Tous les articles sur le mot clé : histoire

La data-visualisation a au moins 100 ans

Par Aurialie le 24.08.2012 à 00h27

La data-visualisation, ou en bon français la visualisation des données, est à la mode, un bon dessin étant parfois plus parlant ou plus marquant qu’un tableau. Voyez par exemple cette infographie sur la fécondité dans le monde. Et bien, ce n’est pas nouveau : en 1912 la maison d’édition de Saint-Pétersbourg Le Messager de la Connaissance sortait le livre de Nikolaï Alexandrovitch Roubakine "La Russie en chiffres. Pays . Peuple . États. Classes", qui contenait diverses statistiques sur l’Empire russe à cette époque, sous forme illustrée. En voilà quelques exemples.


Comparaison de la population de l’Empire russe : les Russes sont bien sûr majoritaires à 65%, puis viennent les Turcs et Tatares à 10,9%, les Polonais - 6,2%, ect...


Cette infographie compare le "panier de la ménagère" typique d’une famille de 3 personnes d’un ouvrier anglais et d’un serrurier de Nijni-Novgorod. Sur une année, la différence est de 50 roubles.


Parfois, il n’y a même pas de chiffres, la différence de taille des différents éléments suffisant à comprendre l’information. Cette image indique la composition professionnelle de la population russe : les paysans y sont majoritaires, ensuite viennent les ouvriers, puis la domesticité (ou toute personne travaillant au service de quelqu’un). Les fonctionnaires et les militaires sont des professions minoritaires.

Je ne sais pas si la France faisait la même chose au début du XXe siècle, mais cet ouvrage de Roubakine montre une fois de plus que les artistes russes étaient innovants en dessin, graphisme, typographie, ect... Je pense bien sûr à Rodchenko, El Lissitzky, Malevitch, et bien d’autres.

Source images : infogra.ru, où il y a bien d’autres illustrations à découvrir.

Les Cahiers d'Igort

Par Aurialie le 15.03.2012 à 23h57

Contrairement à ce que je pensais, il y a pas mal de BD qui se déroulent en Russie ou en URSS. Dernières sorties, les BD du dessinateur italien, Igort, qui traitent d’aspects assez sombres de l’histoire russe et soviétique : Les Cahiers Ukrainiens - Mémoires du temps de l’URSS, sortis en juin 2011, mettaient en image les témoignages d’Ukrainiens ayant vécu la famine des années 30, la collectivisation forcée, la catastrophe de Tchernobyl, ... Les Cahiers Russes - La guerre oubliée du Caucase, sortis en début d’année, part de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, pour montrer la violence d’une partie de la Russie actuelle : la brutalité des soldats russes en Tchétchénie, les zatchistkas, les tragédies de Nord-Ost et de Beslan (pour lesquelles Anna Politkovskaïa a essayé de servir de médiateur), les assassinats de Stanislas Markelov et Anastasia Babourova, ...

Les dessins d’Igort sont d’une noirceur impressionnante, il tente de mettre en image les témoignages recueillis par Anna Politkovskaïa, mais aussi par lui-même lors de ses nombreux voyages en Russie, Sibérie et en Ukraine.

Plusieurs médias ont parlé du dernier ouvrage d’Igort : Télérama (média pour lequel l’auteur commente trois planches), FranceTV (qui rappelle que l’organisation Amnesty International s’est associée à cet ouvrage), le Mouv’, RFI, Rue89 ...

Bref, si vous n’avez pas beaucoup de temps pour lire, je vous conseille de lire ces deux BD témoignages, elles valent vraiment le coup.

12 ans de Poutine en 2 min

Par Aurialie le 03.03.2012 à 00h56

En mode Simpson et en un plan fixe, chapeau à Egor Zhgun (déjà cité ici), tout y est... ou presque ! Et en plus, il n’y a rien à traduire !

Vivement les 12 prochaines...

