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Le quart d'heure de célébrité de Navalny ?

Par Aurialie le 19.04.2012 à 18h47

Le Time a dévoilé aujourd’hui sa liste des 100 personnes les plus influentes dans le monde, celles "qui nous inspirent, nous amusent, nous lancent des défis et changent notre monde". La liste est vraiment éclectique, on y trouve, par exemple, le président Obama, les Anonymous, la chanteuse Rihanna, le joueur de basket Jeremy Lin, la (seule) Française Christine Lagarde, actuelle présidente du FMI, et un Russe, le blogueur et opposant Alexeï Navalny, connu notamment pour le site RosPil.

Sergueï Elkine a choisi ce thème pour son dessin du jour, en écrivant sous le portrait de Navalny "un héros pas de notre Time", parodiant le titre du roman de Lermontov "Un héros de notre temps".

Une journaliste de Ria Novosti, Larisa Saenko, rappelle dans un article que les "icônes" d’un jour ne sont parfois que des étoiles filantes, elle prend l’exemple du président ukrainien Viktor Iouchtchenko, qui n’a reçu que 5,45% des voix lors de l’élection présidentielle suivant son 1e mandat.

Quant à Navalny, il prend cela avec humour, créant lui-même des parodies de la photo illustrant son portrait dans le Time.

Alors, se rappellera-t-on qui était Navalny dans 5 ans ? Peut être ou pas, en tout cas, ça ne sera certainement pas sur ce blog qu’on le saura, car encore 5 ans de "blogging", ça me semble beaucoup ;-)

Source image : Sergueï Elkine

L'opposition de l'opposition n'est pas pro-gouvernementale ?

Par Aurialie le 02.11.2011 à 00h20

Pour la 2e fois en 6 semaines, des Anonymous, reconnaissables grâce au célèbre masque de Guy Fawkes, ont distribué près de 900 faux exemplaires du journal Novaya Gazeta, connu pour sa couverture critique des affaires politiques et sociales en Russie : corruption, atteintes aux droits de l’homme, guerre en Tchétchénie. Depuis 2006, 4 journalistes de la rédaction ont d’ailleurs été assassinés : Anna Politkovskaïa, Stanislav Markelov, Anastasia Babourova et Natalia Estemirova.

Les sujets de ce fake sont les suivants : "Comment le FSB nous surveille ?", "Que cache la barbe de Dmitri Mouratov ?" (rédacteur en chef de Novaya Gazeta), "Aidez votre enfant à devenir un gay à part entière". Mais pour ces média-activistes, si cette parodie est humoristique, elle est remplie d’allusions, "il faut donc lire très attentivement tous les articles".

Grâce à Ridus, on apprend que cette distribution de faux Novaya Gazeta "est avant tout un mécontentement contre les médias traditionnels qui [les] emmerdent". Novaya Gazeta ne les dérange en rien, mais ils n’ont "aucune envie de l’acheter". Ils déclarent : "Nous n’avons pas besoin d’une presse d’opposition, comme nous n’avons pas besoin d’une presse pro-gouvernementale. Nous vivons dans un pays normal, nous voulons tous la démocratie, la liberté de parole et une presse indépendante. Mais tant que nous aurons des médias, qui se présentent comme d’opposition ou comme un substitut cancéreux à une autre force politique, nous n’aurons pas une société normale. (je ne suis pas sûre de la traduction, je mets donc la phrase originale " ?? ???? ? ??? ???? ???, ????????????? ???? ??? ????????????? ??? ???? ???????????? ????? ????? ??????????????, ? ??? ? ???????? ??????????? ?? ?????") (…) Notre principal objectif est d’influencer des choses dans la réalité. (…) Pour le moment nous faisons des parodies inoffensives. Avec de telles actions, nous voulons changer la situation réelle des affaires dans le pays et dans le monde."

Ils ont tout de même déposé cinquante exemplaires du faux journal à la rédaction de Novaya Gazeta, malgré la requête déposée, lors de la précédente distribution, au parquet, qui avait promis de prendre des mesures selon les articles 13.21 et 13.22 du code administratif pour "fabrication et distribution de contenus issus de médias non enregistrés, et édition de contenus médiatiques avec des fausses informations".

