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Confiance en baisse : ça dépend qui demande

Par Aurialie le 26.04.2011 à 00h31

Ce sont les lettres du mot " ???????" (rating) qui écrasent ce pauvre ours, symbole du parti Russie Unie, sur ce dessin de V. Bogorad. Selon le Fonds Opinion Publique ( ???), la dernière cote de confiance du parti au pouvoir (mais aussi de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev) a encore diminué en ce mois d’avril, pour atteindre son niveau le plus bas depuis 2 ans : 44% (voir graphique). La cote de défiance est, elle, passée de 29% en janvier à 38% en avril. Les membres de Russie Unie expliquaient cela en janvier par une baisse de morale saisonnière, une sorte de "gueule de bois politique" : après les fêtes de fin d’année, les gens n’ont plus d’argent, doivent retourner au travail, les politiques font donc les frais de cette mauvaise humeur. Mais les mois sont passés, et la baisse s’est poursuivie. "La population est un peu déçue par le tandem Medvedev/Poutine et est fatiguée des promesses", selon Alexeï Grajdankine, vice-directeur du Levada Centre. Mais il est encore "tôt pour parler d’une vraie tendance à la baisse" pour Dmitri Peskov, attaché de presse du Premier ministre, "les cotes varient d’une semaine à l’autre".

Et comme pour tout sondage, tout dépend des gens que l’on interroge. Car si l’on regarde les cotes de confiance du gouvernement, président et premier ministre sur le site du Levada Centre, entre janvier et avril 2011, on peut voir qu’elles ont bien perdu des points entre février et mars, mais gagné deux points en moyenne en avril. Alors, peut-on faire confiance aux sondages ? C’est une autre question.

Source article : Vedomosti

Homosexualité en Russie - un sondage peu rassurant

Par Aurialie le 28.08.2010 à 23h21

Fin juillet le centre Levada a mené un sondage auprès de 1600 Russes de 130 villes pour connaître leur opinion sur l’homosexualité, les résultats ne sont pas glorieux, l’homophobie est largement répandue dans l’opinion publique russe. A la question "qu’est pour vous l’homosexualité ?", 38 % des personnes interrogées pensent que c’est "du laisser-aller, une addiction nocive", 36% "une maladie, le résultat d’un traumatisme psychologique " et seulement 15% "une orientation sexuelle, égale en droit à l’orientation traditionnelle" (11% ne se prononcent pas).

La question suivante interrogeait les gens sur la façon de se comporter vis-à-vis des homosexuels. Un quart des répondants estiment qu’il faut agir avec eux, comme avec les autres. Après c’est moins drôle : 24% pensent qu’il faut leur fournir une aide psychologique, 21% les soigner, 18% les isoler de la société et 4% les liquider (9% ne se prononcent pas).

Concernant l’égalité des droits, 45% sont plutôt d’accord pour dire que les homosexuels doivent avoir les mêmes droits que les autres citoyens, 41% ne sont pas d’accord, et 15% ne se prononcent pas. Mais l’égalité des droits ne va pas jusqu’au mariage, puisque 30% sont plutôt contre les unions homosexuelles et 54% carrément contre. Et même l’organisation de gay-pride en Russie n’est pas tolérée par la majeure partie des personnes interrogées : 24% sont plutôt contre et 58% formellement contre.

Enfin, la dernière question portait sur l’adoption d’une loi sur l’interdiction de la discrimination liée à l’orientation sexuelle : 41% des répondants sont plutôt pour une telle loi, 31% sont contre et 26% ne se prononcent pas.

Le centre Levada a déjà posé ces questions en 2005 et la comparaison des résultats indique que le niveau de tolérance vis-à-vis de l’homosexualité a légèrement diminué dans la société russe en 5 ans. Il nous en apprend également un peu plus sur le profil des personnes homophobes dans la société russe : l’homophobie est plus prononcée chez les hommes de plus de 55 ans, avec un niveau d’éducation moyen et des revenus faibles. Les femmes entre 18 et 39 ans, avec un bon niveau éducatif et de bons revenus sont plus tolérantes envers les personnes homosexuelles.

