Tous les articles sur le mot clé : jeunesse

"Nous sommes du même sang"

Par Aurialie le 28.03.2012 à 00h23

Le centre de transfusion des Urgences de l’Institut Sklifosovsky organisait aujourd’hui une journée intitulée "Nous sommes du même sang", prise en photos par Anton Belitski pour le site Ridus. Ce type de journée, organisé depuis 2 ans et demi, a pour but d’attirer des personnes, qui n’envisageaient pas de donner leur sang, en organisant une rencontre avec les membres d’un groupe de rock. Ont déjà mis leur notoriété pour cette cause le groupe ????, les leaders des groupes ?????, ????, Noize MC, Lumen, Louna,...


Cette année, les donneurs ont eu la chance de boire un thé et d’entendre des chansons des groupes  ????????! et  ?????? ?? ??????. Les chanteurs n’ont pas pu donner leur sang, car leurs derniers tatouages dataient de moins de 6 mois. Et contrairement à la France, qui pourrait prendre modèle sur la Russie, les homosexuels masculins ont le droit de donner leur sang depuis 2008.

Il semble que le sujet du don du sang soit pris très au sérieux par les autorités russes, car en 2011, la Russie a reçu le Sabre award pour sa campagne d’information sur le don du sang, réalisée entre 2008 et 2010. Aujourd’hui, grâce à cette journée, 35 personnes ont accepté de donner son sang et en tout ce sont plus de 250 donneurs qui y ont participé en 2 ans et demi.

Source photos : Ridus

Quinze vies à l'Est

Par Aurialie le 20.02.2012 à 22h12

Avec quelques jours de retard, je viens de découvrir le projet "15 vies à l’Est" (en anglais "15 young by young"), consistant en une série de reportages de 13 minutes de 15 jeunes réalisateurs vivant dans les 15 anciennes républiques de l’Union soviétique. L’objectif : dresser un portrait de leur génération. Les 15 réalisateurs appartiennent en effet à une génération unique née en Union Soviétique, mais qui s’est ensuite développée dans des États indépendants. Les courts-métrages permettent donc de découvrir leur quotidien, leur expérience, leur vision du monde, leur culture, … depuis la fin de l’URSS, il y a maintenant 20 ans.

Chaque jour, depuis le 6 février (et jusqu’au 24 février) à 10h30, Arte diffuse un des reportages. Vous pouvez donc encore voir l’Ukraine, le Kirghizstan, la Lettonie et l’Arménie. Pour le moment, je n’ai pas trouvé les vidéos sur la VOD d’Arte ou sur des sites de partage de vidéos, vous pouvez donc déjà voir la bande-annonce ci-dessus, visiter le site du projet et également voir les dessins animés de onze réalisateurs sur leur jeunesse.

Sur la page de présentation des réalisateurs, en plus des infos biographiques, on découvre parfois des extraits de leur travail ou encore leurs chanson et dessin animé préférés. Ainsi, sur la page de la réalisatrice russe Sveta Strelnikova, on peut (re)voir le célèbre dessin animé Malych et Karlson (????? ? ???????) et une chanson de Milyi. Côté projet, elle a tourné son reportage sur une personnalité connue de Spoutnitsi, Artiom Loskoutov et sa Monstratsia. Petite parenthèse pour finir : ce garçon plein d’idées organise le lendemain de l’élection présidentielle à Novossibirsk une Parade des doutes (sur les différents aspects de la vie, pas seulement politiques).

Vis ma vie de natsbol

Le photographe Ilya Epichkine a passé un moment avec les natsbols moscovites (membres du Parti national-bolchevique), dans leur QG situé à Medvedkovo. On y voit les murs défraichis, mais décorés d’affiches et prospectus, on y apprend que la pièce la plus importante est la cuisine (car c’est là que se trouve la connexion internet), on voit des activistes préparer des colis nourriture pour leurs amis détenus (tous les aliments doivent se trouver dans des sacs transparents, sans emballage), ... Tout est résumé dans cette photo.

