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Le premier prix du millénaire pour G. Perelman

Par Aurialie le 23.03.2010 à 00h28

Article soumis par Meriem

Ça y est, c’est officiel, le Clay Mathematics Institute a décerné à Gregori (Grisha) Perelman, le 18 mars 2010, le premier prix du millénaire pour sa démonstration de la conjecture de Poincaré.

Gregori Perelman avait déjà reçu en 2006 la médaille Fields (qu’il a refusée), la plus haute distinction pour les mathématiciens de moins de 40 ans. Après la publication de ses résultats, il fallait qu’un délai de 2 ou 3 ans s’écoule, durant lequel personne n’aurait réussi à invalider sa démonstration, pour que le prix du millénaire lui soit
décerné.

Ce délai est écoulé, mais le Clay Mathematics Institute aura quand même à faire quelques arrangements avec le règlement. En effet, d’après ce règlement, les travaux doivent avoir été publiés dans une revue internationale avec comité de lecture. Or ce cher Grisha (c’est le diminutif qu’il utilise lui-même dans ses publications) semble se moquer pas mal des comités de lecture. Il a donc publié ses travaux simplement sur internet !

Un original diront certains, ou un fou diront d’autres. Dans la presse russe, on a aussi dit qu’il était autiste !

J’ignore s’il est autiste, timide, sauvage ou que sais-je encore. Mais c’est sans aucun doute possible un immense mathématicien.

Source image : Wikipedia

Le chiffre du jour : 3,14

Par Aurialie le 08.02.2010 à 23h21

Aujourd’hui, le chiffre du jour est forcément l’écart de voix entre Victor Ianoukovitch et Ioulia Timochenko au 2e tour de l’élection présidentielle ukrainienne. A ce jour et à cette heure, selon Interfax, après le dépouillement de 99,27% des bulletins de vote, l’écart est de 3,14%. A noter que 4,37% des électeurs ont voté pour l’option "Contre tous", ... Ioulia doit regretter de ne pas avoir reçu à les convaincre de voter pour elle.

Mais au-delà des résultats de l’élection, 3,14 (les 3 premiers chiffres du nombre ?, pi) a un autre écho en Russie. Aujourd’hui, c’est la journée de la science, en mémoire de la signature par Pierre Ier de l’oukase créant l’académie des sciences (et des arts) en 1724. En l’honneur de cette journée, voilà un dessin scientifico-humoristique sur l’évolution humaine (rappelant un peu ce dessin). Dans la dernière bulle, comme dans la première, il est écrit "TCP/IP IPX".

J’ai hésité avec un autre chiffre : 1050, le nombre de panneaux publicitaires, installés illégalement, démontés par le gouvernement de Moscou en 2009. L’adjoint au maire, Sergueï Baïdakov, a annoncé que le processus de contrôle et réduction des panneaux publicitaires s’intensifierait en 2010. Moins du pub dans une ville, c’est toujours une bonne nouvelle !

Source image : caricatura.ru

Un peu de physique

Par Aurialie le 16.12.2009 à 00h12

"Perdu Boson de Higgs. Celui qui le trouve est prié d’appeler le Grand collisionneur de hadrons. Récompense garantie" Si vous êtes physicien ou que vous vous intéressez à la physique, cette annonce du dessin de Sergueï Elkine est certainement compréhensible. Pour moi, c’est du géorgien, mais la tentacule violette qui prend le numéro de téléphone de l’annonce m’a intriguée.

Selon Wikipedia, le boson de Higgs (surnommé "particule de Dieu") est une particule élémentaire dont l’existence a été proposée en 1964 par Robert Brout et François Englert, ainsi que par Peter Higgs [jusqu’ici ça va] pour expliquer la brisure de l’interaction unifiée électrofaible en deux interactions par l’intermédiaire du mécanisme de Higgs [là déjà ça va moins bien]. Toujours selon Wikipedia, on apprend que le Large Hadron Collider (LHC, ou Grand collisionneur de hadrons en français) est un accélérateur de particules mis en fonctionnement le 10 septembre 2008 et inauguré officiellement le 21 octobre 2008 au CERN. Situé à la frontière franco-suisse, c’est le plus puissant accélérateur de particules au monde construit à ce jour, dépassant en termes d’énergie le Tevatron aux États-Unis. Il est même présenté comme le plus grand dispositif expérimental jamais construit pour valider des théories physiques [la presse en a souvent parlé].