Image : manifestation contre l’homophobie à Tomsk (source : communauté LiveJournal ru_rainbowflash)

Difficile de bouger un pays ?

Par Aurialie le 26.10.2009 à 23h38

Désolée de ne pas être très originale mais l’image choisie par Sergueï Elkine pour illustrer un article de The Moscow Times, concernant un sondage sur l’article "Russie, en avant !" de Medvedev, est d’une grande justesse, l’article un peu moins...

Selon The Moscow Times, l’enquête menée par le Centre Levada du 18 au 21 septembre offre un aperçu de la mentalité des entreprises russes et de l’élite politique, suite à la publication de l’article de Dmitri Medvedev "Russie, en avant !", dans lequel il s’en prenait à ceux qui s’opposent à la modernisation du pays, notamment les "groupes influents de fonctionnaires corrompus et les entrepreneurs qui ne font rien". Le journal anglophone estime que le sondage confirme que Medvedev a mis le doigt sur un problème majeur du pays : l’élite du pays est en règle générale satisfaite du statu quo et ne veut rien changer. Il s’avère qu’il y a un écart important entre la façon dont est perçu l’appel de Medvedev à la modernisation par la majorité faite de pauvres et la fine couche de l’élite dirigeante. Moins de la moitié de tous les pauvres pensent que le pays est sur la bonne voie, deux tiers des riches le pensent.

De plus, la couche supérieure des 0,5% des personnes les plus riches du pays sont optimistes quant à l’avenir, avec 80% estimant que "tout va s’arranger" dans un avenir proche. Seulement 22% de la part de population la plus pauvre est de cet avis. Le sondage révéle également une attitude intéressante face à la corruption, considérée comme un fléau par Medvedev. La majorité des pauvres est constituée environ de 90% de la population, et c’est environ le même pourcentage des répondants qui ont déclaré qu’ils étaient "tout à fait fait d’accord" ou "plutôt d’accord" avec les conclusions alarmistes du président, alors que seulement 55% des gens les plus riches partagent l’avis du président, avec 44% disant qu’ils étaient "plutôt pas d’accord" avec lui. The Moscows Times en conclut alors qu’"il est évident que les élites russes sont très satisfaites du système de corruption qui s’est développé dans ce pays". 

Le problème avec les sondages est que les résultats d’un échantillon ne sont pas vraiment appliquables à une population entière, alors quand il s’agit de connaître l’avis des "pauvres" et des "riches" d’un pays, la véracité des chiffes doit être encore plus ténue. Quelle est la limite entre "riches" et "pauvres" ? Que pense la classe moyenne ? Bref, de cet article, il restera un très bon dessin.

Sondage : l'affaire Ioukos intéresse encore un peu les Russes

Par Aurialie le 18.02.2009 à 00h51

Entre le 23 et 26 janvier 2009, le centre Levada a mené un sondage, auprès d’un échantillon de 1605 personnes représentatives de la population, sur l’affaire Ioukos et le sort de ses différents protagonistes : Vassili Aleksanian, Svetlana Bakhmina et Mikhaïl Khodorkovski.

43% des personnes interrogées jugent positivement la libération de l’ancien responsable de Ioukos, Vassili Aleksanian, gravement malade depuis plusieurs mois. Ils sont 41% à penser que le président Medvedev devrait suivre l’opinion publique et gracier Svetlana Bakhmina, juriste du groupe Ioukos, qui a accouché en prison de son 3e enfant fin 2008. Les répondants sont moins indulgents vis-à-vis du sort de Mikhaïl Khodorkovski : seulement 18% éprouvent de la sympathie pour lui et 56% n’en ont pas. Il sont 10% à penser qu’il joue un rôle important dans la vie publique en Russie et 33% estiment que dans la situation de crise actuelle des personnes comme Khodorkovski pourraient travailler pour le bien de la Russie (22% pensent au contraire qu’elles sont mieux en prison).