Comme le rappelle Emmanuel Carrère dans sa biographie de Limonov, que je lis avec beaucoup d’intérêt actuellement, les natsbols ne sont ni des skinheads, ni des fascistes, mais des "héros du combat démocratique en Russie" pour Anna Politkovskaïa et des "gens biens" pour Elena Bonner, la veuve du physicien, prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov. Je ne suis pas encore arrivée à la partie où Limonov revient en Russie et devient le chef et le héros de ces jeunes prêts à tous pour leurs idéaux (ce que décrit très bien le roman San’kia de Zakhar Prilepine). Mais son enfance en Ukraine, son petite business de fabrique de pantalon, ses débuts poétiques, sa montée dans l’underground moscovite, ses années aux Etats-Unis (j’en suis là pour le moment), ses aventures amoureuses, ..., tout est absolument passionnant ! Je suis bien contente que l’on m’est offert "Journal d’un raté", qui sera sans aucun doute mon prochain livre de chevet.

Source image : Ilya Epichkine

Extrémiste à 6 ans ?

Par Aurialie le 03.11.2011 à 00h22

Après avoir enfermé des manifestants et des femmes d’opposant, la police russe tente une nouvelle forme d’intimidation en interrogeant un enfant de 6 ans, en l’occurrence le fils d’un des leaders du parti l’Autre Russie et du mouvement Stratégie-31, Sergueï Aksenov. L’interrogatoire a eu lieu hier soir, suite à une habituelle manifestation "Les élection sans opposition sont un crime", place Trioumfalnaïa à Moscou. L’enfant, Ivan, ne manifestait pas avec son papa, mais ne se trouvait pas très loin, avec sa nounou de 16 ans, Vika. C’est à la fin de l’action que la police les ont arrêtés, car la jeune fille prenait des photos, et notamment celle d’un responsable du Centre E (Centre de lutte contre l’Extrémisme), Alekseï Okopniy. Parallèlement Sergueï Aksenov et d’autres activistes de l’Autre Russie étaient également arrêtés.

Une fois au poste, l’enfant a été interrogé, le temps que la maman, journaliste à Izvestia, arrive, le papa n’ayant été libéré que dans la nuit.
Aksenov a publié le procès-verbal de l’interrogatoire de son fils ; il commence ainsi : "Aux questions que l’on m’a posées, voilà ce que je peux dire : je vis à l’adresse indiquée ci-dessus avec mon papa Aksenov I.C., ma maman, Poustarnakova Anastasia, ma maman travaille au journal Izvestia et mon papa publie sur son ordinateur des évènements. (...) Chaque mardi de chaque mois, nous allons avec papa à des telles manifestations, où il y a beaucoup de monde, plus de 50 personnes, ils crient fort, et mon papa est avec eux, ils tiennent dans leur main de grandes pancartes où il est écrit quelque chose. (...) Aujourd’hui le 01/11/11, quand mon papa a participé au meeting, il m’a laissé à Vika, avec qui je suis resté, en lui tenant la main, et elle prenait des photos, et papa était avec d’autres gens. Ensuite, un membre de la police est venu vers nous, il m’a demandé où étaient mes parents, je ne lui ai rien répondu, ensuite on nous a emmené à la police, où un inspecteur des affaires des mineurs a appelé ma maman et ma maman a dit qu’elle viendrait vite avec mes papiers d’identités (...)"

L’enfant n’a pas été perturbé par cet interrogatoire, mais certains de demandent si cette "arrestation" ne serait pas la 1e étape menant à la privation de l’exercice des droits parentaux de Sergueï Aksenov. La nounou, Vika, a encore été interrogée aujourd’hui, elle dit qu’Okopniy voulait qu’elle donne des informations sur Aksenov. Selon Gazeta, le responsable des droits de enfants de Moscou va s’entretenir avec le chef du département du ministère de l’Intérieur de la capitale sur cette histoire. Affaire à suivre.

