Tous les articles sur le mot clé : prison

Retour en dessins

Par Aurialie le 19.08.2012 à 12h42


Traduction :
- Pourquoi tu es en prison ?
- J’ai déssiné une BD dans laquelle je traitais le président de débile
- Et tu as été condamné pour quoi ? Hooliganisme ? Extrémisme ?
- Divulgation de secret d’État

Dessin trouvé sur le compte twitter du musicien Vasily Goncharov @VS_Oblomov


Traduction :
- Il faut des mesures sévères ! Il faut des punitions ! Il faut des bourreaux ! Appelez les bourreaux !
- Noooooooooon

Vous aurez reconnu Sergueï Elkine, très inspiré par l’affaire des Pussy Riot.

Les Pussy Riot restent en prison

Par Aurialie le 20.04.2012 à 20h22

Je sais que le sort des 3 membres des Pussy Riot, actuellement emprisonnées pour une prière punk dans la cathédrale du Christ Sauveur, intéresse beaucoup mes lecteurs, je ne résiste donc pas à l’envie de remettre un 2e dessin de suite de Sergueï Elkine. Celui-ci est plutôt dur, puisque l’on voit un prête orthodoxe et Poutine frapper les Pussy Riot, déjà à terre. L’image est bien sûr exagérée, mais c’est sûrement ce qui est venu à l’esprit du dessinateur, suite à l’annonce du maintien en détention des Pussy Riot jusqu’au 24 juin au moins, date de la prochaine audience.

Je profite de cet article pour répondre au commentaire de Meriem au sujet de l’article publié dans Courrier International : je l’avais bien mentionné, dans l’article intitulé Pussy Riot Matriochkas. J’ai remis le lien vers l’article, car il y a eu un problème avec votre lien. Je mets également le chapeau : "L’affaire de la "performance" tapageuse des Pussy Riot dans la principale cathédrale du pays a pris des proportions inattendues. L’hebdomadaire Ogoniok y voit une provocation inutile, mais critique aussi ceux qui demandent une peine de prison exemplaire à l’encontre de ces jeunes femmes." Elles risquent en effet une peine de prison de 7 ans pour cette performance, qui a choqué de nombreux orthodoxes, ce que je peux comprendre. De nombreuses personnes et associations de défense de droits de l’homme demandent leur mise en liberté, mais aussi le délégué pour les droits de l’Homme auprès du Kremlin, Vladimir Loukine, qui a demandé une attitude chrétienne à leur égard (mais aussi de prier pour elles). Que sa volonté soit faite !

Source dessin : Sergueï Elkine

Sannikov est libre

Par Aurialie le 14.04.2012 à 21h48


André Sannikov, candidat à l’élection présidentielle biélorusse de décembre 201, arrêté pour avoir appelé à manifester à l’annonce des résultats et condamné à 5 ans de prison en mai 2011 pour organisation de troubles massifs à l’ordre public, a finalement été gracié et libéré aujourd’hui. Mais comme le montre la photo ci-dessus, la première depuis sa libération, il a beaucoup souffert de son emprisonnement (voir par exemple la photo de l’élection présidentielle).

L’ex-candidat Mikola Statkevitch, condamné à 6 ans d’emprisonnement, est par contre toujours en prison.

Source photo : Radio Svoboda

Les visages du Triomphe

Par Aurialie le 04.11.2011 à 00h06

Le photographe Ilya Epichkine a commencé une série de photos intitulée " ???? ????????????" - "Les visages de la place Trioumfalnaïa", sur laquelle se déroulent de nombreuses manifestations de l’opposition au pouvoir. Quatre portraits composent pour le moment cette série (de haut en bas) :
- Nikolaï Avdiouchenkov, responsable de l’organisation moscovite du parti l’Autre Russie, participant à l’action "Les élections sans opposition sont un crime" et membre de Stratégie 31
- Sergueï Tichine, activiste de l’Autre Russie ; pour lui "la place Trioufalnaïa est un symbole de liberté, une liberté pour laquelle il est nécessaire de se battre..."
- Simon Verdïane, activiste de l’Autre Russie ; pour lui la place Trioufalnaïa est "la victoire de la vérité sur toute cette merde".