En ce qui concerne les bénéficiaires de l’affaire Yukos, seulement 6% des personnes interrogées déclarent que la faillite et la vente des actifs de l’entreprise ont été faites au bénéfice de l’ensemble de la population, plus de 60% sont convaincus que c’est le monde des affaires et les personnes proches du pouvoir qui en ont tiré un profit.

Enfin, environ 30% des sondés continuent de suivre le sort des anciens dirigeants du groupe pétrolier, 50% ne la suivent pas et près de 20% n’ont pas entendu parler de l’affaire ou ne peuvent se prononcer. Et c’est surtout cela qui est flagrant dans ce sondage : le désintérêt des personnes sur le sort des inculpés de Ioukos. Lorsqu’on regarde les différentes questions, on remarque que les scores les plus élevés sont souvent pour la réponse "difficile de répondre" (selon les questions, entre 26 et 45% des sondés, sauf à la question sur le fait de suivre ou non l’affaire). Et quand il est difficile de répondre à une question, c’est souvent parce que nous n’avons pas d’éléments pour répondre ou parce que nous nous n’intéressons pas vraiment à la question. En même temps, en France, personne ne s’intéresse à l’affaire et au procès de l’Angolagate.

Source photo : AFP, article concernant de nouvelles accusations visant Mikhaïl Khodorkovski, transmise par le parquet général russe à un tribunal, ouvrant ainsi la voie à un nouveau procès.

Sondage : qui a tué Markelov et Babourovaïa ?

Par Aurialie le 30.01.2009 à 23h46

Le centre d’analyse Levada a posé la question suivante à 1.600 russes entre le 23 et 27 janvier : "Avez-vous entendu parler de l’assassinat de l’avocat Stanislav Markelov et de la journaliste Anastasia Babourovaïa cette semaine à Moscou ? Si oui, qui, selon vous, est à l’origine de ces meurtres ?" Plus d’un tiers des personnes considèrent qu’il est difficile de répondre à cette question, et nous pouvons les comprendre. Ensuite, près d’un quart des personnes (24%) n’ont pas entendu parler de ces assassinats... disons que ce sont des personnes qui ne se tiennent pas au courant de l’actualité.

Enfin, arrivent de vrais réponses, derrière ces meurtres on trouve :

  • pour 19% des personnes interrogées des fonctionnaires corrompus menacés par leurs enquêtes ;
  • pour 7% des membres des structures de force (ministère de l’Intérieur, Forces d’intervention spéciale) à cause des affaires judiciaires contre l’arbitraire (policier) ;
  • pour 5% des nationalistes ou skinheads russes du fait de la qualité d’avocat de victimes endossée par Markelov ;
  • pour 5% des "patriotes" ou partisans du colonel Boudanov à cause des protestations de Markelov contre sa libération de ce premier ;
  • pour 3% Ramzan Kadyrov et son entourage.

Connaitrons-nous un jour le commanditaire de ces crimes ?

Poutine 2020

Par Aurialie le 06.11.2008 à 23h18


Parmi mes scénarios catastrophes post-électoraux de la future abdication de Dmitri Medvedev, je n’avais pas prévu le plus simple des cas : la démission. Selon le quotidien Vedomosti, l’entourage de Medvedev et Poutine préparerait l’avenir politique du pays et des deux hommes. L’annonce de l’allongement du mandat présidentiel (de 4 à 6 ans) et parlementaire (de 4 à 5 ans) lors du message annuel du président à l’Assemblée fédérale serait une première modification constitutionnelle avant des réformes sociales impopulaires, sa démission et l’organisation d’élection anticipée. Poutine serait alors élu triomphalement en 2009, pour deux mandats de 6 ans, pour mener à bien la Stratégie 2020.

Au même moment, un sondage du VTsIOM indique que 80% des Russes estiment que la "période Poutine" a été la meilleure en 100 ans d’histoire du pays. La route est donc libre pour un prochain retour de Vladimir aux plus hautes fonctions de la Russie.