Source photo : BestToday

Je vis, je me bats, je m'accroche

Par Aurialie le 27.09.2011 à 00h10


Roma Protasevitch est un talentueux étudiant de 16 ans : élève du prestigieux lycée rattaché à l’Université technique nationale biélorusse (BNTOu), lauréat du prix du Président en physique et d’une bourse d’étude, participant à une conférence scientifique à Saint Pétersbourg, pendant laquelle il a rencontré le cosmonaute Gueorgi Gretchko

Mais son brillant parcours s’est (momentanément) arrêté le 6 juillet 2011, suite à sa participation à une manifestation silencieuse à Minsk (pendant laquelle il a alors vu "toute la crasse de son pays : comment 5 agents des forces spéciales frappent une femme, (…), comment on gaze le peuple pour le disperser, … c’était épouvantable") et surtout à son arrestation par des agents en civil (photo).

Son arrestation est arrivée jusqu’aux oreilles des responsables du lycée, qui après avoir essayé d’exercer sur lui quelques pressions, ont décidé de le renvoyer. Ses parents, partisans convaincus du pouvoir, lui ont posé un ultimatum : soit il reniait ses croyances politiques, soit il quittait le domicile familial. Vladimir Tchoudentsov, journaliste, a alors décidé de raconter son histoire sur son blog, pour essayer de lui trouver un logement et un moyen de finir ses études. A cette heure, il semble que le problème du logement soit résolu, son histoire ayant touché bon nombre d’internautes. Quant aux études, le jeune homme déclare dans la vidéo qu’il ne pense pas possible de les finir en Biélorussie (il a été inscrit sur une liste noire), mais peut être en Russie. Pour lui apporter votre soutien ou votre aide, vous pouvez le contacter via sa page Vkontakte. Son dernier tweet montre en tout cas tout son courage : "je vis, je me bats, je m’accroche".

Source photo : Vladimir Tchoudentsov

Boire ou conduire (2)

Par Aurialie le 20.12.2009 à 01h36

Du 11 au 16 décembre, les visiteurs de la galerie Vinzavod pouvaient voir l’exposition "What’s stopping you ?". Les thèmes : la consommation de bière par les jeunes, la vente de bière aux jeunes et la consommation de bière au volant. A l’origine de cette exposition, il y a la mise en place d’un concours de création de publicité sociale sur ces sujets, sous le parrainage du plus célèbre web-designer russe Artemiy Lebedev. Il a notamment organisé une master-class mi-novembre pour favoriser la création d’affiches et slogans. Sur 500 travaux présentés, 16 ont été retenus pour l’exposition (et seront ensuite affichés dans les rues de Moscou), j’en ai choisi moi-même 4.


Les 2 premières sont graphiques, je n’ai pas grand chose à dire.


Sur ces 2 autres, il est écrit sous le grand rectangle noir "Conscience des gens qui vendent de la bière aux adolescents" et sur l’affiche de droite "Chemin dangereux".

Vous vous demandez peut-être pourquoi ils s’attaquent ainsi à la bière et non pas à la vodka, au gin et autres alcools forts ? La réponse est à la fois simple et étrange : ce concours est organisé par un vendeur de bière néerlandais, qui souhaite "attirer l’attention sur un sujet que les autres marques de bière préfèrent ne pas évoquer" (l’alcoolisme des jeunes). Et par la même occasion, il peut se faire un peu de pub.

Le chiffre du jour : 340 millions

Par Aurialie le 01.07.2009 à 00h42

C’est en roubles la somme que le Fonds d’aide aux enfants en situation de détresse débloquera dans les 2 années qui viennent en faveur de la protection des enfants victimes de mauvais traitements. Une campagne nationale contre la maltraitance des enfants, intitulé "Protégeons les enfants contre la violence", débutera en 2010 avec un budget de 120 millions de roubles et se poursuivra en 2011 avec 220 millions de roubles.

