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Objectif Lune

Par Aurialie le 21.07.2009 à 23h49

A l’heure où les Américains célèbrent les 40 ans du premier pas de l’homme sur la lune, il est intéressant de voir la première photo de la face cachée de la lune prise par l’engin spatial soviétique Luna3 en octobre 1959 (il y a donc bientôt 50 ans).

Et pour ceux et celles qui souhaiteraient voir plus de photos et panoramas de la lune au fil des différentes expéditions, je vous conseille d’aller voir le site richement documenté de Don P. Mitchell.

Source photo : Nasa

En souvenir du 22 juin 1941

Par Aurialie le 22.06.2009 à 21h32

Alors que les Russes célébraient leur victoire sur l’Allemagne nazie le 9 juin dernier, aujourd’hui ils commémoraient l’entrée de l’Union soviétique dans la Seconde guerre mondiale, suite au lancement de l’opération Barbarossa et l’invasion de l’armée hitlérienne à 3h du matin.

Ainsi 2.000 personnes ont pris part à l’opération le Quart de la Mémoire à Moscou, un rassemblement de vétérans et de jeunes dans la nuit du 21 au 22 juin. Deux adjectifs/sentiments me viennent à l’esprit en voyant cela : l’empathie pour ces vieilles personnes qui ont dû vivre l’annonce de l’invasion allemande avec beaucoup d’inquiétude et qui méritent qu’on les honorent, la désuétude de ce type de commémoration (et pas qu’en Russie ; le 14 juillet français est tout aussi désuet avec son défilé militaire), dont on devrait supprimer tous les aspects patriotiques et nationalistes, tels les uniformes militaires (portés par les jeunes notamment) ou les drapeaux avec Saint-Georges.

La cérémonie organisée par le parti Iabloko, qui a allumé 1418 bougies, symbolisant les 1418 jours de guerre (photo), a donc ma préférence, pour son côté plus intime.

La République de SKHID

Par Aurialie le 04.06.2009 à 23h55

En découvrant quelques affiches de l’exposition " ???????? ? ?????"("Artiste et temps") sur le site Lenta.ru, je suis tombée sur l’affiche du film " ?????????? ????" (La République de SKHID), qui raconte la vie d’un internat pour enfants difficiles dans les premières années de l’ère soviétique.

 ???? (SKHID) est l’abbréviation de ?????- ??????? ??. ????????????, école-commune du nom de Dostoevski, fondée en 1918 par le pédagogue Victor Nikolaevitch Soroka-Rossinski pour développer la personnalité civique et morale des enfants. Le film est tiré d’un livre partiellement autobiographique de Grigory Belikh et L. Panteleev, écrit à 1926 et publié en 1927. Je n’ai pas encore eu le temps de voir le film en entier, mais les quelques minutes que j’ai vues m’ont incité à en parler. Un site est totalement consacré à cette école.

Essais sur le monde du crime de Chalamov

Pour avoir un petit aperçu de l’œuvre de Varlam Chalamov, auteur des Récits de Kolyma, rien de tel que de commencer par son Essais sur le monde du crime. En 160 pages, il raconte les us et coutumes de la pègre, leur combine pour échapper aux travaux de camps les plus durs, la place de la femme (mépris total, femme objet), la culture criminelle (le rôman), …

Dans son introduction, il s’insurge contre les auteurs qui ont cherché à rendre sympathique le monde des criminels, voire même à l’idéaliser, au titre de la liberté du voyou. Mais pour les avoir côtoyé au camp de la Kolyma, Chalamov connait les vices des truands, raconte les tourments subis par les politiques, les intellectuels (surnommés dans les camps les "Ivan Ivanovitch"), souvent en accord avec les autorités pénitentiaires.