Source image : eliseev-ved

Le chiffre du jour : 55

Par Aurialie le 26.08.2008 à 19h23

Dans un sondage paru aujourd’hui par le Centre Levada, on apprend que sur les 1600 russes interrogés au sujet du Printemps de Prague et de l’intervention des forces du Pacte de Varsovie, 55% avouent ne rien savoir sur ce qu’il s’est passé. Et si on demandait aux Français ce qu’ils savent du Massacre de Sétif, combien répondrait "je ne sais pas" ? Quelle est belle la transparence de nos gouvernements !

Photo : Czechoslowakia, Josef Koudelka, 1968 (via geographis.ch où il y a d’intéressantes explications sur la photo)

Déchéance ou boom culturel ?

Le centre Levada a organisé un sondage en avril pour savoir quels étaient les auteurs et réalisateurs les plus talentueux pour les Russes. Les réponses sont les suivantes :
- auteurs contemporains : Akounine et Dontsova (4%), Coelho (3%), Soljenitsyne (2%), Oustinova, King, Marinina, Pelevine et d’autres (1%)
- auteurs classiques : Pouchkine (4%), Tolstoï (3%), Dostoevski (2%), Cholokhov, Boulgakov, Lermontov, Tchekhov (1%), Shakespeare, Hugo, Dumas, London (- de 1%)
- réalisateurs : Mikhaïlkov (21%), Riazanov (8%), Spielberg (6%), Bondartchouk senior (5%), Kontchalovski (4%), Tarantino (3%), Besson (2%)

Une semaine plus tard, sans que cela n’est aucun rapport à priori, Newsweek publiait un article sur l’état de la culture en Russie. Alors que la culture underground prospère (pièce satirique des frères Presniakov, performance, vernissage dans des galeries multimédia, pièce de Victor Pelevine sur Lénine), la culture de masse en fait autant (programme télé mélangeant filles en bikini et char de l’armée, très fort succès du jeu "Qui veut gagner des millions ?", spectacles des vieux chanteurs de l’ère soviétique, reportages sans fin sur les journées de Medvedev et Poutine). La question est donc : déchéance ou boom culturel ?

Bien sûr, cette question peut être posée dans tous les pays : la "haute" culture ne concerne qu’une minorité, la majorité regarde la télévision. Mais en Russie, il y a une rupture stupéfiante entre une culture arty minoritaire et une culture d’État conformiste. De plus, la culture du spectacle (sitcom, romans policiers, astrologie, télévision) marginalise la voix des l’intelligentsia, autrefois respectée et influente, notamment au moment de la Glasnost.

L’article cite le cas, déjà mentionné ici, de deux chanteurs, contestataires et underground à l’époque soviétique, symbole de notre contemporaine, car ils ont pris deux chemins différents : Andreï Makarevitch chante au concert célébrant la victoire de Medvedev tandis que Iouri Chevtchouk déclare que "la stabilité de Poutine est la tombe de la créativité" suite à cette même victoire. Chevtchouk se voit maintenant interdit d’antenne, car producteur ou présentateur ne veulent prendre le risque de voir leur nom inscrit sur la blacklist du Kremlin. Il s’est donc mis en place un système insidieux qui récompense la conformité. Le présentateur Sergueï Dorenko, mis au placard après avoir apporté son soutien à un candidat anti-Kremlin aux élections ukrainiennes de 2004, a déclaré : "l’horizon de notre nation s’est resserré, l’esprit russe s’est fermé. Les intellectuels se sentent perdus." D’autant plus que des lois veulent encore limiter les espaces de parole libre.

Un expert du développement des adolescents estime que l’intention du gouvernement est de transformer les jeunes Russes en zombie afin qu’ils n’aient aucune pensée politique indépendante. Les quelques programmes culturels diffusés à la télévision ou à la radio sont tolérés par le gouvernement du fait de leur faible audience. La question est donc maintenant de savoir si la nouvelle génération d’auteurs comme Zakhar Prilepine va déterminer le futur intellectuel de la Russie ou bien si celui-ci va continuer de suivre un conformisme de masse.