Alors, on ne sait pas vraiment qui ils sont, ni pour qui ils roulent, leur prochaine action nous en apprendra peut être plus.

Source image : Anton Belitski sur Ridus

Le dessin du jour de S. Elkine

Par Aurialie le 25.10.2009 à 03h21

Vladimir Poutine déclare : "La mort est dans l’oeuf, l’oeuf dans le canard, le canard dans le lapin, et ainsi de suite." Dans le canard, il est écrit "media", dans le lapin "tribunaux", et dans l’ours "Russie unie".

Je vois dans ce dessin de Sergueï Elkine, publié vendredi, une critique de la main-mise de la justice et des médias par Russie unie, le parti au pouvoir. Et vous ?

Contre l'Okhta-centre

On accuse souvent Pervyi kanal d’être affilié au pouvoir et de ne pas traiter certains sujets gênants pour le gouvernement (problèmes sociaux, guerre en Tchétchénie, opposition politique, …). Mais aujourd’hui, c’est bien la première chaine russe qui a diffusé un reportage négatif sur la construction de la future tour Gazprom (Okhta-centre) dans le centre de Saint-Pétersbourg. Le projet de gratte-ciel est pourtant approuvé par le gouverneur de la ville, membre du parti Russie unie, Valentina Matvienko. Un reportage sur ce sujet a d’ailleurs été diffusé quelques heures plus tard sur la chaine NTV qui appartient à … Gazprom-media.

Source : LiveJournal Save-spb

Mini revue de presse du 17 septembre 2009

Par Aurialie le 17.09.2009 à 23h39

Suite à l’article de Medvedev à la nation, un bloggueur écrit au président qu’un "bon libéral est un libéral meurt" (sources : Grani et Svobodanews).

La commission pour l’exploitation et la construction de Saint-Pétersbourg a accepté à 11 voix contre 3 la construction, à quelques mètres du centre historique de la ville, d’une tour de 400m dans laquelle Gazprom aura son siège social, alors que la limite est de 100m (source Grani).

Un monument en la mémoire de Chostakovitch va être inauguré à Saint-Pétersbourg le jour de son 103e anniversaire (source : Lenta.ru).

L’association Mémorial fait une déclaration officielle à l’occasion du 70e anniversaire de l’invasion soviétique en Pologne (le 17 septembre 1939), deux semaines après l’invasion allemande (le 1er septembre 1939), comme cela avait été convenu dans une clause du Pacte germano-soviétique, signé le 23 août 1939 (source : hro.org).

L’affaire d’Artiom Loskoutov sera jugée le 2 octobre 2009 à Novossibirsk (source : hro.org).

Le chiffre du jour : 475.967,48

Par Aurialie le 22.02.2009 à 04h04

C’est l’indice de bienveillance informationnelle de Dmitri Medvedev en 2008 selon la société Medialogia. Cet indice reflète la présence quantitative, mais aussi qualitative, de la personne dans les médias. Il est influencé par les paramètres suivants : influences dans les médias, visibilité des messages, présence du discours direct, .... Plus de 3.500 sources, parmi les plus influentes en Russie, sont passées au crible : télé, radio, journaux, magazines, agences d’information, médias en ligne, blogs. Medvedev arrive à la première place, suivi de Vladimir Poutine (340.694,58), puis viennent loin derrière Barack Obama (70.854,56), Sergueï Lavrov (64.319,47), Alekseï Koudrine (52.990,16), George W. Bush (46.355,78), Nicolas Sarkozy (41.389,80), ect.

