Tous les articles sur le mot clé : média

Une nouvelle loi contre les médias en Biélorussie

Quand on contrôle tout et qu’on veut être sûr de ne laisser aucune liberté aux médias, on imagine une nouvelle loi pour restreindre encore plus leurs conditions de travail.

Aujourd’hui, le parlement biélorusse a examiné en première lecture un projet de loi, introduisant des conditions plus sévères pour les médias biélorusses et étrangers : enregistrement impossible d’un support dont le capital étranger excède 30%, diffusion d’une édition étrangère soumise à autorisation spéciale, accréditation d’État pour un journaliste biélorusse souhaitant travailler dans un média étranger.

En outre, les activités des éditions sur Internet seront régies par le gouvernement (en d’autres mots l’Etat va contrôler Internet) ; toute information endommageant les intérêts de l’État engagera la responsabilité des personnes "coupables" ; et l’ensemble des médias biélorusses devront se ré-enregistrer après l’adoption de la loi.

Nezavissimaïa gazeta rappelle qu’en Biélorussie il ne reste qu’un seul quotidien non gouvernemental, et encore publié à l’extérieur du pays, et deux quotidiens politique et sociaux non gouvernementaux. Les médias biélorusses sont littéralement étouffés par l’État et le Kirghizstan fait de même.

Source photo : Lenta.ru (un kiosque à Minsk)

Interview helvétique

Par Aurialie le 28.02.2008 à 23h37

Telex auto-promo : votre blog préféré (du moins espérons-le) commence à faire parler de lui. Aujourd’hui la radio suisse RJB m’a offert quelques minutes de son temps d’antenne pour que je puisse présenter brièvement Spoutnitsi. A quelques heures du grand dénouement programmé et déjà joué d’avance, les médias occidentaux semblent ratisser large pour chercher de l’info sur l’opposition. Bref, si vous voulez entendre et vous habituer (je vous réserve une surprise, sous condition de validation technique) à ma petite voix c’est par ici !

Grani se met à la vidéo

Par Aurialie le 16.02.2008 à 23h18

Le site d’informations en ligne Grani.ru a lancé cette semaine Grani TV, réunissant des interviews vidéo d’hommes politiques, journalistes, personnalités publiques, artistes russes… Ils font un bilan de l’action de Poutine et donnent leur avis sur les perspectives de développement du pays. Parmi les personnes du monde intellectuel et artistique qui ont accepté de participer à ce projet, il y a les poètes Olga Sédakova et Lev Rubinstein, le cinéaste d’animation Iouri Norstein (ci-dessus) et l’actrice Lia Akhedjakova, qui appelle la jeunesse à se réveiller. A la différence des artistes qui ont demandé à Poutine de faire un 3e mandat, ils sont inquiets du modèle démocratique proposé par celui-ci : renforcement des pouvoirs, violence de l’État sur ses citoyens, réduction des libertés, élections qui n’en ont que le nom… S’ils n’ont pas beaucoup de raisons de se réjouir, ils espèrent que la génération suivante en aura plus. Pour cela, il faudrait déjà que ces vidéos soient plus largement diffusées, à la télévision notamment.

XXI commence par la Russie

Par Aurialie le 09.02.2008 à 23h10

Une nouvelle revue qui, pour son premier numéro, fait sa une sur la Russie, on ne peut qu’applaudir. D’autant plus qu’il y a de très bons articles de fond dans XXI, notamment sur l’énigmatique leader du Parti national-bolchevique, Édouard Limonov (son auteur Emmanuel Carrère en parle très bien sur la vidéo), sur la journaliste assassinée Anna Politkovskaïa, sur les étranges relations entre la France et la Russie et sur la nouvelle économie à la russe, le "national-capitalisme". Ajouté à cela un reportage photos de Carl de Keyzer sur les bagnes de la région de Krasnoïarsk, des papiers sur Michel Onfray, la France de la désobéissance et les femmes de prisonniers, un reportage BD sur les visiteurs de Gibraltar, on obtient alors une revue prometteuse et on attend avec curiosité le, peut être, futur livre d’Emmanuel Carrère sur le dissident Limonov.

Attaque sanglante de Kasparov contre Sarkozy

La démocratie irait-elle mal en France ? C’est en tout ce que semble penser Garry Kasparov, ancien joueur d’échecs, aujourd’hui opposant politique à Poutine, dans un article publié sur son site, et ce, depuis que Nicolas Sarkozy a été élu président.

