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13 août, 13h13

Ce n’est pas parce que c’est les vacances qu’il faut arrêter toute activité activiste. Le 31 juillet avait notamment lieu à Moscou et dans différentes villes de Russie des manifestations du mouvement Stratégie-31, qui agit en faveur du respect de l’article 31 de la Constitution russe, garantissant aux citoyens le droit de se réunir pacifiquement.

Le 31 décembre 2009, c’est au cours d’une des manifestations de Stratégie-31 qu’était arrêté Sergueï Mokhnatkin, habitant de la banlieue moscovite de 56 ans. Cependant, il n’était pas à Moscou, près de la place Triumfalnaïa, pour défendre l’article 31, mais pour fêter le nouvel an. C’est en voulant défendre une manifestante de 70 ans qui se faisait brutalement embarquer par les policiers, qu’il a été arrêté et condamné à 2 ans et demi d’emprisonnement le 10 juin 2010.

Le 16 août, il y aura un procès en appel pour réviser éventuellement la peine. Demain, Artiom Loskoutov, dont j’ai déjà raconté les mésaventures, Maria Kiseliova (artiste en herbe qui a fait le dessin illustrant cet article) et Anton Bombila, tous trois membres de Babouchka posle pokhroron (groupe artistique de Novossibirsk) organiseront une manifestation en son honneur et invitent toute personne se sentant concernée par son sort à 13h13, square Pervomaïski (à Novossibirsk).

La condamnation de Sergueï Mokhnatkin a fait l’objet d’une question au Parlement européen le 22 juillet.

Image : Sergueï Mokhnatkin sur kissmysketch.com

Dénoncer les intouchables

Par Aurialie le 16.07.2010 à 15h58

En novembre 2009, j’avais référencé un article du Monde sur Sergueï Magnitski, avocat du Fonds d’investissement britannique Hermitage Capital, décédé tragiquement en détention provisoire, faute de soin, dans une prison russe. Il était emprisonné depuis près d’un an pour fraude fiscale, alors que lui-même accusé des policiers russes d’avoir utilisé des documents du Hermitage Capital pour détourner 230 millions de dollars de fonds gouvernementaux.

Pour les amis de Sergueï Magnitski, il ne fait aucun doute qu’il a été emprisonné pour contrer ses propres accusations ; les personnes l’ayant arrêté étant les mêmes qu’il accusait. Le site russian-untouchables.com a donc été créé pour faire connaître l’histoire de Sergueï Magnetsky, mais aussi pour que les responsables de sa mort soient connus et jugés. Une liste de 60 intouchables – officiers, juges, policiers – a été dressée par le sénateur américain Benjamin Cardin pour que des visas ne leur soient plus délivrés. Mais les 2 personnes qui sont plus précisément dans le collimateur des amis de Sergueï Magnitski sont le lieutenant-colonel Artiom Kouznetsov et l’officier Pavel Karpov. Ce sont les personnes que Sergueï Magnitski impliquait dans le détournement des 230 millions de dollars et qui l’ont arrêté en retour. Selon le site russian-untouchables.com, qui est vraiment très complet, montre de très nombreux documents et a diffusé une nouvelle vidéo cette semaine, les actifs immobiliers et mobiliers de ces fonctionnaires ne correspondent pas au niveau de leur salaire. Le premier a un salaire annuel de 10.200$, mais des actifs d’une valeur de plus de 3 millions de dollars, le second a un salaire annuel de 6.000$ et des actifs d’une valeur de 1,3 million de dollars.

L’ouverture d’une enquête sur le décès de Sergueï Magnitski, mais aussi sur la qualité des soins donnés aux détenus, avait été demandée par le président Medvedev, à l’époque. Mais huit mois après cette requête, les résultats ne semblent pas au rendez-vous, tant sur l’évaluation des responsabilités des personnes impliquées dans la mort de Sergueï Magnitski, que sur l’amélioration des soins aux prisonniers. Six mois après le décès de l’avocat de l’Hermitage Capital, une femme d’affaires russe, Vera Trifonova, arrêtée pour crime économique, mourrait faute de soin dans un centre pénitentiaire russe.

