Tous les articles sur le mot clé : guerre

Un homme, des combats

Par Aurialie le 08.09.2009 à 01h14

Dans la nuit de samedi à dimanche, en zappant sur France5, je suis tombée par hasard sur un reportage intitulé "Mon mari, Andreï Sakharov", dans lequel Elena Bonner, la veuve du physicien, raconte leur vie, leur exil à Gorki, la surveillance du KGB, leur combat, les grèves de la faim, … le tout agrémenté de petites anecdotes sur leur vie commune. Par exemple, Elena Bronner préfére manger frais, Sakharov chaud, donc quand ils mangeaient de l’ananas, Elena Bronner mettait sa moitié au frigo, l’autre moitié était mise sur le radiateur pour Andreï Sakharov. Mais ce qui m’a le plus impressionné dans ce reportage a été l’intervention du Prix Nobel de la Paix 1975 au Congrès des députés des peuples le 9 juin 1989, la façon dont il a tenu tête à Gorbatchev en continuant son discours alors que son temps était écoulé, son micro coupé (à environ 3min30 sur la vidéo).

Son intervention concernait le (non-)vote du Décret sur le pouvoir. Il aurait voulu que les députés limitent le pouvoir du Président du Soviet suprême de l’URSS, que la concentration des pouvoirs ne soit pas dans les mains d’une seule personne. Il souhaitait également la suppression de l’article 6 de la Constitution de l’URSS ("Le Parti communiste de l’Union soviétique est la force qui dirige et oriente la société soviétique, c’est le noyau de son système politique, des organismes d’État et des organisations sociales. Le PCUS existe pour le peuple et est au service du peuple. Armé de la doctrine marxiste-léniniste, le Parti communiste définit la perspective générale du développement de la société, les orientations de la politique intérieure et étrangère de l’URSS, il dirige la grande œuvre créatrice du peuple soviétique, confère un caractère organisé et scientifiquement fondé à sa lutte pour la victoire du communisme.") Il proposait aussi de diminuer la durée du service militaire, de démobiliser les étudiants qui avaient déjà fait un an de service. Vous pouvez lire une retranscription de son intervention ici.

En faisant des recherches sur cette intervention, j’en ai trouvé une autre, tout autant intéressante, qu’il avait faite quelques jours auparavant, concernant la guerre en Afghanistan. C’est un sujet qui lui tenait à cœur ; il a été la cause de son exil à Gorki en 1979, quand il a dénoncé l’invasion de l’armée soviétique dans ce pays. Vous pouvez lire son intervention ici, dans un livre d’apprentissage de la langue russe pour les anglophones (j’aurais aimé avoir ce type de texte quand j’étudiais le russe au lycée).

Le courage, la force et la conviction qui se dégagent de cet homme, qui meurt 6 mois plus tard, le 14 décembre 1989, m’impressionnent vraiment.

En souvenir du 22 juin 1941

Par Aurialie le 22.06.2009 à 21h32

Alors que les Russes célébraient leur victoire sur l’Allemagne nazie le 9 juin dernier, aujourd’hui ils commémoraient l’entrée de l’Union soviétique dans la Seconde guerre mondiale, suite au lancement de l’opération Barbarossa et l’invasion de l’armée hitlérienne à 3h du matin.

Ainsi 2.000 personnes ont pris part à l’opération le Quart de la Mémoire à Moscou, un rassemblement de vétérans et de jeunes dans la nuit du 21 au 22 juin. Deux adjectifs/sentiments me viennent à l’esprit en voyant cela : l’empathie pour ces vieilles personnes qui ont dû vivre l’annonce de l’invasion allemande avec beaucoup d’inquiétude et qui méritent qu’on les honorent, la désuétude de ce type de commémoration (et pas qu’en Russie ; le 14 juillet français est tout aussi désuet avec son défilé militaire), dont on devrait supprimer tous les aspects patriotiques et nationalistes, tels les uniformes militaires (portés par les jeunes notamment) ou les drapeaux avec Saint-Georges.

La cérémonie organisée par le parti Iabloko, qui a allumé 1418 bougies, symbolisant les 1418 jours de guerre (photo), a donc ma préférence, pour son côté plus intime.

Simple vérité, propagande ou œuvre d'art ?

Par Aurialie le 24.03.2009 à 23h02

Depuis le 16 mars, la chaîne russe Perviy Kanal passe la bande-annonce du film Olympus Inferno, qui sera diffusé dimanche prochain.

