, Kiev et Sébastopol. Malheureusement, il semble que dans certaines régions, les autorités ont unilatéralement modifié le tracé des circonscriptions et déplacé les bureaux de vote, peut-être pour faciliter d’éventuelles manipulations, ce qui a été par exemple constaté dans la région de Lougansk." [En France aussi, certains députés dénoncent le redécoupage (charcutage) électoral voulu par Nicolas Sarkozy]

Et les premiers coups bas :
"Le Parti des Régions de Viktor Ianoukovitch est ainsi à l’origine d’un scandale qui, pour l’instant, ne cesse d’enfler. Des députés des Régions accusent des membres de l’équipe du Premier ministre Ioulia Timochenko d’être impliqué dans une affaire de pédophilie."

"La journée du 19 octobre n’était pas terminée que BIouT, la formation du Premier ministre Ioulia Timochenko, ripostait. Viktor Ianoukovitch, au passé déjà chargé sur le plan juridique, aurait autrefois pris part à un viol, et BIouT exige que toute la lumière soit désormais faite sur cette affaire. Ianoukovitch a déjà été jugé pour vol à main armée et pour coups et blessures. (...)"

Et l’article finit par cette note pessimiste d’un expert :
""Nos prévisions les plus sombres se réalisent", commente le politologue Oleksandr Tchernenko, qui préside le Comité des électeurs d’Ukraine, une organisation non gouvernementale qui surveille le processus électoral dans le pays. "Le cynisme de nos politiques est tel que l’on peut s’attendre à n’importe quoi.""

Source image : Oukraïna Moloda

Elections, falsification, protestation

Par Aurialie le 14.10.2009 à 23h54

Sergueï Elkin avait vu juste lundi en imaginant ce dessin où il est écrit "12 octobre, tous à la falsification des élections" (il s’est trompé de date, il s’en est excusé). Car si Dmitri Medvedev a entériné le triomphe de Russie unie au lendemain des élections régionales et locales, aujourd’hui les trois partis "d’opposition" de la Douma d’Etat ont quitté la séance parlementaire pour protester contre les résultats des élections régionales. Le Parti libéral-démocrate (LDPR) de Jirinovski a ouvert les hostilités en demandant l’annulation des résultats et la démission des gouverneurs des régions concernées. Le parti Russie juste lui a emboîté le pas, tout comme les communistes, qui ont proposé la création d’une commission parlementaire pour le recomptage des voix dans la république des Maris. Par ailleurs ils exigent de rencontrer le président Dmitri Medvedev, ce qu’il a refusé pour le moment, pas avant 10 jours en tout cas. Lenta.ru souligne que le Parlement russe est devenu de nouveau un lieu de discussion, avec une "opposition parlementaire". Que ça dure !

Source principale : Courrier international

Une nouvelle passée (presque) inaperçue

Par Aurialie le 27.05.2009 à 00h17

Serait-ce la menace nord-coréenne, les élections européennes ou la fin haletante du championnat de france de football qui fait que la majeure partie des médias français ignore cette information : le démocrate Tsakhiagiin Elbegdorj est le nouveau président de la Mongolie. Pourtant la victoire était loin d’être acquise, le président sortant Nambaryn Enkhbayar du Parti populaire révolutionnaire mongol (anciennement communiste) avait une couverture médiatique à la fois plus importante et plus positive.

L’élection présidentielle ne s’est pas déroulée dans la sérénité, les habitants craignaient qu’il y ait des émeutes, comme l’année dernière lors des élections législatives. De plus, selon un sondage mené auprès de 5000 personnes, 64% de la population estimait que le scrutin présidentiel ne serait pas équitable. Toutefois, le président sortant a bien reconnu sa défaite aujourd’hui, il ne devrait donc pas y avoir de violences. Touchée par la crise mondiale et surtout la chute des cours des matières premières, la Mongolie, riche en charbon, or et cuivre mais où un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté, a bien besoin d’un président ayant fait campagne sur le changement et la lutte contre la corruption et la pauvreté. Alors au boulot M. Elbegdorj.

Source : AFP
Imge : Mongolia web

Sotchi garde son maire

Par Aurialie le 27.04.2009 à 00h40

A Sotchi, les bureaux de vote sont fermés depuis quelques heures, et après le dépouillement de près de 80% des bulletins, sans surprise, c’est Anatoli Pakhomov, membre du parti Russie Unie, qui a été largement réélu. Boris Nemtsov, candidat de l’opposition, arrivé 2e, a déjà déclaré qu’il allait contesté les résultats. Car, à la fois avant et pendant les élections, des irrégularités ont été constatées.

