Le Baïkal en danger ?

Quand dans une petite ville, une entreprise fait travailler la majorité de ses habitants, il est parfois difficile de faire accepter des arguments écologiques en faveur de la fermeture de cette entreprise. C’est le cas de l’usine de cellulose de Baïkalsk, fermée en octobre 2008 pour éviter la pollution avec les eaux usagées du lac Baïkal. La mise en place d’un système fermé de circulation des eaux usées coûtant trop cher, les 2.200 travaillant dans l’usine (sur les 17.000 habitants de Baïkalsk) ont été mis au chômage. Mais le 13 janvier, le gouvernement russe a publié un décret autorisant la réouverture de l’usine (et près d’un millier de salariés ont pu ainsi reprendre le travail), sans que le système fermé n’ait été mis en place, d’où la colère des écologistes.

Une lettre ouverte a été envoyée au président Medvedev pour demander la fermeture de l’usine. Les écologistes y expliquent que Baïkalsk n’a pas besoin de l’usine de cellulose car le futur de la ville se trouve dans la production alternative et le tourisme. L’argent prévu pour la modernisation de l’usine pourrait d’ailleurs servir au développement de nouvelles entreprises. De plus, la réouverture de l’usine va à l’encontre des lois nationales et internationales, notamment de la loi sur la protection du lac Baïkal ou de la convention internationale sur la protection du patrimoine culturel et naturel.

Est-ce parce qu’elle protestait trop, que les locaux de l’ONG Baïkalskaïa Ekologuitcheskaïa Volna (Vague écologique du Baïkal) ont été fouillés par les forces de l’ordre jeudi dernier et que leurs ordinateurs ont été saisis ? Officiellement, non, les policiers avaient pour mission de vérifier les licences des logiciels utilisés pour s’assurer de la non-violation de la propriété intellectuelle. Mais l’association se trouve maintenant sans ordinateurs, ni serveur, pendant un mois et donc dans l’impossibilité de travailler. Le site est depuis indisponible.

Source image : Greenpeace

Commentaires

>> Le Baïkal en danger ?

Tout d’abord, bravo : réussir à aborder ce sujet sans jamais écrire le nom du propriétaire de l’usine en question, il fallait le faire !

L’usine appartient au groupe Basic Element d’Oleg Deripaska, un oligarque à la tête notamment de Rusal, premier groupe mondial d’aluminium. Mais un oligarque qui, d’après certains, ne serait pas loin de la faillite pour cause d’endettement pharaonique, ce qui n’a pas empêché l’entrée récente du titre Rusal dans les bourses de Paris et de Hong-Kong.

http://www.latribune.fr/bourse/20100125trib000466382/rusal-s-introduit-a-la-bourse-de-paris-mercredi.html

Sur Oleg Depriaska toujours, personne n’aura oublié le sauvetage miraculeux et néanmoins poutinien (et vice versa) l’été dernier après la grogne (bien légitime) des ouvriers des cimenteries de Pikalëvo.

Sur Oleg Depriaska enfin et sur ses congénères oligarques, tout le monde ne s’accorde pas sur le risque de faillite et même sur la réalité des dettes.

http://www.alencontre.org/Russie/RussieClement01_10.html

Ensuite, une petite correction à propos de la phrase « le 13 janvier, le gouvernement russe a publié un décret autorisant la réouverture de l’usine ». Il me semble, si j’en crois évidemment ce que j’ai lu, que le décret ne visait pas une usine en particulier, mais la liste des types d’activités interdits dans la Zone écologique centrale du Baïkal. Le décret du 13 janvier a supprimé de cette liste la production de cellulose, de papier et de carton, ou plus précisément la production de ces produits sans circuit fermé pour les eaux usées. Ce qui est très différent : ce décret permet certes la réouverture de l’usine en question, mais il ouvre également la voie à bien d’autres.

Et en attendant la réouverture du site de l’ONG Baïkalskaïa Ekologuitcheskaïa Volna (je viens d’essayer, il ne l’est toujours pas...), un entretien avec Marina Rikhvanova de cette ONG :

http://www.youtube.com/watch?v=ALxz3b5Arkk

Le 4 février 2010 à 01h31 par Meriem

>> Le Baïkal en danger ?

Vedomosti revèle aujourd’hui qu’Oleg Deripaska a décidé de se séparer de ses actifs de l’usine de cellulose de Baïkalsk, soit 50,27% de ses parts. La moitié (25,07%) irait à la société ?????????????????? (Continentalinvest), l’autre moitié (25,2%) à la ville de Baïkalsk. Rien n’a été confirmé officiellement pour le moment.

L’article révèle également que des manifestations pour la poursuite de l’activité de l’usine et mais aussi pour la fermeture de l’usine ont eu lieu samedi à Irkoutsk.

Le 14 février 2010 à 23h41 par Aurialie
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Russie37
Russie35
Russie14
Russie44
Russie10
Russie33
Russie22
Russie39
Russie04
Russie15
Russie21
Russie42