"“Ces gens [les trotskystes] sont envoyés ici pour être anéantis, et votre tache est de nous aider dans ce travail”. Ce sont les mots exacts prononcés lors de l’un de ces cours [d’instruction politique pour les truands], au début de l’année 1938, par Charov, l’inspecteur de la section culturelle de la mine Partisan. (…) En la personne des trotskystes, ils se trouvèrent devant une intelligentsia qu’ils détestaient profondément. " (p. 27)

"L’intellectuel est brisé par le camp. Tout ce qui lui était cher est réduit en poussière, piétiné, la civilisation et la culture volent en éclats en un temps très court, qui se compte en semaines. (…) Cette dégradation des âmes, ce sont dans une grande mesure les truands qui en sont responsables, les repris de justice dont les goûts et les mœurs influent sur toute la vie de la Kolyma." (p. 97/99)

Enfin, il y a un passage assez complet sur le retour des criminels dans les camps après la Seconde guerre mondiale et la véritable guerre des gangs au sein même des camps entre les criminels qui avaient fait la guerre (et donc considérés comme soumis à l’autorité) et les criminels qui ne s’étaient pas battus.

En illustration de ce petit commentaire de livre, une photo diffusée par l’Union des prisonniers, qui s’inquiète des conditions de détention dans la colonie de Nijnevartovskaïa IR 99/15. Sur la tête de ce prisonnier est marquée l’abbréviation SDP – Section de discipline et d’ordre. Selon l’Union, ce prisonnier a été obligé, sous la menace de répressions, d’entrer dans cette section, de devenir "actif", c’est à dire de devenir un assistant volontaire de l’administration pénitentiaire. A la fois le marquage sur le crâne et l’obligation d’être actif, sont une humiliation pour le prisonnier. Mais ce n’est rien pas rapport aux moqueries, passages à tabac, violences, violations des droits subies fréquemment par les prisonniers. D’ailleurs, le 17 décembre 2008, un détenu est décédé des suites des coups reçus.

Alors loin de moi l’idée d’idéaliser le monde du crime et les criminels, mais les conditions de détentions dans cette prison ont l’air inquiétantes... et pas que dans celle-ci... et pas qu’en Russie.

Les chiffres de la Grande terreur

Par Aurialie le 23.05.2009 à 02h14

Je viens d’achever la lecture de L’ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d’un meurtre de masse 1937-1938, le dernier ouvrage de Nicolas Werth. A la lecture de ces 300 pages décrivant 2 années de terreur sanguinaire, on ne peut qu’apprécier le travail d’historien. La genèse, la mise en place de la grande terreur, l’élaboration des listes des accusés, les arrestations, les exécutions, l’augmentation des quotas, la fin des opérations, … Nicolas Werth passe en revue toutes les étapes de cette "vaste entreprise d’ingénierie et de purification sociale visant à éradiquer tous les les éléments socialement nuisibles et ethniquement suspects" (p.17). Et ces éléments ont été arrêtés, exécutés ou enfermés en masse, voilà quelques chiffres relevés tout au long du livre :

  • p.16 : "En 16 mois, d’août 1937 à novembre 1938, environ 750.000 citoyens soviétiques furent exécutés après avoir été condamnés à mort par un tribunal d’exception à l’issue d’une parodie de jugement. Soit près de 50.000 exécutions par mois, 1.600 par jour. Durant la Grande Terreur, un Soviétique adulte sur 100 fut exécuté une balle dans la nuque. Dans le même temps, plus de 800.000 Soviétiques étaient condamnés à une peine de 10 ans de travaux forcés et envoyés au Goulag."
  • p.21 : "Les 16 mois de la Grande terreur concentrent à eux seuls près des 3/4 des condamnations à mort prononcés entre la fin de la guerre civile (1921) et la mort de Staline (mars 1953) par une juridiction d’exception dépendant de la police politique ou des tribunaux militaires."
  • p. 38 : "en 2 ans, près de 35.000 officiers durent arrêtés ou limogés, soit 1/5 environ du corps des officiers, cette proportion étant plus élevée dans les grandes supérieures."
  • p.40 : "Le renouvellement des cadres politiques fut spectaculaire : ainsi au début de 1939, 293 des 333 secrétaires régionaux du Parti, 26.000 des 33.000 hauts fonctionnaires de la nomenklatura du Comité central étaient en poste depuis moins d’un an."
  • p.41/42 : "Dans certains ministères, Affaires étrangères, Commerce extérieur, Finances, Industrie lourde, Voies de communications, Agriculture, Machines-outils, 80 à 90% des cadres dirigeants furent arrêtés, pour être aussitôt remplacés par une nouvelle génération de "promus"."
  • p. 78 : "Le seul chiffre global dont on dispose fait état début 1941, soit deux ans après la fin de a grande Terreur, et l’arrestation en 1937/1938, de plus de 1,5 million de personnes par la Sécurité d’État, de 1.263.000 personnes fichées par la Sécurité d’État – ce qui laisse supposer qu’un nombre beaucoup plus important, peut être 2 à 3 millions de personnes, étaient sous une forme ou une autre, fichées en 1937."
  • p. 228 : "Le rapport Pavlov établissait, pour les années 1921 à 1953, le nombre de personnes arrêtées, condamnées et exécutées par les différentes juridictions d’exception dépendant de la police politique : plus de 4 millions de personnes condamnées, dont 800.000 exécutées. Ce bilan faisait clairement ressortir la place exceptionnelle de la Grande Terreur : 1.548.366 arrestations, 1.344.923 condamnations, dont 681.682 à la peine de mort au cours des deux seules années 1937-1938."