Il faut dire que l’élection du maire de Sotchi a une certaine importance, la ville a été choisie par le Comité Olympique pour organiser les Jeux olympiques d’hiver en 2014. Le projet de constructions des infrastructures sportives et touristiques est estimé à plus de 9 milliards d’euros (12 milliards de dollars), Sotchi ne doit donc pas tomber dans les mains de n’importe qui. Bien que Medvedev ait estimé que ce scrutin était "utile pour la démocratie", car "le système électoral et la démocratie dans le pays se renforcent grâce à ces événements marquants", les candidats se sont tous plaints de ne pas avoir accès aux médias pour faire connaître leurs idées aux électeurs. Boris Nemtsov a fait en plus l’objet d’une campagne de diffamation l’accusant de tous les maux possibles : d’être un espion des Coréens (qui avait également déposé un dossier pour organiser les JO), d’être homosexuel (c’est un défaut pour une majorité des Russes), d’avoir eu une part active dans la campagne de l’actuel président ukrainien Viktor Iouchtchenko, ...

Au cours du scrutin, des violations ont notamment pu avoir lieu lors du vote anticipée des fonctionnaires, censés travailler le dimanche. Selon Nemtsov, la commission électorale de Sotchi a déclaré le 25 avril que 14.000 personnes avaient voté pendant les élections anticipées (dont 90% pour le candidat de Russie unie), et le lendemain que 30.000 personnes avaient déjà voté, ce qui signifie que 16.000 personnes auraient voté en une journée, pour lui il y a un mystère derrière ces chiffres. Et il y a encore plus tendancieux : les autorités ont autorisé des résidents de l’Abkhazie voisine (république sécessionniste de Géorgie), ayant des passeports russes, à prendre part au vote. La porte-parole du maire n’a pas démenti, ne voyant pas le mal qu’il pourrait y avoir dans cela. Si au final il n’y a que 4 abkhazes qui ont voté, il n’en reste pas moins que ce n’est pas très juste.

Ce n’est donc pas avec ces élections que les Russes vont avoir plus d’intérêt pour ce genre d’évènement.

Photo : Plan de l’île de la Fédération, future construction de Sotchi, dessiné par cabinet d’architecture Erick van Egeraat (source : Techno-science.net)

Le chiffre du jour : 47

Par Aurialie le 02.03.2009 à 00h11

Vingt millions d’électeurs russes étaient appelés aux urnes dimanche pour renouveler neuf assemblées régionales, des mairies de grandes villes et des conseils municipaux. Si les premiers résultats sont favorables au parti au pouvoir Russie unie, le Parti communiste a remporté les élections de la douma locale de Tver avec plus de 47% des voix, devant Russie Unie et ses 30%. Voilà certainement un premier effet politique de la crise économique.

Kadyrov a dit : "Votez !"

Par Aurialie le 13.10.2008 à 00h13

Dimanche, c’était jour d’élection dans les parlements régionaux de 5 régions russes : les oblasts d’Irkoutsk, de Kemerovo et de Sakhaline, le kraï de Transbaïkalie et la république de Tchétchénie. Kadyrov, célèbre président de cette région, a encore fait une étonnante déclaration : il a annoncé que le taux de participation en Tchétchénie serait de 100%, voire plus. Son explication : "les citoyens de Tchétchénie vont remplir leur devoir civique et aller aux urnes, comme les années précédentes, parce qu’ils connaissent le prix de la paix et la stabilité."

Cela sonne assez comme un aveu de la falsification des élections antérieures en Tchétchénie. Malheureusement pour Kadyrov, le taux de participation à 19h était situé aux alentours de 85-86%.

"Manifest" : Belarus freedom

Par Aurialie le 28.09.2008 à 23h09

Aujourd’hui, en Biélorussie, c’est journée électorale. Les bureaux de vote viennent de fermer, les résultats seront publiés demain matin, tout comme l’avis des observateurs de l’OSCE sur la légalité du scrutin. L’opposition biélorusse ne se fait pas d’illusions et a déjà demandé l’instauration de nouvelles élections parlementaires. Leurs résultats sont attendus par tout le monde, notamment le président biélorusse, qui a misé gros sur ces élections (et qui d’ailleurs les connait certainement déjà, les résultats). En jeu, la levée des sanctions et son admission dans l’arène européenne.

En attendant, écoutons Manifest le nouvel album de Liapis Troubetskoï, dont le très original clip Kapital avait été salué par les professionnels du secteur et les internautes.

Le Loukachenko nouveau est arrivé (CI)

Via Courrier International

A l’approche des législatives du 28 septembre, le régime de Minsk s’est adjoint les services d’un conseiller en image, le Britannique Timothy Bell. Malgré des signes d’ouverture, l’opposition n’est pas dupe.

Lors de sa première rencontre, en août dernier, avec lord Timothy Bell, c’est le président Loukachenko qui a dominé. Assis au bout d’une table au palais présidentiel de Minsk, il expliquait ses opinions en hochant la tête, les yeux sur ses notes. Quelques fragments ont filtré dans la presse. “La Biélo­­russie est un Etat dont le peuple a, par le passé, beaucoup apporté à l’Europe“, expliquait Loukachenko. Lord Bell n’avait devant lui qu’une feuille à en-tête de Bell Pottinger Communications et un crayon portant le logo de son entreprise de relations publiques. Le gourou des médias, anobli par Margaret Thatcher pour l’avoir transformée de “ménagère en politicienne de fort calibre” (c’est lui qui le dit), écoutait calmement le dictateur. “Je suis venu ici à sa demande. Il voulait savoir comment améliorer son image”, a laconiquement déclaré Bell après la rencontre. En fait, il y travaillait depuis le mois d’avril et avait établi un plan détaillé pour y parvenir.