Du président français, il retient :

  • Sa promesse de changement dans la façon de faire de la politique, qui s’avère en réalité assez proche de celle de Chirac, mâtinée de Berlusconi, faisant passer les raisons commerciales devant les principes moraux.
  • Ses félicitations à Poutine, président dont la grande popularité ne permettrait pas de remettre en cause la légalité des élections.
  • Sa crédulité devant des résultats électoraux annonçant dans certaines circonscriptions 99% de voix pour le parti Russie Unie avec près de 100% de votants.
  • Sa non-reconnaissance de la brutalité du régime de Poutine (meurtre de Litvinenko, Politkovskaïa, d’anonymes comme Iouri Tchervotchkine)
  • La mise en avant de sa vie privée pour éviter de justifier l’injustifiable.

Kasparov a donc maintenant peur que Poutine suscite, non pas l’admiration ou la peur, mais l’envie chez Sarkozy. L’envie de contrôler les médias, d’opprimer l’opposition, d’utiliser les ressources énergétiques pour mener la politique qu’il souhaite.

Et en effet, les démocrates ont raison d’être inquiets, car les cas de censure dans les médias français sont de plus en plus nombreux (mise en examen du journaliste Guillaume Dasquié pour "compromission du secret de la défense", licenciement du directeur de Paris Match Alain Genestar, coupable d’avoir publié en couverture une photo de l’épouse du président de l’UMP, tentative de perquisitions dans les locaux de l’agence Capa pour obtenir toutes les sources d‘un reportage sur l‘Arche de Zoé, non publication d’un article sur l’abstention de Cécilia Sarkozy au 2e tour de l’élection présidentielle, censure d’un article compromettant sur la police française dans Matin plus), ajoutés à une main mise presque totale des patrons français, amis de Sarkozy, sur les médias.

Concernant l’oppression de l’opposition, un fait divers (deux étudiants ont été placés en garde à vue, avec interdiction de retourner à l’université, pour outrages envers des professeurs pendant les manifestations contre les lois Pécresse) pourrait n’être que le début d’une longue série.

Kasparov finit très justement son article par la phrase suivante : "si c’est ainsi, les démocrates français ont probablement plus de raisons d’être inquiets, que les démocrates russes".

La liberté n'est pas un droit, c'est un devoir (Nicolas Berdiaev)

Freedom House a publié cette semaine les conclusions de son rapport annuel sur la situation des droits et libertés civiques dans le monde. Selon l’étude, l’année 2007 a été marquée par un recul notable de la liberté, notamment en Asie du Sud, dans les anciennes républiques de l’Union soviétique, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique sub-saharienne, où l’on a pu voir "la renaissance de dictatures pragmatiques, énergétiques ou orientées économie de marché". En bref, la carte de l’année dernière a été reprise à l’identique, seules les couleurs ont été modifiées.

Concernant la Russie, les "experts de la liberté" ont noté à son débit le "spectacle" des élections législatives de décembre, le contrôle des médias par le pouvoir, l’utilisation des ressources énergétiques pour récompenser les États amis (Ouzbékistan et Kirghizstan) et mettre la pression sur les États, qui ne sont pas sur la même ligne.

Certaines libertés ont été bafouées en Azerbaïdjan, au Kazakhstan et en Géorgie, à cause du renforcement de "l’autoritarisme de l’administration". La Géorgie a reçu une mauvaise note pour avoir établi "l’état d’urgence après les manifestations antigouvernementales de novembre", restreint "la liberté des médias" et mené une "campagne systématique de marginalisation de l’opposition".

Pour rappel, Freedom House a été fondée en 1941 et publie chaque année, depuis 1973, l’état de la liberté dans le monde. Le budget de cette organisation est financé à 75% par le gouvernement américain. Les autorités russes considèrent donc que les conclusions des experts sont "absurdes", "superficielles" et "tirées par les cheveux".

Poutine, Sarkozy, Martine : même combat !

Par Aurialie le 15.01.2008 à 00h30

A l’heure où une énième émission parle de notre très cher président Sarkozy (Mots Croisés sur France 2, précédée hier par Duel sur la 3 et Dimanche +, pour ne citer qu’eux), cet article d’Anton Orekh, intitulé "Poutine, Poutine, Poutine, Poutine, Poutine", publié dans Ejednevniy Journal, me semble parfaitement transposable dans notre réalité.

Voilà ce qu’écrit le journaliste : "Vous en avez certainement déjà marre d’entendre parler de cet homme. Sans fin. Dans chaque article. Presque dans chaque phrase de chaque article. Croyez-nous : nous n’en avons pas moins marre. Mais que faire, EJ est un magazine sur la vie. Et notre vie, c’est Poutine, Poutine, Poutine."