La dernière photo, en noir et blanc, représente Matveï Krylov (?????? ??????), aussi connu sous le surnom de Skif Bratok (???? ??????), de son vrai nom Dmitri Poutenikhine. Membre actif de l’Autre Russie, il a été arrêté et placé en détention hier jusqu’au 30 décembre 2011, pour "atteinte à la vie d’un représentant du pouvoir". Il a jeté de l’eau sur Alekseï Smirnov, procureur de l’affaire des désordres de la place du Manège du 11 décembre 2010, pendant une conférence de presse sur le verdict du procès. Les 5 prévenus ont écopé de 3 à 6 ans de prison. Skif, quant à lui, risque jusqu’à 2 ans de prison.

Source photo : Ilya Epichkine

Voïna, artistes solidaires

Par Aurialie le 25.09.2011 à 18h05

Entre décembre 2010 et avril 2011, le collectif d’artistes Voina a récolté près de 4,8 millions de roubles : 4,4 millions donnés par le grapheur Banksy et 400.000 roubles récompensant le prix Innovation dans la catégorie Art visuel du Centre national d’art contemporain de Moscou.

Les artistes ont décidé de ne pas garder l’argent pour leur usage exclusif, mais d’en faire bénéficier des prisonniers politiques. L’un des membres du groupe, Plucer, a ainsi publié aujourd’hui sur son blog la répartition des 867.500 données jusqu’à présent, en précisant bien que rien n’a été pris pour les besoins personnels du collectif :
- Association des organisations de défenses de droits de l’Homme Agora – 400.000 roubles
- les Natsbol du Manège : 115.500 roubles
- Alekseï Sokolov pour les colis de nourritures, les billets de sa femme et de son avocat : 75.000 roubles
- Taissïa Osipova – 132.000 roubles
- les anarchistes de Barnaoul – 50.000 roubles
- honoraire d’un expert pour prouver la falsification de la signature des témoins dans une affaire à Rjev, région de Tver – 50.000 roubles
- défense de l’antifasciste Rinat Soulanov par l’avocat des Voina, Dmitri Dinze (il a écopé de 2 ans de prison pour avoir grièvement blessé un fasciste lors d’un rassemblement nationaliste du 4 novembre 2008)– 40.000 roubles
- défense des droits de Slava Polykhin, compagnon de cellule d’Oleg Vorotnikov – 5.000 roubles

Pour avoir quelques précisions sur l’aide apportée par Voïna aux prisonniers politiques, il suffit de cliquer sur le tag  ????? ???? ?? ?????? sur le blog de Plucer.

Source image : Vesti.kz

Un Russe dans le jeu de quilles moldaves

Par Aurialie le 23.09.2011 à 00h36

Depuis 4 mois Edouard Baguirov est enfermé dans une prison moldave pour avoir, soit-disant, organisé des émeutes à Chisinau en avril 2009.

L’écrivain et bloggeur russe ne nie pas avoir relaté sur son blog les manifestations post-électorales en Moldavie, mais réfute avoir été en Moldavie début avril 2009 ("[le 7 avril 2009], j’étais à la maison. Je buvais un whisky, j’étais devant mon ordinateur, je suivais les évènements et racontais activement cela dans Live Journal. Tous mes déplacements Russie-Moldavie sont consignés par la douane, et mon absence en Moldavie pendant ces journées est un fait bien connu du procureur") et encore plus être l’instigateur des évènements. Et pourtant il a été la seule personne arrêtée après ces évènements, pas un seul Moldave, mais seulement lui, un Russe. Les autorités moldaves n’ont d’ailleurs pas admis immédiatement l’avoir arrêté et, un moment, ont également mis en cause la Roumanie d’être à l’origine des émeutes.

Selon Baguirov, ce serait un ordre direct du président moldave, Marian Lupu (PDM-Parti Démocrate de Moldavie), qui l’aurait en conduit en prison, mais il se demande bien pourquoi s’est tombé sur lui. Lors des nombreux interrogatoires, diverses personnes lui auraient dit "le Président est au courant, donne Marc [Tkatchouk] (PC)] et tu rentres à la maison."