“Je savais qu’il serait libéré. Après tout, il a été arrêté illégalement”, dit Igor Rymkevitch, l’avocat de l’opposant Alexandre Kozouline, maintenant que son client a retrouvé la liberté [le 16 août]. Il y a encore quelques semaines, ce n’était pas si évident. Kozouline, candidat à l’élection présidentielle de 2006, avait été emprisonné pour “hooliganisme” et condamné à cinq ans et demi de camp de travail. “Il est épuisé, on l’a traité avec brutalité”, témoigne son avocat. Au grand étonnement de la communauté internationale, deux autres opposants, Andreï Kim et Sergueï Parsioukevitch, ont également été relâchés. “Un geste à l’intention de l’Occident”, explique Agata Wierzbowska-Miazga, du Centre d’études orientales de Varsovie. “Loukachenko en a toujours fait quand il y avait des problèmes entre Minsk et Moscou. Mais ce qui est surprenant, c’est que, aujourd’hui, il n’y a aucun problème entre Minsk et Moscou. Le flirt de Loukachenko avec l’Occident relève plutôt d’une nouvelle stratégie.”

La réaction de l’Occident est enthousiaste. La France, qui préside l’Union européenne, a suggéré de lever les sanctions imposées à une quarantaine de membres du régime après le référendum de 2004 [qui a accordé à Loukachenko la possibilité de gouverner à vie] si Loukachenko organise des élections libres et s’il garantit la liberté des médias. Des conditions “difficiles” à remplir, mais jusque-là l’UE en a posé bien d’autres. “Depuis que Bell conseille Loukachenko, le monde nous perçoit différemment”, affirme le metteur en scène Nikolaï Khalezine, fondateur et directeur du Théâtre libre de Minsk. Ce qui ne l’enchante pas particulièrement. “Nous revenons d’une tournée en Grande-Bretagne. Là-bas, tout le monde est déjà persuadé que la dictature en Biélorussie vit ses derniers jours. Or ce n’est pas vrai.” Nikolaï Khalezine a d’ailleurs adressé une lettre ouverte à lord Bell. “Nous comprenons que vous faites ça pour l’argent, lui écrit-il. Vous n’êtes pas un enfant et vous savez que dans le budget de l’Etat il n’y a pas de fonds secret à huit chiffres pour rémunérer vos activités. Ce sont les contribuables qui vont régler la note.” “Nous souhaitons qu’il se sente responsable de ce qui se passe dans le pays”, explique Khalezine. “Si le monde arrête de nous considérer comme une dictature, on assistera à un retour des assassinats politiques”, poursuit-il. Lord Bell ne lui a pas répondu.

Mikhaïl Pachkevitch a 22 ans et, officiellement, il n’est pas un prisonnier politique. Il a juste été condamné à une assignation à résidence pour avoir manifesté avec une dizaine de personnes pour “défendre les droits des petits entrepreneurs” en janvier dernier. Ils ont tous été condamnés à la même peine et, depuis, ne peuvent quitter Minsk. Entre 19 heures et 6 heures, ils doivent rester chez eux ; tout changement d’employeur ou d’adresse doit être immédiatement signalé aux autorités. Une fois par semaine, ils doivent pointer au commissariat. “Si je suis en retard d’une demi-heure, c’est une violation du règlement. Trois violations, je vais en prison. Les interdictions sont si nombreuses que la police peut toujours trouver quelque chose”, témoigne Mikhaïl.

C’est pour cela que les opposants biélorusses contestent l’idée que, “en Biélorussie, il n’y a plus de prisonniers politiques”, désormais soutenue par le régime après les libérations de Kozouline, de Kim et de Parsioukevitch. Au sein de l’opposition, personne ne s’attend à de vrais changements. “C’est une manœuvre typique du régime. Personne ne pense que la répression va cesser”, dit Katia Tkatchenko, du Parti civique uni. “On libère des prisonniers pour les enfermer aussitôt”, ajoute l’avocat de Kozouline.

A quoi joue Loukachenko ? La réponse est banale : il cherche tout d’abord à diversifier les investissements étrangers. “Jusqu’à présent, le régime ne pouvait compter que sur la Russie, l’Inde, la Chine ou l’Iran, des pays qui ne lient pas les contacts commerciaux au respect des droits de l’homme, explique Mme Wierzbowska-Miazga. Ensuite, Loukachenko veut montrer au Kremlin qu’il y a une alternative à l’alliance avec la Russie. Il s’agit ainsi d’avoir une meilleure position pour les négociations sur le prix du gaz.” Le dernier acte de ce spectacle va se jouer le 28 septembre, le jour des législatives. L’opposition redoute qu’entre-temps lord Bell ne règle ses comptes avec elle.

Source images : lukashenko2008.ru

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