L’art libre est une question très actuelle, un live journal intitulé ru_art_free (avec le slogan "in art we free !") a même ouvert cette semaine.

Image : Maiakovski et Rodtchenko - Lisez le journal La jeune garde via A Soviet poster a day

Tchétchénie et population russe

Par Aurialie le 04.12.2007 à 20h24

Le dernier sondage du centre Levada concerne la situation en Tchétchénie et les réponses sont assez révélatrices de l’ambiguïté du discours du pouvoir russe.

Sur les 1600 personnes interrogées, 42% pensent qu’une vie paisible s’installe dans la république caucasienne, contre 36% que la guerre se poursuit (22% ne se prononcent pas). Ils sont 55% à croire que des pourparlers de paix ont commencé (nombre en diminution depuis 2005 où 70% pensaient de même, 61% en 2006), 16% qu’il n’y a plus d’actions militaires et 13% que les opérations militaires continuent (16% ne se prononcent pas).

Concernant la situation en Tchétchénie, 61% estiment qu’elle est tendue, 11% critique, 13% tranquille et 3% heureuse (12% NSP). 52% pensent qu’elle ne va pas changer dans les années à venir, 19% qu’elle va s’améliorer et 12% qu’elle va empirer. Et 45% pensent que dans le futur, la jeune génération tchétchène (les 10/12 ans) sera hostile à la Russie, 24% qu’elle sera amicale et souhaitera rester dans la Fédération de Russie.

Les réponses à ce sondage montre donc l’ambiguïté du discours positif du Kremlin qui s’oppose à une réalité inquiétante : les autorités russes clament depuis 2006 que la guerre en Tchétchénie est finie (déclaration de Poutine en janvier 2006 et d’Ivanov en juin 2006), ce que la population croit, tout en sachant que la situation y est tendue et que la guerre a engendré une génération hostile à la Russie.

De plus, peut-on dire qu’une guerre est réellement finie, alors qu’il y a encore plus de 25.000 hommes stationnés dans la République et que les attaques contre les forces armées et la police restent fréquentes ? Même après le retrait de l’armée russe prévue en 2008, qui laissera alors la région aux mains de la milice de Kadyrov, 22.000 hommes devraient encore être présents, ainsi que 3.000 gardes-frontière.

Légende photo : Enfant réfugié tchétchène dans un camp en Ingouchie (source : Time)

La vérité sur Beslan

Par Aurialie le 23.08.2007 à 23h19

Le centre Levada a publié cette semaine un sondage sur la véracité des informations délivrées par les autorités sur la prise d’otages de Beslan. Sur 1600 personnes interrogées, 81% estiment que le pouvoir russe n’a pas dit la vérité sur lestragiques événements de l’école ossète. Plus précisément 51% pensent qu’une partie seulement de la vérité à été dévoilée, 24% que l’État a caché la vérité et 6 % que le pouvoir induit consciemment en erreur l’opinion publique sur les raisons de la tragédie. Seulement 8% croit que toute la lumière a été faite sur cette histoire et 11% ne se prononcent pas.

Une nouvelle vidéo sur les événements de Beslan a été mise en ligne fin juillet par le comité Pravda Beslana (la Vérité sur Beslan), contredisant la version officielle sur les circonstances du dénouement de la prise d’otages. Selon les autorités russes, l’assaut contre l’école remplie d’enfants a été lancé à la suite de l’explosion intempestive de bombes artisanales fixées par le commando pro-tchétchène dans le bâtiment. La vidéo, où l’on entend le commandant Nabiev s’exprimer sur les bombes des terroristes ("Nous avons sorti les enfants et aucun n’avait reçu d’éclats", "Regardez ces billes... Des éclats comme cela laissent des traces", "Le trou dans le mur n’est pas dû à cette explosion. Quelqu’un a tiré de l’extérieur"), semble accréditer la thèse selon laquelle la première explosion a été causée depuis l’extérieur, par les forces de l’ordre. Cette vidéo, qui faisait partie des pièces jointes à l’enquête, avait été déclarée disparue lorsque les avocats des familles avaient voulu la visionner. Selon le comité, qui espère que l’enquête sera rouverte, une personne du Parquet aurait envoyé la vidéo pour faire enfin sortir la vérité.