La présence écrasante dans les médias du binôme gouvernant la Russie n’est pas étonnante, en France, on ariverait au même résultat avec notre hyper-président Sarkozy. Ce qui me surprend le plus, c’est la présence plus importante de Medvedev par rapport à Poutine. Il semble qu’en un an il ait réussi à se faire une place dans les médias. Et cela va certainement se poursuivre car, en plus de son blog vidéo, il va intervenir tous les mois à la télévision pour expliquer les actions de l’Etat dans la résolution de la crise économique. Il a commencé dimanche dernier, en déclarant qu’il allait parler franchement et directement de la situation et des décisions à prendre pour juguler la crise. Selon les observateurs, le Kremlin avait le choix entre deux attitudes dans un contexte où le soutien de l’opinion s’érode sous l’effet de la baisse du niveau de vie : imposer un régime totalitaire et supprimer toute dissidence ou prendre la voie d’un nouveau contrat avec la population. Dmitri Medvedev aurait donc opter pour la seconde solution. Et il est réellement franc, il a annoncé que la situation économique du pays pourrait bien être, en 2010, encore pire que maintenant.

Sources : Lenta et RFI

La forêt de Khimki est toujours menacée de destruction

La protection de la forêt de Khimki dans la banlieue de Moscou avait déjà été évoquée à l’occasion de l’organisation d’un concert il y a bientôt 1 an. Pour rappel, les autorités souhaitent faire passer le tracé d’une autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg au milieu de cette forêt, les habitant s’y opposent pour des raisons écologiques.

Le 13 novembre, l’un des principaux défenseurs de cette zone boisée, le rédacteur en chef du journal Khimkinskaïa pravda, Mikhaïl Beketov, a été violemment battu par des inconnus et laissé pour mort devant sa maison. Il avait déjà reçu des menaces de mort, sa voiture avait été incendiée et il avait été mis en examen pour "diffamation". Pour beaucoup, l’origine de ces violences sont les autorités locales qui n’apprécieraient pas beaucoup ses nombreux articles critiques contre la destruction de la forêt. Aujourd’hui, les nouvelles sur son état de santé n’étaient pas bonnes, son état a empiré.

Du côté du mouvement Défense écologique de la région de Moscou, un groupe d’initiative a été créé pour organiser un référendum local. S’il est accepté par la commission électorale locale, la question sera la suivante : "Êtes-vous pour ou contre interdire aux administrations locales du district urbain de Khimki de décider de la localisation de l’autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg sur le territoire du parc-forêt de Khimi ?".

Le mouvement de défense ne s’arrête pas là et souhaite présenter un de ses membres, Evguenia Tchirikova, à la prochaine élection du maire.

Photo : Ekooborona

19 ans sans Sakharov, 8 ans avec un prix en l'honneur des journalistes

Dimanche, pendant que l’opposition russe tentait de manifester, le Centre et Musée Andreï Sakharov organisait une cérémonie en l’honneur du physicien et dissident, décédé il y a 19 ans (le 14/12/1989). Comme chaque année, le prix portant son nom et récompensant "le journalisme comme action" était attribué à cette occasion et ce pour la 8e fois.

La lauréate du prix Sakharov est Tamara Proskouriakova, journaliste à la Volgogradskaïa pravda (journal paraissant dans la région de Volgograd), pour avoir décrit la vérité sur les événements d’une petite ville de la Volga, dans des conditions qui avaient été extrêmement difficiles.

Les années précédentes, les primés ont été :

  • 2001 : Elvira Gorioukhina, Novossibirsk, pour ses reportages sur le Caucase
  • 2002 : Anna Politkovskaia, Moscou, que l’on n’a plus besoin de présenter
  • 2003 : Galina Kovalskaïa, Moscou, à titre posthume
  • 2004 : Mikhaïl Afanassiev, Abakan, pour ses qualités d’investigation et sa grande liberté de ton sur des sujets parfois sensibles, qui lui ont valu cinq poursuites pour diffamation en 2004
  • 2005 : Igor Naïdenov, Moscou, pour son cycle d’articles sur la situation à Beslan un an après la tragédie
  • 2006 : Anna Lebedeva, Rostov-sur-le-Don, collègue d’ Anna Politkovskaia, pour ses enquêtes sur les exactions des Omon, la corruption, la violence dans l’armée ou encore la stigmatisation et l’exclusion des Caucasiens.
  • 2007 : Evgueni Cholokh, Vladivostok pour sa série d’articles sur les côtés obscures de la flotte du Pacifique (tortures, meurtres).