Photo : Sergueï Magnitski, source - ej.ru

Que sont-ils devenus ? - Igor Soutiaguine

Par Aurialie le 15.07.2010 à 23h31

Il y a plus de 2 ans, un de mes articles, intitulé "Le président va-t-il les gracier ?", faisait référence à une lettre ouverte envoyée à Dmitri Medvedev, demandant de libérer des prisonniers politiques russes. Parmi ces derniers, il était question du scientifique Igor Soutiaguine, condamné à 15 ans d’emprisonnement pour trahison et divulgation d’informations classées secret-défense à des officiers du renseignement américains.

Mais suite à cette incroyable histoire d’espions russes arrêtés aux Etats-Unis et à la proposition d’échanges de prisonniers entre les deux pays, la situation d’Igor Soutiaguine a brusquement évolué. Selon son frère, les "Américains ont présenté une liste de gens qu’ils [étaient] prêts à échanger avec des personnes accusées d’espionnage. Igor [figurait] parmi eux." Suite à la grâce du président Medvedev et après son transfert dans une prison moscovite, il est arrivé à Londres il y a près d’une semaine maintenant.

Trois autres personnes ont bénéficié de la grâce présidentielle et du transfert à Londres - Sergueï Skripal, condamné à 13 ans pour espionnage et contacts avec les services secrets britanniques – ou aux Etats-Unis – Alexandre Zaporojski, condamné à 18 ans d’emprisonnement pour espionnage et Guennadi Vasilenko, ancien membre des organes de sécurité russes, condamné 2 fois pour pot-de-vin.

Ces 4 personnes ont été graciées, mais ne sont pas considérées comme innocentes pour autant.

Photo : Igor Soutiaguine, lors de son procès, source - BFM.ru

Appel pour la libération de Valentin Ourousov

Par Aurialie le 29.03.2010 à 00h34

Il y a bientôt un an, j’avais évoqué la condamnation du syndicaliste Valentin Ourousov. Cette semaine, j’ai reçu un appel pour sa libération, sa santé ne permettant pas un maintien en détention. Je vous le livre tel quel :

Le syndicaliste Valentin Ourousov est en prison depuis plus d’un an. Son crime ? Il avait fondé en 2007 un syndicat indépendant, « Prosvoboda », dans l’entreprise d’extraction de diamants ALROSA, sise dans la République de Sakha-Iakoutie.

ALROSA est une entreprise florissante : c’est le premier producteur russe de diamants. En 2009 ALROSA a vendu 25 % des diamants bruts achetés dans le monde. ALROSA a annoncé avoir devancé cette même année le bostwanais Debswana et le sud-africain De Beers dans la production de carats. Le conseil de surveillance d’ALROSA est présidé par le ministre russe des finances, Koudrine, flanqué du premier ministre de la république de Sakha-Iakoutie, Egor Borissov et du vice-premier ministre, Guennadi Alexeiev. En août 2009 le premier ministre Vladimir Poutine a fait attribuer par l’Etat russe un soutien d’un milliard de dollars à ALROSA.

Le syndicat de Valentin Ourousov a vite rassemblé près d’un millier de membres, et a soumis à la direction une liste de revendications portant sur les conditions de travail et de rémunération des ouvriers et employés de l’entreprise. La réaction ne s’est pas fait attendre.

Le 13 septembre 2008, Valentin Ourousov a été arrêté et accusé de « détention de narcotiques » qu’en réalité, selon un procédé éprouvé, les policiers lui fourrèrent dans la poche au moment même de son arrestation. L’un des deux officiers de police chargés de l’opération fut d’ailleurs arrêté peu après pour malversations.

Le tribunal a d’abord condamné Valentin Ourousov à 6 ans de prison. A la suite d’une campagne menée en Russie et à l’étranger cette condamnation a d’abord été cassée en appel. Mais le tribunal régional l’a à nouveau condamné à 6 années de prison, réduites à 5 lors d’un second appel.

