Tous les articles sur le mot clé : police

Extrémiste à 6 ans ?

Par Aurialie le 03.11.2011 à 00h22

Après avoir enfermé des manifestants et des femmes d’opposant, la police russe tente une nouvelle forme d’intimidation en interrogeant un enfant de 6 ans, en l’occurrence le fils d’un des leaders du parti l’Autre Russie et du mouvement Stratégie-31, Sergueï Aksenov. L’interrogatoire a eu lieu hier soir, suite à une habituelle manifestation "Les élection sans opposition sont un crime", place Trioumfalnaïa à Moscou. L’enfant, Ivan, ne manifestait pas avec son papa, mais ne se trouvait pas très loin, avec sa nounou de 16 ans, Vika. C’est à la fin de l’action que la police les ont arrêtés, car la jeune fille prenait des photos, et notamment celle d’un responsable du Centre E (Centre de lutte contre l’Extrémisme), Alekseï Okopniy. Parallèlement Sergueï Aksenov et d’autres activistes de l’Autre Russie étaient également arrêtés.

Une fois au poste, l’enfant a été interrogé, le temps que la maman, journaliste à Izvestia, arrive, le papa n’ayant été libéré que dans la nuit.
Aksenov a publié le procès-verbal de l’interrogatoire de son fils ; il commence ainsi : "Aux questions que l’on m’a posées, voilà ce que je peux dire : je vis à l’adresse indiquée ci-dessus avec mon papa Aksenov I.C., ma maman, Poustarnakova Anastasia, ma maman travaille au journal Izvestia et mon papa publie sur son ordinateur des évènements. (...) Chaque mardi de chaque mois, nous allons avec papa à des telles manifestations, où il y a beaucoup de monde, plus de 50 personnes, ils crient fort, et mon papa est avec eux, ils tiennent dans leur main de grandes pancartes où il est écrit quelque chose. (...) Aujourd’hui le 01/11/11, quand mon papa a participé au meeting, il m’a laissé à Vika, avec qui je suis resté, en lui tenant la main, et elle prenait des photos, et papa était avec d’autres gens. Ensuite, un membre de la police est venu vers nous, il m’a demandé où étaient mes parents, je ne lui ai rien répondu, ensuite on nous a emmené à la police, où un inspecteur des affaires des mineurs a appelé ma maman et ma maman a dit qu’elle viendrait vite avec mes papiers d’identités (...)"

L’enfant n’a pas été perturbé par cet interrogatoire, mais certains de demandent si cette "arrestation" ne serait pas la 1e étape menant à la privation de l’exercice des droits parentaux de Sergueï Aksenov. La nounou, Vika, a encore été interrogée aujourd’hui, elle dit qu’Okopniy voulait qu’elle donne des informations sur Aksenov. Selon Gazeta, le responsable des droits de enfants de Moscou va s’entretenir avec le chef du département du ministère de l’Intérieur de la capitale sur cette histoire. Affaire à suivre.

Source photo : BestToday

La guerre est aussi une question de femmes

Par Aurialie le 02.03.2011 à 00h16

En ce premier jour du printemps en Russie, mais surtout de la nouvelle loi sur la police, une vidéo, intitulée très sobrement "Embrasse les ordures", montre les féministes du groupe d’artistes-activites Voina tentant d’embrasser des femmes policières.

Cet "entrainement" a pour but d’aider à l’émancipation sexuelle des femmes russes et notamment des "femmes en gris" (appelées ainsi du fait de la couleur de leur uniforme). Les militantes ont rarement été bien accueillies dans leur tentative de "bisoutage", malgré toute la tendresse dont elles faisaient preuve... Les slogans accompagnant leur action n’ont pas dû aider : "Améliorons la composition de notre Police par des persécutions sexuelles", "Les policiers gay et lesbiennes sont l’avant-garde de la modernisation medvedevienne", "Mon orientation sexuelle - embrasser quelqu’un du même sexe", "Gloire aux policier-libérateur et à son Amie Grise"...

Sur son compte Twitter, ????? affirme avoir embrassé ainsi plus centaines de policières et propose, pour une prochaine action, que les top blogueurs embrassent les OMON, les forces spéciales russes... bon courage !

Le compte-rendu complet de l’action est lisible sur le LiveJounal de Wisegizmo.

Que cache la perquisition de la galerie Triumph ?

Par Aurialie le 15.02.2011 à 00h43

La galerie Triumph, située dans un ancien hôtel particulier de la rue Novokouznetsk au centre de Moscou, expose les travaux d’artistes modernes russes et étrangers, tels que AES+F ou Alexey Beliayev-Guintov. Dans la nuit de vendredi à samedi, la galerie a eu la visite d’agents du FSB, qui n’ont pas même permis au gardien de prévenir la direction. C’est donc par hasard, grâce au chauffeur de son ami qui se garait près de la galerie, qu’un des propriétaires, Emelian Zakharov, est prévenu par téléphone.

Au cours de la perquisition, les enquêteurs ont forcé des coffres-forts (alors qu’on leur a proposé de l’ouvrir avec les clés) et saisi plus de 150 objets : ordinateurs, disques, documents, argent, … sans qu’aucun motif n’ait été donné. Maintenant les propriétaires de la galerie savent que la perquisition a eu lieu dans le cadre de l’article 159 du code pénal "fraude de grande ampleur".