Aujourd’hui, l’ONG Presse Emblème Campagne rapportait que 95 journalistes avaient été tués en un an dans 32 pays. Si le chiffre est en baisse par rapport à l’année dernière (110 tués), la situation s’est aggravée dans certains pays, notamment en Russie (4 tués, contre 1 en 2007) et en Géorgie (5 tués).

Source image : dbking sur flickr

On ne touche pas à la liberté des médias !

Une déclaration, une information qui se répand comme une trainée de poudre, un démenti : la liberté des médias fait réagir ... les médias. Le 18 novembre, Dmitri Medvedev déclare qu’il assigne un rôle prépondérant aux médias dans la résorption de la crise financière par le pays. Il précise que de la précision, de la délicatesse et de l’exactitude journalistiques dépendent de nombreux processus dans le pays.

Dans son édition du 19 novembre, le journal Kommersant fait un article sur la prochaine campagne du Parquet général contre les médias publiant des informations inexactes ou démesurées sur l’ampleur de la crise économique. Seraient en particulier visées les attaques contre les banques. Cette information n’est pas sans fondement, le journaliste du Kommersant écrit que le Parquet de la région de Sverdlovsk a déclaré qu’il commençait à vérifier les médias locaux qui pourraient déstabiliser le climat dans la région. D’autres journaux russes ont immédiatement jugé cette action des Parquets comme un début de censure contre les médias écrivant sur la crise financière.

Le soir même, les représentant du Parquet général de Russie ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de mener une vérification massives des médias, mais contrôleront attentivement la couverture de la situation sur le marché financier. Marian Gridneva, représentant officiel de l’institution, a rajouté : "Le Parquet général de Russie n’a pas l’intention d’instaurer une censure sur les médias. Il s’agit seulement d’exiger le respect de la législation et la publication d’information authentique, sans participer aux attaques informationnelles contre les organismes de crédit."

Les médias seront-ils rassurés par cette déclaration ? Rien n’est moins sûr. Le réseau Indymedia Russie ne souhaite pas relacher la pression et diffuser largement l’information sur le début de censure des médias indépendants.

Source image : Utro.ru

Fenêtre sur la Russie

Par Aurialie le 11.10.2008 à 20h02

Voilà la première partie d’un documentaire tourné en Russie en début d’année par Jakob Schleicher, jeune journaliste allemand. Sa volonté est de nous montrer la vraie Russie, ses paradoxes, ses contrastes. Il a rencontré de nombreux participants de mouvements jeunesse socio-politiques (dont l’OD-group et Oleg Kozlovski) et relate l’action de protestion de simples citoyens, le tout illustré de nombreux passages musicaux rock.

Pour voir les 5 autres parties du reportage, intitulé Zamerzchie okna, c’est sur Youtube. Le commentaire est en russe.

"D'abord vient la récompense, et ensuite la balle."

Par Aurialie le 15.09.2008 à 23h23

Dans son édition du 22 septembre, The New Yorker va publier un long article sur la radio Écho de Moscou, son histoire et sa relation au pouvoir. Il y a des passages absolument étonnants, extraits.

Commençons par l’évènement le plus récent : la guerre osséto-georgo-russe. Poutine n’a pas beaucoup apprécié la couverture de la guerre par Écho de Moscou. Le 29 août, il a convoqué les trente-cinq principaux médias du pays dans sa résidence de vacances à Sotchi, comme il avait l’habitude de le faire quand il était président. Lors de cette réunion, Poutine, jetant un regard de glace à Alekseï Venediktov, rédacteur en chef d’Écho de Moscou, a critiqué la station pour ses émissions sur la Géorgie, devant bon nombre de loyaux rédacteurs, ravis de ces remontrances. Plus tard, dans un couloir, Venediktov a accusé Poutine d’être "injuste". Ce dernier a alors sorti une pile de transcriptions et souligné certains points, en disant : "Vous devrez répondre de cela, Alekseï Alekseevich !" Venediktov était secoué, mais pas abattu, car si Poutine avait eu l’intention de se débarrasser de lui ou de la radio, il aurait pu le faire d’un simple appel téléphonique. Et puis, Echo est nécessaire au pouvoir, comme preuve de la liberté de la presse en Russie. Toutefois, de retour à Moscou, il a demandé à ses journalistes d’accorder une attention particulière à leur couverture de la guerre, d’être sûr de leurs faits, et d’avoir suffisamment de points de vue gouvernementaux.