Installation commémoration

Par Aurialie le 19.08.2011 à 23h42

A l’occasion du 20e anniversaire du putsch du 19 août 1991, qui précipita la fin de l’Union soviétique, des artistes ont préparé une installation " ?????? ?? ??????" ("La vérité sur la vérité"). Reprenant le titre et les images d’une chanson de DDT, sortie en 1997 et faisant référence au putsch du 4 octobre 1993, Pavel 183 et Vladimir Dimid ont imprimé sur du papier autocollant quatre silhouettes d’OMON, qu’ils ont collé sur les portes d’une station de métro, afin de donner la possibilité à leurs concitoyens de passer à travers les piquets des forces spéciales cette journée-là, pas comme il y a 20 ans.

Malheureusement l’installation n’a pas tenu plus d’une heure, avant que les petites mains du métro ne l’enlèvent.

En complément : Putsch d’août 91 : le peuple en avait décidé autrement, à lire sur Courrier international.

L'histoire souffle le chaud et le froid

Par Aurialie le 01.12.2010 à 00h05

De gauche à droite, en commençant par le bas, nous pouvons lire Staline, Brejnev et Poutine et en haut "dégel khrouchtchévien", "dégel gorbatchevien" et "protalina medvedevesque" (ça ne sonne pas très bien, désolée).

Faisons donc un petit cours de traduction franco-russe : La protalina ( ?????????), c’est ça : c’est l’endroit où la neige fond et laisse apparaître la terre (a priori, il n’y a pas de traduction en un mot en français). Et auriez-vous une meilleure traduction de l’adjectif " ????????????", issu du nom du président russe Dmitri Medvedev ?

L’histoire est un éternel recommencement semble suggérer Sergueï Elkine, est-ce que cela signifie qu’il y aura un retour dans les zones froides de l’histoire si Vladimir Poutine est de retour en 2012 ?

Lev Kopelev, un homme, un prix

Par Aurialie le 24.11.2010 à 00h21

Connaissez-vous Lev Kopelev ? Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais entendu ce nom, c’est la remise d’un prix à son nom au journal Novaya Gazeta qui me l’a fait connaître.

La page française de Wikipédia nous apprend simplement que Lev Kopelev était un écrivain et dissident soviétique né le 9 avril 1912 et mort le 18 juin 1997. C’est plutôt léger. Quelques recherches supplémentaires, notamment sur la version anglaise, nous apprennent que Kopelev a été un ami d’Alexandre Soljenitsyne, qu’ils ont été emprisonnés ensemble et que Kopelev a inspiré le personnage de Roubine dans le Premier cercle.

Diplômé d’allemand à l’Institut des langues étrangères de Moscou en 1935, il est engagé volontaire en 1941 pour servir en Allemagne, notamment en qualité d’interprète. Dégouté par le comportement des troupes soviétiques en Prusse orientale vis-à-vis de la population allemande, il n’hésite pas à faire part de ses critiques. Il est alors arrêté et condamné à 10 ans de Goulag pour avoir fait preuve d’"humanisme bourgeois et de compassion envers l’ennemi".

Relâché en 1954 et réhabilité en 1956, il croit encore dans l’idéal communiste et est même membre du Parti communiste. Il rencontre l’éditeur Alexandre Tvardovski et le convainc de publier le roman Une journée d’Ivan Denissovitch de Soljénitsyne. A partir de 1968, il participe activement au mouvement des droits de l’homme. Cette même année, il est renvoyé de l’Institut de Polygraphie et de l’Institut de l’Histoire de l’Art, dans lesquels il enseignait. Il est également exclu du Parti communiste et de l’Union des Ecrivains pour avoir signé une lettre de protestation contre les persécutions des dissidents, soutenu publiquement Andreï Siniavski et Iouli Daniel, protesté contre l’expulsion de Soljenitsyne de l’Union des Ecrivains et dénoncé l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie. En 1977 il perd le droit d’enseigner et d’être publié. En 1980, alors qu’il effectue un voyage d’étude en Allemagne de l’Ouest, sa citoyenneté lui est retirée. Il reste alors en Allemagne où il est professeur à l’Université de Wuppertal. Il obtient le grade de docteur en philosophie à l’Université de Cologne et obtient de nombreuses récompenses internationales. En 1990, Gorbatchev lui restaure sa citoyenneté soviétique. Lev Kopelev décède en 1997 à Cologne.