Encore un chiffre, celui du coût de l’opération (p.95) : 75 millions de roubles du fonds de réserve gouvernementale furent débloqués pour "couvrir les dépenses exceptionnelles liées à la mise en œuvre de l’opération, dont 25 millions pour le transport, par voie ferrée, des éléments envoyés en camp". Mais le plus choquant est la description des tortures et l’arbitraire des arrestations. Les abus de certains agents du NVKD (infiltrés par des agents ennemis, bien sûr) ont d’ailleurs été relevés : (p.310) "entre novembre 1938 et fin 1939, 1.364 officiers de la Sécurité d’État furent arrêtés à l’issue d’une enquête interne (…), en outre 6.400 agents subalternes furent limogés, sans avoir à répondre de leurs actes et sans poursuites judiciaires."

L’ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d’un meurtre de masse 1937-1938 est un livre parfois un peu répétitif, mais vraiment instructif.
En complément, ne pas hésiter à lire cet article de Non fiction sur le livre.

Un peu de sérénité

Par Aurialie le 14.05.2009 à 00h53

Cette photo, prise dans l’Altaï près de Tchouï-Ozy (???- ???), n’est pas une pièce de musée mais un véritable "poteau à attacher les chevaux" (en un seul mot en russe " ????????").

C’est bien mieux qu’un reportage sur la famine en Ukraine en 1932/1933...
Pour plus d’info sur ce reportage, que le gouvernement russe n’a pas beaucoup apprécié, et une traduction de certains passages, je vous conseille la lecture de ce forum.

Source photo : geo-petrovitch.livejournal.com

Le Jour de la Victoire dans les blogs

Par Aurialie le 11.05.2009 à 03h31

Les commémorations de la fin de la 2e guerre mondiale se sont déroulées ce samedi en Russie (vendredi en France et dans d’autres pays), défilés et parade militaire étaient au programme des festivités. Svobodanews a fait une revue de blogs sur cette journée de la Victoire. Le thème le plus populaire a été celui de la version colorisée de la série Les 17 moments du printemps et de son personnage principal Stirlitz. Et en effet, on trouve des dizaines d’articles (ici et par exemple) sur les raisons de cette nouvelle version, son (in)utilité, les nécessités, ... de cette série racontant les aventures d’un espion soviétique, travaillant pour les intérêts de l’URSS alors qu’il sert dans l’armée nazie.

Autre thème : le ruban de Saint-Georges qui reprend les couleurs de l’ordre militaire russe de Saint-Georges, l’orange rayé de trois bandes noires. Ce ruban, distribué en Russie et ailleurs dans le monde (même en France), symbolise "la mémoire de la Victoire dans la Grande guerre patriotique et la reconnaissance éternelle aux vétérans et anciens combattants russes qui ont délivré le monde du fascisme". Mais selon de nombreux bloggeurs russes, dans les rues de Moscou, peu de personnes portaient ce ruban ce 9 mai, car il était aussi moins distribué que les années précédentes. Le jeu était plutôt de prendre des photos de gens portant ce ruban de façon insolite.