Les résultats d’un sondage réalisé par l’Institut de sociologie de l’Académie russe des sciences ont montré qu’en Russie 52% des parents recouraient à la violence physique à des fins éducatives, cependant que 20% estiment que dans certains cas les châtiments corporels sont bénéfiques pour les enfants, et 5,6% sont persuadés qu’ils sont incontournables.

Source : Ria novosti

"Tu es son présent, son futur, son passé, son premier et dernier espoir"

Par Aurialie le 19.02.2009 à 00h02

Cette année en Russie, c’est l’année de la jeunesse et un grand projet est lancé pour imaginer la Russie en 2020. Quatre sujets sont déjà lancés : le succès (faire des jeunes des entrepreneurs), les projets Zvorykine (commercialiser les inventions des jeunes), le leadership (donner la possibilité à chaque jeune de réussir dans chaque domaine de sa vie) et la tolérance (garantir une coexistence pacifique des peuples vivant sur le territoire russe). D’autres sujets seront traités : la technologie du bien, le territoire, la tradition, ...

Le plan com’ du gouvernement sur ce projet est plutôt bon. En plus d’un site attractif montrant son évolution quotidienne, une vidéo très moderne, reprenant les codes utilisées ces derniers temps par les agences de communication et les webdesigners (comme par exemple pour la campagne présidentielle d’Obama) a été mise en ligne.

La question est de savoir qui est à l’origine de ce clip. Ce mode de communication direct, parfois troublant, serait assez étonnant pour une agence gouvernementale. Certains internautes pensent d’ailleurs que ce sont des jeunes de l’opposition qui ont fait cette vidéo. La phrase " ?? ?? ?????????, ???????, ???????, ?????? ? ????????? ???????" (Tu es son présent, son futur, son passé, son premier et dernier espoir) à 1 min. 52 rappelle en effet un slogan du Parti national-bolchevique. Mais cette vidéo ne semble pas être la leur, car ils en ont fait une, en "réponse à Chamberlain". Et pour amplifier le buzz, il se dit que cette vidéo a été interdite, mais on ne sait par qui... En tout cas, le marketing viral fonctionne parfaitement, selon Google, ce clip a été dans le top 3 des vidéos les plus citées dans les blogs le 17 février.

MAJ : Aujourd’hui (19/02/09, 23h21), le ministère du sport, du tourisme et de la jeunesse confirme ne pas être à l’origine du clip, mais aussi ne pas avoir interdit ce clip. Le mystère de l’auteur de la vidéo reste donc entier pour le moment.

4 agressions en 3 ans : hasard ou acharnement ?

Par Aurialie le 09.01.2009 à 22h42

Qui s’acharne ainsi sur Maxime Malychev, leader de la section pétersbourgeoise de l’Avant-garde de la jeune rouge (AKM) ? Depuis 2005, il a été agressé 4 fois par des inconnus mais la police n’a jamais réussi à trouver les auteurs.

  • Le 16 novembre 2005, il est attaqué dans la station de métro Tchernychevskaïa à 23h, après un concert organisé le Jour de la tolérance.
    Résultat : commotion cérébrale, contusion aux yeux, 22 jours de soins.
  • Le 9 janvier 2006, il est frappé à un arrêt de bus de la Perspective Nevski, après avoir récolté des signatures et vendu le journal Kontrolnyi vystrel.
    Résultat : traumatisme crânien, blessure à la pommette droite.
  • Le 10 juin 2006, à la veille du sommet du G8, lui et sa mère sont agressés devant leur logement.
    Résultat : fracture des 10e, 11e et 12e côtes, avec déplacement de fragments de la 10e côte dans le creux de l’aisselle, ecchymoses sur diverses parties du corps, long séjour à l’hôpital. Et pendant une semaine après l’agression, des menaces de mort...
  • Le 13 décembre 2008, à la veille d’une Marche du désaccord, il est encore une fois agressé.
    Résultat : nombreuses ecchymoses dans le dos, blessure à la bouche, fracture de la 10e côte.