En même temps, la direction d’ALROSA a licencié tous les responsables du syndicat « Profsvoboda », les a fait inscrire sur une « liste noire » destinée à les empêcher de retrouver du travail. Elle a obtenu ce qu’elle voulait : le syndicat décapité a perdu plus de la moitié de ses adhérents.
Le gouvernement de la République de Sakha (Iakoutie) reste quant à lui sourd aux appels lancés en faveur d’Ourousov, et ne semble être sensible qu’aux exigences de la direction d’ALROSA.

Ourousov est atteint d’une maladie des reins qui a nécessité son hospitalisation bientôt suivie de son renvoi en cellule, où il est soumis au harcèlement de l’administration pénitentiaire.

Sa vie est en danger ! Son maintien en prison est une violation des libertés syndicales élémentaires.

Deux délégations de syndicalistes aux ambassades de Russie à Paris et à Berlin ont fait état de ces éléments, et ont réclamé sa libération, tout comme le syndicat des mineurs britanniques, et des militants ouvriers et démocratiques de Serbie. Pour sauver Ourousov et défendre les libertés syndicales cette exigence doit être largement reprise.

C’est pourquoi les soussignés réclament la libération immédiate de Valentin Ourousov.

Premiers signataires : Carine Clément, « Institut de l’Action collective » (IKD, Moscou), Jean-Jacques Marie, historien ;

Merci de renvoyer votre signature, en indiquant vos nom, prénom, et qualité, à Jean-Jacques Marie, jj.marie[at]club-internet.fr

L’appel en russe et ses signataires sont visibles ici.

Quand la défense des prisonniers mène en prison

Par Aurialie le 15.12.2009 à 00h38

Le lauréat du Prix de défense des droits de l’Homme, catégorie "Défense des prisonniers", Alexeï Sokolov, est emprisonné depuis le 13 mai 2009 pour vol qualifié (de matériel de soudure et de câbles dans une base industrielle en 2004). Pour son comité de soutien français, Amnesty international et la représentante du Comité pour les droits de l’Homme du Parlement européen, il est fort probable que cette affaire lui soit imputée du fait de ses activités en faveur des droits de l’Homme.

Alexeï Sokolov est devenu célèbre à la sortie de son reportage "la Fabrique des tortures, ou l’expérience pédagogique", dans lequel il traite des violations dans la colonie pénitentiaire d’Ekaterinbourg n°2. Le documentaire (1e partie ci-dessous) rassemble des témoignages d’anciens prisonniers, d’avocats, de mères ayant perdu un fils dans cette prison, ... sur les pratiques illégales des autorités pénitentiaires, notamment pour obtenir des aveux (même fictifs).

Le reportage a eu un certain succès, puisque les autorités pénitentiaires ont été obligés de reconnaître de facto l’existence des violations ; et certains membres de l’administration pénitentiaire ont été traduits en justice. Mais Alexeï Sokolov a continué son enquête, pour tenter d’obtenir la condamnation des membres des structures de maintien de l’ordre qui ont couvert pendant des années les crimes de la colonie n°2. Ce qui pourrait expliquer son actuel maintien en détention prolongé. Le 25 novembre, la tribunal de la Région de Sverlovsk a ainsi confirmé l’illégalité du motif de détention d’Alexeï à la maison d’arrêt depuis le 6 novembre, mais a tout de même prolongé sa détention du 25 novembre au 25 décembre. Affaire à suivre.

Les autres parties sont visibles ici, toutes sous-titrées en français.

Quelle peine pour les femmes enceintes emprisonnées ?

Par Aurialie le 20.07.2009 à 23h44

Le 14 juillet dernier à Saint-Pétersbourg, des femmes, membres du Parti national-bolchévique, manifestaient pour demander l’amnistie des femmes enceintes et des mères emprisonnées. Pour elles, le système fédéral d’application des peines (FSIN) est une grande Bastille moderne construite pour humilier et détruire la dignité humaine, et non pour rééduquer les criminels. "Nous trouvons que le système pénitentiaire de la Fédération de Russie doit être réformé radicalement et placé sous le contrôle de la société et des organisations de défense des droits de l’homme."