En 2001, Poutine avait déjà invité Alekseï Venediktov à une réunion au Kremlin, où il lui avait longuement parlé de la différence entre ennemis et traîtres. "Les ennemis sont juste en face de vous, vous êtes en guerre avec eux, puis vous signez un armistice, et tout est clair. Un traître doit être détruit, écrasé." Cette distinction faite, il lui aurait dit, sans un sourire : Vous savez, Alekseï, vous n’êtes pas un traître. Vous êtes un ennemi." Plus tard, il lui a dit, tel le tsar Nicolas Ier à Pouchkine "Désormais, je serai votre censeur."

Autre témoignage intéressant, celui de Ioulia Latynina, chroniqueuse à Écho, sur la propagande d’État : "Le problème est que la propagande officielle à la télévision est très distrayante, elle permet d’être sûr que les gens parlent du non-sens, qu’ils montrent. Par exemple, si un avion russe lance une roquette sur le sol géorgien, un reportage parlera de la taille du trou ou se demandera si ce ne sont pas les Géorgiens eux-mêmes qui ont creusé le trou. On parlera donc d’un trou, au lieu de savoir si la Russie fait vivre l’enfer à la Géorgie."

Enfin, dernière anecdote : en 2006 (année de la mort de Politkovskaïa), Venediktov est allé à New York pour recueillir le prix Overseas Press Club. Quand il l’a dit à sa femme, celle-ci lui a dit : "D’abord vient la récompense, et ensuite la balle."

La lecture entière de ce très long reportage peut se faire en russe ou en anglais.

On aura tout lu

Par Aurialie le 13.09.2008 à 23h07

La diversité des participants aux marches du désaccord se retrouve dans sa communauté web : diversité de parties, diversité d’idées. Alors quand un membre du blog a posté l’annonce d’une manifestation contre la radio Écho de Moscou, coupable de "soutenir les actions guerrières géorgiennes" et de "porter la responsabilité du génocide [des peuples ossète et russe] mené par les Etats-Unis et la Géorgie" (sic), on se dit vraiment qu’on aura tout lu et on ne s’étonne pas qu’un modérateur de la communauté ait enlevé l’article en mettant ce commentaire ironique : "il ne manque que l’ESM [Union eurasienne de la jeunesse, auteur de l’appel à manifester] pour que notre bonheur soit entier !"

Une nouvelle surprenante nous apprend également que l’association des mères de soldats a été condamnée pour diffamation envers l’unité militaire 3727 de Saint Pétersbourg, car elle l’aurait accusé à tort d’avoir forcé un jeune appelé à se prostituer. Mais elle ne compte pas en rester là et va se pourvoir en cassation, voire même à la Cour européenne des droits de l’homme, si besoin. Une Mère de soldat, ça ne se laisse pas faire !

Opposante, donc malade ?

Le 31 juillet 2008, Nadira Isaeva, rédactrice en chef du journal d’opposition daguestanais Tchernovik, apprenait qu’elle était poursuivie pour incitation à l’action extrémiste par utilisation des médias (art. 280 du code pénal) et incitation à la haine ou à l’hostilité et dégradation de la dignité humaine (art. 282).

Elle estime que ces poursuites judiciaires n’ont aucun fondement, car aucune référence, ni citation n’ont été apportées par le ministère public pour les étayer. Toutefois, ce dernier met en cause l’article "Terroristes n°1", sorti début juillet et traitant d’une opération spéciale sur Akouchinsky. Les auteurs de l’article mettaient en doute l’opération spéciale, organisée par des agents du ministère de l’intérieur, en affirmant qu’il y a eu de nombreuses victimes innocentes, que la police ne savait pas qui elle bloquait, qui elle tuait, du fait d’informations contradictoires sur les forces en présence.