Du 1er au 3 septembre les familles et proches des 344 enfants et adultes décédés dans la prise d’otage commémorons leur mémoire, trois ans après la terrible tragédie.

Source (vidéo) : cyberpresse.ca et youtube

Le président parfait

Par Aurialie le 17.08.2007 à 23h54

Le VTsIOM a demandé à 1600 personnes vivant dans 46 régions de Russie comment ils voyaient leur prochain président. Pour 52% des personnes interrogées, le président idéal doit être partisan de l’égalité sociale, pour un État fort et "plutôt de gauche". Seulement 20% souhaitent qu’il soit un adepte de l’économie de marché, soutenant un "business compétitif".

Il ressort également de ce sondage que les Russes ne veulent pas que leur futur chef d’État ait une idéologie prononcée : 6% espèrent un président communiste, 9% quelqu’un d’une autre force de gauche, 6% un nationaliste russe, 5% un défenseur des droits de l’homme et de la démocratie, 3% un partisan des traditions pré-révolutionnaires et orthodoxes et enfin 2% un président qui limite l’intervention de l’État dans l’économie. Le directeur de la communication du VTsIOM conclue de ce sondage que la désidéologisation de la conscience publique est une tendance générale.

Mais si les Russes ne veulent pas un président avec une idéologie forte, ils veulent un État fort qui prend soin de son peuple. Dans un sondage du centre Lebedev de juillet, 74% des personnes interrogées ont répondu que la plupart des Russes ne pourraient pas vivre sans soin constant, sans la tutelle de l’État. Un responsable du centre Indem décrit l’électeur russe typique comme un "receveur du budget", ce qui oblige les hommes politiques à faire preuve de populisme pour se faire élire.

Source : Bedomosti

Le Désaccord russe se fait entendre sur la Toile

Par Aurialie le 09.08.2007 à 22h55

Les organisateurs des Marches du désaccord ont de quoi être satisfaits : lors du 1er semestre 2007, sur l’ensemble des nouvelles parues sur 3000 sites du segment russe d’Internet (agrégateurs de nouvelles, versions électroniques de journaux papier, sites des chaînes de télévision et des radios, portails, …), les Marches du désaccord sont sur la 4e place du podium, avec 19881 évocations. Les trois premiers sont : les discutions sur l’éventualité de l’organisation des Jeux olympiques à Sotchi en 2014 (29074 mentions), l’éclairage sur la crise politique en Ukraine (28311) et la guerre en Irak (20014).

Ensuite, on retrouve les habituels sujets - le budget d’État (5e place avec 16443 mentions),Boris Berezovski (8e et 11198 citations) et la réforme de l’école (9e, 10961 évocations) - et de nouveaux (outre les Marches du désaccord) : le programme atomique de l’Iran (6e place, cité 15713 fois), le transfert de la statut du soldat libérateur à Tallin (7e, 13425 citations) et l’Eurovision (10e, 10178 mentions).

Avoir une telle résonance sur Internet est déjà un grand succès pour les Marches du désaccord. Maintenant, il faut que les médias traditionnels se fassent également le relais des actions de l’opposition pour que leurs revendications ne restent pas lettre morte.

Source : Webscan Technologies

Vous avez dit "oppposition" ?

Par Aurialie le 04.07.2007 à 23h38

Sur les 1.500 personnes interrogées dans l’ensemble de la Russie par le fonds Opinion Publique, 56% estiment que l’existence d’une opposition politique est indispensable dans leur pays (12% pensent le contraire). Il y a trois ans, les pourcentages s’élevaient respectivement à 49% et 7% (le nombre d’indécis était alors plus élevé - 44% contre 32% cette année). Les personnes qui sont le plus convaincues de la nécessité d’une opposition politique sont celles ayant fait des études supérieures (74%) ou ayant un gros revenus (64%) et les Moscovites (67%).