Enfin le dernier thème abordé est plus historique : il s’agit des énormes pertes de l’Union soviétique pendant la 2e guerre mondiale. Certains pensent qu’il faut enlever tout le pathos et se rappeler que la guerre est une grande tragédie. D’autres rajoutent que la guerre a permis de survivre au régime stalinien et que jusqu’à présent, la guerre a été le moyen d’étouffer la conscience du peuple.

De mon côté, plusieurs choses m’étonnent dans les commémorations de la fin de la 2e guerre mondiale :

  • l’intérêt que ces commémorations suscitent en Russie (je n’ai pas fait le tour des blogs français, mais les médias français alternatifs ne se font pas tellement l’écho des commémorations en France)
  • la glorification de Staline dans les défilés, principalement du Parti communiste de la Fédération de Russie (comment oublier les millions de victimes des Grandes purges des années 30...)
  • ces photos de Sergueï Larenkov (illustrant l’article) mélangeant le Saint-Pétersbourg actuel au Leningrad en plein blocus, le rendu est remarquable et saisissant.

Source photos : Sergueï Larenkov

Une photo, une histoire

Par Aurialie le 16.04.2009 à 23h14

Emmanuel Evzerikhin est un témoin de son époque. Né en 1911 à Rostov sur le Don, il a son premier appareil photo à 12 ans et il travaille par la suite comme correspondant étranger pour l’agence Tass : expansion architecturale de Moscou, Congrès des Soviets pendant laquelle a été adoptée la Constitution, parades sportives, ... Evzerikhin photographie la vie des soviétiques et l’histoire de l’URSS.

Le cliché ci-dessus a été pris le 23 août 1942 à Stalingrad, après une attaque aérienne massive de la flotte allemande. Cette fontaine de six enfants dansant autour d’un crocodile, entourée de bâtiments dévastés (c’est la gare que l’on voit en arrière plan), est l’un des symboles de la bataille de Stalingrad. Et en effet, cette photo laisse une impression assez forte : les enfants de la ronde sont abimés, sales, autour d’un animal peu amical, ils sont eux-mêmes entourés d’édifices criblés de balles, en flammes, effrayants : cette allégorie de la joie est plongée dans le chaos et rappelle ainsi combien la bataille de Stalingrad a été un moment capital de la Seconde guerre mondiale.

D’autres photos d’Emmanuel Evzerikhin ici.

Source photo : Photo de Volgograd

Chemiakine, les vices et les enfants

Par Aurialie le 11.04.2009 à 17h53

La prochaine fois que j’irai à Moscou, je ne manquerai pas d’aller voir de mes yeux ce monument de Mikhaïl Chemiakine "Les enfants victimes des vices des adultes". Cette œuvre de près de 600 mètres, installée en 2001, est composée de deux statuts dorés d’enfants aux yeux bandés entourés de 12 autres statues de bronze représentant des dangers potentiels dans un style surréaliste grotesque (alcoolisme, exploitation, indifférence, drogue, prostitution, sadisme, ignorance, guerre, pseudo-savoir, vol, propagande de la violence, misère), plus une dernière statue pour ceux qui n’ont pas de mémoire.

Pour l’artiste, ce projet a été pensé et réalisé pour appeler à lutter pour la sauvegarde de la génération actuelle et de celles à venir : "En tant que peintre, j’appelle par cette œuvre à regarder en arrière, à entendre et voir ce qui se passe autour. Et il n’est pas trop tard pour former des hommes sensés et honnêtes." Certains détracteurs ont critiqué l’accentuation mis sur les vices, et non sur la défense des enfants, et souligné le côté nuisible du monument sur le psychisme de l’enfant.

Né à Moscou en 1943, Mikhaïl Chemiakine a passé son enfance en Allemagne, avant de revenir en URSS où il a intégré en 1957 le collège spécial de l’académie d’art Répine dépendante de l’Académie des Beaux-Arts de Léningrad. Mais la vie n’a pas été simple pour cet ami du chanteur Vissotski : il est exclu de l’école à cause de ses conceptions artistiques qui ne correspondaient pas aux normes du réalisme socialiste, occupe des emplois précaires (il est ouvrier, s’occupe de la maintenance, est postier), est interné dans un hôpital psychiatrique pour avoir osé présenter à un haut-gradé du Parti communiste ses principes sur le Synthétisme Métaphysique, écrits avec un groupe d’artistes. Les autorités soviétiques l’obligent à quitter l’URSS en 1971. Il s’installe alors en France, puis aux Etats-Unis, où il peut développer son art.