Au cours de cette manifestation, qui n’a pas réuni grand-monde pour être honnête, elles ont notamment demandé la libération de Tatiana Kharlamova, natsbol enceinte de 4 mois, emprisonnée depuis début juin. Son crime : accompagnée d’Igor Chtchouk, elle a allumé des fumigènes et distribué des tracts demandant le retour à la Russie des îles Bolchoï, Tarabarov et Bolchoï Oussouriisk cédées le 14 septembre 2008 à la Chine, la fin d’une coopération militaire sino-russe, "suicidaire pour la Russie" et le jugement "des criminels d’État du Kremlin, qui, en ayant cédé les îles, ont foulé aux pieds la Constitution et ont porté atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie". Pendant 6 mois, ils ont été enfermés dans une prison de Khabarovsk, libérés le 1er avril 2009, mais sous surveillance des services secrets. Après avoir quitté Khabarovsk, ils ont été de nouveau arrêtés début juin 2009 et se trouvent en prison depuis. Le plus triste dans cette histoire, c’est que l’on apprenait hier que Tatiana avait perdu son bébé.

L’amnistie des femmes enceintes emprisonnées est une question intéressante, car comme le fait remarquer un commentaire : tous les prisonniers doivent être égaux et effectuer leur peine indépendamment de leur sexe, nationalité ou situation familiale et patrimoniale. Toutefois, l’article 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme rappelle que "la maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales". En France, malgré les peines alternatives (travail d’intérêt général, amende…) ou les aménagements de peine (libération conditionnelle, placement à l’extérieur…) environ une cinquantaine d’enfants naissent de femmes incarcérées chaque année.

Source photo : namarsh.ru

Essais sur le monde du crime de Chalamov

Pour avoir un petit aperçu de l’œuvre de Varlam Chalamov, auteur des Récits de Kolyma, rien de tel que de commencer par son Essais sur le monde du crime. En 160 pages, il raconte les us et coutumes de la pègre, leur combine pour échapper aux travaux de camps les plus durs, la place de la femme (mépris total, femme objet), la culture criminelle (le rôman), …

Dans son introduction, il s’insurge contre les auteurs qui ont cherché à rendre sympathique le monde des criminels, voire même à l’idéaliser, au titre de la liberté du voyou. Mais pour les avoir côtoyé au camp de la Kolyma, Chalamov connait les vices des truands, raconte les tourments subis par les politiques, les intellectuels (surnommés dans les camps les "Ivan Ivanovitch"), souvent en accord avec les autorités pénitentiaires.

"“Ces gens [les trotskystes] sont envoyés ici pour être anéantis, et votre tache est de nous aider dans ce travail”. Ce sont les mots exacts prononcés lors de l’un de ces cours [d’instruction politique pour les truands], au début de l’année 1938, par Charov, l’inspecteur de la section culturelle de la mine Partisan. (…) En la personne des trotskystes, ils se trouvèrent devant une intelligentsia qu’ils détestaient profondément. " (p. 27)

"L’intellectuel est brisé par le camp. Tout ce qui lui était cher est réduit en poussière, piétiné, la civilisation et la culture volent en éclats en un temps très court, qui se compte en semaines. (…) Cette dégradation des âmes, ce sont dans une grande mesure les truands qui en sont responsables, les repris de justice dont les goûts et les mœurs influent sur toute la vie de la Kolyma." (p. 97/99)

Enfin, il y a un passage assez complet sur le retour des criminels dans les camps après la Seconde guerre mondiale et la véritable guerre des gangs au sein même des camps entre les criminels qui avaient fait la guerre (et donc considérés comme soumis à l’autorité) et les criminels qui ne s’étaient pas battus.

En illustration de ce petit commentaire de livre, une photo diffusée par l’Union des prisonniers, qui s’inquiète des conditions de détention dans la colonie de Nijnevartovskaïa IR 99/15. Sur la tête de ce prisonnier est marquée l’abbréviation SDP – Section de discipline et d’ordre. Selon l’Union, ce prisonnier a été obligé, sous la menace de répressions, d’entrer dans cette section, de devenir "actif", c’est à dire de devenir un assistant volontaire de l’administration pénitentiaire. A la fois le marquage sur le crâne et l’obligation d’être actif, sont une humiliation pour le prisonnier. Mais ce n’est rien pas rapport aux moqueries, passages à tabac, violences, violations des droits subies fréquemment par les prisonniers. D’ailleurs, le 17 décembre 2008, un détenu est décédé des suites des coups reçus.