Les représentants des organisations sociales et des groupes d’opposition de Saint-Pétersbourg sont sûrs que derrière ces attaques il y a des fonctionnaires haut placés corrompus, qui craignent que le peuple dise publiquement la vérité. C’est pourquoi dans une lettre ouverte, ils demandent qu’une enquête complète et objective de toutes les agressions de Maxime Malychev soit menée, que leurs auteurs soient punis, ainsi que les organisateurs de ces actions contraires à l’ordre social. Ensuite ils veulent que la sécurité de M. Malychev, en tant que personnalité publique de Saint-Pétersbourg, soit assurée conformément aux normes de la législation russe et des principes du droit international.

Les personnes qui veulent signer cet appel doivent envoyer un mail à l’adresse suivante lenakm-avangard[@]yandex.ru ou écrire directement au bureau du Procureur Sergueï Petrovitch Zaïtsev : ??????????? ?????- ?????????? : 190000, ?????- ?????????, ??. ???????????, ?. 2/9, ????????? ?????- ?????????? ??????? ?????? ?????????, procspb@sp.ru, ???? - 8 (812) 312-97-86.

La Jeune garde de Russie unie, bras armé du pouvoir ?

Par Aurialie le 18.12.2008 à 00h05

A lire les dernières actions de la branche jeune du partie Russie unie (??????? ??????? ?????? ??????-la Jeune Garde de Russie Unie), le parti au pouvoir, on ne peut être que étonné de la haine qui s’en dégage.

Haine de l’opposition (ils ont distribué des "certificats d’acquisition d’une sépulture dans un cimetière lunaire" lors d’un congrès de l’opposition), haine des étrangers (ils veulent interdire l’immigration de travail et à l’occasion de la journée internationale des migrants, qui a lieu aujourd’hui, ils vont distribuer des prospectus invitant les travailleurs immigrés à rentrer chez eux, dans le cadre de leur opération "Notre argent à nos gens"), mépris de la vie animale (ils n’ont pas nié être à l’origine du lâcher de moutons aux pattes brisées, certains encore vivants, devant l’établissement où se tenait le congrès de Solidarnost), mépris des décisions des pays satellites (ils étaient parmi les plus virulents envers les autorités estoniennes quand elles ont déplacé la statue du Soldat libérateur, ce qui valut au Premier ministre estonien Andrus Ansip de faire partie de la liste d’ennemis du peuple de l’antenne de Vladivostok), animosité envers les homosexuels (lors d’une soirée de saint Valentin organisée par la Jeune garde, les gays n’ont pas été autorisés à entrer), ...

Les objectifs de la Jeune garde, fondée le 16 novembre 2005, sont, entre autres :

  • implication de la jeunesse dans les processus de construction d’une société démocratique, socialement juste ;
  • développement chez les jeunes du sentiment de patriotisme et de fierté pour le pays ;
  • création des conditions pour des relations interethniques et interconfessionnelles dans la jeunesse, en vue du renforcement de la structure de l’État russe ;
  • assistance dans la formation d’une culture jeune, augmentation de l’instruction, du niveau intellectuel et professionnel de la jeunesse ;
  • ...

Il semble que pour le moment certains objectifs sont loin d’être atteints... Ce mouvement est vraiment inquiétant, à mon goût en tout cas.

Source dessin : kasparov.ru

Une action de bien mauvais goût

Par Aurialie le 04.12.2008 à 00h18

Les actions du mouvement de jeunes Rossia Molodaïa (Rumol) avait déjà été évoquées ici, il semble que ses membres font toujours preuve de mauvais goût. Hier, sous les sons de la marche funèbre, ils ont organisé l’enterrement politique de Viktor Iouchtchenko en face de l’ambassade d’Ukraine de Moscou, avec tout le cérémonial lié à ce type d’évènement.