Et donc dans la presse du jour, on peut lire que Poutine va au monastère, Poutine s’intéresse au centre médicaux de haute-technologie, Poutine récompense le procureur de Tchétchénie, Sarko se marie, Sarko va en Arabie Saoudite, Sarko vend des centrales nucléaires, ... Poutine/Sarkozy, pire que Martine !

Source image : blog Cheval de troie

Un dessin vaut mieux qu'un long discours

Par Aurialie le 05.01.2008 à 23h42

Un petit jeu pour débuter l’année : cherchez la différence entre ces deux dessins de Tom Toles. Ce dernier a laissé un indice : les corps n’ont pas bougé.

Top 10 des évènements marquants

Chose promise, chose due : après Ria Novosti, voilà mes dix évènements marquants de l’année en Russie.

1 - la main-mise de Poutine sur la vie politique du pays (choix de son successeur, modification des règles électorales empêchant des partis de se présenter aux élections législatives, non accès aux médias pour les opposants, grosse présence des mouvements jeunesse pro-Poutine)

2 - les limitations de la liberté de la presse (censure, perquisition, fermeture, emprisonnement)

3 - l’affaire du déplacement de la statue du soldat libérateur en Estonie

4 - la répression des manifestations de l’opposition

5 - l’élection (non pas pour le meilleur, mais certainement pour le pire) de Ramzan Kadyrov au poste de président de la République tchétchène

6 - les tensions perpétuelles entre la Russie et la Géorgie

7 - l’usage de méthodes d’un ancien temps pour faire taire l’opposition (enfermement psychiatrique, passage à tabac menant à la mort, conscription forcée)

8 - la terrible tempête du 11 novembre, provoquant d’importants dégâts écologiques

9 - les artistes et intellectuels russes demandant à Poutine de faire un 3e mandat

10 - la mort de Boris Eltsine

Source photo : Time

Journée à la mémoire des journalistes décédés

En Russie, presque chaque jour a sa fête (jour de la Constitution de la Fédération de Russie le 12 décembre, journée des collaborateurs des services d’État fédéraux le 17, par exemple).

Aujourd’hui c’est la mémoire des journalistes morts dans l’exercice de leur fonction qui est célébrée par l’Union des journalistes de Russie. Son représentant estime qu’entre 10 et 20 journalistes périssent chaque année pour différentes raisons.

L’année dernière, quelques semaines après le meurtre d’Anna Politkovskaïa, une marche avait été organisée à l’occasion de cette journée.

Source image : Namarsh.ru

Vidéo : l'opposition, cheval de troie de l'Occident

Diffusé dimanche soir sur la chaîne Rossia, ce reportage sur l’opposition politique est un nouvel exemple de la manipulation opérée par les médias russes. Comme en mai 2006, Bakhat.ru (Velours.ru) montre les moyens utilisés pour organiser un soulèvement en Russie, du type de la Révolution orange en Ukraine, des roses en Géorgie ou des tulipes au Kirghizstan.

Utilisation de la jeunesse du pays, financement étrangers, violence envers les forces de l’ordre pour les pousser à frapper les manifestants, présence des médias étrangers pour relayer le déficit de démocratie, organisation de séminaires pour former les révolutionnaires en herbe, ... l’ingérence des puissances occidentales dans la préparation des révolutions dans l’ancienne zone d’influence de la Russie est de nouveau dénoncée. Soyons clair, l’intervention étrangère est réelle : Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine ont reçu des conseils et une aide matérielle pour coordonner les actions révolutionnaires.

Mais ce que l’on peut dénoncer dans ce type de reportage, c’est les approximations et les manipulations d’images et de paroles (une bande son qui ne sort d’on-se-sait-où expliquant l’achat de manifestants ou l’utilisation des grands-mères), les inventions pures (le meilleur moyen pour obtenir une bourse pour étudier à l’étranger est d’être pris en photo ou filmer en train de se faire frapper par les forces de l’ordre ou bien de se faire embarquer), les chiffres fantaisistes (les leaders révolutionnaires n’ont pas de scrupules à se débarrasser de leurs petits soldats une fois la guerre finie, ainsi 90% des révolutionnaires d’Octobre et commissaires pendant la guerre civile ont été éliminés)… Et le final est un summum de raccourci permettant d’inquiéter un peuple inquiet d’un renversement de l’ordre public : on voit une interview d’Alan Greenspan expliquant que la guerre en Irak a pour seule et unique raison le pétrole, la voix off enchaîne alors sans transition en disant que la Russe est un grand pays, fertile, florissant, riche en matière première. D’où une conclusion implicite : les puissances occidentales organisent des manifestations pour piller les importantes ressources du pays. Du travail de professionnel !