Alors loin de moi l’idée d’idéaliser le monde du crime et les criminels, mais les conditions de détentions dans cette prison ont l’air inquiétantes... et pas que dans celle-ci... et pas qu’en Russie.

Les autorités de Novossibirsk enferment l'artiste A. Loskoutov

Par Aurialie le 22.05.2009 à 02h01

Artiom Loskoutov, jeune artiste contemporain de Novossibirsk, se trouve emprisonné depuis le 15 mai pour détention de marijuana et activité politique extrémiste. Connu comme un des leaders de la scène artistique underground de la première ville de Sibérie, Artiom Loskoutov a fondé le groupe Babouchka posle pokhroron (lit. Grand-mère avant après l’enterrement), est l’auteur de films et l’organisateur de nombreux festivals, performances, manifestations, dont la Monstration, un défilé artistique de jeunes qui se tient le 1er mai depuis 2004.

Cependant, l’inculpation de détention de drogue n’est pas fondée pour ses amis et connaissances, ainsi que pour Artiom lui-même. En effet, l’arrestation ne s’est pas faite après que la drogue ait été trouvée, mais selon l’ami présent lors de l’arrestation, Artiom a été enlevé dans la rue par plusieurs personnes, emmené au poste et alors 11 grammes de marijuana ont été trouvés, Artiom a alors été inculpé. Ses partisans pensent donc qu’il a été arrêté pour son activité artistique et sociale.

A l’occasion de sa comparution mercredi (20 mai), la juge Elena Deviataïkina a déclaré qu’au vu des auditions et des écoutes téléphoniques, Loskoutov était impliqué dans la vente de narcotiques sur le territoire de Novossibirsk et de l’université, ainsi que dans l’organisation d’actions liées à la violation de l’ordre public (organisation de désordre massif, destruction de magasins, incendie criminel, ...). Elle a donc approuvé le maintien en détention. Ses amis vont maintenant recueillir des documents pour prouver qu’Artiom est un artiste et le faire sortir le plus rapidement de prison.

Source photo : Valery Titievsky.

Mission "humanisation du système d'exécution des peines"

Par Aurialie le 11.02.2009 à 23h23

Après avoir exprimé son inquiétude sur les attaques racistes en Russie, Dmitri Medvedev a visité le centre pénitencier de Vologda aujourd’hui pour mieux appréhender les problèmes du système d’exécution des peines en Russie. Le président russe souhaite notamment mener trois missions : perfectionner la législation pénale, améliorer la formation et les conditions de travail des prisonniers, et rendre plus humain le système d’exécution des peines.

Actuellement plus de 800.000 personnes, dont 8.000 mineurs, sont enfermées dans les colonies pénitentiaires et maisons d’arrêt du pays. Si ces dernières années le nombre de prisonniers est en baisse, celui des récidives est en augmentation. Le système pénal reste donc un système punitif, sans rééducation des personnes qui ont fait une erreur un jour.

Le président Medvedev considère donc que le problème le plus important est celui de la réhabilitation des anciens prisonniers et souhaite que le Conseil d’État travaille sur une nouvelle conception du développement de tout le système criminel pour 2020. Il soutient notamment l’idée de travaux d’intérêt général, en remplacement de la privation de liberté, afin de mieux socialiser les condamnés et donc d’humaniser le système pénal. Il désire également que la commission des grâces fonctionne mieux : " J’estime que, dans ce domaine, les tergiversations sont inadmissibles. (...) Il doit y avoir une ligne d’État sage et je compte m’occuper de cette question moi-même, en tant que président."

Avant de s’atteler à ce lourd dossier, il a répondu à quelques questions sur la crise et fait un petit tour de la ville pour voir le Kremlin local, la cathédrale Sainte-Sophie, construite au milieu de XVIe siècle, et le musée des dentelles de Volodga.