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Anton Demidov, militant de Rumol, a déclaré : "Aujourd’hui nous enterrons le cadavre politique de l’homme politique le plus odieux de la Place de l’Indépendance - Viktor Iouchtchenko. De quoi est-il mort ? Il est mort de chagrin, d’absurdes souffrances. Nous ne pouvons lui pardonner la démolition des monuments des vétérans de la Grande Guerre Nationale [Seconde guerre mondiale], la décoration des fusilleurs fascistes, le sang des soldats russes et ossètes versé par des baïonnettes ukrainiennes." Cette manifestation, autorisée, a tout de même mené à l’arrestation d’un des organisateurs.

La raison de cette haine : la volonté d’adhésion à l’Otan de l’Ukraine. Mais le président ukrainien est confiant et prédit une amélioration des relations avec la Russie.

Source photo : Communauté Live Journal de Rumol, d’autres photos sur Vzgliad.

L'opposition tente une nouvelle fois de s'unir

Par Aurialie le 24.11.2008 à 23h04

Entre 350 et 500 militants anti-kremlin se sont rassemblés ce week-end à l’hôtel Islmaïlovo pour former un (énième) mouvement d’opposition démocratique au nom à la fois lourd et prometteur : Solidarnost. Le lieu et l’heure de la conférence étaient restés secrets jusqu’au dernier moment afin d’empêcher toute tentative étatique de la faire échouer (par ex. refus de louer la salle). D’ailleurs, pour Garry Kasparov, le fait que ce congrès ait pu se tenir est déjà une victoire. Des activistes des mouvements jeunesses pro-Kremlin Russie jeune et la Jeune garde de Russie unie étaient tout de même présents pour railler l’initiative de l’opposition. Habillés en costumes d’extraterrestre, ils leur ont conseillé d’aller sur la Lune pour y construire une démocratie et leur ont donné "des certificats d’acquisition d’une sépulture dans un cimetière lunaire"... charmant !

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Ce nouveau mouvement veut se battre pour des règles du jeu honnêtes et proposer une alternative au régime actuel. Ilia Iachine, leader des Jeunes Iabloko, a déclaré que les participants de la conférence avaient devant eux l’ambitieuse mission de fonder le plus grand mouvement d’opposition démocratique. Vladen Maksimov, ancien leader de la section moscovite de l’Union des forces de droite (SPS), a remarqué qu’il devait y avoir à Moscou la plus forte organisation de Solidarnost : "Nous devons faire en sorte que dans 6 mois personne ne sache plus qui est dans quelle organisation." Lev Ponomarev a rajouté que la principale tâche de celle-ci devait être de trouver une langue commune entre entre les activistes politiques et les citoyens, venant de mouvements et partis différents.

Boris Nemtsov, fondateur et ancien membre du SPS, était également présent et a déclaré que les remarques sceptiques à l’adresse du nouveau groupement ne sont pas justifiées : "On nous dit : vous vous querellez, vous voulez tous être des chefs. Cependant nous tirons les leçons de nos erreurs. Nous n’aurons pas de leader, nous aurons une direction collégiale." Espérons que M. Nemtsov ait raison car les annonces d’union pour former un grand parti d’opposition sont légion (entre autres, ici et ). Mais cette fois, l’opposition de gauche et d’extrême gauche n’a pas été conviée et la modification récente de la Constitution, passant le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, est un premier combat qui fait l’unanimité dans les rangs de l’opposition démocratique.

Prochaine étape le 13 décembre avec la réunion statutaire de Solidarnost.

Sources : Newsru.com et Voine net

La jeunesse s'active toujours et encore

Aujourd’hui, c’est la journée internationales des étudiants, célébrée la première fois en 1946 en mémoire des répressions des manifestations étudiantes contre l’occupation allemande à Prague en 1939 (9 morts, 1200 étudiants envoyés en camp). Cette journée n’est pas vraiment commémorée en Russie, qui ont déjà une fête des étudiants, le 12 janvier, à la Sainte Tatiana.