Depuis 10 jours, Edouard Baguirov fait une grève de la faim pour essayer d’accélérer sa remise en liberté. Une manifestation (photo) a également été organisée aujourd’hui à Moscou pour demander sa libération. Le ministère des Affaires Étrangères russe a d’ailleurs reconnu il y a une semaine que cette histoire pourrait compliquer les relations entre la Russie et la Moldavie. Le Petit Poucet moldave va-t-il céder face au Géant russe, quitte à reconnaître la falsification (si falsification, il y a bien) ?

A lire : l’interview d’Edouard Baguirov, dont certains extraits ont été traduits ici.

Source photo : Drugoï

Dix mois sans sa mère

Par Aurialie le 20.09.2011 à 21h23

L’histoire de Taissïa Osipova a déjà été évoquée sur ce blog, ici pour évoquer des protestations contre son emprisonnement et à l’occasion de la 2e séance photo du projet "Enfants de prisonniers politiques dans la Russie contemporaine" de Maxime Gromov et Vladimir Teleguine. Lors de cette session, les artistes du groupe Voïna, Natalia Sokol, Oleg Vorotnikov et Leonid Nikolaev, posaient à côté de la fille de Taïssa Osipova, Katrina.

La 3e séance photo est également en l’honneur de Katrina, qui pose ici aux côtés du chanteur Iouri Chevchtchouk, lui-même déjà photographié précédemment avec la fille d’Alexeï Sokolov.

Taïssa Osipova est toujours emprisonnée à ce jour, pour une affaire estimée par beaucoup comme montée de toute pièce. L’union des prisonniers fait un point complet sur son dossier. Espérons que cette charmante petite fille retrouve vite sa maman.

Source photo : Vladimir Teleguine

Opposition de style

Par Aurialie le 26.07.2011 à 00h23

Depuis le 17 juillet, des activistes de l’Autre Russie, Solidarnost et du Front de Gauche essayent chaque jour de faire un sit-in Place Loubianka, à côté de la pierre de Solovetski (ramenée des îles du même nom où se trouvait un camp, pour honorer la mémoire des victimes des répressions des services secrets soviétiques). Ils souhaitent protester contre l’emprisonnement, jugé abusif, de Taissïa Osipova, compagne d’un membre du comité exécutif de l’Autre Russie et mère d’une petite fille de 5 ans. Mais les forces de l’ordre, qui ont positionné 2 bus sur la place, ne leur permettent pas de rester très longtemps assis près du monument et les embarquent sans ménagement, car ils pourraient "commettre des actes de terrorisme". Près de 80 manifestants ont ainsi été arrêtés depuis le début de l’opération. Des sit-in ont été organisés dans d’autres villes russes, notamment à Krasnoïarsk et à Saint-Pétersbourg. Un site fait le point sur l’affaire.

Ces activistes de l’Autre Russie, assez proches des personnages décrits dans San’kia de Zakhar Prilepine, sont par contre très éloignés des fans, essentiellement féminines, du Premier ministre Vladimir Poutine, qui ont organisé quelques actions dernièrement : action "Je craque pour Poutine" ou le lavage des voitures russes pour soutenir la production automobile russe.

Opposition d’idées, opposition de style, il y a bien une Russie et une Autre Russie.

Source photos : Kasparov.ru et Newsru.com

Une carte pour un prisonnier

Par Aurialie le 25.04.2011 à 13h52


Après l’élection présidentielle biélorusse du 19 décembre 2010 des dizaines de personnes ont été emprisonnées dans les cellules du KGB uniquement parce qu’elles manifestaient contre la dictature. Afin de soutenir ces prisonniers politiques, le site Pashtouka.org a été créé pour pouvoir leur envoyer facilement une carte postale. Pour cela 3 étapes : choisir la personne à qui vous souhaitez envoyer une carte, choisir la carte postale et enfin écrire le message. Les créateurs du site se chargent alors de faire parvenir ces cartes postales aux prisonniers. A vos claviers !