Source image : Vesti

Le chiffre du jour : 90

Par Aurialie le 15.01.2009 à 00h49

Selon le Service fédéral d’exécution des peines russe (FSIN), 795.000 prisonniers souffrent de maladies diverses. Sachant qu’au 1er novembre, il y avait 891.700 personnes privées de liberté, près de 90% des personnes emprisonnées seraient malades. Sur les 795.000 malades, "340.000 souffrent de maladies socialement signifiantes, 25.000 sont invalides à différents niveaux", a déclaré Alla Kouznetsova, vice-représentante de la section médicale du FSIN. En outre plus de 150.000 souffrent de toxicomanie ou de maladies mentales.

Alla Kouznetsova précise que l’on ne peut plus dire que "la prison est la pépinière de la tuberculose et d’autres maladies infectieuses", puisque la quantité de malades de la tuberculose et du VIH dans le système pénitentiaire dépend maintenant du développement de ces épidémies dans la population russe. Chaque année, ce sont 20.000 malades de la tuberculose qui vont en prison, plus de 7.000 apprennent leur diagnostic en prisons. Concernant les infestions au VIH, le nombre de prisonniers infectés a beaucoup augmenté en 10 ans. "Je me rappelle qu’en 1994, il n’y avait que 7 prisonniers atteints du VIH, aujourd’hui ils sont 48.000, soit 11 % des personnes infectée en Russie", a souligné lz vice-représentante de la section médicale du FSIN.

Actuellement, les directions pénitentiaires luttent prioritairement contre la tuberculose et les infections au VIH. Et selon Kouznetsova, tous les malades ont accès à une assistance médicale qualifiée : dans les prisons, il y a plus de 950 sections sanitaires et 131 hôpitaux, dont 57 pour le traitement de la tuberculose et 5 pour le traitement des maladies mentales. Par contre, il n’y a pas encore en Russie de la loi sur la réhabilitation sociale des personnes sortant de prison.

Sources : Droits de l’Homme en Russie et Newsru.com

Le chiffre du jour : 50

Par Aurialie le 08.12.2008 à 23h17

C’est le nombre de millions de roubles (soit 1.381.734€) que va devoir payer Vassili Aleksanian pour être temporairement libre. Pour rappel, V. Aleksanian, ancien vice-président de la société pétrolifère Ioukos, est poursuivi pour des délits financiers (notamment fraude fiscale) et en détention provisoire depuis avril 2006. Il est également grièvement malade (HIV, tuberculose, cataracte, tumeur au rein, infection des ganglions lymphatiques et problèmes cardiaques lui ont été diagnostiqués début janvier) et se trouve dans une clinique de la capitale depuis février 2008.

Ce n’est pas l’aggravation de son état de santé qui lui permet d’être libéré sous caution, mais l’expiration du délai de prescription. Un de ses chefs d’accusation, le détournement d’actions "Tomskneft", se serait passé en 1998 et la prescription pour de tels crimes, selon la législation de la Fédération de Russie, est de 10 ans. C’est pourquoi, le tribunal de Moscou a accepté la demande des avocats de V. Aleksanian et a modifié la décision du tribunal de Simonovski, qui avait demandé son maintien en détention provisoire le 20 octobre. On ignore toujours quand la cour examinera l’affaire d’Aleksanian, et ses avocats ne savent pas s’il sera capable de payer la caution de 50 millions.

Les nouvelles technologies au service des prisonniers

Par Aurialie le 19.11.2008 à 00h09

Les prisons et le sort des prisonniers en Russie n’est pas un sujet qui laisse insensible et indifférent. Après l’instauration d’une journée de solidarité avec les prisonniers et la mise en place d’un réseau social pour détenus, anciens et actuels, par des personnes de l’opposition, c’est maintenant les autorités publiques qui veulent agir en leur faveur. Le service fédéral d’application des peines (FSIN) a décidé de mettre en place un site internet pour aider les personnes enfermées à retrouver du travail à la fin de leur détention. Cette année, 240.000 personnes (moyenne d’âge – 31 ans) sont sorties de prison, et selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, 1/5 ont réussi à trouver un travail. Seulement 8% des employeurs se disent prêts à engager un ancien détenu et encore avec une réserve sur la cause de la détention.