Toutefois, ils ne sont que 48% à penser qu’une opposition politique existe en Russie (19% qu’elle n’existe pas). Sur ces 48%, 14% sont incapables de citer un mouvement d’opposition, 24% citent le Parti communiste, 13% le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), 7% Iabloko (parti libéral), 5% l’Union des forces de droite (SPS), 2% Russie juste, 1% l’Autre Russie (eh oui seulement), 1% Russie Unie (parti de Poutine(!)). Concernant les personnalités de l’opposition, les répondants ont nommé par ordre décroissant : Guennadi Ziouganov (PC - 19%), Vladimir Jirinovski (LDPR - 11%), Grigori Iavlinski (Iabloko - 6%), Irina Khakamada (affiliée SPS - 3%), Boris Nemtsov (SPS - 2%), Sergueï Mironov (Russie juste - 2%), Mikhaïl Kassianov (Union populaire et démocratique russe - 1%), Garry Kasparov (Autre Russie - 1%), Sergueï Glaziev (Narod - 1%),…

Enfin, à la question ouverte "comment comprenez-vous l’expression "opposition politique"" ?, les réponses sont les suivantes :
- 18% pensent que ce sont des opposants politiques qui agissent contre le président, le gouvernement et le parti au pouvoir
- 6% des adversaires idéologiques agissant contre le pouvoir, le président, le gouvernement et le parti au pouvoir
- 6% une lutte de points de vue
- 4% une lutte entre partis, hommes politiques.
- 3% une lutte pour le pouvoir
- 1% un principe démocratique
- 1% un jeu politique
- 1% cite des personnes, des partis
- 1% exprime une opinion négative ("ce sont des bandits", "des beaux-parleurs", "des bons à rien", …)
- 56% n’ont pas donné de réponse.

Ce sondage, qui ne porte que sur 1.500 personnes je le rappelle, n’est pas de bonne augure pour l’Autre Russie : pour être réellement considérée comme une force d’opposition importante dans le pays, une seule solution - l’union. Une présence plus notable dans les médias l’aiderait également à se faire connaître du grand public, notamment celui qui n’a pas accès à Internet.

Image et prestige de la Russie

Par Aurialie le 02.06.2007 à 20h24

Les sondages en Russie, comme en France, sont populaires ; aujourd’hui les questions portent sur l’image et le prestige de la Russie à l’étranger. Sur les 1500 personnes interrogées dans l’ensemble de la Russie, 41% pensent que le monde a une bonne opinion de la Russie, 36% pensent le contraire. Ce chiffre est en baisse par rapport à ceux des deux dernières années (42% en 2005 et 46% en 2004). Les raisons de cette mauvaise opinion sont nombreuses : la Russie est un grand pays fort, ce qui provoque de la haine ; la Russie n’a jamais été aimée ; les autres pays veulent profiter de ses richesses et l’utiliser pour leur propre intérêt ; la Russie est un pays pauvre et arriéré ; elle manque de stabilité et d’ordre ; la Russie a perdu son autorité et le respect des autres ; cela est lié à notre mauvaise administration et gouvernement ; c’est la faute des Etats-Unis ; le peuple russe ne se respecte pas lui-même ; cela est dû à des vieilles querelles du passé ; …

Les raisons pour avoir une bonne opinion de la Russie sont le strict opposé : la Russie est un pays fort, riche, civilisé, stable, démocratique, sur lequel il est indispensable de compter ; cela est dû à la gestion du pays par Vladimir Poutine ; l’autorité de la Russie a augmenté ; elle a instauré des relations d’amitié avec les autres pays ; la Russie a une armée forte ; cela est dû à l’histoire ; …

Les personnes interrogées estiment à 59% que les autres pays respectent la Russie (contre 29%) et à 62% qu’ils ont peur de la Russie (27% pas peur). Enfin, les sondés ont été questionnés sur l’image que le monde a de la Russie : 47% considèrent que le monde pense que la Russie est développée (41% - non développée), 49% civilisée et cultivée (37% non-cultivée), 56% riche (32% pauvre), 60% libre (23% non libre).