De nombreux monuments ont été installés en Russie depuis la chute de l’URSS : statue de Pierre Le Grand à l’intérieur de la forteresse Pierre et Paul, monument à la mémoire des victimes de répressions politiques (sur le bord de la Neva), monument à la mémoire des architectes, bâtisseurs de Saint Petersbourg, monument à la mémoire du député assassiné M. Manevich.
Si ses projets sont essentiellement liés à la Russie, il vit actuellement en France à Châteauroux, où il travaille à la création d’un monument consacré aux Français qui ont aidé les juifs à échapper aux nazis sous l’occupation.

La vie de Kronid Lioubarski

Par Aurialie le 06.04.2009 à 23h38

Ce soir le musée Andreï Sakharov organisait une soirée en mémoire du dissident Kronid Lioubarski, prisonnier politique et membre actif du mouvement de défense des droits de l’Homme en URSS, né il y a 75 ans, le 4 avril 1934. C’est l’occasion de découvrir le parcours d’un homme, dont le parcours est semblable à celui d’Alexandre Ginzbourg ou Andreï Sakharov, mais qui est bien moins connu que ces derniers.

De formation scientifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles d’astrophysique, étudie les conséquences de la météorite de Toungouska (1961), est aspirant à l’institut de physique nucléaire du MGOu (1966), participe au développement et à l’organisation des voyages sur Mars. Mais dés 1953, alors qu’il est étudiant, il est l’un des premiers à organiser l’envoi collectif de lettres de protestation au journal Pravda en cette période post-stalinienne. Ce mode de contestation a été appelé par le mouvement de défense des droits de l’Homme "l’oppositon esthétique". Lioubarski a notamment déclaré : "le système provoque une répugnance si profonde qu’un jour tu ressens l’impossibilité d’exister en lui."

Le 17 janvier 1972, il est arrêté pour l’affaire des "Chroniques des évènements en cours" et condamné à 5 ans de régime sévère pour agitation anticommuniste. Au cours de la perquisition ce sont près de 600 documents, manuscrits et livres (nombreux issus du samizdat) qui sont saisis.
En 1974, alors qu’il est enfermé dans un camp, lui vient l’idée d’organiser la Journée de résistance des prisonniers politiques, qui depuis a lieu chaque année le 30 octobre. A partir de 1991, cette journée devient officiellement la journée de souvenir des victimes des répressions politiques.

Libéré en janvier 1977, il est l’un des successeurs d’Alexandre Ginzbourg, arrêté le 3 février, à la tête du fonds Soljénitsyne d’aide aux prisonniers politiques (avec Malva Landa et Tatiana Xodorovitch). Il entre également à la section soviétique d’Amnesty internationale. De nouvelles actions judiciaires sont alors menées contre lui, d’abord pour parasitisme, puis violation des principes du contrôle judiciaire et enfin pour agitation antisoviétique. Le 14 octobre 1977, sous la pression du pouvoir soviétique, Kronid Lioubarski et sa famille sont obligés de quitter l’URSS, ils sont même destitués de leur citoyenneté soviétique.

Parti vivre en Allemagne, il continue de travailler, en éditant le bulletin d’informations bihebdomadaire "Nouvelles d’URSS" (????? ?? ????), la liste annuelle des prisonniers politiques en URSS et à partir de 1984 le magazine "Pays et paix" (?????? ? ???). En 1990, il retourne pour la première fois à Moscou en tant que membre de la commission internationale enquêtant sur les circonstances de la mort de Raoul Wallenberg. En août 1991, il participe à la défense de la maison Blanche. Le 2 juin 1992, lui et sa famille retrouvent leur citoyenneté russe et en février 1993 ils déménagent définitivement à Moscou. Lioubarski devient le premier vice-rédacteur en chef du magazine Novoe vremia. Pendant les événement d’octobre 1993, il organise la défense du bâtiment de la radio Echo de Moscou ( ??? ??????)