Ces derniers jours, des organisations civiles et de défense des droits de l’Homme ont également annoncé mettre en place un système de communication gratuit (via Skype) entre prisonniers et leurs familles. Et les idées ne manquent pour permettre plus d’intéraction entre le monde carcéral et l’extérieur : des agents de la prison de la Bourtyka à Moscou ont ouvert au printemps un site pour attirer des travailleurs des autres régions, la demande en gardiens n’étant pas satisfaite par les Moscovites. Une possibilité : engager d’anciens prisonniers comme gardien.

Source : Utro.ru

S. Bakhmina veut accoucher en paix

Par Aurialie le 05.11.2008 à 23h39

Quelques jours avant son accouchement, Svetlana Bakhmina, l’ancienne juriste de Ioukos condamnée à 6,5 années d’emprisonnement pour détournement de fonds et fraude fiscale, demande à être placée à l’écart du tumulte, lié à sa situation. Voilà plusieurs semaines que défenseurs de droits de l’Homme, journalistes, hommes politiques, artistes, ... se mobilisent pour obtenir sa grâce auprès du président Medvedev. A ce jour plus de 80.000 personnes ont signé la pétition de demande de grâce.

Le chef de la direction du service fédéral d’exécution des peines de Mordovie, Victor Malkov, a fait part aujourd’hui de cette déclaration de Svetlana Bakhmina : "Ayant pris connaissance des nombreux débats dans les médias, je vous demande d’informer toutes les personnes concernées que, compte tenu de mon état de santé actuel, je ne souhaite rencontrer personne, excepté les médecins traitants et ma famille. Pour des raisons évidentes, le plus important pour moi en cette période est de me reposer. (...) Les conditions de ma détention et mon état de santé sont satisfaisants. On m’assure les soins nécessaires."

Etre ancienne juriste de Ioukos, icône des défenseurs de droits de l’homme et prisonnière depuis 4 ans est en effet une situation peu appropriée pour une femme enceinte.

Source : Grani.ru

Quelques nouvelles de Biélorussie


Alors qu’Alexandre Loukachenko estime qu’il n’y a pas de crise en Biélorussie et que le gouvernement n’aidera donc pas les entreprises locales, un jeune activiste qui participait à une manifestation pour le petit entrepreneuriat en janvier, a été arrêté cette semaine. Jusqu’à présent Alexandre Borozenko se trouvait en Pologne pour ses études, son retour sur sa terre natale s’est de suite suivi d’une arrestation. Quelques mois plus tôt, 11 autres personnes avaient été condamnées à de la prison, dont 9 avec sursis, mais tous avaient finalement été relâchés le mois dernier, Loukachenko souhaitant améliorer ses relations avec l’Occident. Les opposants au président biélorusse commencent à mener des actions pour demander la libération de ce nouveau prisonnier politique.

Le dernier film documentaire de Vladimir Kolos, Ada Gallery, peut être une illustration des difficultés décriées par Alexandre Borozenko. Narrant l’ouverture et les tracas d’une galerie d’art en Biélorussie, il a reçu jeudi le Prix Europe, prix spécial de l’Europarlement dans la catégorie film documentaire au festival international des programmes télé et radio de Berlin. Ada Gallery sera en compétition au 8e festival international du documentaire de création de la Rochelle, débutant vendredi prochain.

Photo : Charter 97

Solovki, l'ile où est né le goulag

Par Aurialie le 15.10.2008 à 00h20

Le site des Droits de l’Homme en Russie nous rappelle aujourd’hui que l’histoire du camp de travaux forcés de l’archipel Solovetsky a commencé il y a 85 ans, suite à une décret de Lénine le 13 octobre 1923. Avec la transformation de ce monastère en colonie pénitentiaire à mission spéciale, c’est l’histoire même du goulag qui commence.

Les sources d’informations pour en apprendre plus sur le système du goulag et plus particulièrement sur le camp Solovki ne manquent pas. Je conseille tout de même la lecture de ce très riche site canadien solovki.ca et des romans d’Alexandre Soljénitsyne, Varlam Chalamov et Evguenia Ginzbourg.

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