La démocratie contrôlée, là-bas et ... ailleurs

Par Aurialie le 02.10.2007 à 00h46

L’Ukraine, qui ne se porte pas bien politiquement, ne va pas pouvoir prendre modèle sur son grand voisin russe, qui n’a pas encore assimilé, par choix sans grand doute, le chapitre "élections libres et honnêtes" des leçons de démocratie occidentales.

Trois exemples pour illustrer ces propos :
- Le Président Poutine va certainement continuer à diriger le pays, non pas en manipulateur de pantin invisible, mais en Premier ministre, choisi tout à fait démocratiquement par une chambre de députés à sa botte.
- La coalition l’Autre Russie a déposé au service d’enregistrement fédéral sa liste de députés pour l’élection législative du 2 décembre 2007, alors qu’elle n’est pas reconnue comme parti officiel, et donc n’a aucune chance de voir cette liste acceptée.
- Pour la même raison, Kasparov, qui vient d’être choisi comme représentant de l’opposition à Poutine et à sa machine de guerre électorale, Russie Unie, a très peu de chances de pouvoir défendre ses idées devant le peuple russe. D’autant plus que la presse, vendue au pouvoir en place, ne relaie pas les combats de l’opposition.

Soit dit en passant, la France n’est pas beaucoup plus blanche au niveau démocratique : test ADN pour les immigrés (amendement voté par l’Assemblée nationale, refusé accepté par le Sénat), quota d’immigration, parachutage d’ami en vue des élections municipales, omniprésence du président de la République dans les médias, film à la gloire de notre cher Président, médias contrôlés par les amis du Président… Sarkozy aurait-il pris des cours de démocratie contrôlée chez son ami Poutine ?

Source dessin : 1er degré.ch

Pas d'amélioration dans les médias russes

Par Aurialie le 18.08.2007 à 02h02

Falsification d’images, fermeture de radio : les nouvelles des médias russes sont loin d’être bonnes. Le Monde relate aujourd’hui que Rossia, chaîne de télévision 100% à la botte de l’État russe, s’est servi d’images du film Titanic pour illustrer un reportage sur la conquête du pôle Nord, sans en avertir les téléspectateurs. La vigilance d’un enfant, fan du film de James Cameron, a notamment permis de découvrir la supercherie. La chaîne avait déjà utilisé la pratique de la falsification, lors de la diffusion d’un portrait sur un ennemi des autorités russes, Boris Berezovski.

Un évènement inquiète encore plus Reporters sans frontières : la fin de la radio-diffusion de la BBC en Russie depuis hier. Le dernier partenaire de la radio britannique, Bolchoïe Radio, a du mettre un terme à leur collaboration à la demande des autorités russes de diffusion. Le groupe Finam, propriétaire de la radio russe, a fait savoir que sa licence ne lui permettait pas de retransmettre ces programmes et qu’elle se concentrerait désormais sur la diffusion de ses propres émissions.

"Reporters sans frontières est consternée par la décision des autorités russes de faire disparaître la BBC de la FM russe. Cette censure ne saurait se justifier en aucune manière, ni politiquement, ni techniquement. La Russie s’inspirerait-elle de la Chine ou du Zimbabwe où la BBC est censurée ? Nous espérons que cette situation trouvera une solution rapide et que la BBC sera de nouveau disponible sur les ondes FM”, a déclaré l’association.

Richard Sambrook, directeur de la division Global News de la BBC, a déploré cette décision et s’est dit “extrêmement déçu que les auditeurs de Bolchoïe Radio ne soient plus capables d’accéder à l’information indépendante et impartiale de la BBC avec les qualitiés sonores qu’offre la bande FM.

Alors que le directeur de Finam (fonds d’investissement), Igor Ermachenkov, a déclaré à Associated Press que “ce n’est un secret pour personne que la BBC a été créée en tant qu’outil de diffusion de propagande “, la radio britannique, réplique que la licence de diffusion reçue en mai 2006, autorise Bolchoïe Radio à diffuser jusqu’à un cinquième de programmes produits à l’extérieur. Richard Sambrook appelle les autorités russes à respecter cet accord.