Enfants de prisonniers politiques (2)

Par Aurialie le 06.04.2011 à 00h34

Après une première rencontre entre Iouri Chevchtchouk et Alina Sokolova, la deuxième session-photo du projet de Maxime Gromov et Vladimir Teleguine "Enfants de prisonniers politiques dans la Russie contemporaine" s’est tenue début mars. Pour cette séance, se sont réunis autour de Katrina Osipova, les artistes du groupe Voïna Natalia Sokol, Oleg Vorotnikov et Leonid Nikolaev. Ces derniers, arrêtés pour acte de vandalisme mi-novembre, venaient de sortir de prison depuis quelques jours. On comprend d’autant mieux leur participation à ce projet.

Katrina est la fille du Sergueï Fomtchenkov, membre du comité exécutif du parti l’Autre Russie et de Taissïa Osipova, arrêtée le 25 novembre 2010 pour trafic de drogue. Lors d’une perquisition à leur domicile, quelques paquets d’héroïne et des coupures de 500 roubles "ont été découverts" ; certains diront "déposés" (une connaissance du couple aurait été approchée par des agents, la veille, pour déposer la drogue). Quelques jours avant, Sergueï Fomtchenkov finalisait les documents pour enregistrer officiellement l’Autre Russie auprès du Ministère de la Justice. Pour l’Union des prisonniers, il ne fait aucun doute que l’arrestation de Taissïa Osipova est un moyen de faire pression sur son compagnon. Elle mérite donc malheureusement le titre de prisonnier politique.

Cette photo n’en est qu’une parmi beaucoup d’autres, mais la petite Katrina y est toujours adorable. Toutes les photos sont visibles sur le blog de Vladimir Teleguine.

Soutien à Voina aux 4 coins du monde... ou presque

Par Aurialie le 17.02.2011 à 22h31

Et cette fois-ci ce sont des graffeurs new-yorkais qui ont fait une fresque représentant Oleg Vorotnikov et Léonid Nikolaev.

En France aussi, on les soutient. Et pour voir les autres actions de soutien, c’est sur free-voina.org.

Source photo : artists4israel.blogspot.com

Enfants de prisonniers politiques : 1e photo

Par Aurialie le 13.02.2011 à 03h31

Cette photo de Iouri Chevchtchouk et d’une petite fille blonde, prise par Vladimir Teleguine, est la première d’une série intitulée "Les enfants de prisonniers politiques dans la Russie contemporaine". À l’origine de ce projet, on trouve Maxime Gromov, ancien prisonnier politique et défenseur des droits de l’homme. Le but de cette action est de soutenir les personnes privées de liberté pour la défense des droits et libertés civiques, politiques et constitutionnels en Russie.

L’enfant de la photo est la fille du défenseur des droits de l’homme d’Ekaterinbourg Alexeï Sokolov, auteur du film "la Fabrique des tortures" (traitant des violations dans les prisons du pays), officiellement emprisonné pour vol depuis mai 2009. Amnesty International l’a reconnu prisonnier de conscience et s’inquiète des mauvais traitements qu’il pourrait subir dans une prison de la région sibérienne de Krasnoïarsk, à des milliers de kilomètres de chez lui.

Plusieurs photos de cette séance sont visibles sur le blog de Vladimir Teleguine. L’ensemble des photos issues de cette série, ainsi que les livres avec les autographes, seront expédiées aux prisonniers politiques.

IK-3 de Dimitrovgrad, un endroit où il ne fait pas bon être enfermé

Par Aurialie le 09.12.2010 à 23h58

Le témoignage qui suit fait froid dans le dos : il raconte les tortures affligées aux prisonniers dans le pénitencier 3 de Dimitrovgrad (IK-3) dans la région d’Oulianovsk. Publié sur le site svoboda.etorai.ru ("la liberté, c’est le paradis"), il est accompagné de photos d’un détenu mort sous les coups, qui ne peuvent laisser insensibles (c’est pourquoi, je n’ai choisi qu’une petite photo et celle qui était la moins choquante, l’homme ayant été recousu grossièrement tout le long du dos, sur le crâne, à la gorge...).