Alors pourquoi Elkine a-t-il fait ce dessin aujourd’hui pour Ria Novosti ? Car selon un article d’un groupe de physiciens publié dans la bibliothèque électronique de l’université de Cornell, la construction du Grand collisionneur, qui a couté environ quatre milliards d’euro, n’était probablement pas nécessaire : le boson de Higgs peut être découvert en étudiant les rayons gamma spatiaux (ce qui demande des sommes considérablement plus petites).

Ça aurait été plus facile de choisir la dessin de ce bonhomme de neige voulant rentrer dans un immeuble car les températures sont descendues au-dessous de -21° à Moscou et dans sa région.

Un pas vers le futur

Par Aurialie le 30.06.2009 à 00h07

Parmi les nombreuses innovations techniques présentées à la 9e exposition russe de la création techno-scientifique de la jeunesse, qui s’est tenue du 24 au 27 juin à Moscou, j’ai choisi de présenter Freddie, le robot-pianiste. Il a été créé par Vladislav Kaplin et Nikita Serebriakov du centre de formation n°345 de l’Institution pédagogique d’Etat de Moscou.


Plus de 1.300 jeunes agés de 6 à 25 ans ont participé à l’exposition, les innovations étaient donc très nombreuses : maquette de moyenne habitation, roue géante pour moto des neiges, robots danseurs, aspirateur intelligent, "marchroutka" (mini-bus) plus sécurisée, wagon en suspension, et encore bien d’autres, provenant de l’ensemble du territoire russe. Voilà un pays pour lequel on peut dire qu’ils ont du pétrôle ET des idées !

Le facteur n'est pas passé...

Par Aurialie le 25.09.2008 à 23h12

Des savants, inquiets du sort de leurs collègues enfermés pour des motifs politiques, ont envoyé il y a trois mois une lettre ouverte au président pour demander de trouver des solutions à cette situation. Les jours sont passés et la lettre s’est perdue en chemin. C’est ce que vient d’apprendre Ernst Tcherni, secrétaire responsable de Comité civique de défense des savants, après un mois et demi de recherches. La lettre a bien été transmise à l’administration présidentielle le 24 juin 2008, mais elle a atterri sur le bureau de l’adjoint du procureur général, Sabir Kekhlerov. Ensuite, plus de trace du courrier. Ernst Tcherni va s’adresser à Vladimir Loukine, représentant de droits de l’homme auprès du Président, pour le retrouver.

On ne sait pas pour le moment si la lettre ouverte envoyée il y a quatre mois par des défenseurs des droits de l’homme russes demandant la libération de 14 prisonniers politiques russes est arrivée. La prochaine fois, ils devraient de corrompre l’assistant(e) de Medvedev, selon l’indice de perception de la corruption de Transparancy Internartional la Russie occupe la 147e place sur 180.

Toungouska, un ovni scientifique vieux de 100 ans

Par Aurialie le 11.07.2008 à 23h54

Via Courrier International, traduction d’un article de l’hebdomadaire russe Expert.

Un siècle après la chute d’un énorme corps céleste incandescent qui provoqua une explosion extraordinaire dans la taïga sibérienne, le mystère reste entier sur cet étrange objet.

Le 30 juin 1908, à 7 h 17, une puissante explosion ébranlait un coin désert de la taïga sibérienne, quelque part entre les fleuves Lena et Podkamennaïa Toungouska. Juste avant, une énorme boule de feu avait traversé un ciel sans nuages, dans un grondement furieux et un fracas de coups de tonnerre. Dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres, l’onde de choc abattit 80 millions d’arbres, et le rayonnement dégagé embrasa les forêts alentour. Les chercheurs ont calculé que l’explosion avait libéré dans l’atmosphère 10 à 15 mégatonnes d’énergie, à peu près l’équivalent de 1 500 bombes atomiques comme celle larguée sur Hiroshima. La magnitude du tremblement de terre provoqué par cette déflagration aurait été de 4,7 à 5.

Près de vingt-quatre heures après l’événement, sur plus de 12 millions de km2, l’atmosphère terrestre brilla d’une étrange luminosité, et la nuit fut éclairée de nuages phosphorescents. Depuis une altitude d’environ 80 kilomètres, ils reflétaient avec intensité les rayons du Soleil, créant un "effet nuit blanche". Dans de nombreuses villes à travers le monde, les habitants purent lire leurs journaux en pleine nuit, et certains Londoniens, comme l’ont rapporté les journaux de l’époque, arrivèrent même à jouer au cricket à des heures indues.