Le Forum Lev Kopelev, organisme allemand, rend hommage depuis 1999 à des hommes, projets et organisations qui œuvrent dans l’esprit de l’écrivain et propagent des idées de compréhension mutuelle et de dialogue entre les pays, les peuples, les cultures. En 2001, le premier prix Lev Kopelev a été remis à l’organisation internationale HALO Trust qui lutte pour le retrait des débris de guerre, tels les bombes antipersonnelles. En 2002, c’est l’organisation russe de défense de droits de l’homme Memorial qui l’a obtneu. En 2003, ce sont l’Israélien Uri Avnery et le Palestinien Sari Nusseibeh qui ont reçu conjointement cette distinction pour la fondation du mouvement pour la paix Gush Shalom. En 2004, le lauréat est l’association culturelle polonaise Borussia ; en 2005 la défenseur des droits de l’Homme Zaïnal Gashaeva ; en 2006 le théologue et professeur Hans Küng et en 2009 l’écrivain allemand Siegfried Lenz.

Cette année, le prix a donc été remis au journal Novaya Gazeta, pour "son journalisme indépendant, libre penseur, courageux et inébranlable, qui est le signe distinctif de Novaya Gazeta, comme aucune édition russe".

Images : en haut - Lev Kopelev, Alexandre Soljenitsyne et Dmitri Panine (source - Pmeyer.web) ; en bas - prix Lev Kopelev remis à Novata Gazeta (source - LiveJournal Novaya Gazeta)

Comme un grand sentiment de désespoir

Par Aurialie le 15.09.2010 à 00h07


Le site BestToday, qui propose chaque jour les meilleurs articles, reportages, photos et vidéos publiés sur les blogs russes, a notamment choisi aujourd’hui cette photo de l’incendie du monastère de Ganina Iana, situé à une vingtaine de kilomètres de Iekaterinbourg et construit sur les cendres de la famille impériale Romanov, suite à son exécution dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.

Longtemps considérée comme un endroit sinistre, auréolé d’un certain mystère (il était interdit d’évoquer la famille impériale pendant l’ère soviétique), Ganina Iana est devenu dès 1991 un lieu saint où des processions religieuses étaient organisées, une croix avait été plantée en mémoire du dernier empereur Nicolas II et de sa famille. C’est en 2000 qu’un monastère (en partie, en bois) a été construit (ainsi qu’un réfectoire pour les pèlerins, un musée, ...) ; et il vient malheureusement de disparaître partiellement.

D’autres photos sont visibles sur UralWeb et pour en savoir plus sur Ganina Iana, vous pouvez consulter le site 14dney.ru.

Et pour info, l’un des sujets le plus souvent évoqué aujourd’hui est le 45e anniversaire de Dmitri Medvedev ; "happy birthday, Mister President !" :-)

Stalin Song

Par Aurialie le 16.05.2010 à 01h07

Sur le modèle de la Pope song de Tim Minchin, Egor Jgoune, alias Zhgun, a imaginé une version avec Staline, la Stalin song ; une vidéo à montrer dans toutes les écoles, pour Ilia Yachine.

Trilogie Svetlana Alexievitch à Ivry

Par Aurialie le 17.03.2010 à 00h04

Si vous ne connaissez pas Svetlana Alexievitch, le Théâtre des Quartiers d’Ivry vous permet pendant encore 10 jours de la découvrir par le biais de 3 de ses pièces montées par deux metteurs en scène français.