Les relations entre le Royaume-Uni et la Fédération de Russie se sont considérablement dégradées depuis le début de l’enquête sur la mort en novembre 2006 en Grande-Bretagne de l’ancien membre du KGB, Alexandre Litvinenko, à la suite d’un empoisonnement.

A la fin 2006, Radio Arsenal (Moscou) a cessé de diffuser les programmes de la BBC, suivie début 2007, par Radio Leningrad (St Pétersbourg). La BBC en russe reste accessible sur les ondes moyennes et courtes ainsi que sur Internet.

Source image : Student of the world

M. Aslamazian jette l'éponge

Par Aurialie le 19.06.2007 à 23h46

Il y a environ deux mois, Manana Aslamazian, directrice du bureau moscovite d’Educated Media Foundation (anciennement Internews), ONG américaine pour la défense des médias et la formation des journalistes, était arrêtée et poursuivie pour contrebande. D’un retour de voyage, elle n’avait pas déclaré, à la douane, les 9.550€ (soit environ 12400$) qu’elle avait avec elle, alors que la limite autorisée est de 10.000$. Aujourd’hui, elle a annoncé sa décision d’abandonner ses fonctions de directrice pour devenir consultante pour l’organisation internationale Internews Network, n’ayant presque aucune chance de retrouver un travail en Russie.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site de l’EMD, elle regrette que sa faute personnelle est pénalisée l’activité de l’association. Elle estime que cette dernière a été la victime de l’atmosphère générale prêtant des relations douteuses entre des ONG et des donateurs étrangers. Elle ne sait pas vraiment ce qu’elle doit attendre des autorités russes, qui se sont servies de cette histoire de non-déclaration de fonds pour faire taire cette ONG de défense des médias. Dans une interview donnée à Svoboda News, elle explique que sa peine peut aller du paiement d’une amende à de l’emprisonnement (un à cinq ans). Elle dit également regretter le manque d’initiatives de ses concitoyens, face à un gouvernement fort qui ne fait pas confiance à ses citoyens.

Source image : Internews.org

Propagande télévisuelle

Par Aurialie le 23.05.2007 à 00h45

Que ce soit pour un reportage ou pour une bande-annonce de film, détourner des images pour leur faire dire ce que l’on souhaite n’est pas difficile (surtout si ces images s’adressent à des personnes qui ont l’habitude de la propagande d’État).

La chaîne de télévision NTV, rachetée en 2001 par le groupe Gazprom et dirigée par des proches de Poutine, diffusait le 17 mai un reportage de 15 minutes sur les marches du désaccord organisées dans plusieurs villes de Russie, intitulé "Qui commande le chaos". Les images montées par le journaliste n’ont qu’un objectif : montrer les méthodes utilisées par l’Autre Russie pour renverser le régime. Ainsi, dans ce reportage, on apprend :
- comment les personnes âgées sont utilisées dans les manifestations pour aller provoquer les forces spéciales de sécurité (OMON), mais aussi se protéger des attaques de ces derniers ;
- comment augmenter le nombre de manifestants en les payant 300 roubles ;
- comment provoquer des bagarres en faisant notamment croire, grâce à du ketchup, que l’on a été blessé par un OMON ;
- que le seul but des médias étrangers est de montrer les méthodes répressives du pouvoir russe à l’égard de l’opposition et de calomnier les forces du ministère de l’Intérieur notamment en faisant des photos montages, tel ce signe SS sur le casque d’un policier ;
- que les participants des marche n’ont qu’un but : protester, être contre, quelque soit le sujet (par exemple, contre la construction de nouveaux logements). Et même si les autorités locales acceptaient la tenue d’une marche, au dernier moment les manifestants changeraient l’itinéraire de la marche, juste par esprit de contradiction et pour montrer l’absence de liberté d’expression en Russie.
- etc.

Et tout cela est accompagné de témoignages de politologues, intellectuels et même d’un ancien membre du Parti national-bolchevique qui n’est pas contre manifester pour des idéaux, encore faut-il le faire honnêtement…

Toutefois, comme le soulève un téléspectateur attentif dans un long article décortiquant les propos et images de ce reportage, dès les premières secondes, le journaliste se trompe dans la date de la marche qui s’est déroulée à Saint-Pétersbourg, preuve de son très grand professionnalisme.

PS : A lire ou à écouter : une émission de la radio Écho de Moscou sur le thème "Les marches du désaccord : démocratie ou extrémisme ?" dans laquelle l’un des intervenants du reportage, Sergueï Markov, a accepté de discuter avec Garry Kasparov.

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