Il occupe ensuite des fonctions assez importantes : il participe à la rédaction de la loi sur la Citoyenneté en tant que membre de la Commission sur la citoyenneté, il a été l’auteur de certains articles de la Constitution de la Fédération de Russie, notamment ceux sur la liberté de déménagement et le choix de son lieu d’habitation et sur la liberté de sortie du territoire russe. En 1994, il quitte la Chambre civile auprès du Président de la Fédération de Russie en signe de protestation contre le début de la guerre en Tchétchénie. A partir de 1993, il est membre du groupe Helsinki Moscou et en devient même le représentant.

Mais le 23 mai 1996, il meurt tragiquement en se noyant lors d’un voyage à Bali. En 1997 il est reçoit à titre posthume le prix russe de la liberté de la presse dans la catégorie Master et au printemps 2000, c’est l’Institut International de la presse à New York qui le nomme héros du journalisme libre indépendant de la deuxième moitié du XX siècle.

Voilà maintenant un homme dont on connaît mieux la vie et le combat.

Source : Droits de l’Homme en Russie
Légende photo : Andreï Sakharov, Kronid Lioubarski et Mikhaïl Makarenko

Auto-promo "nouveauté" (2)

Par Aurialie le 26.03.2009 à 00h29

Ce soir, l’émission de France 3 "Ce soir ou jamais" proposait un débat sur la Russie : Poutine/Staline, les liaisons dangeureuses. Afin de live-bloguer le débat, un Twitter Spoutnisti a été mis en place. Vous pouvez donc lire ce qui s’est dit au début de l’émission directement sur la page Twitter et les derniers "gazouillis" dans la colonne de droite après les derniers commentaires.

Auto-promo "nouveautés"

Par Aurialie le 21.03.2009 à 01h04


Deux petites nouveautés sont apparues sur la colonne de droite de ce blog (après la section "les derniers commentaires"), deux "projets" montés en parallèle de Spoutnitsi :

  • un fil twitter intitulé "spoutnistoria", pensé comme le canal historique de spoutnitsi, relatant la révolution russe de 1917 au jour le jour, comme si vous y étiez
  • un fil tumblr "C’est ça la France", dont le but est de montrer la situation des droits de l’homme, les trafics d’influence, la corruption, la justice à deux vitesses, la policiarisation d’un pays où les libertés semblent de plus en plus restreintes : la France.

Voilà aussi pourquoi je ne trouve pas de temps de lire...

Une page d'histoire

Par Aurialie le 01.03.2009 à 20h10

Ces cinq personnes au crâne rasé sont Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alekseï, les enfants du tsar Nicolas II. A cause de fièvres importantes contractées en juin 1917, leurs cheveux ont commencé à tomber. Le 22 juin, leur mère Alexandra a alors décidé de raser la tête de ses filles pour permettre une meilleure repousse. Alexeï a également demandé à être tondu, malgré l’interdiction de sa mère.

Cette étonnante photographie a été prise par leur précepteur suisse Pierre Gilliard. Selon Holly J. Daughert, auteur d’un site consacré à Anastasia Romanov, les filles ont enlevé au dernier moment leur chapeau pour montrer leur crâne chauve et prenaient un certain plaisir à choquer les gens avec leur calvitie.

J’ai trouvé cette photo originale, que je voyais pour la 1e fois, dans le cadre de recherches pour mon nouveau projet spoutnistoria, le canal historique de Spoutnisti : une page twitter pour suivre l’évolution de la Révolution russe de 1917 au jour le jour, comme si vous étiez à Petrograd pendant cette période mouvementée.

La transition du communisme à l'économie de marché aurait fait un million de morts (Courrier International)

Par Aurialie le 26.01.2009 à 20h24

Via Courrier international

Les privatisations massives qui ont caractérisé la transition des pays de l’ancien bloc soviétique du socialisme à l’économie de marché au cours des années 1989-2002 ont-elles eu une influence sur la forte augmentation de la mortalité constatée dans ces pays après la chute du mur de Berlin ? Oui, à en croire une étude publiée par la revue scientifique britannique The Lancet : la mortalité des hommes adultes (15-59 ans) aurait augmenté de 12,8 %, ce qui représente, calcule le Corriere della Sera, environ 1 million de personnes décédées prématurément.