Svetlana Alexievitch est un auteur et journaliste biélorusse qui a interviewé de nombreuses personnes, témoins des traumatismes de l’histoire soviétique et russe : guerre en Afghanistan, seconde guerre mondiale, goulag, chute de l’Union soviétique, catastrophe de Tchernobyl, … Elle a notamment déclaré : "Si vous revenez sur notre histoire, à la fois soviétique et post-soviétique, c’est une énorme tombe, un bain de sang. Un dialogue éternel des bourreaux et des victimes." Mais aussi : "Nous n’avons pas d’autre choix. Soit nous ferons preuve de courage et apprendrons toute la vérité sur nous mêmes, soit nous resterons à croupir dans les oubliettes de l’Histoire."

Ses ouvrages sont ainsi décrits comme une chronique littéraire de l’histoire émotionnelle des personnes ayant vécu à ces deux époques, et ont été récompensés par de nombreux prix internationaux. Ivry propose donc trois des ses oeuvres : La Guerre n’a pas un visage de femme (où la parole est donnée aux jeunes filles, engagées volontaires dans l’Armée Rouge pendant la guerre de 1939-1945), Ensorcelés par la mort (recueil de témoignages de ceux et celles qui n’ont pas voulu survivre, moralement ou physiquement, à l’effondrement du communisme) et Les Cercueils de zinc (témoignages sur la guerre en Afghanistan de 1979-1989).

Histoire de chat

Par Aurialie le 12.02.2010 à 00h06

Les chats sont les stars du web, leurs petites frimousses font à coup sûr une bonne vidéo. Parmi les célèbres chats, il y a le Keyboard cat, Maru ou encore le chaton "surprised kitten".

Mais des chats ont été de vrais héros de la Seconde guerre mondiale en URSS, lors du blocus de Leningrad. Après plusieurs dizaines de semaines d’encerclement par l’armée allemande, la nourriture faisait défaut à Leningrad, les gens mourraient, mais les rats proliféraient, les maladies aussi. Les autorités ont donc décidé d’apporter plus de 5.000 chats d’Omsk, Irkoutsk, Tioumen, Iaroslavl et de bien d’autres villes pour éradiquer les rongeurs. Et ils ont rempli parfaitement leur mission. C’est pourquoi, au début des années 2000, il a été décidé de dresser la statut de deux chats de Iaroslavl, dans la rue Malaïa Sadovaïa.

Cette photo est celle de la statut du chat Elisseï, sa compagne, la chatte Vasilisa, est visible ici.

Source : x-ledi

Le Tsar de Pavel Lounguine est terrible

Par Aurialie le 16.01.2010 à 23h58

L’année de la Russie en France (et réciproquement) commence bien cinématographiquement parlant avec la sortie du dernier film de Pavel Lounguine, Tsar.

Tsar relate 4 ans de la vie d’Ivan le terrible (entre 1565 et 1569), les conséquences de sa paranoïa (garde rapprochée sans foi ni loi, comploteurs imaginaires torturés et tués, recherche de tout signe annonçant le jugement dernier, ...) mais surtout, comme le montrent les affiches française et russe du film, son face-à-face avec le père Philippe (qu’il nomme métropolite de Moscou, après le départ du précédent), un combat entre le bien et le mal. Une phrase du film résume parfaitement la complexité du 1e tsar de Russie, dans lequel cohabitent la cruauté des opritchniki et la piété du métropolite Philippe : "Peut-être qu’en tant qu’homme je suis pécheur. Mais en tant que tsar, je suis juste !"

La performance des 2 acteurs principaux (Piotr Mamonov et Youri Kuznetzov) est absolument magistrale, les costumes magnifiques, Pavel Louguine (en interview ici) signe un très bon film.

L'Affaire Toulaev de Victor Serge

Par Aurialie le 12.01.2010 à 23h51

Cette caricature du dessinateur Mikhaïl Zlatkovski, publiée à l’occasion de l’anniversaire de Staline (le 18 décembre), m’a fait penser au roman de Victor Serge, l’Affaire Toulaev. Dans cette fiction, très proche de la réalité historique des années 30 en URSS, Victor Serge relate les conséquences de l’assassinat du camarade Toulaev, membre éminent du Comité Central, connu pour ses déportations de masse et ses purges dans les universités.