Plus de précisions sur le site du Fonds "Opinion publique".

Iouri Levada, un sociologue russe

Par Aurialie le 30.05.2007 à 23h31

A la question "Citez cinq pays que l’on pourrait dire amis et partenaires les plus proches de la Russie", on obtient les réponses suivantes : Kazakhstan (39%), Biélorussie (38%), Allemagne (24%), Chine (19%) et Arménie (15%), puis Inde (14%), Ukraine (11%), France (9%), ... A la question inverse, "citez cinq pays que l’on pourrait dire les plus inamicaux, avec lesquels la Russie a des relations très envenimées", les réponses sont sans trop de surprises : Estonie (60%), Géorgie (46%), Lettonie (36%), Etats-Unis ( 35%) et Lituanie (32%) (l’année dernière le quinté était le même mais dans un ordre différent) ; puis Ukraine (23%), Pologne (20%), Afghanistan (11%)...

Ce sondage est mené depuis 2005 par le centre Levada, créé par le fondateur de la sociologie en Union soviétique, Iouri Levada. Son ami et collègue, Leon Aron, dit de lui que "dans les 20 dernières années, peu de personnes en Russie ont fait plus que lui pour briser le silence, le calme morbide [du peuple russe], complice des nombreuses tragédies de son histoire." Sa mort signifie pour lui "la fin d’une ère remarquable de l’Intelligentsia russe, marquée par une vision révolutionnaire de la liberté de la nation et par des efforts incessants pour faire de cette vision une réalité."

Sous Staline, la sociologie est considérée comme une discipline bourgeoise. L’arrivée de Khrouchtchev va permettre à Iouri Levada d’étudier cette matière, quelques temps seulement, puisqu’il est limogé de l’Université de Moscou pour "erreurs idéologiques" en 1969, année de l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Armée rouge. Il continue alors d’enseigner la sociologie clandestinement.

Gorbatchev va donner une seconde vie à cette discipline en créant le Centre d’étude de l’opinion publique, que Levada va tout naturellement diriger. Un de ses succès : la publication d’un questionnaire dans le journal Literatournaïa Gazeta, intitulé "Que pensez-vous ?" Deux cent mille personnes ont répondu aux trente-quatre questions, faisant ainsi émerger un portrait unique de l’Union soviétique. Les répondants ont décrit une société gravement malade, un pays s’appauvrissant, embourbé dans les pénuries, militarisé et tourmenté par une bureaucratie incompétente et rapace. Une majorité pensait que dans le pays se répandaient la corruption, l’alcoolisme et le vol. Seulement un tiers rapportait que leurs revenus étaient "modestes mais suffisant." Un quart devait se limiter aux strictes nécessités et un autre quart de l’échantillon "pouvait à peine joindre les deux bouts" et devait constamment emprunter aux amis et à la famille. Presque trois quarts des répondants pensaient qu’il était nécessaire de réduire les dépenses de défense.

En avril 1990, Levada nous apprend dans un sondage que 60% des citoyens soviétiques croient que le parti communiste "a mené le pays sur un mauvais chemin." Seulement 10 à 20% de la population (principalement des personnes âgées) supportaient toujours le "choix socialiste".

Après la chute de l’Union Soviétique, Levada continue ses sondages et recherches, montrant souvent le mécontentement des Russes à l’égard du pouvoir et de ses décisions (abolition des élections des gouverneurs régionaux, élimination des candidats indépendants se présentant à la députation, incompétence dans la prise d’otage de l’école de Beslan). En septembre 2003, Levada est licencié du Centre. Il ouvre alors un nouveau centre privé, où la plupart de ses anciens employés le rejoignent.

Il y a un an, il faisait ce constat lors d’une conférence sur la situation politique de la Russie : "la politique, les lois et les valeurs ont été substituées par des décisions et instructions administratives. [Le président n’est pas un politicien mais] le fonctionnaire administratif en chef."

Iouri Levada est mort le 16 novembre 2006.

Source : AEI et Wikipedia, image rmc.edu

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