Aujourd’hui, on apprend que Nadira Isaeva a reçu il y a quelques jours un avis d’expertise psychologique judiciaire. Les autorités judiciaires auraient-elles un doute sur sa lucidité ?

Source : Lenta.ru et Svoboda news

Où va la presse russe ?

Par Aurialie le 24.06.2008 à 23h22

Via Courrier International

Le lectorat et le tirage de la presse écrite russe se réduit. D’après les statistiques officielles de l’Agence fédérale de la presse et des moyens de communication, le tirage total des journaux en Russie s’est réduit en 2007, passant de 8,05 milliards à 7,8 milliards d’exemplaires l’année précédente.

Si le constat de réduction du lectorat et du tirage de la presse russe n’est remis en cause par personne, l’interprétation de ces chiffres fait débat. Pour le directeur de l’Association mondiale de la presse (WAN), Timohty Bolding, présent au 4e forum professionnel annuel des éditeurs russes, cette baisse d’intérêt s’explique par "l’absence de liberté réelle de la presse". Selon Bolding, "les journaux et autres médias en Russie ne remplissent ni leur rôle de défense des intérêts du peuple et du lecteur, ni leur mission de liberté, d’indépendance et d’objectivité dans leurs relations avec les forces de l’ordre et de sécurité", rapporte Gazeta.ru.

Un exposé qui n’a pas pour autant convaincu les responsables officiels russes présents qui, pour leur part, ont mis en cause la forte concurrence des chaînes télé gratuites (au nombre de 10 à 15) ainsi que la faible qualité de la presse écrite. Mais "on ne pourra parler sérieusement de lutte pour la qualité et du rôle des médias dans la société russe que si l’Etat réduit la pression", objecte le quotidien en ligne moscovite Gazeta.ru. Le journal plaide dans son éditorial pour que ne soit pas amendée la loi sur les médias, "l’une des lois les plus libérales et efficaces en vigueur en Russie". Un projet de révision de la loi sur les médias préparé par des députés du parti au pouvoir Russie unie avait commencé à être examiné début juin, mais fut finalement abandonné.

La télévision russe accusée des pires maux

Le congrès russe des peuples du Caucase (RKNK), qui a manifesté aujourd’hui sur la place Teatralnaïa, avait des mots très durs envers les médias russes, coupables notamment d’attiser la haine interreligieuse et interethnique. Les slogans scandés étaient les suivants : "La jeunesse du RKNK est contre les provocateurs dans les médias !", "Des médias responsables, une société saine", "les enfants de Russie sont les otages des médias !", "L’Etat doit lutter impitoyablement contre la xénophobie !", etc.

Mikhaïl Osokine, ancien présentateur du journal télévisé sur NTV, TV6 et TVS, cinq après la fermeture de cette dernière par le gouvernement, a déclaré que la situation de la télévision actuelle russe était accablante. "En Russie, est revenu le temps, où la télévision est remplie non pas d’animateurs, mais de présentateurs. La différence : le dernier lit bêtement ce qu’on lui a écrit. (…) À présent sur les chaînes, encore plus qu’à l’époque soviétique, un système de censure et de restrictions incompréhensibles agit subtilement."

En parlant de la génération montante, qui vient sur une telle télévision, Osokine, qui travaille sur RTVi, une télévision câblée et diffusée sur Internet, remarque que l’autocensure est probablement très forte chez eux. "On a habitué les gens à savoir ce qu’ils peuvent faire et ce qui leur est interdit. Les censeurs d’aujourd’hui peuvent dormir tranquillement."

Osokine finit sur une déclaration pessimiste : "Partout l’information libre est nécessaire aux gens. Mais si les Russes ne l’obtiennent pas, c’est peut être parce que celle-ci ne leur est pas particulièrement nécessaire."

Source image : Casseurs de pub

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