En une semaine, cette bande-annonce a déjà fait couler beaucoup d’encre, l’histoire étant sujet à polémiques. Michael, jeune ethnologue américain d’origine russe, se rend en Ossétie du sud pour réaliser un film sur de rares spécimens de papillons de nuit. Il rencontre alors Jena, journaliste et ancienne camarade de classe. Ils posent des caméras dans une réserve naturelle et c’est alors que la guerre éclate en Ossétie du sud entre la Géorgie et la Russie, dans la nuit du 7 au 8 août 2008. Pensant détenir des preuves de l’agression géorgienne contre l’Ossétie et la Russie, ils tentent alors de rejoindre la zone autorisée de Tskhinvali alors que les combats font rage.

On comprend immédiatement quelles polémiques vont naître : film relatant un événement historique pour les uns, terrible œuvre de propagande pour les autres. Mais les critiques ne portent pas seulement sur le fond, mais aussi sur la forme : calque des films (de propagande) américains, absurdités dans le scénario, ... A cela s’ajoute le mécontentement d’une partie de la population ossète de voir leur tragédie transformée en spectacle. Pour son réalisateur, Igor Volochin, qui a fait de nombreuses recherches avant le tournage, son film est une œuvre d’art, tout simplement.

Emir Kusturica devrait également tourner un film sur le conflit en Ossétie, peut être celui-ci sera plus abouti.

Source : Newsru.com

Guerre froide ? tiède ?

Par Aurialie le 24.08.2008 à 23h52

En 15 jours les évènements se sont enchaînés dans le Caucase : le 8 août les forces armées géorgiennes lancent une offensive dans Tskhinvali, capitale de la République autoproclamée d’Ossétie du Sud, tuant plusieurs soldats de la force de maintien de la paix russe. La Russie réagit aussitôt en envoyant ses chars et soldats, à Tskhinvali d’abord, puis plus profondément en Géorgie. Sarkozy intervient au nom de l’Europe, réussit à faire signer un plan de paix aux différents belligérants. Quelques jours passent, la Russie retire ses troupes (sauf à Poti), Sarkozy félicite Medvedev aujourd’hui pour avoir bien rempli sa partie du plan de paix.

Et pourtant : le Canada veut que la Russie soit exclue du G8, un navire militaire américain a accosté dans le port géorgien de Batoumi pour livrer de l’aide humanitaire (pour le moment ?), l’Ukraine, qui a organisé aujourd’hui une parade militaire pour fêter son indépendance (photo), demande que son adhésion à l’Otan soit accélérée, la Pologne accepte la présence d’un bouclier antimissile américain sur son territoire... Pour Condoleezza Rice, la guerre froide est finie, mais n’a-t-elle pas reprise ? En tout cas les clichés sur le méchant ours russe, et la désinformation qui va avec (n’est-ce pas M. BHL ?), sont de retour. Dommage que l’on ne représente pas plus souvent la Russie sous les traits de l’adorable Misha, mascotte des JO de Moscou en 1980...

Photo : parade militaire aujourd’hui à Kiev (source Rosbalt.ru)

Faites l'amour, pas la guerre !

Par Aurialie le 15.08.2008 à 23h28

Parce que la guerre est sur le point de se terminer (la Russie et la Géorgie sont prêts à signer l’accord de paix proposé par Sarkozy), les jeunes de mouvement Oborona ont décidé d’organiser un flashmob pacifiste de bisous.

L’appel est le suivant : Embrassons-nous les uns les autres ! Une embrassade massive est capable de réduire les humeurs militaristes de la société. Amenez tous vos proches et êtres aimés, dimanche 17 août, boulevard Gogol (métro Kropotkinskaïa - Moscou) à 13h.

La guerre en deux images

Par Aurialie le 13.08.2008 à 20h12

Voilà deux dessins qui expliquent assez bien la situation entre la Géorgie, l’Ossétie et la Russie, vue par cette dernière.

Source : LiveJournal namarsh.ru

Trois minutes dans la guerre georgo-osseto-russe

Par Aurialie le 12.08.2008 à 14h05

Comme pour les différentes compétitions des Jeux Olympiques de Pékin, nous pouvons suivre l’évolution de la guerre georgo-osseto-russe, presque minute par minute, notamment sur Libération.fr. Et parmi les petites phrases ou actions relevées, j’en soulignerais deux :

10H25 - La Russie ne cherche pas à faire tomber le président géorgien Mikheïl Saakachvili, mais considère que « ce serait mieux » s’il quittait le pouvoir, déclare le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

12h42 - Le président français Nicolas Sarkozy juge « normal » que la Russie veuille « défendre les intérêts des russophones » hors de ses frontières, tout en réitérant la nécessité de respecter « l’intégrité » territoriale de la Géorgie.