Se basant sur des modèles mathématiques complexes et au terme de quatre années de travaux, les auteurs de la recherche ont par ailleurs remarqué que le taux de mortalité croît avec la vitesse à laquelle les privatisations ont été menées : là où une "thérapie de choc" a été appliquée, comme en Russie entre 1991 et 1994, l’espérance de vie s’est raccourcie de cinq ans. Dans les pays qui ont vécu une transition plus douce – comme la Slovénie, la Croatie ou la Pologne –, elle a augmenté de près d’un an. Un lien de cause à effet entre le chômage qui a suivi les privatisations, notamment en Russie, et l’augmentation du taux de mortalité est également établi, notamment à cause du fait qu’à l’époque soviétique les entreprises d’Etat assuraient le suivi médical des salariés. Avec leur fermeture ou leur privatisation, c’est une partie du système de santé qui a disparu.

Dans une lettre au Financial Times, l’économiste Jeffrey Sachs, qui avait conseillé de nombreux gouvernements ex-communistes à l’époque, estime que le taux de mortalité en Pologne n’a pas augmenté, et que le taux de mortalité en Russie est davantage dû au régime alimentaire russe ou bien aux aides refusées par l’Occident.

Qui sera la honte de la Russie ?

Par Aurialie le 14.01.2009 à 00h21

Fin septembre, les internautes russes désignaient Alexandre Nevski héros de la Russie à l’issue du sondage Imia Rossii qui avait duré 6 mois et avait vu de nombreux rebondissements (fraudes, programmes pirates ...). Une suite logique à ce projet a été imaginée, Pozor Rossii (la honte de la Russie), chargée de désigner la personnalité qui a mérité l’aversion générale du fait de ses actes.

Certains noms s’imposent d’eux-mêmes (Staline, Ivan le Terrible), d’autres sont le symbole d’un clivage politique (Vladimir Poutine, 1er actuellement, Boris Eltsine, 2e, Mikhaïl Gorbatchev, 4e, Vladimir Jirinovski, 12e ou encore Garry Kasparov, 19e), enfin on trouve des artistes qui n’ont pas vraiment leur place. Par exemple, Alexandre Pouchkine est dans la sélection car "depuis Pouchkine, la Russie n’a plus gagné une guerre (...) Tous les fruits de la Seconde guerre mondiale ont été donnés gratuitement et maintenant la Russie occupe la première place en termes de suicides et d’avortements. Krylov a écrit une fable sur Pouchkine, "L’écrivain en l’enfer". L’écrivain brûle en enfer et demande à Dieu : ’J’écrivais seulement, je n’ai tué personne’, le Dieu répond : ’les crimes de l’assassin sont oubliés il y a bien longtemps sur terre, mais tes vers sont lus, Pouchkine, toute la Russie est dévastée ; brûle et plus encore’. (...) Pouchkine a ruiné la famille russe. La moitié des enfants sont élevés maintenant dans des familles incomplètes, sans père, voici les fruits de la poésie nuisible de Pouchkine." Argumentaire assez étonnant...

L’artiste actuel Boris Moiessev est sur la liste car il est "plutôt désagréable comme chanteur, et tout à fait nuisible pour sa propagande active de l’homosexualité, et pour l’introduction dans la conscience publique de la représentation de l’homosexualité, comme norme." Cet arguementaire est charmant de tolérance...

Enfin, il est étonnant de voir que Félix Dzerjinski, qui a fondé la police politique de l’URSS, la Tchéka, futur KGB, est à la fin du classement avec seulement 6 voix, alors que l’écrivain Léon Tolstoï en a déjà 18. Mais le sondage ne vient que de commencer (12.918 votes pour le moment) et l’on sait bien que ce type de question est totalement subjectif et pas à l’abri d’une attaque de bots (robots, fraudes au clic).

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