Emelian Zakharov pense qu’au-delà de la tentative d’intimidation, la perquisition visait principalement Ivan Nazarov, l’autre propriétaire de la galerie, arrêté d’ailleurs dimanche soir pour organisation supposée d’un réseau de casinos clandestins dans la banlieue de Moscou. D’après GZT.ru, les enquêteurs pensent qu’Ivan Nazarov a reçu la protection des chefs du ministère public et de l’administration municipale des affaires intérieures en échange du paiement de congés à l’étranger...

Ajouté à cela que des documents professionnels de Boris Berezovski et de sa fille ont été trouvés pendant la perquisition... et on se trouve dans une affaire plus complexe que prévue. Selon l’homme d’affaires, le but est de détourner l’opinion publique du procès Khodorkovski et des révélations de l’assistante du juge sur les pressions subies pour rendre un verdict conforme au désir du pouvoir.

Quoi qu’il en soit, Emelian Zakharov a décidé de porter plainte contre le ministère public pour demander une compensation pour le préjudice subi lors de la perquisition.

Source photo : Rian.ru

Le calendrier de la police russe n'est pas sexy

Par Aurialie le 22.02.2010 à 00h39

En réponse à la déclaration du ministre de l’Intérieur, Arcady Edelev, sur le caractère unique du coup de folie du commandant Evsioukov dans un supermarché de Moscou (qui a fait 2 morts et 7 blessés), la rédaction de la revue Esquire a établi un calendrier des exactions de la police en 2009. La liste va du 27 avril (date de l’affaire Evsioukov) au 31 décembre, et presque tous les jours en Russie un policier se retrouve à l’origine d’un acte répréhensible : passage à tabac, meurtre, extorsion de fonds, incendies, vols, ...

Par exemple, sur le mois d’avril 2009, on peut lire :
27 avril : Un policier moscovite a provoqué un bain de sang dans un supermarché.
28 avril : Un policier de Tchéliabinsk est condamné pour avoir donné un coup entre les jambes d’un commandant de la GIBDD (administration centrale de l’inspection d’État de la sécurité routière).
29 avril : Un policier ivre a étranglé un invalide.
30 avril : Des policiers voulaient noyer un homme, "parce qu’il était chauve".

Dans un article, Novyi Region 2 rapporte les commentaires de blogueurs qui pensent que "l’on peut faire un tel calendrier avec tous les professions : professeurs, journalistes, etc. Il y a des gens, il y a des crimes..."

Cependant, les déclarations de Medvedev cette semaine vont bien dans le sens de Esquire. Il a rappelé qu’en 2009, "43.000 crimes contre le service public, les intérêts du service publics et des collectivités locales ont été mis à jour, dont 15.000 liés à la corruption". Il réclame donc des réformes dans la police russe, qui vont se traduire par des réductions drastiques de personnel au ministère de l’Intérieur, un renforcement de la responsabilisation de chacun au sein du ministère, l’obligation pour les policiers de fournir des renseignements sur leur patrimoine et celui de leurs familles. Mais Dmitri Medvedev est également conscient qu’il faut améliorer la sécurité matérielle et sociale des policiers, notamment en augmentant leurs salaires.

Qui se cache derrière Alexeï Dymovsky ?

Par Aurialie le 16.11.2009 à 21h52

Il y a près d’une semaine, le commandant Alexeï Dymovsky a mis en ligne, sur son blog, une vidéo dans laquelle il critique les conditions de vie des policiers, dénonce la corruption et les abus des forces de maintien de l’ordre russes, notamment de son chef à Novossibirsk Novorossisk (merci de la remarque Adeline), et lance un appel à Vladimir Poutine pour ouvrir une enquête. Cette vidéo n’a pas laissé indifférente la blogosphère et la société russes, qui cependant n’apprenaient pas grand-chose de nouveau sur certaines méthodes de leurs policiers. Le correspondant russe du Deutsche Welle a réuni quelques réactions d’internautes.

Beaucoup estiment que A. Dymovsky n’a pas agit de sa propre initiative. Bulochnikov pense que l’on souhaite discréditer le ministère de l’Intérieur ; Alexadov le ministre de l’Intérieur, Rachid Nourgaliev. Rinatzakirov y voit plutôt une action de communication du Kremlin ayant pour objectif de (re)créer une image positive du ministère de l’Intérieur aux yeux du peuple. Sur le forum vivre en Russie, suite à l’organisation d’une conférence de presse à Moscou, Anna fait remarquer qu’"avec son salaire de misère, ce brave policier arrive de financer : les gardes du corps, l’attaché de presse, le webmaster, pour entretenir son blog, un avocat-défenseur de droit de l’homme ....et il lui reste encore un peu de sous pour pouvoir s’acheter une si belle bague" (voir photo sur le forum).

Qui que soit l’instigateur de ce coup médiatique (peut être Alexeï Dymovsky lui-même volontairement), il doit être content de sa réussite : la vidéo a été vue près de 700.000 fois, reprise dans les médias traditionnels, arrivée jusqu’aux oreilles de Vladimir Poutine, qui ne souhaite pas faire de commentaires sans vérification. Le policier Dymovsky a quant à lui été démis de ses fonctions, sans surprises. Affaire à suivre...

Source image : BBC

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