Bien que l’on suive l’enquête qui mènera à l’arrestation de plusieurs cadres du Parti un peu partout en URSS, mais aussi en Espagne, l’Affaire Toulaev n’est en rien un livre policier : le lecteur connait dès le début l’auteur de l’assassinat. L’ambition de Victor Serge n’était pas de faire un bon thriller (enfin, il me semble), mais de montrer l’implacable machine qui a purgé les différents échelons de la hiérarchie soviétique, la façon dont le pouvoir judiciaire fabriquait des coupables et pouvait convaincre les plus vieux bolcheviques de reconnaître leur culpabilité.

L’ouvrage est très dense, très riche et assez original dans sa forme : chaque chapitre relate le destin d’un "accusé", sa vie, ses activités, son ascension, son arrestation ; et ce n’est qu’à la fin que leurs destinées s’unissent dans l’imagination du procureur Ratchevsky et de ses auxiliaires. Ainsi chaque portrait est une nouvelle à l’intérieur du roman, qui pourrait parfaitement être indépendante.

Parallèlement à ce roman, j’ai lu le recueil de photographies de David King, Le Commissaire disparait, sous-titré "La falsification des photographies et des oeuvres d’art dans la Russie de Staline". Dans certains cas, la falsification est une conséquence directe des procès de Moscou et des grandes purges staliniennes. Bien qu’à l’époque Photoshop n’existait pas, les modifications des photos sont parfois vraiment impressionnantes.

Pour ceux qui aiment l’histoire soviétique, ces 2 ouvrages sont essentiels !

Egor Gaïdar : la thérapie de choc l'a tué

Par Aurialie le 18.12.2009 à 00h42

Via Courrier International

Mercredi 15 décembre, celui qu’on appellait le "père du capitalisme russe", Egor Timourovitch Gaïdar, économiste et ancien Premier ministre (1991-1993), est décédé brutalement à l’âge de 53 ans, probablement d’une thrombose, dans sa maison de la banlieue de Moscou.

On se souvient de son visage poupin et de sa silhouette ronde. La jeunesse de cet économiste hors du commun ne l’a pas empêché d’endosser la responsabilité inouïe de mettre en œuvre, en 1992, à l’âge de 35 ans, le passage de tout un système planifié et centralisé depuis 70 ans, à l’économie de marché. "Libéralisation des prix, hyperinflation, austérité monétaire, effondrement de l’économie, troc, privatisation : tout cela est lié à son nom", rappelle Gazeta.ru. Une expression emblématique résume l’ensemble : thérapie de choc. Et le quotidien en ligne de citer quelques chiffres éloquents : en 1991, la hausse des prix en Russie est de 160%, en 1992 elle atteint 2 500%, en 1993, 840%, en 1994, 215%. Entre 1991 et 1995 le PIB russe se rétracte de 34,6%. La reprise économique ne s’amorcera qu’en 1997. "Les réformes d’Egor Gaïdar suscitèrent le mécontentement de la majorité de la population, mais il n’y avait pas d’autres voies pour créer une économie de marché en Russie", estiment ses partisans. "Il savait que ses mesures étaient impopulaires, qu’on le montrerait du doigt, mais il en a pris la responsabilité. C’était, en somme, un kamikaze : après cela il a dû renoncer à sa carrière politique", explique Evguéni Iassine, économiste qui a pris la succession de Gaïdar au ministère de l’Economie en 1994.