Cependant, cette journée résonne avec deux autres évènements en Russie. Tout d’abord, des étudiants russe (tendance gauche) ont créé hier l’Union des étudiants dans le but de lutter pour un système d’enseignement, qui "forgera, au sens propre, l’élite intellectuelle de la nation". Les membres de cet Union déclarent dans leur manifeste vouloir le retour de l’étudiant au sens dostoïevskien : "un esprit éveillé personnifiant la droiture de l’âme, l’indépendance de jugement et le dévouement aux intérêts de l’ordre public". Plus concrètement, ils exigeront une augmentation des bourses, l’augmentation du nombre des postes budgétaires (1), l’amélioration des conditions de vie dans les logements universitaires, l’augmentation du budget d’État en faveur de l’éducation. Comme le montre une infographie de Ria novosti, les bourses des étudiants sont en effet très faibles (entre 400 et 1000 roubles) et ne permettent donc pas de faire des folies (13 repas ou 8 repas et un coupon mensuel de transport en commun ou 3-4 manuels ou 55 pirojki ou un clavier et une souris et ce pour la bourse la plus élevée).

Autre époque, autres jeunes, même combat contre le fascisme (l’intolérance, le racisme), ce sont les Antifas (pour antifascistes). Ils se sont réunis le 13 novembre en mémoire de l’un des leurs, Timour Katcharava, assassiné par un skinhead en 2005. Cette année encore, des commémorations ont eu lieu dans plusieurs villes russes (Saint Pétersbourg, Voronej, Nijni Novgorod), mais aussi à Minsk. A partir du 23 novembre, des soirées de soutien seront également organisées en France par le SRA (Solidarité, Résistance, Antifa – collectif de solidarité antifasciste) dans le cadre d’une tournée d’une semaine : projection sur les antifas russes, débats avec des militants russes et concerts.

Les dates des soirées sont les suivantes : 23/11 à Paris, 24/11 à Angers, 25/11 à Bordeaux, 26/11 à Limoges, 27/11à Saint-Étienne, 28/11 à Dijon et le 29/11 à Strasbourg.

Source photo : Lenta.ru

(1) Dans les établissements d’Etat la structure d’offre d’éducation est définie par la structure des places budgétaires, des départements organisationnels (facultés, chaires) et des postes d’enseignants, information tirée d’un rapport d’étudiante Éducation en Russie.

Le chiffre du jour : 5 millions

Par Aurialie le 15.11.2008 à 17h12

Le vice-responsable de l’agence fédérale pour la jeunesse, Alexandre Povalko, a déclaré hier qu’il y aurait en Russie entre 2 et 5 millions d’enfants des rues, vivant d’une activité criminelle. Plus d’un tiers des crimes est accompli sous les ordres directs d’un adulte, et plus des 70% en groupe.

Povalko rajoute qu’il n’existe pas de prévention de récidive des infractions, ni de système de resocialisation des enfants délinquants. Le niveau moyen de récidive des jeunes se situe entre 30 et 70% dans le pays, notamment à cause de l’absence de réhabilitation.

Source : Lenta.ru

Autorise, autorise pas ?

Par Aurialie le 23.10.2008 à 00h02

Le 25 octobre est déclaré Jour de la colère populaire par les mouvements d’opposition russe. L’objectif de l’action : exiger de façon solidaire que le pouvoir reconnaisse sa responsabilité dans la politique antisociale et antidémocratique et exprimer des exigences communes sur les principaux problèmes sociaux et politiques. Le slogan : "le pouvoir sous le contrôle citoyen".

Mais pour toute manifestation, même pour un rassemblement de moins de 500 personnes, il faut une autorisation du pouvoir local. Sergueï Oudaltsov, du mouvement de l’Avant-garde de la jeunesse rouge, déclarait à 15h que la mairie de Moscou avait accepté la tenue de cet évènement, place Triumfalnaïa à 17h.

Mais quelques heures plus tard, la mairie a démenti cette déclaration, en disant qu’elle n’avait pas donné l’autorisation. Les autorités ont reconnu avoir donné leur accord à quatre meetings, réunissant en tout 1800 personnes, dont deux place Triumfalnaïa, mais pas à cette Journée de la Colère nationale.

Qui dit vrai, qui dit faut ? Où est l’embrouille ? Mystère...

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