"J’ai été emprisonné dans cette prison de mars 2008 à mai 2010 et j’ai été moi-même frappé plus d’une fois par du personnel pénitencier et des "actifs"*, on m’a frappé violemment avec des manches de pelle, principalement dans la zone industriel. Ils frappent pour n’importe quelle raison, parce que tu n’as pas salué le personnel pénitencier, parce que tu n’es pas debout, que tu ne t’es pas levé, parce que tu as fait ceci ou n’as pas fait cela, ils frappent même sans raison ! Ils frappent tellement que pendant des semaines tu ne peux t’asseoir sur une chaise. Te frapper sur le cul, c’est leur méthode préférée d’exécution dans cette prison. Debout face contre le mur, les jambes plus écartées que les épaules, les mains sur le mur, ils te frappent avec des manches de pelle. Ils tapent tant que les jambes flageolent, la partie la plus tendre du corps a cette même couleur bleue, que celle sur les photos du mort [photos illustrant le témoignage]. L’administration, et plus particulièrement les gardiens, frappent les condamnés avec des bouts de bois ou des gants de boxe ; parfois les condamnés, après de tels traitements, passent de mois dans la zone des soins."

Le témoignage d’un autre détenu confirme ce récit : "dans ce camp, comme dans de nombreux lieux de ce type, des choses cauchemardesques ont lieu. Tous les évènements et récits sur le forum en ce moment me sont connus et non pas par des on-dits. Devant purger ma peine au IK-3 de Dimitrovgrad, je confirme tous les récits décrits plus haut. Que dire, bien sûr, toute cette opération a été planifiée par la direction et conduite par l’administration de l’IK-3 par le biais des mains des condamnés faisant partie des "actifs". Les agents du pénitencier y participent principalement dans les cabinets, où ils y ont tous les moyens à leur disposition (bâton, gants, planches, …). Si l’administration donne son feu vert pour un programme entier [de représailles], alors ils frappent partout sans réfléchir, avec les mains, les pieds, des bâtons, sans tenir compte de l’age et de l’état de santé. Et cette méthode, qui vise à supprimer le moindre désir de résistance, est tout à fait efficace. Dans tous les cas, la majorité des personnes rencontrées ne posent aucune question sur un tel régime jusqu’à la fin de leur peine. Et contre ceux qui se sentiraient capables de protester contre ce bordel, un "travail" spécifique est prévu dans la zone de la quarantaine, que je décris après.

Tout d’abord je veux préciser que ce ne sont pas tous les "actifs" qui sont capables de ces actes, qui sont commis par des personnes spécifiques (je ne donnerai pas de noms). Pendant ma peine, avec des nombreux "actifs" (je n’en suis pas un moi-même), j’ai eu des relations plus ou moins de confiance, ils m’ont donné des conseils, ils m’ont fait des confidences. Dans une de ces conversations, j’ai appris que pendant la quarantaine de juin 2010, il s’est passé les horreurs suivantes : les condamnés, faisant preuve de résistance, allaient l’un après l’autre dans la salle de sport de la quarantaine, on les frappait au corps, bandait leur bouche avec du scotch, et on attachait leur main à une barre, où ils pouvaient y passer quelques heures, recevant périodiquement des coups sur le corps. L’administration savait très bien ce qu’il se passait, puisque lors des visites régulières de contrôle des condamnés, les inspecteurs voyaient les absents dans les rangs. Et c’est seulement après l’issue fatale que tout cela s’est arrêté : dans la zone de quarantaine, il y avait après constamment un gardien, pour montrer que l’administration ne savait pas et que maintenant tout allait bien se passer. Tout ce qui s’est passé dans ce camp était parfaitement connu des gardiens ... Se battre contre cela de l’intérieur n’est pas possible..."

Un autre témoignage, celui de Mikhaïl, résume la situation dans l’IK-3 de Dimitrovgrad :
* les condamnées subissent constamment des tortures et des violences
* la direction de la prison donne personnellement les ordres de battre les condamnés, souvent en leur présence, ou frappe personnellement dans les cabinets avec des gants de boxe et des bâtons en résine
* le tabassage commence dès la quarantaine, dans les zones habitables où passent les condamnées, qui perdent totalement la volonté de protester contre ces actes illégaux de l’administration
* l’administration utilise des "actifs" pour faire subir des sévices aux condamnés
* les condamnés ne parlent pas des violences et tortures, car ils ont peur pour leur vie
* les condamnés qui ont essayé de se plaindre des actions de l’administration, sont maintenus en isolation, dans des conditions plus strictes, ...