Et de fait, en décembre 1993, Egor Gaïdar quitte le premier gouvernement de la nouvelle Russie de Boris Eltsine, et entre à la Douma comme député libéral. Il y restera juqu’en 2003. Jusqu’à sa mort, il dirige l’Institut de l’Economie de transition qu’il a fondé. Il est l’auteur de plus de cent publications. Pourquoi un homme jeune et retiré de la politique publique depuis de nombreuses années, qui devait mener l’ "existence idéale" d’un "académicien" qui "écrit ses mémoires et donne des conférences", est-il mort si brutalement ?, s’interroge le chroniqueur Leonid Radzikhovski dans Vzgliad. "Ce n’est pas l’organisme qui a cédé, c’est l’homme, avance-t-il. Un homme qu’une tension intérieure extrême et un stress terrible et constant a littéralement consumé. Sa souffrance pour la Russie a déterminé le temps qui lui restait à vivre."

Photo : Itar-Tass sur Gazeta.ru

 Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression

Par Aurialie le 01.12.2009 à 00h27

Les éditions Zones ont décidé de rééditer l’ouvrage de Victor Serge Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression, petit guide pratique listant les différents procédés de la police secrète à l’encontre des révolutionnaires du début du XXe siècle. Et l’épluchage des dossiers et archives de l’Okhrana, accessibles après la révolution bolchevique de 1917, a vraiment été instructif : filature, infiltrations, suivi de la correspondance, agents provocateurs, … la police secrète utilisaient tous les moyens pour mieux connaître les révolutionnaires et mettre fin à leurs activités. En France, l’un des informateurs de l’Okhrana était un rédacteur du Figaro, Raymond Recouly, connu sous le surnom de Ratmir (p.40) : "Ratmir informait l’Okhrana sur ses collègues de la presse française. Il faisait au Figaro et ailleurs la politique de l’Okhrana. Il touchait 500 francs par mois. Ces faits sont notoires."

Mais cet ouvrage sorti en 1925 est d’une étonnante modernité, et c’est bien pour cela qu’il a été réédité. L’infiltration dans des mouvements de la gauche de la gauche, la filature de prétendus anarcho-autnomes, la provocation dans des manifestations alter-mondialistes, … la police d’aujourd’hui utilise encore les techniques d’hier (la postface de Francis Dupuis-Déri le montre bien). Les conseils d’hier sont donc encore valables aujourd’hui (p.73 à 80) : "Ne pas se rendre directement où l’on va ; faire un détour", "Écrire le moins possible. Ne pas écrire est mieux", "Ne pas désigner de tiers sans nécessité", "Se défier des téléphones", "Savoir se taire", "En cas d’arrestation (…). En principe : ne rien dire", "N’avouez-jamais !", "Une suprême recommandation : se garder de la manie de la conspiration"...

Pour finir, je vous livre cette citation de Victor Serge sur la crise (p.94), preuve de la contemporanéité de cette œuvre : "En un mot, le respect de l’anarchie capitaliste est la règle de l’État. Qu’on produise, vende, revende, spécule, sans mesure, sans souci de l’intérêt général : c’est bien. La concurrence est la loi du marché. Les crises deviennent ainsi les grandes régulatrices de la vie économique. Elles réparent, aux dépens des travailleurs, des classes moyennes inférieures et des capitalistes les plus faibles, les erreurs des chefs d’industrie."

L'Ouvrier et la Kholkozienne

Par Aurialie le 24.09.2009 à 00h02

A l’occasion du 120e anniversaire de la naissance de Vera Moukhina, la salle d’exposition moscovite Novyi Manège organise une exposition sur l’artiste soviétique. Son œuvre majeure est la sculpture de l’Ouvrier et la Kolhozienne qui a servi par la suite d’emblème aux studios Mosfilm. Lenta.ru publie une série de photos du monument qui a été créé pour orner le toit du pavillon soviétique de l’exposition universelle de 1937, à Paris. La sculpture fait tout de même 25m et pèse 80 tonnes, le toit du pavillon devait être solide.

Depuis 2003, elle est en restauration, (celle-ci a pris un peu plus de temps que prévu), mais elle devrait bientôt reprendre sa place. D’autres photos de la sculpture sont visibles ici.

Source photo : Lenta.ru

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