Et voilà la réponse d’un internaute commentateur Alan à 13h50 - Comme déjà dit, Sarko se trompe. Le terme "russophone" désigne des citoyens de langue russe (et d’origine russe) d’autres états que la Russie (pays baltes, Kazakhstan etc...). Les Ossètes (du sud), même s’ils parlent le russe pour la plupart ne sont pas "russophones" - ils ont leur langue propre -. Ils sont "citoyens" russes parce que la Russie leur a distribué des passeports "russes", leur "État" n’étant pas reconnu...C’est à ce titre que la Russie est intervenue, uniquement pour les défendre des méchants géorgiens. Maintenant, avec ce que vient de dire Sarko, tout devient possible dans l’optique d’un rétablissement de l’Empire...

Quelque chose à rajouter ?

Ossétie du sud : deux journalistes tués, deux autres blessés

Par Aurialie le 10.08.2008 à 20h07

Dépêche AFP — Deux journalistes ont été tués et deux autres blessés dans la république séparatiste géorgienne d’Ossétie du Sud où un conflit armé oppose Russes et Géorgiens, a annoncé dimanche la radio Echo de Moscou.

Les deux hommes, Grigol Tchikhladze et Alexandre Klimtchouk, sont entrés dans la zone du conflit avec l’armée géorgienne et ont été tués par des volontaires ossètes, a affirmé à la radio un correspondant de l’édition russe de l’hebdomadaire Newsweek, Orkhan Djemal, sans autre précision.

M. Tchikhladze couvrait le conflit pour l’hebdomadaire Russian Newsweek et M. Klimtchouk, âgé de 27 ans, travaillait comme photographe pour l’agence de presse russe Itar-Tass, a indiqué l’agence de presse News Georgia, selon laquelle les deux victimes sont de nationalité géorgienne.

"Soit ils sont restés derrière les militaires géorgiens, soit ils se sont perdus et sont tombés sur un poste ossète. Ils ont tenté de fuir les volontaires, mais ces derniers ont tiré sur leur voiture", a raconté M. Djemal.

Deux autres journalistes, dont un Américain, qui se trouvaient dans le même véhicule ont été blessés et hospitalisés à l’hôpital de Tskhinvali, selon la même source, ce qui porte à sept le nombre total des journalistes blessés depuis le début du conflit dans la nuit de jeudi à vendredi.

La Géorgie et la Russie sont en guerre

Par Aurialie le 10.08.2008 à 01h23

La tension montait depuis quelques semaines entre la Russie et la Géorgie, la guerre est maintenant bien commencée : civils tués, bâtiments détruits, déclarations hostiles, tentatives d’apaisement des autres pays européens.

Tandis que la Pologne et les trois républiques baltes, qui ont dû subir l’hégémonie soviétique pendant de nombreuses années, critiquent la position trop accommodante de l’UE envers la Russie, la Suède compare cette dernière à Adolf Hitler, en se livrant en Géorgie à une "agression incompatible avec le droit international" : "Nous avons des raisons de nous rappeler comment Hitler, il y a un peu plus d’un demi-siècle, a utilisé une telle doctrine pour saper et attaquer des zones considérables d’Europe centrale", a déclaré dans un communiqué le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt.

Hitler est également la comparaison utilisée par des hackers russes, ayant piraté le site du Ministère géorgien des Affaires étrangères, pour décrire le comportement du président géorgien Mikheïl Saakachvili. Car pour de nombreux Russes, la Géorgie est l’agresseur d’un peuple opprimé, celui de l’Ossétie du Sud, demandant depuis des années son indépendance et éventuellement son rattachement à la Russie.

Alors que Vladimir Poutine, premier ministre russe, a déclaré ce soir que la Géorgie recouvrera "difficilement" sa souveraineté sur l’Ossétie du Sud après avoir attaqué ce territoire indépendantiste, le président géorgien s’est dit prêt à un cessez-le-feu si la Russie mettait fin à ses bombardements, estimant qu’"il devrait y avoir un désengagement" et appelant à "une internationalisation" de ce processus. La France a ainsi annoncé la tenue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE en début de semaine prochaine sur le conflit, et l’envoi aujourd’hui dans la région du chef de sa diplomatie Bernard Kouchner pour proposer une "sortie de crise". Espérons que celle-ci arrive au plus tôt.

Source : article - Libération, image - Ouest France

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