A ce qui se raconta, seul un vieux chasseur fut victime de la catastrophe, écrasé par un arbre. Aujourd’hui, les scientifiques pensent que si ce "corps céleste" avait explosé à proximité immédiate d’une grande ville, il aurait causé la mort de centaines de milliers, peut-être de millions, de personnes.

Fin juin 2008, Moscou a accueilli une conférence internationale consacrée au bilan d’un siècle d’études du phénomène de la Toungouska, qui reste encore à ce jour l’une des grandes énigmes scientifiques du XXe siècle. L’hypothèse la plus souvent avancée évoque une comète ou un astéroïde de 50 à 100 mètres de long qui serait venu s’écraser sur la Terre, entrant dans notre atmosphère à plus de 50 000 km/h. A une altitude de quelques kilomètres, sous l’action conjuguée d’énormes pressions et températures (l’air entourant ce corps avait été porté à plus de 44 000 °C), l’objet aurait explosé.

Le mystère demeure toutefois, puisqu’en dépit de l’énergie dégagée, on ne retrouve pas, au milieu de la taïga, le cratère qui aurait dû résulter de l’impact, de même qu’on n’a retrouvé pratiquement aucun fragment engendré par l’éclatement du corps céleste de la Toungouska (soit CCT, selon l’un des nombreux surnoms de ce phénomène légendaire). Pour le géochimiste Evgueni Kolesnikov, de la faculté de géologie de l’université de Moscou, "cette contradiction disparaît si l’on considère que le CCT était le noyau d’une comète. Ces noyaux se présentent sous la forme de glace agglomérée, composée de combinaisons volatiles de H, C, N et O, éléments qui existent en grande quantité dans les sols et les plantes. Cela expliquerait la difficulté à localiser les traces de la chute d’une comète sur la Terre."

C’est cette absence de gros fragments autour du lieu de l’explosion qui, au début des années 1960, avait fait renoncer les scientifiques à l’idée première d’une météorite ; ils s’étaient rabattus sur l’hypothèse d’une comète, formulée dès les années 1930 par le météorologue anglais Francis Whipple et l’astronome soviétique Igor Astapovitch.

Cela n’a pas empêché diverses théories alternatives de s’élaborer en parallèle. Ainsi, dans les années 1940, le fameux auteur de science-fiction Alexandre Kazantsev avait proposé une explication originale à base d’explosion nucléaire d’un vaisseau spatial extraterrestre de reconnaissance. Au milieu des années 1960, le physico-chimiste américain Willard Libby, Prix Nobel, et le physicien Clyde Cohen imaginèrent que la collision de la Terre avec une masse d’antimatière avait abouti à une explosion et à la libération d’une importante quantité d’énergie nucléaire. Par la suite, on entendit aussi prétendre que la météorite de la Toungouska était en fait un mini-trou noir qui avait transpercé notre planète, le déversement d’un condensé de plasma solaire, l’éruption venue des profondeurs d’une puissante tornade électromagnétique (un "orage souterrain"), le résultat d’une expérience du savant américain Nicholas Tesla pour transmettre à distance l’énergie des ondes électriques…

Chacun a le droit de choisir la version qui lui convient le mieux, et la place ne manque pas pour ceux qui souhaitent aller chercher des preuves matérielles sur le terrain. Ainsi, une expédition amateur de "collecte de faits incontestables sur l’événement" devrait bientôt se rendre sur place. Ce sera la cinquantième.

Image : Photographie prise en 1927, près du lieu de l’explosion (source Futura-sciences)

Evènement : International Sputnik Day

Par Aurialie le 04.10.2007 à 00h43

Le 4 octobre 1957, le premier satellite artificiel est lancé par l’URSS. Cinquante ans après cet évènement exceptionnel, formidable objet de propagande pour les autorités soviétiques, des artistes du monde entier vont célébrer la petite sphère d’aluminium de 58 centimètres de diamètre, pesant 83,6 kg et dotée de quatre antennes, connue sous le nom de Spoutnik. Chansons, performances, vidéos, conférences, ... toutes les formes d’art seront utilisées pour cet International Sputnik Day.

En France, Franck Ancel propose une oeuvre intitulée 1957-2007 : from Sputnik Satellite to Explorer Art, retransmise uniquement sur internet entre 19h et 20h (heure de Paris), qui crée une connexion originale et vivante entre le passé et l’avenir, en s’élargissant à d’autres champs de recherche.

Espérons toutefois que lors de ces diverses célébrations, les gens auront une petite pensée pour Sergueï Korolev, ingénieur ukrainien qui a permis cet exploit mais qui est demeuré dans l’ombre de la conquête spatiale russe pour des raisons politiques.

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