Le témoignage est précédé de la mention suivante : "l’année prochaine, l’homme qui gère les prisons et les camps, le chef du FSIN (Service fédéral d’application des peines), Alexandre Reimer, prendra peut être la place de Nourgaliev. Ce sont ces personnes qui s’occupent du respect de l’ordre juridique."

* J’espère que j’ai réussi à bien traduire ces témoignages, mais le langage et le vocabulaire utilisés ne m’étaient pas vraiment familiers... Et malgré mes nombreuses relectures, il peut encore y avoir des fautes.

L'art, c'est la guerre ?*

Par Aurialie le 30.11.2010 à 00h04

Depuis le 15 novembre, deux membres du groupe d’artistes Voina sont incarcérés pour "acte de vandalisme envers la police" : Oleg "Vor" Vorotnikov et Léonid "Iobnoutyi" Nikolaev. Pour rappel, Voïna, qui signifie "guerre" en russe, est un ensemble d’artistes organisant des performances, qui peuvent être considérées comme choquantes : simulation de pendaison dans un magasin, ébats sexuels dans un musée, phallus géant peint sur un pont qui se lève en face du bâtiment du FSB ou dernièrement renversement de voitures de police. C’est cette dernière action qui a provoqué l’arrestation de deux d’entre eux. Un troisième, Alekseï Ploutser-Sarno, l’idéologue du groupe, a décidé de quitter pour toujours la Russie, pour l’Estonie pour le moment, car il savait qu’il allait bientôt être arrêté à son tour. Selon lui, la punition la plus logique pour les voitures "vandalisées" (les dégâts sont estimés à 500 rouble) aurait dû être une amende, non pas une incarcération.

L’avocat d’Oleg a pu voir son client aujourd’hui, il se porte bien. Les actions pour demander leur libération se multiplient : un site en russe, anglais et français est régulièrement alimenté pour faire connaître leur arrestation et les dernières nouvelles, une pétition a été mise en ligne, de l’argent est récolté pour payer les frais d’avocat, des artistes chantent en faveur des prisonniers, des flashmobs et des manifestations sont organisés, parfois même à l’étranger ... Vous pouvez envoyer des lettres de soutien aux adresses suivantes : ??? ?? ?4 ?? ???? ??? ? ??, 195009, Russie, ???, ??. ????????? ????????, ?.39. ??????????? ????? ????????????? (pour Oleg Vorotnikov) et ??? ?? ?4 ?? ???? ??? ? ??, 195009, Russie, ???, ??. ????????? ????????, ?.39. ????????? ??????? ???????? (pour Léonid Nikolaev).

En illustration de cet article, un reportage de la chaîne NTV sur l’arrestation des deux artistes activistes.

*Le slogan en entier est : L’art c’est la guerre ! La prison c’est pour les bandits pas pour les artistes ! Libérez Voïna !

Campagne "Liberté pour les otages de Khimki !"

Par Aurialie le 18.09.2010 à 18h26

Le lendemain d’une importante manifestation de jeunes antifascistes et anarchistes devant la mairie de Khimki, fin juillet 2010, pour la défense de sa forêt, 2 militants, Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov, ont été arrêtés pour vandalisme. Ils sont menacés de 7 ans de prison, mais selon leur groupe de soutien, il n’y a pas de preuves de leur participation dans les dégradations de la mairie.

Depuis hier et jusqu’à lundi des actions sont organisées en vue d’obtenir leur libération : appel à organiser des manifestations devant les ambassades, les consulats, les missions économiques et culturelles de la Fédération de Russie et aux événements publics et culturels qui ont des rapports à la Russie, envoi de fax et lettres au tribunal, au Parquet et au gouvernement russes (adresse et téléphone disponibles sur le site http://khimkibattle.org), …

Le clip de Noize FM, en illustration de cet article, permet de revenir sur le combat pour la sauvegarde de la forêt de Khimki, mais aussi sur les actes reprochés à ces deux militants.

Russie16
Russie32
Russie29
Russie25
Russie26
Russie33
Russie18
Russie02
Russie30
Russie27
Russie19
Russie11